vendredi 30 septembre 2022

Knight of shadow, tome 2 : Amour éternel, Loïs - Ly (Elixyria, 07/2019)



 Knight of shadow, tome 2 : Amour éternel, Loïs - Ly (Elixyria, 07/2019)

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Le tome 1 de cette saga se terminant en fanfare, avec une découverte tout à fait inattendue qui remettait en cause certains postulats de départ, je ne pouvais faire autrement que me précipiter sur la suite ! Hé bien, je n’ai pas été déçue ! Que de surprises, de pistes inattendues ! J’ai juré plus d’une fois dans ma moustache (si, si) en lisant ce que Loïs- Ly, en romancière sadique avait concocté pour ses personnages.

 

« Le sentiment de trahison s'insinue aussitôt dans mes veines comme un poison. Il me paraît évident que tout ce que je vais entendre à partir de maintenant va me rendre folle de rage ou me briser à jamais. » Avery va tomber de Charybde en Scylla dans ce tome. Nombre de personnes de son entourage vont voir leur masque tomber et les déceptions vont se succéder pour la jeune femme.

 

« - La lueur dans ton regard, celle d'un lendemain serein. Tes soupirs d'inquiétude, que tu combles aussitôt par des promesses cachées dans des sourires en coin ; mais surtout, tes silences d'amour qui crient tellement de choses qu'on ne peut qu'y croire. Tout ce qu'une femme dotée d'un cœur aime entrevoir chez un homme. »  Heureusement que Rayden, garde du corps, devenu garde du cœur, veille et protège Avery mieux que quiconque ; quitte à en oublier ses propres préoccupations identitaires.

 

« Je reste un instant pétrifiée devant ce qui me détruit et me fait grincer des dents. Chaque hurlement est un supplice. "Sors de là ! Va - t’en maintenant ! " me crie ma conscience. Je recule, effrayée, soudainement perdue, sans reconnaître le chemin par lequel je suis passée. » Avery va se retrouver acculée dans ses derniers retranchements, prête à perdre son esprit, voire son âme. Rayden a beau être présent à ses côtés, les enjeux vont très vite dépasser le couple, mais aussi le cercle de leurs amis.

 

Au final, un second tome mené tambour battant, qui appelle un troisième tome que j’attends de pied ferme ! Si vous aimez les enquêtes policières mettant en scène des laboratoires médicaux aux pratiques contre- nature, l’esprit dystopique saupoudrée de romance, et que vous avez les nerfs solides, n’hésitez pas à découvrir cette saga ! 

mercredi 28 septembre 2022

Knight of shadow – Tome 1 : hybride, Loïs - Ly (Elixyria, 11/2018)



 Knight of shadow – Tome 1 : hybride, Loïs - Ly (Elixyria, 11/2018)

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Vous avez rêvé, fantasmé (vous aussi) devant le film « Body Guard » (bon, ok 1992…) qui réunissait Kevin Costner et la regrettée Whitney Houston, si talentueuse, belle et tourmentée (même en fiction) ?  Ajoutez une pincée de vampires, quelques métamorphes saisis sur le vif et projetez- vous à San Francisco en 2255. Vous y êtes ? Très bien, accrochez maintenant votre ceinture car les remous arrivent ; et ils vont être nombreux…  

 

« Il y a environ deux cents ans, le monde surnaturel, jusqu'alors partie immergée de l'iceberg, a brisé le cours tranquille de la petite vie des humains et rompu leur règne sans partage en se révélant à eux. Alors, la pléiade de créatures mythologiques, supposément légendaires, qui captivaient les ados à la télévision ou dans les livres, telles que les vampires, les métamorphes, les lycanthropes, les sirènes, les berseks, sorcières et autres démons, ont brusquement fait leur apparition en chair et en os. On en croisait au coin de la rue. » Le monde n’est plus tel que nous le connaissons. Certes, le dérèglement climatique a bel et bien fait des siennes et les journées sont aussi caniculaires que les nuits sont glaciales. Mais le changement majeur réside dans l’émergence de créatures surnaturelles que l’on pensait cantonnées aux pages de nos romans préférés.

