Je change de nom, Christine Angot (Flammarion, 10/2026)
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Je lis chaque livre
publié par Christine Angot depuis quelques années. J’aime son style, sa manière
d’exprimer sa colère viscérale par des mots toujours judicieusement choisis.
Bien sûr, ses écrits sont autobiographiques, bien sûr ils sont dérangeants, mais
ils ont pointé les violences faites aux femmes, aux enfants, bien avant l’ère #Metoo.
« Augustine ne
savait pas qui était son père biologique, ni où se trouvait cette exploitation
agricole.
C'étaient des situations fréquentes, elles étaient liées à des contextes de
soumission. » Christine Angot débute son récit par une recherche dans son arbre généalogique
du côté de sa mère : des femmes qui se sont soumises aux hommes parce
qu’elles ne pouvaient pas faire autrement du fait de leurs origines sociales,
et qui n’ont pas pu faire reconnaître les enfants nés de relations adultérines.
Sa grand- mère, ainsi que d’autres femmes de sa famille en ont été victimes.
« Le mariage
était la seule forme possible de vie et d'intégration sociale. Pour obtenir une
forme de respect. Avoir la paix. Qu'on vous laisse tranquille. Qu'on ne vous
traite pas de fille- mère ou de pute. Cela équivalait. » Les mœurs sociétales concernant les mères-
filles semblent avoir évolué, de nos jours, mais le regard des autres,
notamment de la famille, est resté particulièrement sévère, voire excluant.
« Le livret de
famille était conforme à la réalité.
La réalité était contredite par le troc entre l'inceste et le nom. » Rachel ne voulait pas que sa fille, Christine
(l’auteure) soit stigmatisée. Elle insiste, insiste, insiste pour que Pierre
Angot, le père de sa fille, la déclare sous son nom, pour lui éviter l’opprobre.
Lui tergiverse, puis accepte, mais la contrepartie sera terrible…
« Il faut connaître le nom de son ennemi, et peut- être que, pour le connaître, il faut le porter. » La phrase d’accroche du récit nous en donne la couleur ; il est ici question de mise au point, de rappel à l’ordre familial (s’il en est). Un livre coup de poing qui s’appuie sur l’identité religieuse et sociétale que peut porter un patronyme. Et expliquer, dans la foulée, le choix d’un changement de nom, que l’on soit considéré comme un artiste ou non. Un témoignage intéressant même si les dernières pages sont, à mon avis, insuffisamment approfondies.




