mardi 10 février 2026

Forbidden soldier, Erin Graham (Addictives poche, 04/2024)

 



Forbidden soldier, Erin Graham (Addictives poche, 04/2024)

💓💓💓💓

La Saint Valentin approche ; et si on lisait une romance ? Cap sur le Paris de 1942 ; dans lequel Eugénie survit grâce à ses talents de chanteuse de cabaret. Voilà qu’un soir, un regard se pose sur elle, des yeux porteurs d’un souvenir enfoui profondément dans son cœur : celui de son premier baiser, il y a douze ans, sous un pommier…

« Mais aujourd'hui la guerre est terminée, les ressentiments ne comptent plus. Nos pères n'étaient que deux soldats, ou peut- être même des officiers, qui se battaient pour leur pays. Finalement très semblables. » Le roman s’ouvre sur l’été 1930. Nous sommes en Normandie où l’on tente de se remettre d’une Première Guerre mondiale ayant engendré bien des pertes et des malheurs. Eugénie est une adolescente orpheline, placée en compagnie de Paul et Denis, qu’elle considère comme ses frères. Le travail à la ferme est rude, mais il va lui permettre de rencontrer Ludwig, orphelin d’un père allemand, qui vit chez sa mère, qui est, elle, française.

« Parce que, en plus de tout le reste, elle me plaît toujours autant. Jeune et décharnée, adulte et lumineuse, mendiante ou adulée... si différente et pourtant toujours la même... Mon cœur entre en guerre et mon avion ne sait plus décoller. Foutu pays que je ne déteste que davantage. » Les adolescents se sont tournés autour, avant de s’embrasser, mais juste avant que Ludwig ne soit renvoyé en Allemagne par un oncle autoritaire. Quand il revient en France douze ans plus tard, les émotions ressenties naguère refluent.

« Mais nous parlons de Ludwig, celui qui m'a offert mon premier baiser pour disparaître moins de vingt- quatre heures après. Sans explication. Sans dernier regard vers moi. Tout ça pour, je le comprends ce soir, entrer dans le gang des salauds. » Si Ludwig est rapidement chamboulé par sa nouvelle rencontre avec Eugénie, cette dernière nourrit toujours pour lui une rancœur sans borne. Il va falloir savoir l’amadouer…

Au final, une romance vraiment très bien écrite, qui utilise l’Histoire avec intelligence pour construire une histoire « ennemies to lovers » rondement menée et finement documentée. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire d’amour franco- allemande.  

Stranger Things, Tome 1 : De l’autre côté, Houser, Martino, Champagne, Affe & Piekos (Mana Books, 07/2019)


 


Stranger Things, Tome 1 : De l’autre côté, Houser, Martino, Champagne, Affe & Piekos (Mana Books, 07/2019)

👾👾👾👾

J’ai passé un très bon moment à lire cette bande dessinée dénichée chez mon amie bouquiniste. Elle m’a permis de retrouver les premiers moments de la série télévisuelle éponyme diffusée sur Netflix, alors que je suis en train de visionner la dernière saison. Quel plaisir de retrouver les prémices du basculement de la ville d’Hawkins dans le « Monde à l’envers  » !

« Ce n'est pas que sa maison a été infectée par quelque chose... Mais plutôt qu'il n'est jamais rentré à la maison.» Will Byers se retrouve subitement dans un monde glauque et oppressant, dans lequel il est suivi par un monstre à la silhouette gigantesque et à la tête façon plante carnivore. L’incompréhension est d’autant plus forte que les décors dans lesquels il évolue sont les mêmes que dans la vie réelle, mais en mode apocalyptique.

« En fuyant la mort, Will s'était retrouvé PARMI les morts. » L’adolescent va tenter d’entrer en communication avec sa mère, la seule vivante avec qui il parvient à nouer contact, en utilisant les lumières de son domicile. Mais il va lui être difficile de tenter de retourner dans son monde d’origine tout en devant se cacher pour fuir le Démogorgon….

