lundi 19 octobre 2020

Challenge cocooning automnal 2020: menu "Bougies allumées" validé!

            

                          Menu "Bougies allumées" validé!!!!


Dans l’univers musical : Romantic call, Natacha Pilorge 

https://www.labiblideval.com/2020/09/romantic-call-natacha-pilorge-elixyria.html

Ancêtre de la PAL : Orgueil et préjugés, Jane Austen (1813) 

https://www.labiblideval.com/2020/09/orgueil-et-prejuges-jane-austen-1813.html

Fantasy : Terra – Luna, Tome 2, Eva Justine

https://www.labiblideval.com/2020/10/terra-luna-tome-2-eva-justine-elixyria.html

Le héros est masculin : Carne, Julia Richard

https://www.labiblideval.com/2020/10/carne-julia-richard-les-editions-de.html

Votre auteur (e) préféré(e) : Fragments du passé, Lucie Goudin

https://www.labiblideval.com/2020/10/fragments-du-passe-lucie-goudin.html

Un one shot : Les noces mécaniques, Marie Kneib

https://www.labiblideval.com/2020/10/les-noces-mecaniques-marie-kneib-plume.html





 

Les noces mécaniques, Marie Kneib (Plume blanche, 04/2020)

 


Les noces mécaniques, Marie Kneib (Plume blanche, 04/2020)

 💛💛

Je ressors de ce roman "Steam punk" assez mitigée, je dois le dire…

Pourtant, tout avait bien commencé ; une plume dynamique, des personnages charismatiques, de l’originalité dans l’univers créé, de l’humour dans certaines répliques, et puis les pages ont tourné, et la lassitude s’est installée…

 

« Quoi, tu n'as jamais vu d'entrée théâtrale ? Enfin, je suppose que tout le monde ne peut avoir un quotidien aussi trépidant que le mien. Désolée, ma belle, mais je ne peux pas rester, j'ai quelqu'un à poursuivre. »

La jeune Clara voit son mariage anéanti par l’intervention d’un détective farfelu nommé Octavius. Issue d’une famille de notables, et alors qu’elle avait réussi à faire accepter à sa famille le fait qu’elle désirait épouser d’amour Wilhelm, un artiste peintre désargenté, voilà que la jeune femme se retrouve dans l’obligation d’épouser l’illustre inconnu qui vient d’interrompre la cérémonie, sous peine de déséquilibrer l’énergie de la ville de Néacity. Et voici qu’aussitôt les consentements échangés, Octavius prend la fuite ! Clara, au tempérament tout feu tout flamme, ne l’entend pas de cette oreille et file à sa poursuite, courant comme une échevelée dans les rues de la ville, écrasant des pieds et distribuant des gifles aux gens qui se mettent sur son passage en espérant la raisonner.  Vont s’ensuivre toute une série de mésaventures, liées à la découverte de terribles secrets et dont ils ne se sortiront indemnes qu’avec l’aide d’un journaliste habile en camouflage, Felice, et une sorcière bien arrangeante, Camellia.

 

Au final, les premières pages m’ont vraiment séduite, mais la suite m’a énormément déçue car j’y ai trouvé beaucoup de facilités – c’est souvent le piège lorsqu’on imagine un univers de toutes pièces - et j’avais parfois l’impression d’être dans un épisode de « MacGyver » : à chaque problème on trouve immédiatement une solution, on crochète une serrure, on manipule mentalement, etc. Et puis il y a beaucoup de coquilles… C’est dommage.

mercredi 14 octobre 2020

Fragments du passé, Lucie Goudin (Elixyria, 08/2020)


Fragments du passé,
Lucie Goudin (Elixyria, 08/2020)
 

💚💚💚💚

C’est toujours un régal, pour moi, de retrouver la plume de Lucie Goudin. En cette étrange année 2020, je peux dire que c’est l’auteure qui a le plus su me charmer avec ses diverses histoires, que ce soit de la fantasy, de la romance ou du thriller. Je me réjouis d’ailleurs du fait de son jeune âge ; étant donné qu’elle n’a que 25 ans, cela promet encore de nombreux romans à lire !

 

Nous voilà ici dans une bien sombre histoire : Aurora se réveille à l’hôpital après avoir passé deux ans dans le coma suite à un étrange accident de voiture. « Ce fut à l'instant où je voulus m'enquérir de l'heure que je réalisai que tout, ou plutôt rien, me frappa de plein fouet. » La jeune femme découvre qu’elle a complètement perdu la mémoire. Et plutôt que de se laisser mener sur la voie de souvenirs potentiels par sa famille et ses amis, elle va vouloir aller elle- même chercher la vérité sur ce qui lui est arrivé. Très vite, elle va justement découvrir que tous ceux qui l’entourent lui cachent bien des secrets et que ceux- ci semblent avoir eu des conséquences plutôt graves. Quand elle tombe sur une enquête menée précédemment par ses propres soins sur un tueur en série surnommé « le tueur de blouses », elle va se demander jusqu’à quel point elle est mêlée à cette histoire criminelle…

 

Sur son chemin, va se positionner un voyou au charme fou, nommé Ryder ; « Je buvais ses mots, son histoire. J'étais propulsée à ses côtés, vivais avec lui les douleurs qui transparaissaient dans son récit, les coups durs et les incertitudes, mais aussi le regain d'espoir et l'épanouissement. » Mais est-il vraiment honnête avec elle ? Pourquoi semble-t-il la surveiller ? Que cherche-t-il à lui cacher ?

