dimanche 16 août 2026

L’Appel de la forêt, Jack London (Jungle, 2014)

 




L’Appel de la forêt, Jack London (Jungle, 2014)

🐶🐶🐶🐶

Après avoir lu l’adaptation en bande dessinée de Croc- Blanc, j’ai eu envie de lire celle de L’Appel de la forêt, que j’ai souvent fait lire et étudier à mes élèves de 6ème. L’intrigue de ce deuxième récit est totalement inversée par rapport à celle du premier étant donné que là, nous partons d’un chien domestique, appelé Buck, qui va retourner à la vie sauvage.

« Les jours passèrent. Buck perdit la mémoire de la douceur des jours écoulés et se résolut à souffrir l'inévitable. » Buck est un bon gros chien de famille tranquille, peinard, qui va malheureusement subir un enlèvement orchestré par un domestique. Nous sommes en pleine période de ruée vers l’or, et les chiens costauds sont recherchés pour la force qu’ils sont capables de déployer en tirant les traineaux chargés des colons. Pour lui, il en sera terminé des repas copieux et des caresses au coin du feu. A la place, il devra tirer des traineaux dans le froid, la violence et la faim… jusqu’à ce qu’un certain John lui sauve la mise.

Une bande dessinée fidèle au texte du roman, même si certains passages ont été occultés pour répondre au format de la bande dessinée. J’ai beaucoup aimé voir les animaux prendre parole dans les bulles qui leur sont dédiées !

Croc – Blanc, Jack London (Glénat, 08/2029)

 


Croc – Blanc, Jack London (Glénat, 08/2029)

🐺🐺🐺🐺

J’avais lu cette histoire sous la forme d’un roman lorsque j’étais adolescente et j’en gardais un souvenir douloureux. Je n’avais pas supporté de lire les scènes de maltraitance animale, j’avais énormément pleuré et gardé un souvenir vraiment éprouvant de certaines scènes. Pour ces raisons, je n’ai jamais proposé cette lecture à mes élèves de 6ème, préférant l’histoire de L’Appel de la forêt, même s’il y a aussi quelques scènes dures à lire lorsqu’on aime les animaux, mais elles sont plus courtes et moins détaillées.

Croc – Blanc est donc un chien- loup né à l’état sauvage, qui va se retrouver rapidement livré à lui- même et se confronter d’abord aux autres espèces animales, puis à la plus cruelle de toutes, celle des Humains.

« Croc - Blanc a appris la plus importante des lois... quand tu te soumets à l'homme, tu renonces pour toujours à ta liberté. » Croc- Blanc va d’abord apprendre à vivre avec les populations indiennes, puis devenir chien de traineau et de combat pour les chercheurs d’or du Klondike, avant d’être recueilli, soigné et enfin traité avec toute l’affection qu’il mérite par Weedon Scott, un homme bon et généreux.

Une lecture émouvante, car les scènes de violence me font toujours mal au cœur, mais le format de la bande dessinée a cet avantage de ne pas s’appesantir sur celles- ci et d’arriver plus rapidement vers la fin heureuse de cette histoire. 

samedi 15 août 2026

Astérix, tome 39 : Astérix et le Griffon, Goscinny & Uderzo (Albert René, 10/2021)


 

Astérix, tome 39 : Astérix et le Griffon, Goscinny & Uderzo (Albert René, 10/2021)

😂😂😂😂😂

J’ai beaucoup aimé cet album de la saga « Astérix et Obélix » relativement récent ! Il y a un véritable lien entre nos Gaulois des débuts et la société d’aujourd’hui, avec notamment des références hilarantes quant aux nouvelles technologies dans les prénoms : Kalachnikovna, Aplusdanlbus, Terrinconus, etc.

J’ai également apprécié de voir nos Gaulois confronter leurs valeurs patriarcales avec une tribu d’Amazones qui compose comme elle peut avec leurs maris au foyer !

Une très bonne lecture ponctuée de nombreux éclats de rire !

La Défaite des idoles, Benjamin Dierstein (Points, 02/2023)


 

La Défaite des idoles, Benjamin Dierstein (Points, 02/2023)

💓💓💓💓

J'ai enfin pris le temps de lire le tome 2 de la saga « Echos des années grises », écrite par Benjamin Dierstein. En effet, le temps est important quand on lit cet auteur. le temps, c'est l'Histoire, sans fard, avec ses mensonges, ses trahisons, et sa violence. C'est aussi celui qu'il faut prendre quand on se lance dans une lecture exigeante, qui nécessite des recherches au fil des chapitres pour situer les événements et les personnes historiques qui vont mettre à mal les personnages de fiction inventés de toutes pièces par l'auteur.

