Groenland, le pays qui n’était pas à vendre, Mo Malo (éditions de La Martinière, 10/2025)
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Si
je suis Mo Malo sur les réseaux sociaux, paradoxalement, je n’avais encore
jamais lu aucun de ses livres (cherchez l’erreur…). L’erreur (oui, ç’en était
une, maintenant j’en suis certaine) est désormais réparée avec ma lecture de
son dernier thriller. Et cerise sur le gâteau ; j’ai vraiment beaucoup
aimé !
« Suspendues sous le bras d'une grue mobile, comme saucissonnées
ensemble, les deux silhouettes oscillaient dans l'air, à la verticale d'un
large trou pratiqué dans la banquise. » Le Premier ministre groenlandais, Frederik
Karlsen, se retrouve un matin face à un dilemme cornélien : vendre son
pays au plus offrant au risque de voir sa femme et sa fille assassinées d’une
manière particulièrement atroce.
« Le Russe, Le Chinois. Le Danois. L'Américain aux dents
incroyablement blanches. Quatre hommes, et pas une seule femme. La conquête, ce
vice des mâles. » Des représentants des plus grandes puissances mondiales sont mobilisés
pour des enchères. Chacun espère gagner un territoire riche en ressources
énergétiques. Peu leur importe les 56.000 habitants et leur culture. Le profit
prime.
« Tu ignores qui est ton ami et qui est ton ennemi jusqu'à ce que la
glace sous tes pieds se brise. » Frederik Karlsen est un dirigeant moderne, mais les
traditions ancestrales du Groenland lui tiennent à cœur. Mais peut- on vendre la
terre des Inuits ?
Au final, un récit dystopique qui fait suite aux propositions abracadabrantesques de Trump qui souhaite acheter le Groenland comme il achèterait un donut au coin de sa rue. Les propos et l’intrigue sont d’une intelligence fine. Le compte à rebours est mis en scène pour le rendre vivant, probant, aux yeux du lecteur grâce à une temporalité multiple. On frissonne, on se pose des questions tout le long du décompte. Le final est grandiose. Je relirai Mo Malo ; c’est certain.