 

De fil en aiguille, les cartes vont tomber et les vrais visages vont être révélés… Lucie Goudin laisse volontiers le suspens titiller le lecteur jusqu’à la fin et dévoile au final un scénario machiavélique ! J’ai lu ce roman avec beaucoup de plaisir même si j’ai un gros regret : ne pas en avoir su davantage sur les femmes assassinées par le « Tueur de blouses » : qui étaient – elles ? Comment sont-elles tombées dans le piège ? Comment ont-elles été assassinées ? Il m’a manqué un peu de « gore » !

dimanche 11 octobre 2020

Carne, Julia Richard (Les éditions de l'Homme Sans Nom, 06/2020)

 Carne, Julia Richard (Les éditions de l'Homme Sans Nom, 06/2020)

💜💜💜💜


J’ai frôlé le coup de cœur pour cette fable d’anticipation originale aux accents très actuels ! En effet, il y est question d’une pandémie mondiale dont on ne comprend pas l’origine. On ne parvient pas à maitriser la propagation du virus, et on ne trouve pas de traitement médical pour soigner les contaminés. Tiens, tiens…  La particularité de ce virus, ici, est de transformer l’humain qui en est atteint en « zombie » ; mais attention, nous sommes loin de la série « The walking dead » et autres films de morts – vivants ! Ici les contaminés gardent – plus ou moins – toute leur tête. Ils peuvent continuer à vivre en famille, à aller au travail, faire les courses, etc, plus ou moins normalement. Mais attention aux pulsions qui les animent !!!

 

Simon, le personnage principal de ce roman, découvre avec stupeur, et dans une scène qui désolera les amoureux des animaux, qu’il est atteint de cet étrange virus. Le voilà prêt à tuer pour manger animaux et humains tout crus. Une découverte déconcertante :

« C'est moi qui l'ai tué ? Comment ai-je pu avoir la force de faire ça ? Je suis un monstre. »

 

Par contre, l’esprit se trouble et il est parfois difficile de passer de l’état « humain » à l’état de « monstre » : « Je sais que j'ai déjà vécu ce moment ; il n'est pas à sa place dans la chronologie. Le présent n'en est pas. Le présent est du passé depuis tant de temps ! » Et cette confusion, l’auteure en joue en mélangeant les chapitres ! On passe ainsi du chapitre – 2 au chapitre 19 en passant par un chapitre 404 (il y en a plusieurs). Ne cherchez pas à les lire dans l’ordre, cette chronologie particulière sert parfaitement la fantaisie du récit.

 

Au final, j’ai vraiment aimé ce roman qui sort clairement du lot, tant par son thème abordé avec originalité, que par son écriture rock’n roll qui dépote ! Les personnages de Simon et de Jessica, sa fille, sont finement élaborés  (ils en deviendraient nos potes !). Par contre, il est dommage que quelques coquilles soient passées inaperçues ici et là, et je n’ai pas compris l’intérêt de mettre deux fois le chapitre 30, même avec une différence minime *. Néanmoins, c’est un roman qui mérite vraiment d’être découvert, et si vous aimez les histoires qui sortent de la norme, foncez !

* L'auteure m'a expliqué le pourquoi du comment de ce double chapitre 30, mais je ne le dévoilerai pas, je préciserai simplement que cette répétition sert la trame narrative et n'est pas une anomalie!

jeudi 8 octobre 2020

La peine du bourreau, Estelle Tharreau (Taurnada, 10/2020)


La peine du bourreau,
Estelle Tharreau (Taurnada, 10/2020)

💚💚💚💚 


J’ai bien aimé ce roman noir en huis clos à la « sauce américaine », dans lequel une double narration permet de suivre les rencontres faites par le bourreau de la prison de Walls, et le parcours du prisonnier surnommé Ed 0451, condamné à mort pour cinq assassinats. Le premier se confie au gouverneur républicain Thompson, prêt à statuer sur la possibilité de gracier Ed, 4h avant l’injection létale. Pour nourrir sa réflexion, McCoy, le bourreau, va énumérer les cas des condamnés qu’il a amenés à la chaise électrique, qu’ils soient coupables, ou malheureusement innocents. Il estime que Thompson ne sera pas capable de prendre une décision sans avoir fait le tour de ce qu’il appelle sa « réserve à horreur ».

Le second est un homme éduqué comme le sont les hommes du Texas ; à la dure, « dressé » par un père prônant des valeurs contradictoires : la foi exacerbée côtoie ainsi le racisme le plus extrême, et la notion de pardon se noie sous la cruauté la plus animale. Témoin de scènes où l’injustice et la violence lui sautent aux yeux, Ed ne parvient pas à discerner vraiment ce qui différencie le Bien et le Mal.

« Si un jour, des hommes oublient leur devoir, tu devras t'en charger à leur place. N'oublie jamais ça et ne tremble pas au moment de le faire. Pense aux tiens. »

 

Je découvre avec ce roman le talent de conteuse d’Estelle Tharreau. On devine les heures de recherches préparatoires tant le récit est fouillé, truffé de références historiques et sociologiques, et sans que cela n’appesantisse l’écriture. Je me suis laissée emporter par cette histoire qui mêle si bien les réflexions et les parcours atypiques de personnages de fiction.

La thématique n’était pas évidente à aborder, surtout sans laisser apparaître de parti pris.

C’est donc au final un roman que je recommande chaudement à tous les adeptes des huis clos très noirs, et des grandes causes sociétales à défendre. 

lundi 5 octobre 2020

Chavirer, Lola Lafon ( Actes sud, 08/2020)


Chavirer,
Lola Lafon ( Actes sud, 08/2020)

💚💚💚💚 

Que dire, qu’écrire sur ce roman qui suit la vague #Metoo, le récent témoignage de Vanessa Springora sur sa propre expérience, et sur toutes ces émissions et articles qui traitent de cette nouvelle victimologie qui a sévi dans certains milieux parisiens distingués et qui se dévoile désormais au grand jour ?

Les victimes de prédateurs sexuels osent en effet depuis quelques temps s’exprimer, dévoiler l’identité de ces hommes, pédophiles des années 80 – 90 qui semblent découvrir en 2020 que les actes qu’ils prenaient pour des distractions entre mâles Alpha font d’eux des criminels.