« On a besoin de tes réseaux dans la came et dans le cul. On a besoin de ton mètre quatre- vingt- dix tout en muscles. On a besoin de tes talents en filoche et en cambriolage. On a besoin de tes copains à la BRP et chez les Stups. » Christian Kertesz a été poussé vers la porte de sortie des Stups à la suite de l'affaire de la « Sirène ». Mais il ne se retrouve pas longtemps sur le pavé : les truands qu'il a jadis poursuivis lui proposent de s'allier à leurs affaires. Kertesz est un gars qu'on a envie d'avoir dans sa poche.

« Laurence Verhaeghen n'a jamais eu aucune sorte de pitié pour toutes ces victimes - elle n'a pas le temps pour ça... Pas l'espace de cerveau disponible... Ce sont des corps parmi d'autres corps, un point c'est tout... Ceux qui s'attachent aux perdants finiront perdants à son tour... C'est un cycle - le cycle de la défaite. » Laurence Verhaeghen prend la place de deuxième personnage principal dans ce tome. Cette femme en veut, à son passé malheureux, à son présent douloureux et à son futur incertain. Elle va en passer, des jours sans sommeil, des kilomètres de route pour confondre les truands qui mettent à mal sa vision sécuritaire de la France. Mais quelles seront ses limites ?

« On n'est pas du même monde les gars, on ne peut pas bosser avec ces mômes. On a l'art et la manière, bon Dieu. On a une envergure internationale, on a nos entrées dans les ministères, on est invités dans les soirées cocktail des politicards, on mange dans des hôtels quatre étoiles. Eux, ils passent leur vie dans leurs cités à la con, à bouffer des kebabs et à.... » Kertesz et ses nouveaux amis, entre anciens flics et nouveaux truands, va passer son temps à s'épuiser sur de nouvelles affaires censées lui permettre de vivre la belle vie tout en essayant de protéger les quelques personnes en qui il a placé sa confiance. Où mettre la limite ?

Au final, un tome plus exigeant que le précédent, en ce qui me concerne, car de longs passages sont consacrés à l'actualité politique des élections de 2012. J'ai beaucoup aimé suivre le parcours du combattant de Laurence Verhaegen, ponctué de réminiscences enfantines, et celui de Christian Kerstesz, en soldat de l'ultime – amoureux transis. Il faut que je lise le tome 3 – VIIIITE !!!

mercredi 12 août 2026

Les Métamorphoses, Ovide (Edition de l'Education nationale, 04/2026)

 


Les Métamorphoses, Ovide (Edition de l'Education nationale, 04/2026)

🎒🎒🎒

J’ai reçu ce livre fin juin, en même temps que mes futurs élèves de 6e. Je me devais donc de le lire afin de pouvoir en discuter avec eux, et d’être en mesure d’étudier les extraits de l’œuvre en fonction de ceux choisis dans ce recueil, si jamais ils les avaient lus.

« Le mot "métamorphose" signifie "changement de forme". L'œuvre d'Ovide s'intitule "Les métamorphoses" parce que le poète y raconte une histoire merveilleuse du monde, où des humains et des dieux sont transformés en objets, en animaux, en arbres, etc. » Cette définition en début du recueil atteste bien du souci des enseignants de faire distinguer la métamorphose de la transformation aux élèves. Pour ces derniers, le concept est flou, pour les littéraires, il est précis : la métamorphose ne concerne que le corps, quand la transformation modifie le corps ET l’esprit !

« Elle se cache dans les forêts, demeure invisible dans les montagnes. Mais tous ceux qui l'appellent l'entendent ! Elle n'est plus que le son qui vit en elle. » Le destin d’Echo m’a toujours touchée… Cette nymphe condamnée à ne jamais s’exprimer mais à toujours répéter ce que n’importe quel quidam lui dit ; déjà un musèlement de la parole des femmes ? Il y a de quoi se poser des questions…

"Les chemins de la terre et de la mer me sont fermés, se dit Dédale. Soit ! Mais le ciel, en tout cas, m'est ouvert. Nous passerons par-là, mon fils et moi. Le roi Minos a beau tout posséder, il ne possède pas les airs." Le récit sur la mésaventure de Dédale et Icare représente une sacrée leçon quant à l’innocence, voire l’impertinence des jeunes adultes. Mais j’ai regretté que le profil d’Icare ne soit pas plus approfondi.

Au final, un recueil que j’ai trouvé agréable à feuilleter grâce aux illustrations d’Alice Chemama et aux activités ludiques et « pédagogiques » proposées à la fin de chaque récit. Par contre, j’avoue que la traduction, qui a visiblement voulu garder l’aspect poétique de l’œuvre originale tout en simplifiant le récit, m’a laissée sceptique à plusieurs reprises. Pourquoi ne pas avoir laissé quelques passages en vers, afin de permettre aux futurs collégiens de se confronter a minima à cette forme de l’écrit ?