samedi 8 août 2026

L’Homme qui plantait des arbres, Jean Giono (1953)

 



L’Homme qui plantait des arbres, Jean Giono (1953)

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Voilà plusieurs années que j’avais envie de lire ce cours texte de Jean Giono, dont j’avais tant aimé « Le Hussard sur le toit », lorsque j’étais adolescente ! Et puis je passais outre, sans savoir pourquoi…Aujourd’hui, alors que la cinquième vague de canicule va s’abattre sur notre pays, je découvre un texte d’une terrible actualité…

« Il avait jugé que ce pays mourait par manque d'arbres. Il ajouta que, n'ayant pas d'occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de choses. » Elzéard Bouffier est un berger solitaire qui vit dans une lande déserte de Provence. Le narrateur le rencontre tout à fait par hasard, alors qu’il randonne dans les environs et se retrouve à la recherche d’eau.  

« Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l'âme de cet homme, sans moyens techniques, on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d'autres domaines que la destruction. » Chaque soir, Elzéard trie les glands de chêne qu’il a ramassés durant la journée. Il les trie méticuleusement pour n’en garder que cent, qu’il plantera les jours suivants.

« Mais en redescendant par le village, je vis couler de l'eau dans des ruisseaux qui, de mémoire d'homme, avaient toujours été à sec. C'était la plus formidable opération de réaction qu'il m'ait été donné de voir. Ces ruisseaux secs avaient jadis porté de l'eau, dans des temps très anciens. » Les arbres qu’a plantés Elzéard n’ont pas seulement formé une forêt ; ils ont rétabli tout un écosystème qui permet à la nature de retrouver son équilibre originel.

Au final, un récit qui m’a énormément touchée, alors que j’ai vu tous les arbres autour de chez moi être abattus pour permettre la construction de lotissements bétonnés, ces dernières années. Il fait de plus en plus chaud, il n’y a plus d’arbres, il n’y a plus d’eau… Les hommes politiques devraient lire Giono. 

Les jours mauves, Kalindi Ramphul (Le Livre de poche, 04/2025)

 

Les jours mauves, Kalindi Ramphul (Le Livre de poche, 04/2025)



J’ai découvert Kalindi Ramphul dans l’un des podcasts proposés par Virginie Grimaldi sous le titre « Cahier de brouillon ». J’ai été séduite par cette artiste polyvalente et j’ai eu envie de découvrir ses romans, ayant particulièrement apprécié son humour mordant.

« J'avais beau sonder le peu de neurones actifs qu'il me restait après ces derniers mois : nada, pas le début d'une inflexion mélancolique, pas le moindre vague à l'âme. » Le père d’Indira vient de mourir d’un cancer, et elle culpabilise de ne pas ressentir la moindre tristesse, de ne pas verser la moindre petite larme. Au point de ne pas enlever ses chaussures comme le veut la tradition hindouiste de son père, lors de la cérémonie dédiée aux obsèques.

« Désastre, c'est un joli synonyme de Xanax. De vin. De bière. Et de champagne. Tout ce que mes camarades et moi avons englouti après la cérémonie mortuaire. » Lorsqu’Indira découvre la dernière volonté de son père, elle tombe des nues : ce dernier souhaite que ses cendres soient dispersées sur Mars !!!! Mais, heureusement pour elle, les amis de son père vont rapidement lui apprendre que « Mars » est le nom du PMU, en haut d’une côte près de Superbagnères, où il avait l’habitude d’aller boire de la bière très fraîche avec ses amis cyclistes ! Indira décide de lui rendre un dernier hommage en emmenant familles et amis dans un périple en bus qui va s’avérer folklorique !

« Aujourd'hui, il y a un peu de ce sentiment d'autrefois, la sensation d'accepter toutes les émotions qui coexistent. Je vais bien et je vais mal. Je hais mon père et je m'aime plus que je ne l'ai jamais aimé. » Le voyage va être l’occasion pour Indira de découvrir la vraie personnalité de son père, au travers des témoignages des amis de celui- ci. Elle va découvrir un homme bien différent de l’image qu’elle s’était fait de lui.