Dans ce roman, la prédation est organisée ; elle porte même un nom, celui de « Galatée », un statut de « fondation » et a pour mission d’aider certaines jeunes filles, triées sur le volet, à réaliser leurs rêves.

1984. Cléo, treize ans, rêve d’intégrer un corps de ballet. D’origine modeste, les seuls cours que ses parents sont en mesure de lui payer sont ceux de la MJC de quartier. Quand Cathy, une femme élégante et cultivée, l’aborde à la sortie d’un cours en lui promettant un bel avenir si elle était sélectionnée, Cléo se sent pousser des ailes. Elle fera tout pour faire plaisir à Cathy, et tout pour espérer être la bénéficiaire de la bourse octroyée par la Fondation Galatée… même si cela va la pousser à accomplir des actes pour lesquels elle n’est pas prête mais aussi la mener à recruter d’autres filles de son âge. Mais très vite, sa conscience va la rattraper :

« Cette souffrance en veille ressurgissait à tout propos, celle d'une ancienne gamine à qui des adultes avaient enseigné la solitude des trahisons. »

C’est sous le prétexte d’un appel à témoins, prétexte à l’élaboration d’un documentaire sur la Fondation Galaté, que l’auteure a dessiné la trame de son intrigue. C’est rondement bien mené, avec des passages poignants, dans les deux premiers tiers du roman. Puis des répétitions, des ajouts de personnages, et des rallonges, inutiles à mes yeux, vont quelque peu amoindrir les sentiments ressentis au long de cette lecture. L’approche spiralaire de l’intrigue et l’écriture incisive de l’auteure donnent aussi à ce roman une ambiance bien particulière, qui peut plaire… ou pas.

Au final, un roman qui a su aborder le phénomène #Metoo sous un autre angle, celui de l’organisation d’adultes prédateurs, qui a le mérite de mettre en scène un personnage attachant, celui de Cléo, mais qui souffre de s’être trop éparpillé sur la fin.

jeudi 1 octobre 2020

Terra – Luna, tome 2, Eva Justine (Elixyria, 09/2020)

 


Terra – Luna, tome 2, Eva Justine (Elixyria, 09/2020)

💜💜💜 

Un tome 2 que j’ai bien apprécié, notamment par le plaisir de retrouver le personnage si attachant de Gus, ici davantage mis en valeur ; mais aussi pour la plume limpide de l’auteure, ainsi que l’univers onirique qu’elle propose.

« Quand le soleil brûlerait tout, les êtres humains seraient obligés de s'enfouir sous terre pour survivre, et s'ils découvraient un jour l'existence des magiciens, nul doute que cela finirait en guerre. » Ces magiciens, ce sont des êtres à l’apparence humaine qui, sur Terre, vivent en paix sur un 7ème continent camouflé par une bulle qui les cache aux yeux du reste du monde. Vivant en complète harmonie avec la nature, ces magiciens vivent une vie paisible depuis des lustres.

Malheureusement, certains se sont révélés ivres de pouvoir et leur rêve est de faire disparaître le bouclier d’invisibilité qui les protège, pour pouvoir se battre contre les Terriens des autres continents afin de les anéantir une bonne fois pour toute.

« L'homme est à la fois fort et faible. Le fort désire toujours plus et ne peut s'empêcher de convoiter ce qui ne lui appartient pas. La guerre fait malheureusement ressortir tout ce qu'il y a de plus obscur chez lui. Elle le rabaisse même souvent au rang d'une bête assoiffée de sang. »

Pour contrer ces rebelles, Terra – Luna compte une armée de Sentinelles, composée de magiciens ayant des pouvoirs en lien avec la défense d’une terre et des hommes : maîtrise du feu, lévitation, paralysie. Lyïs, que nous suivions au premier tome, a retrouvé ici son rôle de gardienne du bouclier. Son « souffle de vie « ( son âme- sœur), Louan, son frère Vulkan, ainsi que ses amis Abraham, Kassus, et Opale vont être sollicités à plusieurs reprises : Livia, prêtresse du mal, et cheffe des rebelles, est en en effet plus décidée que jamais à atteindre son but…

Notre petite équipe va donc évoluer au gré des missions qui leur seront confiées pour protéger le 7ème continent, mais aussi des gaffes de notre impayable Gus !

 

Au final, un tome qui se lit avec plaisir. Cependant, j’avoue avoir regretté certaines coïncidences un peu trop évidentes et personnellement, j’aurais aimé voir le trio formé par Livia, Rakel et Rénael mettre un peu plus d’ardeur et de félonie dans leur mission…

samedi 26 septembre 2020

Orgueil et préjugés, Jane Austen (1813)

 


Orgueil et préjugés, Jane Austen (1813)

💛

Voilà des années que l’on me répète qu’il faut que je lise ce classique de la littérature sentimentale anglaise. Je m’y suis donc plongée à l’occasion d’un challenge de lecture étant donné qu’il correspondait parfaitement avec l’un des éléments proposés.

Malheureusement, on ne peut pas dire que le charme ait opéré sur moi…

 

« Le bonheur, dans le mariage, n'est que l'effet du hasard : les personnes ont beau sympathiser avant de se marier, elles changent toujours trop tôt, et selon moi, il est bon de connaître aussi peu que possible les défauts de celui avec lequel vous devez passer votre vie. » Je reconnais bien volontiers que ce genre de réflexions qui ponctuent le récit m’ont fait sourire. J’adore la dérision. Mais dans le cas présent, c’est bien la seule chose qui m’a permis de lire (mais de manière poussive) les 105 premières pages du roman. Au- delà, c’en était de trop.

J’ai trouvé le style ampoulé, vieillot, avec des phrases qu’il faut lire trois fois pour se rendre compte qu’elles expriment le contraire de ce que l’on avait compris à la première lecture.

