jeudi 6 août 2020

Adélice, L.S. Ange

Adélice, L.S. Ange (Elixyria, 09/2018)

💚💚💚

Voilà plus de deux cent ans qu’Adélice, 22 ans, hante la ferme dans laquelle elle est née. Son mari et ses filles ne sont plus là depuis longtemps, et cette âme en peine assiste, impuissante, au défilé des familles diverses qui viennent habiter la maison. Personne ne soupçonne sa présence et cela la chagrine profondément. Incapable de sortir des murs du lieu, de dormir et de manger, son existence est terne, ennuyeuse. Elle ne sait pas pour quelle raison elle a été condamnée de cette manière mais n’a qu’une envie : disparaître à tout jamais.

 

« J'ai observé la vie de tellement de familles, jalousé tellement de beaux moments et pleuré si souvent en voyant des choses horribles que personne ne devrait jamais voir. »

 

Un jour arrive un nouveau résident, Timaël. Il va réveiller en elle des sentiments enfouis depuis bien longtemps : elle tombe amoureuse de lui. Mais le beau jeune homme, lui, vit mal une séparation et tombe peu à peu dans la dépression… Quelle souffrance pour Adélice qui ne peut rien faire, même pas le prendre dans ses bras, pour le réconforter !

 

C’est dans cette ambiance morose que débarque de nulle part un démon nommé Alastor. De sombres propositions en actes manqués, Adélice va vite se rendre dompte que cet individu sans scrupule ne lui est pas inconnu. Mais sous quel angle ont-ils eu une relation ? Celui de l’amour ou de la destruction ?

 

J’ai trouvé cette romance paranormale très bien ficelée et captivante lorsqu’elle se passe de nos jours. J’ai beaucoup moins aimé les chapitres appartenant à la partie « L’an 1775 ». Je les ai trouvés répétitifs au niveau des actions des personnages principaux et insuffisants quant aux informations données sur la vie des démons (des « Anciens » notamment).

Mais l’ensemble se lit très bien ; la plume de L.S. Ange fluide et l’intrigue se déroule sans temps morts, au gré de retournements de situation inattendus.

Un agréable moment de lecture.

mardi 4 août 2020

L’usurpateur, Elise Picker


L’usurpateur, Elise Picker (Editions Edelweiss, 07/2020)

💜💜💜💜💜 - COUP DE 💓

« Aller de l’avant ? Eh bien, c'est avancer, construire... C'est retrouver le sourire, l'apaisement. Laisser le passé derrière et se concentrer sur l'avenir... Trouver de bonnes raisons de le faire, aussi... »

A 37 ans, Zacharie se remet en question. Las de sa vie de voyou des bas quartiers et des magouilles qui l’ont conduit en prison il y a quelques temps, il a décidé de se reprendre en main. Mais comment faire quand on ne possède rien ?

Enfin, presque rien… La mère de Zach est en effet internée dans un établissement de santé, dans un état végétatif et il se trouve qu’elle possède une sacrée somme d’argent sur son compte bancaire ; lequel devrait revenir partiellement à notre personnage à son décès.

Zach a donc un projet : usurper l’identité de son frère jumeau, à qui la vie a réussi (psychologue renommé, il a une jolie petite famille et un train de vie de nanti) et à qui tout le monde fait confiance, afin de faire main basse sur la somme dont il devrait tôt ou tard hériter.

Mais le destin va lui jouer des tours… En s’introduisant en douce dans le cabinet de son frère, il va tomber sur l’une des patientes de ce dernier. Saura-t-il s’improviser psychologue ? Et puis, qui est cette femme qui se permet de venir si tard en soirée pour une consultation ?

Zach n’est pas au bout de ses peines…

 

J’ai été emportée par ce plan de la dernière chance vécu par Zach ! L’auteure, Elise Picker, a su parfaitement m’immerger dans l’histoire de son personnage si sombre au début du roman et puis qui va révéler peu à peu ses failles, ses douleurs appartenant au passé proche et lointain. C’est une âme brisée qui cherche à se reconstruire avec un puissant sentiment d’injustice : « Près de la fenêtre restée ouverte, j'observe le ciel. Il est le même pour tout le monde, pourtant, il domine des réalités bien différentes. » J’ai vraiment été touchée par Zach, son obstination à vouloir sa part du gâteau de l’existence et je pense qu’il me hantera longtemps.

Bref, ce roman est un coup de 💜!

 

Ce roman est le premier édité par une toute jeune maison d’édition, Edelweiss ; je vais suivre ses prochaines publications !

dimanche 2 août 2020

Cléa, Frank Leduc


Cléa, Frank Leduc (Nouveaux auteurs, 06/2019)

💜💜💜💜💜

Je me suis procuré ce livre il y a quelques mois déjà, suite aux vives recommandations d’une amie lectrice, Geneviève. Malgré l’enthousiasme de celle-ci, une fois le livre rangé avec les autres de ma PAL, j’ai eu du mal à l’en sortir, quelque peu effrayée par la longueur du récit, qui remplit tout de même près de 700 pages !

Et puis l’été est arrivé, et avec lui, la possibilité de passer du temps à lire de gros pavés livresques ! Je suis donc partie à la rencontre de Cléa.  