 

« J'étais déjà impulsif et nerveux de nature quand je n'étais qu'un humain, j'imagine que les expériences que l'on a pratiquées sur mon corps n'ont fait qu'exacerber ces traits de caractère, sans compter maintenant l'instinct meurtrier qui prend le dessus sur mon ancienne personnalité... » Rayden est un ancien flic. Il s’est réveillé un soir dans un laboratoire déserté ; son corps et son esprit profondément modifiés. Qu’est-il donc devenu ?

 

« Rayden me désirait, cependant, dès lors que j'ai parlé de mon père comme une idiote, son patron, il s'est refermé comme une huître. Il n'y a plus eu de "Avery, tu me rends dingue !", mais un "je vous laisse terminer de vous préparer, Mademoiselle Grover, je vous attends dans le salon". » Le nouveau job de Rayden ? Garde du corps d’Avery Grover, fille d’un milliardaire désagréable et distant. Mais voilà, entre Avery et Rayden, l’attirance est rapide et réciproque. Mais quid d’une histoire employée / patron, et peut-être encore plus problématique ; humaine / surnat’ ?

 

Au final, un roman fantastique sur fond d’enquête policière, agrémentée d’une jolie romance. Les personnages sont charismatiques à souhait ; on grogne avec Rayden et on s’épuise avec Avery, cette bourgeoise capricieuse, mais pas si délurée que ça. Et ce premier tome qui se termine sur un « cliffhanger » de malade ; on en dit quoi ? Ben qu’on est au taquet pour entamer le tome 2 (parce que non, ça ne peut pas en être autrement !) !

dimanche 25 septembre 2022

Orgone, Lana M. (Elixyria, 06/2021)


 

Orgone, Lana M. (Elixyria, 06/2021)

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Et si vous faisiez votre rentrée scolaire aux côtés d’Elysa et Connor ? Vous seriez bien vite surpris de découvrir que derrière leur apparence d’étudiants biens sous tous rapports se cachent des êtres aux pouvoirs inouïs, et qui se trouvent régulièrement aux prises avec les démons et autres demi- dieux ! Le hic ? Car oui, il y en a un ; c’est qu’Elysa ignore encore tout de sa véritable identité…  

 

 « J'ignore ce qui me rend si inapte aux relations humaines, je déteste cette facette de ma personnalité. Quelque part, c'est ce qui m'a rendue solitaire durant mes années de lycée : la peur des autres, de ce qu'ils peuvent me faire. » Elysa a toujours été du genre solitaire. Elle vivait avec sa mère, son grand- père et son chien, dans une petite île sans histoire, avant de venir intégrer l’université située dans une grande ville continentale. Heureusement, son ami d’enfance, Connor, sera encore à ses côtés car il y étudie lui aussi.

 

« - Nous, cambions, pouvons sentir l'énergie des êtres vivants qui nous entourent, celle des humains, des plantes, et la tienne, qui est bien différente des autres. Quand tu posséderas tous tes pouvoirs, ton énergie sera décuplée et tu deviendras la cible préférée des démons. » Très rapidement, Elysa est abordée par un étudiant très séduisant, prénommé Lashen. L’attirance entre les deux jeunes gens est évidente, mais Connor ne voit pas cette relation naissante d’un très bon œil… Jaloux ?

 

« Il y a quelques jours, je n'aurais jamais pu croire de pareilles histoires, mais aujourd'hui, mon esprit s'est considérablement ouvert à ce monde dont j'ignore tout. J'ai envie de comprendre comment cette société secrète fonctionne, ses règles, ses lois, ses combats, et son histoire, pour qu'elle devienne la mienne. » Des événements flirtant avec le surnaturel vont intervenir, et se succéder dans le quotidien de notre jeune héroïne, et lui faire prendre conscience de l’existence d’un monde parallèle, peuplé de créatures surnaturelles, et dans lequel elle a elle- même un rôle à jouer. Sera- t- elle à la hauteur de ce nouvel enjeu ?