 

Peut- être n’était- ce pas le bon moment ? En tout cas, le rendez- vous a été manqué. Je ne saurai jamais si Elizabeth a choisi Darcy ou Wickham, mais franchement, il y a plus important dans la vie ; non ?

jeudi 24 septembre 2020

Romantic call, Natacha Pilorge (Elixyria, 05/2019)



Romantic call, Natacha Pilorge (Elixyria, 05/2019)

💗💗💗💗

« Si on m'avait dit qu'une simple erreur de numéro de téléphone allait me mener ici, je ne l'aurais pas cru. » Et si je vous dis qu’à l’autre bout du fil, il s’agit de la voix suave d’un chanteur qui reprend les titres d’Ed Sheeran, de U2, ou d’Adèle, en s’accompagnant de sa guitare, chaque vendredi soir dans un café. Jaylan, chef d’entreprise et papa célibataire d’une petite fille de quatre ans, décompresse chaque fin de semaine en chantant en public.

 

« Je suis tombée enceinte de mon premier tout… Premier petit copain, premier amoureux, premier amant, premier lâche. » Joséphine – Jo pour les intimes – est celle qui a décroché le téléphone. Elle aussi élève seule son enfant, un garçon de onze ans, qui a une particularité ; il est atteint d’un trouble autistique. Chaque jour elle relève ses manches pour assurer autant au boulot qu’à la maison et ce n’est pas une mince affaire… Un homme ? Non, elle a trop donné…

 

« Parfois, la vie met sur ta route des personnes qui te font changer de point de vue. Tu crois que rien ne te fera dévier de trajectoire, et pourtant, c'est comme une attraction, une connexion. Tu n'y peux rien, impossible de lutter. Ton cœur bat plus vite, plus fort. Tu te sens plus important, écouté et soutenu. »

Ce coup de fil va mettre en correspondance nos deux âmes esseulées ; sauront- elles s’accorder, faire fi des défis quotidiens à relever quand on a un enfant « différent » ou un ex qui revient à la charge ; bref, sauront- elles s’aimer ?

 

Natacha Pilorge signe là, de sa plume fluide, une romance qui prend en compte les caractéristiques contemporaines du couple en mettant en scène des parents seuls qui ont trop cumulé les déceptions sentimentales. Mais le point fort de ce roman réside dans la place que prennent les enfants de ce couple, avec une mention spéciale à l’autisme, traité ici avec une justesse rare…  

mardi 22 septembre 2020

Dernière ambition, Mélinda Schilge (Auto- édition, 01/2020)


Dernière ambition,
Mélinda Schilge (Auto- édition, 01/2020)

💚💚💚

Mélinda Schilge m’a récemment contactée pour avoir mon avis sur l’un de ses trois romans. Très honorée, j’ai accepté de lire « Dernière ambition » et de le chroniquer. Le pari était risqué car l’histoire se déroule dans le milieu politique ; univers que je ne connais pas, du moins en ce qui concerne son éventuelle dimension littéraire.

 Nous suivons ici l’objectif ambitieux d’un chef d’entreprise, André Rivière, qui souhaite à tout prix accéder au poste de maire du quartier de la Croix Rousse à Lyon : « Peu de temps après, il était devenu directeur général de la filiale française. Il avait cédé à quelques autres compromissions, et sacrifié son mariage. Il avait ainsi conservé son poste. Il était devenu inaccessible, tellement au- dessus des autres qu'il semblait avoir perdu son humanité, dissoute quelque part dans les strates du pouvoir. » Son ambition est sans limite : magouilles et compromissions n’ont plus aucun secret pour lui. Il est prêt à tout pour accéder à la tête de la mairie de l’arrondissement de la Croix rousse, cher aux canuts, qui avait naguère échappé à son propre père.

 Il recrute donc à tout va, autant auprès des anciens que des jeunes pour donner une dimension multigénérationnelle à sa liste. Il compte notamment sur son jeune stagiaire dont les dents rayent profondément le plancher : « Nathanaël n'aimait pas l'Histoire, il aimait l'avenir, et avait décidé de procéder à sa façon. »

 Mais voilà que parmi ses recrues se retrouvent d’anciens camarades de la Résistance. Et l’Histoire va venir réclamer ses droits, ses explications…. Aux dépens d’André ?


Au final, l’auteure a réussi à m’embarquer dans son univers d’ambition, de magouilles, mais aussi de secrets bien enfouis dans une histoire locale ! J’ai regretté de ne pas pouvoir m’attacher aux personnages car il me manquait des éléments pour leur donner une profondeur, une consistance. La plume est plutôt habile, même s’il demeure quelques maladresses syntaxiques, et je me suis vraiment prise au jeu des retournements de situation. Les idées de l’intrigue sont très bonnes et inscrivent ce roman dans une réalité incontestable : en politique, chaque coup compte ! Une plume à découvrir et à suivre !

dimanche 20 septembre 2020

La commode aux tiroirs de couleurs, Olivia Ruiz (J. - C. Lattès, 05/2020)

 


La commode aux tiroirs de couleurs, Olivia Ruiz (J. - C. Lattès, 05/2020)

💙💙💙💙

J’ai longtemps hésité devant ce roman ; Olivia Ruiz est- elle « encore une star du showbiz » qui cherche à se recycler ? Et puis… et puis…

Olivia Ruiz nous livre sous le genre du roman un récit que l’on devine fortement autobiographique pour qui a lu les interviews ponctuant sa carrière de chanteuse. Elle choisit de remonter le temps suite au décès de sa grand- mère, son « abuela », qui lui a laissé en héritage une commode qui comporte dix tiroirs, dix boîtes aux trésors longtemps interdits aux enfants de la famille. La narratrice va donc les ouvrir un à un le temps de remonter le fil de son passé, et en parallèle remonter le cours de l’Histoire des exilés espagnols.

Les tiroirs vont se révéler pleins de surprises pour la narratrice.