 

Me voilà donc de nos jours, au Vatican, aux côtés d’Adrian Sandgate, un théologien spécialisé dans l’étude des paroles réellement prononcées par Jésus. Ses travaux ont fait frémir l’Eglise catholique plus d’une fois, et pourtant c’est lui qui a été appelé par le bras droit du nouveau pape, fraichement élu. Celui- ci cherche en effet à comprendre, pour mieux l’étouffer, un incident qui a eu lieu récemment en pleine cérémonie de baptême : le précédent pape qui y officiait a fait un malaise face à une mystérieuse jeune fille blonde, puis il a immédiatement donné sa démission avant de se retirer dans un monastère.

 

Une jolie journaliste italienne, Sophia Farricelli, va venir prêter main forte au professeur Sandgate car bien des barrières vont être déposées sur le chemin de son enquête. Le Vatican est en effet le plus petit Etat du monde, mais c’est surtout le mieux gardé. Gare à celui qui souhaite y dénicher des secrets !

 

« Peu importe les preuves, la foi ne s'adresse pas à la raison mais au cœur. Alors l'Eglise vous dit la vérité que vous devez connaître et si vous voulez la vérifier, vous serez accusé d'hérésie. »

 

Au final, c’est une lecture trépidante et un roman que j’ai dévoré bien plus vite que je ne le pensais. Les courts chapitres et les tensions permanentes vécues par les personnages font tourner les pages très vite. L’écriture fluide de Frank Leduc est par ailleurs un régal, d’autant plus qu’il apporte à son lecteur des éléments liés à l’histoire du christianisme de manière très précise sans jamais faire de prosélytisme ni vouloir jouer les didacticiens du catéchisme.

 

J’ai vraiment apprécié ce roman captivant, et nul doute que je lirai les deux autres thrillers publiés par l’auteur à ce jour. 

mercredi 29 juillet 2020

Lunisia Tome 2 : Orage, Loïs Smes

Lunisia Tome 2 : Orage, Loïs Smes (Elixyria, 07/2020)

★★★★★

J’avais été agréablement surprise par ce que proposait l’auteure, Loïs Smes, dans le tome 1 de cette duologie, et j’ai pu constater avec plaisir que la suite (et fin) a tenu toutes ses promesses.
Nous retrouvons donc nos personnages de départ, même si dans le début de ce tome, l’intrigue est centrée sur le couple formé par Chloé et son mystérieux « Thunder ». Celui- ci est toujours obsédé par son désir de vengeance et il va entraîner la jeune scientifique dans une odyssée ponctuée de personnages peu fréquentables et de lieux dangereux. Et sachant que ses jours sont désormais comptés, il ne fera aucun cadeau à ceux qui se mettront sur son chemin, semant des cadavres aussi bien en France qu’aux Etats- Unis.
Pour les aider dans leur recherche de la vérité, ils vont engager une mercenaire, Elie. Avec ses connaissances en informatique et son goût pour le risque, elle va entraîner notre duo dans un périple aux nombreux rebondissements plutôt inattendus et durant lesquels quelques masques vont tomber…

Vous l’aurez compris, le rythme va à cent à l’heure. Il n’y a aucun répit, aucune certitude dans le récit qui fera deviner l’issue de l’histoire au lecteur avant les dernières pages !
La plume de Loïs Smes, une nouvelle fois, fait mouche en plaçant des expressions ironiques au cœur des questionnements existentiels : « Elle m'a accepté, avec mes casseroles. A mon niveau, c'est carrément une usine Tefal. » La cruauté de l’Homme est considérée avec recul.

Personnellement, j’ai adoré le personnage d’Elie, et si l’auteure lit cette chronique, j’aimerais qu’elle sache que j’adorerais lire un roman dans lequel elle tiendrait le premier rôle !!!

Bref, une duologie que je ne peux que vous recommander si vous aimez le « romantic suspens », car il sort vraiment du lot !

dimanche 26 juillet 2020

Juste après la vague, Sandrine Collette

Juste après la vague, Sandrine Collette (Denoël, 2018)

★★★☆☆

Sandrine Collette sait prendre son lecteur à la gorge dès le début de ses histoires. Les premières pages de ses romans vous plongent directement dans une ambiance oppressante : ici, le dérèglement climatique a entraîné une montée des eaux irrémédiable. La Terre s’efface chaque jour un peu plus, laissant peu de place aux êtres terrestres.

A Levet, une famille de onze personnes est la seule survivante après qu’une vague titanesque a été soulevée suite à l’effondrement de l’un des pans du volcan situé à proximité. Leur maison a été sauvegardée parce qu’elle se situait en hauteur. Mais l’eau continue à monter, inexorablement. A l’est, les terres sont plus hautes et pour les parents, il devient évident qu’il va falloir tout quitter pour s’y rendre afin de pouvoir survivre.

Mais voilà : sur la barque de Pata, le père, il n’y a pas de place pour tout le monde. Il va falloir effectuer un choix parmi les enfants : qui emmener ? Qui laisser ?  
Comment va réagir la mère, Maddie face à cette situation : une mère peut- elle choisir l’enfant qu’elle va sauver ? Celui qu’elle va abandonner ?