Au final, un roman dont j’ai beaucoup aimé le côté sarcastique des premières pages, mais j’avoue avoir été un peu déçue par certains événements, un peu trop « attendus » à mon avis : l’incident, la séance de yoga… Probablement des erreurs imputables à un premier roman. Et comme j’ai aimé la plume de Kalindi Ramphul, je lirai ses autres romans. 

mercredi 5 août 2026

Un chemin qui vous appartient, Angélique Vogt (Editions Bussière, 06/2026)

 


Un chemin qui vous appartient, Angélique Vogt (Editions Bussière, 06/2026)

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Depuis quelques mois, je m’intéresse davantage aux guides de développement personnel. Crise de la cinquantaine ? Prise de conscience de l’aspect éphémère de la vie ; laquelle semble passer de plus en plus vite ? Il y a tellement de choses que j’aimerais faire mais pour lesquelles je me suis toujours freinée ; et si j’osais ?

« Nos pensées et nos émotions seraient des forces créatrices capables d'influencer notre santé, notre environnement, et plus largement, le monde autour de nous. » On le sait de plus en plus, notre état émotionnel influe sur notre santé globale. En apprenant à exprimer nos émotions à travers une pratique culturelle, voire même sportive, nous pourrions en tirer des bénéfices au quotidien. Ce guide propose une méthode de « visualisation créatrice » guidée, avec des outils photocopiables pour planifier nos objectifs à court, moyen et long terme ; ainsi qu’un parcours personnel pour pratiquer l’autohypnose.

« Je prends pleinement conscience des croyances limitantes et des pensées négatives qui freinent ou bloquent la réalisation de mon objectif. Puis, je consigne soigneusement tous ces éléments par écrit, ce qui me permet de les identifier clairement et de préparer leur transformation vers des pensées et croyance constructives. » La méthode de « visualisation créatrice » permet de positiver davantage, de croire en soi. Personnellement, je me suis retrouvée dans la pratique de la méthode appelée « Loi de l’Attraction » et j’ai commencé à mettre en pratique les « Trois gratitudes » du soir, dans le but de passer des nuits plus apaisées, et afin de profiter de journées plus sereines. A voir dans la durée…

« Oscar Wilde résumait cette idée avec justesse : "Visez toujours la lune. Même si vous la manquez, vous atterrirez parmi les étoiles." Cette citation nous rappelle combien il est essentiel de viser haut et d'oser sortir de nos repères habituels pour évoluer pleinement. » J’ai toujours trouvé cette citation vraiment rassurante. Il est vrai que l’on se retient souvent de se lancer dans un nouveau projet par peur de l’échec. Ce guide nous explique comment « Sortir de notre zone de confort ».

Au final, un guide vraiment éclairant, avec des exercices pratiques et cinq parcours qui permettent à chacun de trouver celui qui lui convient le mieux. L’objet livre – cahier est joliment illustré ; ce qui renforce l’envie de l’utiliser !  

mardi 4 août 2026

La mort dans l’âme, Mathieu Lecerf (Pocket, 06/2024)

 



La mort dans l’âme, Mathieu Lecerf (Pocket, 06/2024)

💙💙💙💙💙 

C’est en lisant le dernier roman de Mathieu Lecerf, publié au printemps, que je me suis rendu compte que je n’avais pas lu le troisième tome de sa « trilogie du démon » ! J’avais pourtant adoré les deux premiers ! J’ai donc remédié à cet oubli !


« Urizen s'était manifesté pour la première fois presque trente ans auparavant, au cœur de l'été 1991. Une jeune Parisienne avait été découverte à son domicile, morte étranglée et à moitié nue. On lui avait arraché les paupières et découpé les tétons. Un meurtre sauvage qui ne trouvait aucune explication rationnelle selon les enquêteurs. » Manuel de Almeida, capitaine de Police judiciaire se voit de nouveau lancé sur les traces d’un homme qui étrangle et mutile atrocement ses victimes par vagues successives puisque nous sommes ici en 2019. Son frère, Cristian, journaliste de formation, va une nouvelle fois lui prêter main forte. 


« L'œil.

La fenêtre de l'âme.

Connaît- on vraiment l'œil ?