« En vieillissant, tu apprends que les secrets de famille peuvent devenir des gangrènes, vicieuses et parfois indécelables. »

Ses ancêtres font partie de la résistance espagnole qui s’insurge contre le règne tyrannique de Franco. Leur exil, quand ils ont senti que leur vie était en danger, s’est transformé en étapes de souffrance et de drames qu’il va falloir étouffer pour envisager un nouvel avenir et se faire accepter des Français. Mais la rancœur, la nécessité de venger l’âme de ceux qui ont été torturés va perdurer : « Les miens peuvent sacrifier des innocents sur l'autel de la vengeance. »

La narratrice avance donc dans la chronologie familiale débutée avec la tragédie vécue par ses arrières- grands- parents, laquelle permettra néanmoins à leur descendance de survivre et de trouver une paix relative au fur et à mesure des générations qui suivront.« Non abuela, nous ne sommes pas du même bois. Tu as dû lutter et moi je n'ai eu qu'à recevoir. »


Au final, un roman un peu confus au début, dans lequel j’ai eu du mal à prendre mes marques (qui raconte ? Qui est « je » / « tu » ? Quand ? Pourquoi ? Comment ?). Il aura fallu que j’atteigne la soixantaine de pages pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette histoire familiale et comprendre aussi où voulait me conduire l’auteure. Les actions sont devenues alors plus claires et j’ai enfin pu compatir aux drames vécus par cette famille profondément marquée par l’exil et qui, plutôt que d’en faire une malédiction, en a fait fructifier les forces et les richesses. 

vendredi 18 septembre 2020

Alabama 1963, Ludovic Manchette et Christian Niemiec


 Alabama 1963, Ludovic Manchette et Christian Niemiec (Cherche Midi, 08/2020)

COUP DE 💓

Quelle jolie histoire !!!! Cela me fait drôle de le dire car l’intrigue est basée sur une série de meurtres de fillettes, mais l’humanité des deux principaux protagonistes fait vraiment du bien à l’âme ! Je trouve que les deux auteurs, traducteurs de films américains de profession, ont trouvé le bon équilibre entre noirceur et dérision pour entraîner le lecteur dans un récit original dans le fond et la forme.

 

« Rien ne troublait le repos de la belle endormie : ni le soleil cuisant, ni la mouche qui ne cessait d'effleurer sa joue, ni le brin d'herbe qui lui chatouillait l'oreille. Elle ne cilla même pas lorsqu'un scarabée sortit de sa bouche. » Non, elle ne dormait pas. Ses parents étaient en train de la chercher désespérément car en 1963, la Police de Birmingham, Alabama, refuse de s’occuper des enquêtes qui concernent les personnes noires. Les bus sont encore compartimentés, les écoles réservées aux Blancs, et le Klu Klux Klan fait sa propre loi.

 

Adela Cobb est une femme de ménage noire qui a pris l’habitude de se taire devant les lubies de ses différentes patronnes blanches. Elle décompresse à la laverie avec ses amies, toutes dans la même situation qu’elle ; ce qui donne l’occasion d’anecdotes cocasses qui m’ont bien fait rire (mention spéciale à la cliente rousse !) !!!

Le hasard, ou plutôt une blague, va amener Adela à pousser la porte de Bud Larkin, détective privé revêche, sale et ivre du matin au soir. Au même moment, les parents d’une petite fille noire disparue vont venir demander de l’aide à cet ancien policier, viré quelques années plus tôt, car les forces de l’ordre officielles refusent toujours de mener l’enquête.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Bud va demander de l’aide à Adela…

 

Laissez- vous embarquer dans ce roman aux faux airs de polar. Si vous avez aimé La couleur des sentiments, de Kathryn Stockett, vous retrouverez avec grand plaisir l’ambiance qui a fait le succès de ce roman lui aussi basé sur la ségrégation raciale aux USA ; foncez !  

mardi 15 septembre 2020

L’Ange noir, Lucie Barnasson (Elixyria, 07/2020)

 


L’Ange noir, Lucie Barnasson (Elixyria, 07/2020)

COUP DE  💓

Waouh ! Quelle claque ! Lucie Barnasson a réussi à me tenir en haleine de la première à la toute dernière phrase de son récit ! Les chapitres s’enchainent à une vitesse folle, et comme dans un thriller, avec des chutes qui entraînent des retournements de situation inattendus. Et une de ces fins !!!!! On en lit peu de semblable dans la dark romance !

« Je crois en la destinée et au fait que, quoi qu'il ait pu nous arriver par le passé, ces épreuves sont nécessaires à une chose bien précise qui nous arrivera un jour ou l'autre. Mes épreuves à moi, comme les tiennes, devaient conduire à notre rencontre, j'en suis persuadé. »  

Lily, orpheline, vit auprès d’Irma qui fait office de famille d’accueil. En réalité, cette femme est une véritable junkie mais les services sociaux n’en ont cure ; est- ce parce que nous sommes aux Etats- Unis ? Les faits divers nous montrent régulièrement qu’en France, nous ne sommes pas mieux lotis question protection de l’enfance…

Bref… Lily, dans son malheur, a la chance d’avoir une tête bien faite et alors que le récit commence, il ne lui reste que quelques mois pour avoir son diplôme de fin d’étude et devenir majeure.

Un matin, un nouvel élève arrive au lycée. Tatoué et habillé de cuir, il est plutôt mal reçu par les élèves « en vue ». Mais au premier regard, Lily fond pour ce jeune homme mystérieux…

« - Je ne suis pas un mec bien, Lily.
- Alors, pourquoi tu es encore là ? Pourquoi tu me protèges ? Pourquoi tu n'es pas encore parti ?
- Parce que j'y arrive pas... »

L’attirance est réciproque. Mais Logan, sans vraiment le vouloir, entraîne Lily dans son univers violent.

Le monde de Lily va changer de manière radicale, entraînée par cet amour dangereux mais passionnel. Mais quelles limites seront- ils prêts à franchir pour rester unis ?