La course à la survie va commencer ; pour ceux qui sont partis, comme pour ceux qui sont restés. « Et ce n'est rien de dire qu'il manque un ou deux battements de cœur en les entendant rugir de la sorte, car il s'est habitué au malheur, il sait que les mauvaises nouvelles profitent souvent de l'absence pour se faire jour. »
Le malheur, il est omniprésent et l’auteure est douée pour faire ressentir le panel de sentiments qui lui appartiennent, mais j’ai regretté des longueurs dans certaines scènes, des lourdeurs qui ont parfois écarté mon esprit de la lecture. Pourtant, j’ai été prise aux tripes dès le début par le choix cornélien imposé aux parents…

Bref, un thriller psychologique oppressant à lire en prenant son temps…

vendredi 17 juillet 2020

Sous le soleil de Key West, Priscilla Oliveras

Sous le soleil de Key West, Priscilla Oliveras (Editions L'Archipel, 07/2020)

★★★☆☆

Voilà une comédie romantique parfaite pour l’été : des personnages attachants, une histoire pleine de bons sentiments, ainsi que quelques remous liés à une confrontation entre divers individus. Allongez- vous sur votre transat, gardez un thé glacé à portée de main et laissez- vous porter par l’écriture fluide de l’auteure.

Nous sommes sur le tarmac de l’aéroport de Key West. Sara, la valise encore à la main, vient tout juste de descendre de l’avion et s’exclame dans son téléphone : son petit- ami, Ric, lui annonce qu’il lui fait faux- bond à la dernière minute. Non, il ne viendra pas la rejoindre pour cette semaine de vacances durant laquelle Sara était censée le présenter à sa famille. Pour la jeune femme, c’est la catastrophe. Vilain petit canard de la portée, cette influenceuse mode et beauté sur les réseaux sociaux a toujours été complexée par l’appartenance de sa famille au milieu professionnel de la médecine. Comment faire le poids face à un chef de service de chirurgie pédiatrique, un chirurgien cardiaque et un orthodontiste ? Aux yeux de ses parents et de ses frères et sœurs, Sara n’a pas de « réelle » position professionnelle raisonnable ni stable. Leur présenter un fiancé était pour elle une façon de faire preuve d’une stabilité sociale convenue et attendue.
Mais son projet tombe à l’eau…

A quelques pas de là, Luis, sapeur- pompier, assiste à la scène. Il a une semaine de vacances devant lui dont il ne sait que faire. Sara croise son regard. Une idée illumine son esprit : et si elle l’embauchait pour jouer le gendre idéal ?
Aussi surprenant que cela paraisse, Luis accepte…

« Luis aurait voulu en cet instant être n’importe où sauf devant sa mère, qui l’attendait de pied ferme afin de le cuisiner dans les règles de l’art. Elle semblait avoir un radar intérieur capable de démêler le faux du vrai ; le gouvernement américain aurait payé une fortune pour en posséder un semblable. »

Si Sara sauve les apparences, la situation n’est pas de tout repos : la famille de Luis est connue dans toute l’île. Il va falloir jouer de prudence pour éviter que le petit jeu mené par le couple ne se révèle aux yeux de tous !

Surtout que Luis ne passe pas inaperçu. Sara ne reste pas longtemps insensible au charisme de ce playboy aux airs de Vince Diesel. « Son corps musclé, rayonnant de virilité, lui procurait de délicieux frissons de plaisir, même si elle était consciente que ce n’était qu’une mise en scène. »

Le passé de l'un et de l'autre va revenir les hanter et les empêcher de prendre des décisions. J'ai regretté des réactions un peu trop convenues et des passages introspectifs un peu trop répétitifs. Mais ce n'est pas le genre de lecture que l'on choisit pour se faire des nœuds au cerveau.

Luis succombera-t-il ? Et Sara ? A vous de le découvrir sous vos lunettes de soleil !

lundi 13 juillet 2020

Il était deux fois, Franck Thilliez

Il était deux fois, Franck Thilliez (Fleuve noir, 06/2020)

★★★★★

J’étais sortie de la lecture du précédent thriller de Thilliez, Le Manuscrit inachevé, avec un avis plus que mitigé. Je me suis tout de même laissée tenter par Il était deux fois, dans lequel l’auteur reprend des éléments du thriller précédent et les exploite d’une autre manière, tout en explicitant certaines zones d’ombres (et complexes) de celui- ci. Et cette fois, j’ai pleinement adhéré au récit !

« On ne vous a jamais dit que les auteurs de fiction s’inspiraient des faits divers ? Qu’ils avaient leurs sources dans la police, dans les palais de justice, et qu’ils racontaient des histoires encore plus vraies que nature ? »
Gabriel Moscato, ancien gendarme, va flirter avec la fiction. Le voilà qui se réveille un matin de novembre 2020 dans la chambre 7 de l’hôtel des Falaises, à Sagas. Or il est persuadé d’être arrivé là en avril 2008, et d’avoir dormi dans la chambre 29. Que s'est- il donc passé?

Le thème de la mémoire est de nouveau exploité ici, ainsi que celui de la disparition soudaine et irrésolue de personnes, puisque nous avons une jolie jeune fille de dix-sept ans qui disparaît alors qu’elle était en pleine séance de sport (donc comme dans Le Manuscrit inachevé). Il s’agit de la fille de Gabriel Moscato, lequel réalise en ce matin de novembre 2020 qu’il a tout oublié des douze années d’enquête qu’il a menée, à la recherche désespérée de son enfant...