Au final, une bande dessinée qui peut servir d’introduction à la série puisque les illustrations s’inspirent de la physionomie des acteurs. Une bonne distraction sinon.

vendredi 6 février 2026

La Petite Bonne, Bérénice Pichat (Le livre de poche, 02/2026)

 



La Petite Bonne, Bérénice Pichat (Le livre de poche, 02/2026)

💘💘💘💘💘

Quel talent !!! J’ai refermé ce roman une première fois, époustouflée par l’histoire mais contrariée : je ne comprenais pas à quoi correspondaient les passages en vers libres situés sur la droite de certaines pages. Et puis, je les ai tous relus depuis le début, et alors là, j’ai tout compris : quel talent (je sais, je me répète) !!!!

« Elle déteste le travail mal fait
bâclé
Elle déteste les reproches
Son juge le plus impitoyable
c'est elle »
Notre petite bonne, dont on ne connaît pas l’identité, mène sa vie de labeur avec une conscience professionnelle chevillée au corps. Les mêmes gestes, chaque jour, la même fatigue, le même respect pour ses « maîtres », telle une petite fourmi dans la société exigeante des « Grands » aux yeux desquels elle est invisible – ou presque.

« Pour ces femmes, qu'était- il d'autre que ce soldat jeune - blessé - emmailloté - de - bandages - à nourrir - à - la - paille - à - retourner - régulièrement - à - manipuler - avec - précaution - à - maintenir- en - vie ? » Blaise Daniel est rentré des tranchées de Verdun extrêmement diminué : amputé des quatre membres et gueule cassée, cet ancien pianiste survit caché dans l’ombre de son salon, observant en douce sa « petite bonne » s’occuper de son foyer.

« Sa nuque ploie sous le poids de la charge qui l'attend. Pourtant elle lutte. Elle ne fait que cela. Mais la montagne qu'elle gravit chaque jour depuis près de vingt ans lui paraît plus haute que d'habitude. Alexandrine est épuisée. Elle se dérobe. Elle flanche. L'admettre la tue, mais elle ne sait plus où puiser l'énergie qui l'a maintenue debout tout ce temps. » Alexandrine est la jeune épouse de Blaise. Après des années à jouer les aide – malades auprès de son époux, elle accepte de s’octroyer un week-end en célibataire chez des amis. Va-t-elle pouvoir s’amuser ou l’éloignement de son époux lui pèsera-t- il beaucoup trop ?

Au final, une plume sublime qui alterne vers libre et paragraphes en prose, selon les personnages. Les émotions sont très fortement exprimées en quelques mots, et un malaise sous- jacent, doublé d’un mauvais présage, rend ce récit absolument captivant. A lire absolument !!!

mercredi 4 février 2026

Love, Mom, Iliana Xander (Fleuve noir, 01/2026)

 



Love, Mom, Iliana Xander (Fleuve noir, 01/2026)

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Nouveau phénomène littéraire monopolisant l’espace bookstagram grâce à l’adoubement de notre nouvelle « Queen », Freida McFadden ; comment ne pas craquer ? Je vous le demande. Quand, de plus, la principale protagoniste est la fille d’une auteure de thriller à succès qui disparaît mystérieusement dans un accident étrange, on ne peut qu’avoir envie d’en savoir plus ! Cap sur le Nebraska, où se déroule l’intrigue !

« Le châtiment est blanc. La vengeance rouge. La mienne était d'un noir d'encre. » E.V. Renge est une autrice de thriller à succès. Elle disparaît lors d’un accident subit, laissant derrière elle un mari alcoolique, Ben, et une fille de vingt- et- un ans, Mackenzie. Cette dernière ne s’est jamais sentie aimée par ses parents, et le succès de sa mère lui est tout à fait étranger. Mais lorsque celle- ci disparaît, des éléments étonnants vont se mettre en branle et les lettres mystérieuses qui vont lui parvenir ne vont pas aider la jeune fille à faire son deuil.