Vous aimeriez le savoir, n'est- ce pas? Alors : lisez ce roman !!!

samedi 12 septembre 2020

Paris, 1899, Séverine Mikan

 


Paris, 1899, Séverine Mikan (MxM Bookmarck, 03/2019)

💙💙💙

Ce premier roman écrit par Séverine Mikan raconte une histoire d’amour entre hommes. Personnellement, c’est la première fois que je lis ce genre de romance et je me demandais vraiment si j’allais apprécier, détester, être choquée, ou autre…

« Cette rencontre lui semblait un miracle mais elle était plus probablement une malédiction. Vers quels tourments le mèneraient ces yeux- là ? Vers quels plaisirs ? »

Finalement, j’ai été plutôt charmée par cette romance, qui n’est autre qu’une histoire d’amour passionnée ! Certes, elle n’est pas formée sur le schéma classique et séculaire de la romance habituelle qui met en scène un homme et une femme. Mais ce genre de récit permet de prendre du recul, de répondre à certaines questions, et l’auteure a su là faire éclore les sentiments des personnages de manière à ce que l’on se dise que quel que soit le sexe des protagonistes qui se rencontrent, c’est la force des sentiments qu’ils partagent qui forme l’Amour avec un grand A !

Ici, en outre, nous sommes à la période de la Belle époque, où les tabous sont encore nombreux ; d’ailleurs, on emprisonne les « invertis ». Et pour complexifier encore l’intrigue, Séverine Mikan a placé ses deux personnages dans des catégories sociales opposées : James appartient à la noblesse anglaise récemment établie à Passy, tandis qu’Henrick est un artiste bohème vivant à Montmartre. Le premier ressent véritablement un coup de foudre pour le deuxième, lors d’une vente aux enchères. Il va remettre tout ce qui fait son quotidien de nanti en question.

« Vous savez, je vis dans un monde où on s'écoute beaucoup parler mais où les gens n'ont pas grand chose à dire. »

James va oser se lancer dans cette passion qui ne cadre pas avec les mœurs de l’époque ni de son rang mais qui le fait vibrer intensément.

« Dans les deux miroirs de ses iris azur, Henryck lisait des pages et des pages d'émotions toutes plus bouleversantes les unes que les autres. »

Mais le couple osera- t- il s’afficher au grand jour ? Pourront- ils vivre pleinement leur passion ?

Un roman qui se lit aisément. Les dialogues sont dynamiques et contrecarrent la longueur de certains passages descriptifs ou introspectifs. Les deux personnages sont très bien construits et deviennent rapidement attachants.

N’hésitez pas à aller, vous aussi, à leur rencontre !

mardi 8 septembre 2020

Warning Dead, Greg Hocfell

 


Warning Dead, Greg Hocfell (Elixyria, 05/2020)

💙💙

Vous aimez les histoires de zombies ? « Warning Dead » sera peut-être un roman pour vous. Je dis « peut- être » car personnellement, j’ai eu du mal à venir à bout de ce récit…

Pourtant, je suis une adepte de la série américaine « The walkind dead », mais là, je ne sais pas, il m’a manqué quelques retournements de situations et parfois aussi de clarté, notamment dans les déplacements des personnages, pour que j’adhère pleinement à ce pavé de près de 700 pages…

 

Nous sommes en France, de nos jours. Alain voit son voisin se déplacer en barque dans le lac qu’ils ont la chance d’avoir au bout de leur jardin. Il va se rendre compte que ce vieux fou de Gustave a en fait l’intention d’aller y noyer son propre chien. Mais les choses ne tournent pas comme prévues. Le vieux tombe à l’eau suite à un malaise, et la pauvre bête, à moitié morte, va ramener son maître indigne sur la berge, aux pieds d’Alain. Celui- ci appelle les secours qui vont emmener les deux hommes à l’hôpital de Saint- Laros. C’est dans ce lieu, que quelques heures plus tard, vont se réveiller la majorité des personnes présentes, transformées en zombies…

 

Les survivants n’auront plus qu’une seule option : fuir. Mais où ?

"Les femmes et les enfants d'abord"?
Des conneries de film de romance de con tout ça, le "chacun pour soi" et le "désolé pour toi" reprenaient vite le dessus dans le genre humain.
 »

 

La plume de Greg Hocfell est nerveuse, populaire, et manie la dérision avec talent.

« Les oreillettes vissées dans ses oreilles trahissaient une entorse au règlement : pas de lecteur MP3 au sein des services de l'Hôpital Central !
"Ils vont me faire quoi ? Me boucler dans les frigos du sous- sol, avec les danseurs de Michael Jackson, jamais réutilisés depuis ce clip historique ? "

 

Je pense que je relirai cet auteur, mais sur une autre thématique !

vendredi 4 septembre 2020

Goliat, Mehdy Brunet (Taurnada, 09/2020)


Goliat, Mehdy Brunet (Taurnada, 09/2020)

💙💙💙💙

« En remontant plus loin encore, je me rappelle m'être accolé au zinc d'un bar de San Francisco et, en même temps que les verres se succédaient, une colère grondait. Froide, sourde. Elle s'est répandue en moi comme un cancer jusqu'à ce qu'on ne fasse plus qu'une seule et même entité. »

2019. San Francisco. David Corvin, ex du FBI, a la gueule de bois. Il a bu plus que de raison pour oublier… Oublier quoi ? Une terrible histoire que Mehdy Brunet va vous conter de sa plume addictive.

Le début du roman s’avère un peu complexe car les chapitres courts alternent plusieurs périodes : 2013, 2015, 2016 et 2019. Mais très vite, les liens entre ces années et les personnages qui y évoluent s’imbriquent et les tenants de l’enquête deviennent perceptibles. Et dès que la liaison se forme entre tous ces éléments, l’intrigue devient captivante !

 « Comme une feuille de papier buvard en contact direct avec un stylo- plume, les blouses blanches s'imbibaient d'un liquide poisseux qui s'étalait pour former de grandes rosaces pourpres... »

L’hémoglobine est présente dans ces pages. Estomac sensible s’abstenir… ou pas. L’auteur a la délicatesse de nous raconter juste ce qu’il faut des mutilations subies sur les cadavres.