Le lecteur va donc remonter le temps et les pistes de l'enquête avec lui, (re) découvrant des éléments perturbants liés à la disparition de jeunes personnes mais aussi aux extravagances du domaine artistique. C'est un récit captivant, effrayant aussi car vraisemblable, qui ne peut vous laisser indifférent. La plume habile de Franck Thilliez fait mouche.

Personnellement, la fin m’a glacé le sang et je pense qu’elle va me hanter longtemps…

vendredi 10 juillet 2020

Lunisia, Tome 1 : Tonnerre, Loïs Smes

Lunisia, Tome 1 : Tonnerre, Loïs Smes (Elixyria, 03/2020)

★★★★★

Voilà un roman au scénario vraiment original et inattendu ! Je suis allée de surprise en surprise au fil des pages ! Rédiger une chronique dans ce cas devient bien compliqué, tant il est primordial que chaque futur lecteur puisse bénéficier lui aussi de l’effet de surprise !
Alors plutôt que de vous parler de l’intrigue, je vais vous parler des trois personnages principaux, parfaitement construits par l’auteure au point qu’ils en deviennent attachants.

Le premier, le plus marquant, se nomme Haze. Un prénom étrange pour une jeune fille qui ne l’est pas moins…  « Je ne m’inspirais que du dégoût. Un dégoût violent, physique comme moral. Passant de garçon manqué à fille manquée, je n’étais plus que ça : manquée, ratée, loupée. Un ersatz d’identité ambivalente. » Âgée d’une vingtaine d’années, Haze se cherche, perdue depuis sa plus jeune enfance durant laquelle l’absence de côté « midinette » dérangeait son père. L’adolescence a été compliquée elle aussi, ponctuée d’actes de rébellion. Maintenant que l’âge adulte est venu, il est temps pour Haze de savoir qui elle est et ce qu’elle veut.
La découverte d’une fleur mystérieuse, appelée Lunisia – Atlis, aux pouvoirs dits exceptionnels, et dont le laboratoire familial est en train d’exploiter le potentiel, serait – elle capable de fournir un remède au mal- être de la jeune femme ?

Sa meilleure amie, Chloé, chercheuse dans le domaine biologique, en a l’intuition. Cette jeune femme douce et attentive est à l’affût de toute solution qui permettrait à Haze de ne plus sombrer dans la dépression. Son amitié exclusive la pousserait à aller bien loin d’ailleurs…

Le troisième protagoniste se nomme Ben. Secrètement amoureux de Haze, il est lui aussi prêt à tout pour lui redonner le sourire. Il travaille avec Chloé, au laboratoire créé jadis par le grand- père de Haze. Pour lui aussi la Lunisia – Atlis aurait peut- être des propriétés en mesure de résoudre le mal- être de celle qu’il chérit, même si, en son for intérieur, il souhaite qu’elle reste la même.

Au final, c’est un beau roman sur l’acceptation de soi, mais aussi sur les préjugés que véhiculent notre société ; sur ce doigt pointé sur les personnes qui « n’entrent pas dans le moule » et qui déclenche tant de mal- être. Le récit provoque tout un tas d’émotion, jusqu’aux dernières pages, terriblement poignantes… 
J’ai hâte de lire la suite !

mardi 7 juillet 2020

Les couloirs démoniaques, Jean - Marc Dhainaut

Les couloirs démoniaques, Jean - Marc Dhainaut (Taurnada, 07/2020)

★★★★★

Nous sommes en 2002. Alan Lambin et Mina Arletti, enfin en couple après s’être tourné autour durant les trois précédentes enquêtes, reçoivent Paul Belvague, leur ami de longue date. Celui- ci, professeur de physique, regrette de ne pas avoir pu mener une expérimentation à son terme lors de l’enquête conduite en 1987 dans un hôpital désaffecté situé dans le Nord et construit au- dessus d’une galerie minière qui avait connu une grave tragédie (voir « Les galeries hurlantes »). Alan en était ressorti traumatisé par cette expérience. Lui qui se définit comme une personne menant des « recherches voulant démontrer l'existence de fantômes où il y en avait vraiment, mais aussi prouver leur absence là où beaucoup affirmaient le contraire », s’était retrouvé confronté à des forces obscures d’une violence jusque-là inconcevable pour lui.

En ce jour du 2 février 2002, Paul insiste auprès d’Alan pour aller mener une dernière investigation, au « Foyer des Galibots », construit à son tour sur les ruines de l’hôpital désaffecté du Nord. Cette maison de retraite en effet a dû fermer après avoir été le siège de plusieurs suicides hautement improbables chez les pensionnaires, pour la plupart, invalides. Le personnel soignant a témoigné par ailleurs, avant qu’on lui enjoigne de se taire, avoir été témoins de phénomènes étranges, et surtout, terrifiants : cris d’enfants, portes qui claquent, griffures par des mains invisibles…

Mais Alan, à soixante ans, aspire à une retraite bien méritée. Et ce à quoi il a assisté en 1987, dans les galeries sous-terraines de l’hôpital désaffecté ne lui donne pas envie d’y retourner. Mais c’est sans compter l’insistance de Paul et de sa chère Mina… Alan, évidemment, va se laisser convaincre d’y retourner une dernière fois.