En conséquence, connaît-on vraiment l'âme ? » L’âme de nos enquêteurs va être mise à mal tant les atrocités vont se multiplier. En effet, la recherche de ce monstre surnommé Urizen va être étoffée par un combat mené par Cris en parallèle : la dénonciation de celui qui a abusé de lui durant sa plus tendre enfance. Connait – on vraiment l’âme des gens ; en qui peut- on avoir réellement confiance ?


« Elle appelait ça "Les Anges déchus". Je ne sais pas à combien de ces soirées Cici s'étaient déjà rendues, mais elle semblait connaître tout le monde là- bas. Il y avait tellement de drogue, tellement de sexe, partout. » Manny et son équipe vont se retrouver à enquêter dans des lieux malsains et dangereux où certains vont laisser des plumes. Mais Urizen fait- il partie de ces pervers ? Et si son sadisme se satisfaisait d’autres travers ?


Au final, un troisième tome aussi qualitatif que les précédents. J’ai repris le fils de l’histoire de l’équipe de Manny comme si je l’avais quittée hier. C’est bien écrit, c’est rythmé, touchant et intelligent. J’en redemande !!! 

samedi 1 août 2026

Nous qui avons connu Solange, Marie Vareille (Flammarion, 03/2026)

 


Nous qui avons connu Solange, Marie Vareille (Flammarion, 03/2026)

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Voici le quatrième roman de Marie Vareille que je lis et je trouve que celui- ci est le plus complexe et le plus dense de tous, tant dans la construction des personnages que dans le message féministe qu’il veut transmettre à notre génération : mesurer l’évolution des droits accordés aux femmes alors que ces derniers sont étonnamment, de nouveau en péril.

« Je m'interroge parfois sur le nombre de menteurs doublés d'assassins qui, comme moi, ont vécu impunis une vie paisible sans jamais être soupçonnés. » Le roman prend la forme d’une longue lettre de la part de Célestine, l’héroïne, à l’adresse de l’une des filles de sa descendance, surnommée « Biquette ». Nous ne connaitrons la véritable identité de cette fille et sa place dans la famille Dubreuil que dans les dernières pages. L’origine de cette lettre ? Expliquer le parcours rétrospectif de Célestine, qui, à 107 ans, est au crépuscule de sa vie, et veut lever le voile sur les secrets de sa famille.

« Ce pour quoi j'existe sur Terre :
Ecrire.
Puisque hurler, paraît-il, relève de l'indécence.
Et qu'est- ce qu'écrire, si ce n'est hurler en silence ? »
Solange, dont le prénom compose le titre, n’est pas le personnage principal du roman, mais elle endosse le rôle de l’élément perturbateur qui va donner une trajectoire inopinée à la vie de Célestine. Cette dernière, en effet, avait été repérée pour ses capacités intellectuelles et s’apprêtait à intégrer une Ecole Normale afin de devenir institutrice. Mais en 1930, le destin des filles ne dépend que du bon vouloir des hommes. Les lettres de Solange, poétiques à souhait, ponctuent le récit de Célestine.

« Ce n'est pas la liberté que tu m'offres, c'est le fait de dépendre entièrement et jusqu'à la fin de ma vie de toi, de tes désirs fluctuants et de ton bon vouloir. Comme toutes les femmes mariées qui n'ont de liberté que celle que leur mari accepte de leur donner. J'ai lu trop de livres, justement, pour pouvoir me permettre d'être romantique. » Célestine, à l’image de toutes les femmes de sa génération, subit un destin tout tracé : aider à la ferme, se marier, enfanter et faire tourner la maison selon les humeurs de son époux. Sa curiosité littéraire l’a amenée à réaliser l’injustice qui réside dans le statut du sexe féminin.

Au final, un récit captivant qui se dévore tant on s’attend aux retournements de situation qui ne peuvent qu’intervenir dans la vie d’une femme intelligente mais soumise à sa condition. J’ai frémi avec Célestine, je me suis mise en colère à ses côtés, j’ai tellement eu envie de lui venir en aide. Bref, une histoire dramatique et éclairante à la fois, et un personnage qui va longtemps me hanter…