Les traumatismes du passé des divers personnages vont remonter à la surface et emmêler les pinceaux des divers enquêteurs : ancien du F.B.I., ancien des Forces spéciales, ancien des tribus indiennes ou des quartiers portoricains ; chacun se met en action avec ses forces, ses faiblesses et sa culture. Tous se rejoignent sur un lieu des plus austère : une plateforme pétrolière dans les mers australes. Sur Goliat se déroule en effet, au milieu des éléments naturels déchainés, une série de crimes abominables. Lequel de ces personnages fracassés a perdu la tête ?

 

Ce roman se dévore, même si quelques scènes de description du site pétrolier et de son fonctionnement se révèlent un peu complexes. J’ai vraiment aimé la construction de l’intrigue, la construction psychologique des personnages et la plume de l’auteur qui nous pousse à élaborer divers plans de résolution de l’enquête. On croit en tenir le fil, et puis viennent les derniers chapitres : eux seuls vont livreront le fin mot de l’histoire ! 

mardi 1 septembre 2020

La Lune et l’Ebène, Quentin R. Guillen

 



La Lune et l’Ebène, Quentin R. Guillen (Livresque éditions, 01/2020)

💙💙💙

J'ai aimé me balader avec Dionys, Guibert et Mi, dans un univers fantasmagorique peuplé d'étranges créatures aux noms étonnants : le graoully, le bahamut, la manticore et d’autres encore. Ne cherchez pas un référent terrien, c’est inutile ! Tout ce petit monde évolue dans un univers imaginaire où les peuples ont des mœurs très variables mais des représentants souvent ridicules et des problèmes sociétaux souvent identiques aux nôtres.

 

L’histoire de nos aventuriers est ici racontée par l’une d’entre eux, Mi, l’esprit de la Lune, et cela à la première personne du singulier. Cette omniscience du narrateur, mêlant point de vue externe et interne, est originale car elle donne l’impression au lecteur de jouer avec le récit : Mi le raconte, et choisit d’y jouer un rôle actif (ou non) : tout peut arriver !

Entre Dionys, barbare qui frappe avant de réfléchir, et Guibert, grand dadais niais pour qui elle a un petit faible, Mi a bien des soucis à se faire à leurs côtés…

 

Ce premier roman d’un jeune auteur tarnais est vraiment surprenant. Sa plume est élégante tout en étant loufoque ! Quelques éléments seraient perfectibles, comme la consistance des personnages, un peu trop éthérée à mon goût ; ainsi que dans l’équilibre entre scènes d’actions et moments calmes où l’introspection respective des personnages est un peu trop souvent passée sous silence. Mais l’auteur a le mérite de proposer un univers inédit et très bien écrit !

 

Au final, une lecture originale, innovante et j’ai très envie de lire le tome 2, persuadée que l’écriture de ce jeune talent est encore pleine de promesses et de sourires !

vendredi 28 août 2020

Impossible, Erri De Luca

 


Impossible, Erri De Luca (Gallimard, 08/2020)

💚💚💚

C’est le premier roman que je lis de cet auteur et je comprends pourquoi celui-ci est tant renommé dans l’univers de la littérature européenne contemporaine. Avec un style fluide, il parvient à nous emmener, grâce à un vocabulaire élaboré et judicieux, dans des réflexions profondes, ici sur le thème de la trahison, mais aussi, paradoxalement, de l’entraide et de la camaraderie politique.

 

« Impossible c'est la définition d'un événement jusqu'au moment où il se produit. » L’événement autour duquel tourne le récit est la chute dans le vide d’un homme qui se promenait en montagne. Derrière lui, un autre alpiniste donne l’alerte. Or un lien ancien lie les deux hommes : le premier a jadis dénoncé le deuxième et l’a, de ce fait, envoyé en prison.

 

Le récit s’ouvre donc sur l’audition de l’alpiniste (dont on ne connaîtra jamais le nom) par un magistrat persuadé que la chute est en fait un assassinat déguisé. Mais l’accusé est catégorique : il est innocent.

 

Le lecteur va donc suivre les auditions successives, durant lesquelles l’accusé va pousser le magistrat à réfléchir sur ce qu’est d’appartenir à un groupe d’idéologistes (communiste notamment), sur l’engagement pour une cause, mais aussi sur ce que représente l’amitié. Entre deux rendez- vous, le narrateur, de nouveau incarcéré, donne à lire les lettres qu’il écrit (mais n’envoie pas) à celle qu’il aime. On y retrouve cette vision des choses toute particulière : « L'élégance n'est pas dans la garde- robe, mais dans les attentions de deux êtres qui vivent ensemble. »

 

Au final, c’est un roman court mais intense. Par contre, j’ai regretté que la forme s’apparente plus à un essai qu’à un véritable roman : aucune action n’est véritablement narrée. Il s’agit vraiment davantage d’un écrit de réflexion. Certains risquent de s’y ennuyer.

mercredi 26 août 2020

L'embaumeur de Montmartre, Fleur Hana


L'embaumeur de Montmartre,
Fleur Hana (Editions Mxm Bookmark, 2019)


💛💛 


Ce roman me faisait de l’œil depuis un moment. En effet, il se déroule lors d’une période et dans des lieux que j’apprécie énormément dans la littérature : la Belle Epoque au cœur de Montmartre. J’adore le foisonnement artistique que l’on y trouve autour de l’événement de l’Exposition universelle de 1889, les intrigues autour du Moulin Rouge et les changements liés aux grands débuts de l’industrialisation.

 

L’auteure emmène donc son lecteur aux côtés d’une journaliste féministe avant l’heure. Rosaline souffre effectivement de ne pas pouvoir vivre comme un homme : elle résiste en remontant ses jupes pour se déplacer à bicyclette, fume des roulées, et exerce le métier de journaliste alors que le travail est réservé aux hommes.