Sur place, il tente, grâce à la plume sarcastique de son créateur, Jean-Marc Dhainaut, de dédramatiser la situation :  « - On ne risque pas de tomber sur des drogués?
- Si, répondit Alan, et peut-être même sur des fantômes, figure- toi.
- C'est pas drôle.
- Mais vous savez à quoi on ressemble, là, tous les trois ? Ajoutez un chien et une cinquième personne et on serait prêts pour une aventure du "Club des cinq". »

Mais très vite, l’humour fait place à une tension qui monte crescendo. Les phénomènes surnaturels s’enchaînent à un point tel que la réalité et un certain monde parallèle se mélangent. Même ce charlatan d’Erwan Diwen, venu sur place lui aussi, accompagné de son fils et de la petite- amie de celui- ci, Meghan, mais dans le but de réaliser un reportage truqué pour la télévision, va se retrouver piégé à son propre jeu.

Les découvertes que feront nos trois amis vont s’avérer dramatiques, et Alan va bien avoir besoin d’un coup de pouce pour pouvoir venir à bout de ce qui sera sa dernière enquête. Pour le coup, sa retraite sera bien méritée !

Je referme ce roman avec une pointe de nostalgie, m’étant attachée à Alan et sa compagne Mina. La plume de Jean- Marc Dhainaut m’a encore une fois fait frémir ! Et j’espère que la relève proposée par l’auteur sera à la hauteur !!!

samedi 4 juillet 2020

Kid au 1er sommet des animaux, Gwenaël David - illustrations Simon Bailly

Kid au 1er sommet des animaux, Gwenaël David - illustrations Simon Bailly (Hélium, 03/2020)

★★★☆☆

Paris en 2030. Kid, élève en 6e, a été désignée pour représenter l’espèce humaine au Premier Sommet des Espèces organisé dans la capitale. Cette réunion de tous les habitants de le planète, humains et animaux, tous représentés par un seul de leur spécimen, a été mise en place car il y a urgence : il faut absolument réussir à décider d’un partage équitable des ressources de la planète.

Arrivée à la réunion, c’est d’abord la stupeur qui s’empare de la jeune adolescente : la voilà entourée de tous les animaux de la Création, de la girafe à l’araignée, du requin- scie aux virus les plus petits.

Chacun a son mot à dire, mais ce ne sont que des récriminations contre l'Homme. Kid se sent mal à l’aise. Elle prend véritablement conscience que c’est à cause de l’espèce humaine que la plupart des animaux sont en souffrance… Voilà de biens lourds reproches pour une fille de onze ans. Que va-t-elle bien pouvoir écrire dans son article ?

« Nous savions tous qu’il y avait grand péril et profonde injustice envers les autres êtres vivants de cette planète, nous en étions presque tous conscients, inquiets, tristes ou abattus, tandis que les puissants achevaient tranquillement de détruire ce qu’il restait, plus que jamais à leurs profits. Kid en parlerait mieux, elle qui n’a eu de cesse de rappeler à tous que chaque être vivant a sa place ici, et que c’est le droit fondamental des occupants de la Terre. »
Mais qui veut bien l’entendre ?

Alors que chacun souhaite tirer la couverture sur son espèce, un « attentat » va avoir lieu. La solidarité va être plus que nécessaire, d’un coup.

Un roman jeunesse sympathique, sur le thème de l’écologie et du respect envers les espèces animales. Il va certainement plaire aux lecteurs, de l’âge de Kid, qui se sentent engagés à minima pour la protection de la planète. J’ai regretté l’absence d’information sur le passé de Kid qui aurait permis de développer davantage d’affect pour le personnage. De même, les dialogues sont relativement plats et le manque d’actions inattendues a tendance à rendre certains passages ennuyeux.
Ceci dit, les illustrations de Simon Bailly sont de qualité et donnent un petit peu de dynamisme à l’ensemble du livre.

Un roman engagé à mettre entre les mains de nos petits « écolos » !

vendredi 3 juillet 2020

Section Némésis, tome 1, Charlie Genet

Section Némésis, tome 1, Charlie Genet (Elixyria, 06/2020)

★★★★★

« Qui dit éternelle ne dit pas immortelle. » C’est en croisant la route du séduisant Samaël qu’Eve, une jeune infirmière, va apprendre qu’elle est la descendante d’une sombre créature aux pouvoirs diaboliques. Ces dons sont héréditaires et ils la prédestinent à un avenir bien noir, qui n’est pourtant pas fait pour lui déplaire… Samaël, ce démon, est en effet bien charismatique, et les promesses qu’il lui fait sont des plus alléchantes !