 

Au final, un roman bien sympathique porté par deux personnages charismatiques. Le déroulement de l’intrigue est un peu attendu mais quelques retournements de situation surprises permettent de garder le suspens sur les origines d’Elysa jusqu’aux dernières pages. Un bon moment d’évasion. 

lundi 19 septembre 2022

Philae d’îles en ils, Julie- Anne de Sée (Elixyria, 09/2019)



 Philae d’îles en ils, Julie- Anne de Sée (Elixyria, 09/2019)

💝💝💝💝💝

J’ai été agréablement surprise par ce roman, catalogué comme un texte érotique alors qu’il s’agit avant tout d’un témoignage autobiographique. Certes, la narratrice évolue dans des milieux plutôt tendancieux, utilisant souvent son corps comme un gagne- pain, mais l’essentiel du récit porte sur son incroyable road- trip, qui l’a emmenée onze ans durant, sur les pistes les plus dangereuses des pays orientaux, destination à la mode pour tous les hippies – mais surtout tous les drogués – avec qui elle va partager les moyens de transports aléatoires, mais aussi les manques et les addictions…

 

« En fait, je ne sais pas vraiment comment je me suis mise à danser et à me dévoiler sur scène, me déshabiller en public en y prenant vite goût... Peut- être à cause de l'absence de pudeur due au fait que mes parents étaient naturistes et que la nudité a toujours été naturelle pour moi ? Ou bien, parce que je ne percevais pas alors toute la portée érotique de ce tableau auquel je prenais beaucoup de plaisir, sans trop avoir conscience de mon exhibitionnisme. » Philae a grandi dans une famille aux mœurs particulières : nudité et partage de partenaires sexuels sont la norme. Alors quand on lui propose de se mettre en scène pour des strip- teases et des shows érotiques, elle accepte sans se poser de questions : son compagnon, Yannick et elle- même ont bien trop besoin de doses d’héroïne pour se permettre de refuser.

 

« Philae n'est pas le prénom que mes parents m'ont donné à la naissance. Cependant, c'est celui que j'ai toujours porté, celui que j'aime. Il a été mon nom de scène, dont j'étais fière, même lorsqu'il a été japonisé en Philaway. Il s'est ensoleillé au Brésil. Il est aussi devenu Philadamnada, Philae la damnée, l'infernale, comme les enfants pas très sages... » Changer de nom, n’est- ce pas la meilleure manière de tourner la page de son enfance ? Une période bien trouble et troublante pour Philae…  

 

« Je ne peux pas encore savoir que bientôt, je parcourrai la planète en tous sens, de continent en continent, d'îles en ils au gré de rencontres et d'amours de toutes nationalités, de toutes les couleurs, en amoureuse du monde et des hommes qui le peuplent. » Quelle expérience que celle menée par Philae ! Si je l’ai trouvée bien naïve par moment, à s’amouracher du ou de la premier(e) venu(e), j’ai ensuite vu cet attachement rapide et spontané comme la bouée de secours dont a besoin celui qui est en train de se noyer. Un moyen de vivre, de survivre.

 

Au final, un récit véritablement dépaysant. Julie- Anne de Sée a su prêter sa plume élégante à une femme si particulière qui a pourtant préféré rester anonyme. Et pourtant, que d’expériences vécues, que de personnalités rencontrées pour un petit bout de femme aux cheveux blonds dans les années 70 et 80 ! Un récit que je recommande aux amateurs de témoignages sur Goa, Manille et les quartiers malfamés de l’Inde ou de la Thaïlande !

vendredi 16 septembre 2022

Peindre la pluie en couleur, Aurélie Tramier (Le Livre de Poche, 2020)


 

Peindre la pluie en couleur, Aurélie Tramier (Le Livre de Poche, 2020)

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 Aurélie Tramier a écrit là une bien jolie histoire autour du deuil, de l’amour entre sœurs et de la résilience ; cette faculté de se reconstruire après avoir subi des traumatismes dans le passé. Car oui, c’est bien cela qui empêche Morgane, 35 ans, d’être heureuse : le rejet de la part de sa mère et un événement traumatique qui la conduite à aller se réfugier quelques années à l’autre bout du monde. Alors le quotidien de cette femme ressemble à une journée de pluie sans fin… jusqu’à ce que deux petites touches de couleur viennent iriser sa vie.