 

Voilà qu’un jour, un étrange détective anglais débarque dan son univers. Lord Spencer Fitzwilliam est dépêché sur place par l’agence britannique ROSE, gérée par sa propre mère, pour tenter de résoudre la mort d’une danseuse de cancan du Moulin Rouge.

 

Entre ce noble anglais aux mœurs très régentées et Rosaline, plutôt libérée, il va y avoir de nombreuses étincelles. Et pourtant, seule une entente cordiale leur permettrait d’atteindre leur objectif commun : arrêter celui qui assassine les danseuses du célèbre cabaret ; lequel prononce ces mots :

« Je voudrais ne plus jamais me réveiller afin d'empêcher le jour de chasser la nuit et de réduire à néant cette vie dont seule la lune est témoin. Mais j'ouvre les yeux et découvre l'horreur de mes actes dans toute leur splendeur. Je vis de la mort. Je suis la mort. »

 

Au final, une lecture agréable, mais sans plus. Je me suis ennuyée à plusieurs reprises, regrettant les répétitions concernant le comportement des deux principaux protagonistes : il était, pour moi, inutile de répéter que le comportement de Rosaline remontant ses jupons pour enfourcher son vélo ou attraper son paquet de tabac était si choquant à l’époque ; tout comme les réactions outrées de Spencer qui en découlaient… 

dimanche 23 août 2020

Fille, Camille Laurens


Fille,
Camille Laurens (Gallimard, 08/2020)
 

💙💙💙💙


« Il y a quelques secondes, elle ou il, tout restait possible, la grammaire rêvassait toujours son paysage, à présent on t'a coupé les ailes (quoi d'autre ?), tu es plus seule que Robinson et pourtant, c'est fait, le sort en est jeté avec le placenta, Dieu, né garçon, dit-on, père d'un fils, croit-on, Dieu est un enfant qui joue aux dés : c'est une fille. »

Voilà le point de départ du dernier roman de Camille Laurens : le conditionnement lié à notre sexe de naissance. Et en tant que fille, le constat est affligeant dès le départ pour l’auteure. Née à une époque où il vaut mieux naître garçon, elle remonte le fils de ses réflexions jusqu’au point le plus ancien de sa biographie : sa propre naissance. Au fur et à mesure des pages, nous avançons dans l’Histoire du féminisme aux côtés de Laurence. En parallèle, elle lève le voile sur ces expressions qui pénalisent lourdement le sexe « faible » et avantage celui que l’on qualifie de « fort ». La règle de grammaire qui dit que « le masculin l’emporte sur le féminin » est ici on ne peut plus pointée du doigt !

 

J’attendais avec impatience ce roman car j’aime beaucoup l’écriture de Camille Laurens. Le Covid 19 en a reporté la sortie et j’ai été ravie de pouvoir enfin le lire. Pourtant j’avoue que le début m’a un peu déçue : encore un livre à la sauce « bobo parisien » qui se regarde le nombril et se plaint. Et puis, Laurence est devenue adulte, et ses drames m’ont retourné les tripes…

 

Bref, encore une fois, Camille Laurens a su me prendre par les sentiments, me faire aimer ses mots, et me serrer le cœur. Etant maman d’un Tristan, les lecteurs et lectrices comprendront mon trouble. Des pages qu’il faut prendre le temps de savourer.

jeudi 20 août 2020

Terra- Luna, Tome 1, La gardienne du bouclier, Eva Justine

 

Terra- Luna, Tome 1, La gardienne du bouclier, Eva Justine (Elixyria, 08/2020)

💜💜💜💜💜

« Alors que le monde scientifique croit la Terre formée de six continents, un septième existe pourtant depuis la nuit des temps. Composée de sept vastes contrées, Terra- Luna est dissimulée aux yeux de tous par un bouclier d'invisibilité, afin de la protéger de la folie humaine. »

Lyïs est une jeune fille née sur ce 7e continent. Sa destinée est d’être une magicienne dotée des pouvoirs nécessaires au maintien du bouclier. Mais le continent paradisiaque est menacé par une mouvance rebelle qui souhaite faire chuter le bouclier afin d’apparaître aux yeux de tous les Terriens, et surtout, d’entrer en guerre contre ces derniers, dans le but de régner sur la planète entière.

 

Afin de déjouer ce funeste plan, l’Ancienne, magicienne aux pouvoirs suprêmes, décide de protéger Lyïs en l’exilant en Europe, plus exactement à Paris, pendant deux années. Suite à un sortilège d’oubli, la jeune femme se retrouvera dans la peau d’une jeune tatoueuse sans aucun souvenir de son passé. La voilà qui mène son train de vie de manière insouciante, en compagnie de son chat Veilleur et de son voisin excentrique, mais terriblement attachant, Gus.

 

Une fois les deux années passées, des sentinelles envoyés par Terra- Luna débarquent dans sa vie et lui apprennent qu’il est grand temps pour elle de rentrer sur son continent d’origine. Lyïs va aller de découvertes en surprises en très peu de temps. Mais en écoutant son instinct pour tenter de donner sens aux informations incroyables qui lui sont délivrées sur sa véritable nature, elle va laisser la porte ouverte aux souvenirs enfouis profondément en elle et comprendre qui elle est véritablement. Cependant le retour vers les siens sera semé d’embûches : Lyïs saura-t-elle y faire face ?

 

Eva Justine a su parfaitement m’embarquer dans son univers fantaisiste. J’ai adoré l’intrigue, et surtout les personnages !!! Une mention spéciale d’ailleurs à Gus, qui m’a fait rire à plusieurs reprises grâce à ses répliques humoristiques bien trouvées ! J’aimerais tellement l’avoir comme ami !

 

Bref, j’ai hâte de replonger dans l’univers de Terra- Luna et de savoir ce que deviennent Lyïs, Louan, Abraham et… Gus ! Vivement que la suite de cette duologie paraisse !