Mais un jour, alors qu’elle se met en danger pour lui, la voilà prise en charge par la section Némésis, une escouade militaire secrète d’êtres surnaturels, qui va chercher à la mettre à l’abri des forces obscures et à la former afin qu’elle puisse gérer ses puissants pouvoirs. Pour ces hommes et ces femmes, dont la plupart ont le don de se transformer en animal, leur job est «de maintenir l'équilibre entre le monde surnaturel et l'humanité » et ils l’exercent avec bravoure.
Parmi eux, Luc, un polymorphe au comportement bestial mais aussi au regard envoûtant…
Une attirance réciproque va s’installer entre Eve et Luc, mais pour qu’ils puissent se lier l’un à l’autre, il va falloir faire table rase des souffrances du passé qui remontent à la surface suite à la découverte d’un complot bien macabre…

J’aime décidément beaucoup la plume et le style de Charlie Genet. Elle sait très bien, à chaque roman, me faire entrer dans son univers imaginaire peuplé de créatures étranges. J’ai trouvé ici les personnages attachants ; que ce soit Eve et Luc, les principaux protagonistes ou ceux qui les entourent comme Sean et Ethan. Je suis donc ravie par le fait que cette saga soit constituée de quatre tomes ; j’en ai encore trois à lire !

lundi 29 juin 2020

Les prières de sang, Jean - Marc Dhainaut

Les prières de sang, Jean - Marc Dhainaut (éditions Taurnada, 06/2018)

★★★★★

Ce que j’aime dans les romans de Jean- Marc Dhainaut, c’est la façon qu'a l'auteur d’aborder le paranormal, qui d’habitude me terrifie, avec une touche de sarcasme qui a le don de dédramatiser toute situation flippante de poltergeist ! En effet, le personnage central de ses récits, Alan Lambin, mène des enquêtes liées à des phénomènes paranormaux, et bien souvent, il fait preuve de dérision par rapport aux actes qu’il accomplit ou face aux scènes surnaturelles dont il est le témoin. Cette attitude permet de relâcher, d’un coup, toute la tension emmagasinée dans les pages où les détecteurs crépitent à cause des ondes magnétiques et dans lesquelles des cris horrifiques issus de bouches invisibles viennent de faire sursauter les protagonistes de l’affaire.

Ici, Alan Lambin est appelé à la rescousse d’une jeune femme de vingt- cinq ans, enceinte, qui, depuis qu’elle a acheté une vieille armoire lors d’une vente organisée par le frère Oscar dans le monastère voisin, ne peut plus dormir la nuit. Ses insomnies sont dues au fait qu’elle entend des cris de bébés et des hurlements de femmes, sans parler des pas agrémentés de cliquetis métalliques et de bruits d’épées qu’on retire de leur fourreau qui lui tournent tout autour !

Une fois sur place, les esprits errants ne vont pas laisser le temps à Alan de conter fleurettes à sa jolie collaboratrice Mina. Les dons médiumniques de celle- ci vont même être rudement sollicités. Aucun répit, aucune pitié. L’enquête va être semée d’embuches, de rencontres étranges et inattendues, d’autant plus que le passé et le présent vont par moment s’entrecroiser, et que le réel et l’irréel vont se mélanger, semant encore davantage de doute et de questions dans l’esprit de nos deux protagonistes.

Le lecteur, lui tourne les pages avec avidité, les actions et les révélations aussi inattendues les unes que les autres entretenant un suspens véritablement prenant. La résolution de l'enquête est explosive. On en veut encore!
Le rendez-vous est donc pris avec Alan Lambin pour le quatrième tome de ses aventures paranormales, « Les couloirs démoniaques », qui sortira ces prochains jours !

vendredi 26 juin 2020

Ténèbres, Sandrine Périgois

Ténèbres, Sandrine Périgois (éditions Elixyria, 12/2018)

★★★★★

Pfiouh ! Quelle histoire !
L’auteure nous plonge directement, dès la première page, dans l’enfer qui fait suite à un enlèvement : « Mon corps repose sur quelque chose d'un peu mou, certainement un matelas ; ça pue, j'ai froid, je crois que je suis nue, retenue en otage pour une raison que j'ignore. » Caroline, 32 ans, professeur de littérature en lycée est enlevée le dernier jour de classe avant les vacances d’été alors qu’elle sort d’un supermarché.
Nous la retrouvons dans une cave, nue sur un matelas, à la merci d’un homme mystérieux qui semble tout connaître d’elle et qui va lui faire subir mille supplices…

Les pages se tournent sur une otage qui cherche à comprendre, qui se perd dans les méandres d’un esprit qui s’égare à force de tourner en boucle. Et puis des habitudes, des rituels, rassurants, si l’on peut dire, vont prendre place. Sans oser aller jusqu’au syndrome de Stockholm, un lien va se créer entre le ravisseur et sa victime, le passé, traumatisant, va revenir apporter quelques clés troublantes, mais la violence, toujours, reprend le dessus.

Au final, un roman qui détonne ; j’en ai lu très peu de cette trempe ! Une plume écorchée vive qui endort par moments pour mieux vous prendre aux tripes au paragraphe suivant.
Hors norme.
Ames sensibles s’abstenir.

mercredi 24 juin 2020

Mamma Maria, Serena Guiliano

Mamma Maria, Serena Guiliano (Le Cherche Midi, mars 2020)

★★★☆☆

« Il faut des pâtes, pour vivre. Il faut des lasagnes, de la friture, du gras, de l'eau de mer et du soleil. Sinon, la vie ne vaut même pas la peine d'être vécue. » Telles sont les paroles de Maria, la propriétaire du café « Mamma Maria » situé sur la côte amalfitaine, au sud de Naples, face à la Méditerranée. C’est là que Sofia, après huit années passées en France où elle avait rencontré l’amour, est revenue se ressourcer. Maria était une amie de sa regrettée grand-mère et Sofia a hérité de la maison de celle-ci. Elle y loge donc en retrouvant les habitués du café qu’elle connait depuis l’enfance : Ugo, Franco et Luciano. Elle reprend rapidement l’habitude de jouer avec ce trio d’anciens à la « scopa », histoire de se changer les idées. Elle en a bien besoin étant donné qu’elle est incapable de se concentrer sur son métier de traductrice tant ses déboires amoureux avec Jérôme, le Français qui a conquis son cœur mais pas son âme, la contrarient. Ce malotru, en effet, ne veut absolument pas venir en Italie pour découvrir le berceau de sa petite- amie, ni rencontrer les personnes qui l’ont vue grandir… Elle réfléchit donc au moyen de lui faire changer d’avis…

