lundi 15 juillet 2024

Archer’s voice, Mia Sheridan (Hugo poche, 02/2024 pour la V.F.)


 

Archer’s voice, Mia Sheridan (Hugo poche, 02/2024 pour la V.F.)

💙💙💙💙

Les éditions Hugo viennent de traduire et publier cette romance en format poche et comme on la voyait un peu partout, j’ai eu très envie de la lire. Classifiée en « drame psychologique » par l’éditeur, je savais que j’allais apprécier l’intrigue et je n’ai vraiment pas été déçue par l’histoire de Bree et Archer, deux personnages au passé traumatique.

« Chaque matin, je revivais cette scène, et chaque soir je me sentais à nouveau forte. A chaque nouvelle aube, j'avais l'espoir d'être enfin libérée, de ne plus avoir à supporter cette douleur qui m'enchaînait à la nuit où tout avait basculé. » Bree Prescott est une jeune femme bouleversée, qui fuit quelque chose, ou quelqu’un lorsqu’elle pose ses bagages à Pelion, petite ville du Maine. Elle veut tourner la page, oublier un passé traumatisant. En prenant le premier job qui se présente à elle, serveuse dans un petit restaurant local, elle part à la rencontre de nouvelles personnes, à la recherche d’une nouvelle vie.

« Quelque chose m'intriguait chez Archer Hale, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Quelque chose d'autre que le fait qu'il ne puisse pas parler ou entendre, un handicap spécial auquel j'étais intimement liée. » Très vite, Bree rencontre Archer Hale, un jeune homme qui vit comme un ermite, en marge de la société depuis le décès de l’oncle qui l’a élevé. En effet, Archer a perdu ses parents dans un accident de la route alors qu’il avait sept ans. Il a également perdu la voix lors du drame, suite à ses blessures. Bree va aller à la découverte de l’âme torturée de cette homme solitaire et l’aider à retrouver un semblant de vie sociale. Mais bien évidemment, l’amour va s’en mêler !

Au final, c’est une très belle histoire sur la différence, sur la beauté des rencontres inattendues, et sur la capacité de rebondir après des traumatismes profonds, pour peu que l’on soit accompagné de la bonne personne. Bree et Archer vont me hanter un petit moment.

jeudi 11 juillet 2024

Un canapé au poil, Eva Cayeux (Elixyria, 03/2018)

 



Un canapé au poil, Eva Cayeux (Elixyria, 03/2018)

😻😻😻😻😻

Les éditions Elixyria, ce sont aussi des livres pour la jeunesse ; des histoires originales publiées dans des livres à la finition soignée, avec une police d’écriture adaptée aux dys.

« - Je donne ma langue au chat !
- Vous ne croyez pas si bien dire ! Il s'agit de récupérer des chatons siamois, leurs belles fourrures, dirais-je plutôt, pour recouvrir mon futur canapé. »
Démonia, jeune orpheline, n’a qu’une idée en tête : rassembler plus de cent chatons siamois pour en faire un canapé tout doux et moelleux. Depuis son manoir, elle dirige un mandataire sans scrupules, Fred Munster, qui va aller enlever les chats pour que son horrible projet puisse se réaliser.

En fait, il s’agit ici d’une adaptation des « Cent un dalmatiens », avec une Démonia imitant Cruella dans son envie d’avoir un manteau en peaux de chiens. Les situations sont ubuesques, et les jeux de mots sont un vrai plaisir ! Une lecture sympa pour les petits, et les grands !

Minefields, Audrey Rousselin (Elixyria, 02/2024)


 

Minefields, Audrey Rousselin (Elixyria, 02/2024)

💘💘💘💘💘

L’instinct est parfois étonnant : lorsque j’ai reçu ce roman, j’ai senti que j’allais beaucoup l’aimer, alors j’ai attendu d’être disponible pour le lire en prenant le temps. Et j’ai eu raison car je me suis délectée de cette lecture ; un véritable coup de cœur !

« Les rumeurs, c'est comme les éternuements. Quelqu'un omet de mettre sa main devant la bouche et voilà toute une floppée de microbes colportés d'individu en individu. Difficile d'en venir à bout quand ils se dispersent un peu partout. » Lana et Thomas se connaissent depuis le collège. Leur amitié est exclusive et ils passent la majorité de leur temps ensemble, d’autant plus que Lana vit quasiment seule, entre une maman décédée et un père absent. Mais en grandissant, les lycéens qui les entourent soupçonnent une idylle et les mauvaises langues s’y donnent à cœur joie…

« Être amoureux de la personne la plus proche de nous relève d'une torture quotidienne. Au fil du temps, j'avais développé des talents d'acteur insoupçonnés. » Et puis un jour, Thomas, qui enchaîne les conquêtes, se rend compte que celle qui fait véritablement battre son cœur, n’est autre que Lana. Mais voilà que celle- ci s’est mise en couple avec Dylan, l’un de leurs amis. La concurrence va être rude.

« Les deux m'étaient inaccessibles, les deux me torturaient, les deux je désirais. » Lana va se retrouver tirailler entre les deux hommes de sa vie pendant des années. Comment construire une relation amoureuse avec l’un quand on pense encore à l’autre, et vice- versa ?