 

 « J'ai confiance. Mon Emilie chérie. Quinze ans déjà. Si belle. Si parfaite. Pour toi, j'ai tout donné. Et je prie le ciel pour que tu ne le saches jamais. C'est ce que font les grandes sœurs, non, protéger les petits ? » Morgane a dix- sept ans quand elle prend la décision de partir loin de chez elle, mais aussi, loin de sa sœur adorée. Mais leur complicité perdurera malgré la distance et les années.  

 

« Elle me pétrifiait. Il n'y en avait que pour Emilie, si belle, si parfaite. L'image, l'apparence, ce que les gens allaient penser, voilà ce qui comptait plus que tout. » La préférence d’un enfant de la fratrie aux dépens des autres par l’un des parents est toujours source de souffrance pour ceux- ci, et Morgane en est venue à éviter sa mère, qui clamait trop souvent bien haut sa préférence pour sa cadette et son dédain pour l’aînée. Au point que lorsqu’Emilie décède dans un accident de voiture avec son époux, la grand- mère va remuer ciel et terre pour pouvoir récupérer les enfants d’Emilie, que cette dernière a souhaité confier à Morgane.    

 

« Je pose un baiser sur sa joue et me traîne jusqu'à mon lit, les boyaux retournés, la tête en morceaux, le cœur en friche. Orpheline. Marâtre. Indigne. Coupable. Vouée à l'opprobre. Galeuse. Mais débordant d'un amour violent pour cette petite fille qui dort juste à côté. Et qui n'est pas la mienne.
Je ne savais pas qu'on pouvait aimer comme ça. »
Difficile pour Morgane, qui a toujours vécue seule depuis sa prise d’indépendance, de jouer le rôle de maman d’un garçon de dix ans, Eliott, et d’une fille de six ans, Léa. Désemparés par la disparition subite de leur parents, les difficultés d’adaptation vont dans les deux sens et les habitudes du quotidien vont être sérieusement chamboulées, avant de laisser place à un amour inconditionnel entre les enfants et leur tante.

 

Au final, un roman très touchant sur les relations familiales. On se dit qu’il suffit d’un drame pour que tout vole en éclat, même les secrets les plus enfouis et les rancœurs les plus tenaces. L’alternance du récit entre le point de vue de Morgane et celui du petit Eliott, à travers des lettres qu’il rédige à sa mère, donne encore plus de profondeur au récit. Une histoire triste au final plein de tendresse. 

mardi 13 septembre 2022

Priceless, L.S. Ange et Callie J.Deroy (Elixyria, 08/2018)


 

Priceless, L.S. Ange et Callie J.Deroy (Elixyria, 08/2018)

💓💓💓💓💓

 

J’ai découvert les éditions Elixyria en mars 2020 et je me suis rendu compte qu’il s’agissait pour moi du centième livre que j’ai lu qui soit publié par leurs soins ! Le hasard veut, par ailleurs, que la fondatrice de cette maison d’édition en soit l’une des auteures, et force est de constater que la ligne éditoriale « Parce que vous méritez les émotions les plus intenses » a encore une fois fonctionné sur moi !

 

« Quand on a tout perdu du jour au lendemain, qu'on est passé d'une enfance dorée à une jeunesse en HLM, on sait à quel point tout peut changer en une fraction de seconde. Personne ne sait de quoi demain sera fait, à moins... A moins d'épouser Nicolas Dambre - Villiers dans deux mois. » Emy revient de loin. Sa famille a été décimée par un méchant coup du sort. Son seul espoir réside dans un mariage intéressé : Nicolas Dambre  Villiers efface les dettes familiales et en échange, elle devient sa propriété, corps et âme, dès lors qu’il lui passe la bague au doigt.

 

« Après être revenue à la vie le temps de quelques heures, je dois mourir à nouveau. Mais j'ai l'habitude d'être morte à l'intérieur. Ça ira. » Voilà que Vanessa, la meilleure amie d’Emy, met en place une rencontre entre cette dernière et un gigolo jeune et séduisant, Stephen….