Ce cœur brisé va emmener le lecteur à la rencontre de ces Italiens typiques, qui parlent haut, avec les mains, se nourrissent de pâtes et de pizzas, ne boivent que du café noir serré et font des cocktails au limoncello. Le but est clair : dépayser, et montrer que l’on peut encore croire dans l’être humain. Car les habitués du « Mamma Mia » vont être confrontés à un événement inédit dans le village, et si les premières réactions seront des plus hostiles, la grandeur d’âme de Sofia et de quelques autres va transformer la calamité en félicité.  

Vous l’aurez deviné, ce roman est là pour vous « faire du bien ». Les personnages y sont sympathiques ; j’ai beaucoup aimé les trois vieillards ! Et bien sûr, le cadre est idyllique. Après, personnellement, j’ai regretté qu’il y ait tant de clichés, et puis une certaine « mollesse » de la plume (chercher un côté « humain » à des tagliatelles, ne pouvait-on pas creuser un peu et trouver une image plus cohérente ?).

Bref, un roman tout de même agréable à lire mais essentiellement fait pour l’été, sur la plage, quand on pose son cerveau sur un coin de la serviette en pensant que tout le monde est beau et gentil.   

mardi 23 juin 2020

Arrêt d'urgence, Belinda Bauer


Arrêt d'urgence, Belinda Bauer (Belfond noir, 06/2020)

★★☆☆☆

« Préparer un cambriolage était une habitude - une sale petite habitude qui lui inspirait autant de honte que de fierté. » Boucles d’Or est un insaisissable cambrioleur qui a la particularité de dormir dans les lits et vider les frigos des maisons qu’il visite. Mais sous ce nom de personnage de conte se cache Jack, un adolescent de quinze ans. Ses vols n’ont qu’un objectif : lui permettre de vivre (survivre) avec ses deux petites sœurs sans se retrouver à l’Assistance publique.

En effet, trois ans plus tôt, leur mère avait disparue alors qu’elle était partie chercher du secours, en laissant les enfants dans leur voiture restée en panne sur la bande d’arrêt d’urgence de la rocade proche de leur domicile. Quelques jours plus tard, son corps avait été retrouvé dans les broussailles jouxtant une aire de repos. Le père de famille n’a pas supporté de perdre son épouse dans ces horribles conditions et un matin, il a disparu lui aussi, laissant les enfants se débrouiller seuls…

Mais voilà qu’un jour Jack s’introduit dans la maison d’une femme enceinte. A côté du lit, une carte portant le message « J’aurais pu vous tuer » et un couteau effilé. Pour le garçon, c’est une évidence : l’assassin de sa mère se trouve toujours dans les parages. Mais comment alerter la Police quand on est soi-même recherché ?

 

Belinda Bauer signe là un thriller intéressant ; le personnage de Jack est touchant et l’intrigue tient en haleine même si on se doute assez vite de l’identité du tueur. La deuxième moitié du roman est bien ficelée grâce à quelques rebondissements alors que la première partie était, à mon avis, un peu « plate », mais cela est probablement dû au temps nécessaire à la mise en place des tenants et aboutissants de la double enquête. Toutefois, j’ai tout de même regretté quelques incohérences et ce qui doit être des erreurs de traduction (« il se demanda pourquoi il s’était cramponné si longtemps à sa ficelle cruelle », par exemple ???).

 

Au final, une lecture en demi-teinte… 

jeudi 18 juin 2020

Urbex Sed Lex, Christian Guillerme

Urbex Sed Lex, Christian Guillerme (Editions Taurnada, 06/2020)

★★★★★

Connaissez- vous l’urbex ? Ce mot, qui vient de l’expression anglaise « urban exploration » désigne une pratique à la mode qui consiste à aller explorer, si possible la nuit, les bâtiments laissés à l’abandon ; anciens hôpitaux, maisons en ruines, friches industrielles, etc. La plupart du temps, on y fait des photos qu’on partage ensuite sur les réseaux sociaux.
Les quatre personnages qui vont mener le récit de ce roman, Fabrice, Carine, Théo et Chloé, sont des « experts » de cette pratique. Ils ont réalisé un site Internet qui lui est dédié, nommé « Urbex Sed Lex », sur lequel ils postent leurs photos et donnent des conseils à ceux qui souhaitent se lancer dans cette pratique nocturne qui n’est pas sans danger. 
C’est par le biais de ce site qu’ils vont être contactés pour mener une étrange mission : un urbex dans le sanatorium désaffecté de Dreux contre la somme mirobolante de 32000€.
Qui se cache derrière cette offre exceptionnelle ? Pourquoi leur proposer une telle somme ?
Le quatuor hésite… Mais ils sont jeunes, en couple récemment, et ils fourmillent de projets. Cet argent facile est inespéré. Alors, ils vont accepter cette étrange mission.