Au final, une romance originale et addictive qui alterne les trois points de vue de ses principaux protagonistes pour faire avancer son intrigue, avec deux temporalités pour donner encore plus de consistance à l’histoire, qui se déroule ainsi du collège à la vie adulte. Je me suis attachée aux personnages, surtout à Thomas, dont j’ai aimé la retenue et la délicatesse. Une très belle histoire, d’amour et d’amitié !

vendredi 5 juillet 2024

Et les étoiles brilleront, Louisa Méonis (L'Abeille bleue, 03/2023)

 



Et les étoiles brilleront, Louisa Méonis (L'Abeille bleue, 03/2023)

💙💙💙

La maison d’édition annonçait une romance sombre, et effectivement, nous nous trouvons ici en présence de deux âmes profondément écorchées par la vie. D’un côté, Ophélia, dix- huit ans, orpheline ballotée de familles d’accueil en orphelinats. De l’autre, Léo, trentenaire, inconsolable depuis le décès de sa femme Anna.

« Je n'attends rien d'Athènes et Athènes n'attend rien de moi. Nous sommes deux étrangères qui nous rencontrons pour la première fois. Elle, la ville enchanteresse où se mêlent des merveilles d'histoire, les plages de sable blanc, les eaux turquoise... Le paradis sur Terre. Moi, qui ne sais plus comment rêver, ni s'il existe un avenir meilleur que celui qui me semble destiné. » Le jour de ses dix- huit ans, Ophélia prend le premier avion qui se présente à l’aéroport. Destination : la capitale de la Grèce.

« Mais là, cet homme que je ne connais pas me donne des frissons. Je ne sais pas si c'est l'alcool, du désir, ou juste de la fascination. » Sur place, en cette nuit de la Saint- Sylvestre, la fête bat son plein. Ophélia en profite pour voguer d’un groupe à l’autre parmi les fêtards. Jusqu’à tomber sur le mystérieux Léo, qui admire les étoiles, puis lui propose de le suivre dans sa suite pour mieux profiter du feu d’artifice…

« Lorsque l'on a les plus belles choses tous les jours sous les yeux, la beauté devient probablement la normalité. Ce qui est triste, c'est que cela fonctionne dans les deux sens. La normalité peut également venir de la laideur, de l'horreur et de la violence. Que se passe-t-il lorsque ces deux mondes entrent en collision ? » Ce qui ne devait être que l’histoire d’une nuit va trouver un prolongement à Londres, où la jeune femme retrouve, sans le vouloir, le mystérieux Léo. Celui- ci, complètement fasciné par Ophélia parce qu’elle est le parfait portrait de sa défunte épouse, ne va plus la lâcher. Mais la jeune orpheline sent que quelque chose d’autre se trame…

Au final, une romance aux thèmes très intéressants ; le deuil et le statut des enfants abandonnés y sont très bien traités. Par contre, le suspens tarde à se mettre en place et des éléments liés au passé des personnages ne sont distillés qu’au compte- goutte, alors qu’ils auraient mérité d’être un peu plus détaillés, à mon avis. Mais ceci- dit, j’ai passé un très bon moment de lecture.  

dimanche 30 juin 2024

Là où les souvenirs se révèlent, Delphine Giraud (Fleuve, 05/2024)



 Là où les souvenirs se révèlent, Delphine Giraud (Fleuve, 05/2024)

💗💗💗💗

C’est le point de départ de cette histoire, et non son déroulé, qui m’a attirée. En effet, le personnage principal est un enseignant qui, un jour, se retrouve incapable de bouger face à ses élèves. La cause ? Un profond burn- out. Pour en guérir, une seule solution : remonter le fil de sa propre histoire.

« On prend le pouls de mon psychisme, on s'applique à m'occuper, à me redonner le goût de vivre. On me drogue pour apaiser le mal qui me ronge. Mon père finit par employer le terme qui détermine mon mal- être : burn- out. Ce fameux état d'épuisement physique, émotionnel et mental lié au travail. » Thomas est un enseignant bienveillant et attentif. Un jour, alors qu’il apprend une mauvaise nouvelle concernant l’une de ses élèves, son corps se désolidarise de son esprit et il ne peut plus bouger.

« Personne ne se remet jamais d'un tel traumatisme, encore moins quand il survient si jeune. Je n'avais pas encore 5 ans quand elle est morte. Comment aurais-je pu la sauver ? » Thomas, pour se soigner, retourne en Bretagne, sa région d’origine. Il retrouve son père et pour lui, c’est l’occasion d’éclaircir les mystères qui entourent le décès de sa mère : est- ce un accident ou un suicide ?

« - Les secrets et la famille ne font pas bon ménage, dit- elle.
- Qui n'en a pas ?
- Des secrets ou une famille ?
- Les deux.
 » Thomas ne s’attendait pas aux révélations qui vont surgir au fur et à mesure de ses recherches sur le passé de sa mère. Hébergé dans un éco- village près de la demeure familiale, il tente de se reconstruire, notamment auprès de Jasmine et de son fils autiste.

Au final, une histoire vraiment touchante. L’auteure maintient un certain suspens entre les diverses révélations qui émanent des recherches de Thomas, et la lecture devient addictive dans ces moments- là. En plus, les personnages sont véritablement attachants. J’ai passé un très bon moment avec Thomas, collègue fictif qui m’a émue par son histoire personnelle.