 

« Je suis tellement fou de rage que rien ne se mettra sur mon chemin. Je dois voir cette saloperie de bonne femme pour lui dire ce que je pense de son coup foireux. » Stephen vend ses « services » depuis déjà plusieurs années à de vieilles rombières qui en ont fait leur joujou préféré en échange de liasses de billets. Mais l’une d’entre elles va se révéler plus vicieuse que les autres. Non, l’argent ne permet pas d’acheter des gens pour en faire un objet : Emy et Stephen vont devoir se battre contre cette idée choquante et indécente.

 

Au final, une romance qui fait sourire grâce aux réparties savoureuses des principaux protagonistes, qui ne se font pas de cadeaux, puis qui émeut par la force des sentiments qui se dégagent du récit. Les nombreux rebondissements et retournements de situation rendent la lecture addictive ; on a réellement envie d’apprendre ce qui va arriver à Emy et Stephen tant les deux auteures s’amusent à les malmener ! 

lundi 5 septembre 2022

Les enfants sont rois, Delphine de Vigan (Gallimard, 02/2021)


 

Les enfants sont rois, Delphine de Vigan (Gallimard, 02/2021)

💓💓💓💓

« Les enfants sont rois », c’est avant tout le portrait de deux femmes de nos jours, deux femmes que tout oppose. La première, Mélanie, est la première fan de Loana dans « Loft story », toute première émission de téléréalité produite en France en 2001. Elle rêve de vivre la même expérience, mais lorsqu’elle sera retenue sur un casting, elle ne fera malheureusement pas long feu dans l’émission… Clara, elle, a contrario, est la fille d’enseignants militants anti- téléréalité, devenue procédurière à la Crime du 36.  

 

« Dorénavant chacun existerait grâce à la multiplication exponentielle de ses propres traces, sous forme d'images ou de commentaires, traces dont on ne tarderait pas à découvrir qu'elles ne s'effaceraient pas. Accessibles à tous, Internet et les réseaux sociaux prendraient bientôt le relais de la télévision et décupleraient le champ des possibles. Se montrer dehors, dedans, sous toutes les coutures. Vivre pour être vu, ou vivre par procuration. » Que de progrès dans l’évolution des technologies liées à la communication, en peu d’année ! La télévision est entrée dans tous les foyers, mais nous sommes aussi entrés dans les écrans par le biais d’émission de téléréalité puis de vidéos postées sur les réseaux sociaux.

 

« - La plupart des gens nous aiment. Ils nous le disent, nous l'écrivent, ils font des centaines de kilomètres pour nous voir... C'est fou, tout cet amour qu'on reçoit. Vous ne pouvez pas imaginer. Mais récemment, il y a eu des rumeurs, des médisances, et maintenant certaines personnes nous en veulent. Nous veulent du mal. » Mélanie entre à pieds joints dans ce nouveau spectacle grandeur nature qu’est la vie par procuration. Inspirée par des Youtubeurs américains, elle filme ses enfants matin, midi et soir et engendre très vite des millions d’euros en signant des contrats publicitaires avec de grands groupes commerciaux. Mais alors que sa petite Kimmy, 6 ans disparaît, l’heure d’une remise en question de ses pratiques sonne…

 

« Ils croyaient que Big Brother s'incarnerait en une puissance extérieure, totalitaire, autoritaire, contre laquelle il faudrait s'insurger. Mais Big Brother n'avait pas eu besoin de s'imposer. Big Brother avait été accueilli les bras ouverts et affamé de likes, et chacun avait accepté d'être son propre bourreau. » Comment mener une enquête sur une disparition alors que le monde entier possède les coordonnées d’une famille qui se met à nue devant les écrans depuis des années ?

 

Au final, un roman vraiment très intéressant, qui aborde un sujet d’actualité qui pose déjà des problèmes depuis plusieurs années. Les droits des enfants, et les devoirs des parents, sont justement mis en question. On sent que la romancière s’est solidement documentée et elle maîtrise, comme toujours, l’art de dénoncer avec intelligence, sans crier, mais en poussant son lecteur à réfléchir.