Le samedi soir qui suit, nos quatre explorateurs prennent le chemin du sanatorium, chargés de trouver des indices qui leur révéleront un mot à graffer, condition de la récompense.
« Moins de cinq minutes plus tard, ils étaient devant l'entrée principale du sanatorium, comme figés. Une fois de plus, la taille du site, qui se devinait sous la lumière blafarde de la lune, les avait surpris. » Ils ont beau avoir étudié les plans de ce bâtiment labyrinthique, ils ne sont pas moins impressionnés par l’espace qui leur est donné à explorer.

A l’aide de lampes torches, ils vont avancer pas à pas… Mais très vite, ils ont l’impression de ne pas être les seules âmes à se déplacer dans ces lieux sinistres…
« Il ne croyait pas aux fantômes, mais cette fois-ci pourtant... Un malaise s'invita au creux de sa poitrine, son ventre gargouilla. Et si ce rayon s'évertuait vraiment à le trouver lui et seulement lui ? »
Très vite, vient l’évidence : ils n’auraient jamais dû accepter.

Vous êtes prêts à frémir ? Prenez une grande goulée d’air avant de vous lancer dans une mission d’urbex par procuration ! Les quatre personnages, vous le verrez, sont très attachants, presque des amis une fois la dernière page tournée. Et puis, de petites informations habilement distillées vous permettront de vous sentir aussi à même qu’eux de mener cette mission ; et de frissonner d’autant plus au fil des pages !!!
Auteur à suivre !

mardi 16 juin 2020

Pâquerettes et châtiments, Callie J. Deroy

Pâquerettes et châtiments, Callie J. Deroy (Editions Elixyria, 2019)

★★★★☆

Quelle femme n’a jamais, un jour, participé à une soirée entre filles durant laquelle une phrase revenait comme un leitmotiv « les hommes sont tous des cons ! ». Hé bien, Zoé, ici présente, a décidé de passer au cran supérieur ! En effet, pour chaque femme plaquée, humiliée, trompée, elle va organiser une expédition punitive dont l’ex- petit- ami indélicat se souviendra longtemps !
« L'univers ne fait pas toujours le boulot correctement, il faut donc lui donner un coup de pouce. Ou un coup de batte... »

Fleuriste le jour, une fois la nuit tombée, Zoé se transforme donc en justicière des femmes blessées. Elle- même nourrit une rancœur sans nom à l’égard de son ancien compagnon, Julian, qui lui promettait monts et merveilles tout en la trompant éhontément. Elle mijote donc sa propre vengeance et décide de suivre un plan dans lequel il lui faut un « escort boy ». De petites annonces à entretiens d’embauche, elle va tomber sur Noah.

Et de fil en aiguille, ces deux- là vont évidemment se rapprocher, mais comment baisser les armes quand on a été profondément blessée ? Zoé reste sur ses gardes, même si pour Noah, elle a déjà l’apparence d’un « ange caché sous une armure ». Saura- t- il lui faire changer d’avis sur les hommes ? Rien n’est moins sûr ! Réussira- t- il à atteindre son cœur ? Cela, c’est à vous de le découvrir…    

Un récit rythmé, au langage coloré, plein de rebondissements inattendus qui font qu’on ne lâche plus le livre ! J’ai ri à plusieurs reprises tant certaines scènes frôlaient véritablement le grotesque (ah ! les parents baba cool !!!) et faisaient preuve d’un certain recul par rapport à des événements qui sentent le vécu. A offrir sans hésitation à une copine qui vient de se faire larguer !!!

Le Bourgeois gentilhomme, Molière

Le Bourgeois gentilhomme, Molière (1670)

★★★★★

Il est encore une fois surprenant de constater à quel point des œuvres classiques vieilles de plusieurs siècles peuvent paraître tout à fait actuelles. Lisez ou relisez Le Bourgois gentilhomme, et vous constaterez, comme moi, que vous êtes entourés de M. Jourdain. Si, si, vous verrez… Une personne qui veut paraître d’un niveau supérieur au sien, qui veut faire croire qu’elle est cultivée alors qu’elle ne l’est pas, qui veut vous persuader qu’elle est « riche » alors que dans son assiette, vous ne trouverez que des aliments étiquetés « Eco » ; quelqu’un qui veut vous impressionner en vous racontant ses pseudo- exploits… Vous cernez mieux le personnage ?

Molière l’a décrit et l’a mis en scène bien avant que nous en rencontrions dans nos vies du XXIème siècle ! Certains hommes (ou femmes) sont -ils vantards par nature ?
A moins que ce ne soit la jalousie qui transforme l’être humain au fil des années ?

En tout cas, Molière a le don de faire descendre son personnage prétentieux du piédestal sur lequel celui- ci se positionne, pour mettre en avant la bêtise de ce genre de personne.
Il démontre avec efficacité le côté imbécile des personnes obsédées par leur apparence, jusqu’à parfois déclencher la pitié chez le lecteur (ou spectateur) pour ce M. Jourdain qui finalement est bien pathétique sous ses apparats !

Et on sourit, imaginant nos connaissances prétentieuses sous ce costume ridicule, ânonnant « Tout ce qui est prose n'est point vers ; tout ce qui n'est point vers n'est point prose. » Jubilatoire !