« Je mettrai tout ça par écrit plus tard, notre première fois, la deuxième, puis la troisième, les jours heureux et les nuits sans sommeil, les sourires enjoués et les larmes amères, les rendez- vous pleins de gaité et les trahisons sournoises. » Les lettres que reçoit Mackenzie sont signées d’un mystérieux « De la part de Fan n°1 », mais semblent avoir été arrachées d’un carnet. Son histoire se réécrit à coup de mots venus d’un passé dont on a conservé précieusement les secrets. A elle de les dénicher, et de comprendre leur provenance.

« Ma mère était 1) "Une connasse", dixit la famille de Papa; 2) "Compliquée", selon mon père; 3) "Un génie absolu", à en croire la presse littéraire; 4) "Une reine", d'après ses fans. » Mackenzie ne saura plus, très vite, sur quel pied danser. Qui était sa mère ? Une orpheline asociale passionnée par l’écriture, ou une jeune femme avide de célébrité ? Mystère…

Au final, un thriller domestique dans la lignée de « La femme de ménage » (évidemment) avec des révélations sur le passé des protagonistes qui succèdent aux secrets honteux bien cachés. Les chapitres sont courts et se terminent sur des révélations qui donnent envie de tourner les pages ! A lire pour être dans la « hype » !   

dimanche 1 février 2026

L’Âme du mal, Maxime Chattam (Pocket, 2002)

 


L’Âme du mal, Maxime Chattam (Pocket, 2002)

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J’ai reçu le formidable volume relié regroupant les trois tomes de la trilogie la plus célèbre de Maxime Chattam - comme pas mal de lecteurs de thriller, j’imagine ! Mais l’objet- livre est tellement beau, mais aussi encombrant, que j’ai préféré lire le premier tome en format poche. Quelle régalade ! Ce policier – thriller d’une vingtaine d’années n’a pas pris une ride !

« Le quotidien d'un agent consistait en l'analyse des pires crimes commis dans le pays à grand renfort de clichés photographiques, voire de films et de rapports de légiste ou de police. En fait, chaque journée était une plongée dans les tréfonds les plus noirs de l'âme humaine. » Dans ce premier tome, nous rencontrons Joshua Brolin, un jeune inspecteur spécialisé dans le mentalisme et formé à Quantico. Envoyé sur le terrain, il parvient à maîtriser celui que l’on surnomme « Le bourreau de Portland » de manière rapide et efficace.

« Le mode opératoire est différent mais la signature est similaire. Le besoin de faire souffrir, la nécessité de monter dans l'horreur, de faire toujours plus. » Quelque temps après, voilà qu’un meurtre est perpétré dans les mêmes conditions que celles qu’utilisaient le « Bourreau de Portland ». Qui est ce copy cat ? Comment est-il au courant d’actes uniquement connus de la Police ?

« Il ne lui a sûrement pas parlé, la considérant d'emblée comme un objet de satisfaction, il l'a immédiatement dépersonnalisée, ce qui en fait un être très dangereux, il ne voit pas le côté humain de sa victime, elle n'est qu'un instrument de plaisir, et compte tenu de la rage qu'il a démontrée sur le corps, je peux vous assurer qu'il va recommencer encore et encore jusqu'à ce qu'on lui mette la main dessus. » L’appréhension d’un tueur en série porteur d’un trouble psychotique nécessite à la fois de capacités d’analyse de l’esprit humain mais aussi de compétences empathiques. Heureusement, Joshua est un expert dans ces domaines.

Au final, un premier tome qui se dévore. J’ai adoré le personnage de Joshua Brolin ; touchant et vraiment intelligent. Nous ne sommes pas encore dans la mode actuelle des chapitres qui se terminent sur une révélation abracadabrante, mais on en n’est pas loin !