samedi 4 juillet 2020

Kid au 1er sommet des animaux, Gwenaël David - illustrations Simon Bailly

Kid au 1er sommet des animaux, Gwenaël David - illustrations Simon Bailly (Hélium, 03/2020)

★★★☆☆

Paris en 2030. Kid, élève en 6e, a été désignée pour représenter l’espèce humaine au Premier Sommet des Espèces organisé dans la capitale. Cette réunion de tous les habitants de le planète, humains et animaux, tous représentés par un seul de leur spécimen, a été mise en place car il y a urgence : il faut absolument réussir à décider d’un partage équitable des ressources de la planète.

Arrivée à la réunion, c’est d’abord la stupeur qui s’empare de la jeune adolescente : la voilà entourée de tous les animaux de la Création, de la girafe à l’araignée, du requin- scie aux virus les plus petits.

Chacun a son mot à dire, mais ce ne sont que des récriminations contre l'Homme. Kid se sent mal à l’aise. Elle prend véritablement conscience que c’est à cause de l’espèce humaine que la plupart des animaux sont en souffrance… Voilà de biens lourds reproches pour une fille de onze ans. Que va-t-elle bien pouvoir écrire dans son article ?

« Nous savions tous qu’il y avait grand péril et profonde injustice envers les autres êtres vivants de cette planète, nous en étions presque tous conscients, inquiets, tristes ou abattus, tandis que les puissants achevaient tranquillement de détruire ce qu’il restait, plus que jamais à leurs profits. Kid en parlerait mieux, elle qui n’a eu de cesse de rappeler à tous que chaque être vivant a sa place ici, et que c’est le droit fondamental des occupants de la Terre. »
Mais qui veut bien l’entendre ?

Alors que chacun souhaite tirer la couverture sur son espèce, un « attentat » va avoir lieu. La solidarité va être plus que nécessaire, d’un coup.

Un roman jeunesse sympathique, sur le thème de l’écologie et du respect envers les espèces animales. Il va certainement plaire aux lecteurs, de l’âge de Kid, qui se sentent engagés à minima pour la protection de la planète. J’ai regretté l’absence d’information sur le passé de Kid qui aurait permis de développer davantage d’affect pour le personnage. De même, les dialogues sont relativement plats et le manque d’actions inattendues a tendance à rendre certains passages ennuyeux.
Ceci dit, les illustrations de Simon Bailly sont de qualité et donnent un petit peu de dynamisme à l’ensemble du livre.

Un roman engagé à mettre entre les mains de nos petits « écolos » !

vendredi 3 juillet 2020

Section Némésis, tome 1, Charlie Genet

Section Némésis, tome 1, Charlie Genet (Elixyria, 06/2020)

★★★★★

« Qui dit éternelle ne dit pas immortelle. » C’est en croisant la route du séduisant Samaël qu’Eve, une jeune infirmière, va apprendre qu’elle est la descendante d’une sombre créature aux pouvoirs diaboliques. Ces dons sont héréditaires et ils la prédestinent à un avenir bien noir, qui n’est pourtant pas fait pour lui déplaire… Samaël, ce démon, est en effet bien charismatique, et les promesses qu’il lui fait sont des plus alléchantes !

Mais un jour, alors qu’elle se met en danger pour lui, la voilà prise en charge par la section Némésis, une escouade militaire secrète d’êtres surnaturels, qui va chercher à la mettre à l’abri des forces obscures et à la former afin qu’elle puisse gérer ses puissants pouvoirs. Pour ces hommes et ces femmes, dont la plupart ont le don de se transformer en animal, leur job est «de maintenir l'équilibre entre le monde surnaturel et l'humanité » et ils l’exercent avec bravoure.
Parmi eux, Luc, un polymorphe au comportement bestial mais aussi au regard envoûtant…
Une attirance réciproque va s’installer entre Eve et Luc, mais pour qu’ils puissent se lier l’un à l’autre, il va falloir faire table rase des souffrances du passé qui remontent à la surface suite à la découverte d’un complot bien macabre…

J’aime décidément beaucoup la plume et le style de Charlie Genet. Elle sait très bien, à chaque roman, me faire entrer dans son univers imaginaire peuplé de créatures étranges. J’ai trouvé ici les personnages attachants ; que ce soit Eve et Luc, les principaux protagonistes ou ceux qui les entourent comme Sean et Ethan. Je suis donc ravie par le fait que cette saga soit constituée de quatre tomes ; j’en ai encore trois à lire !

lundi 29 juin 2020

Les prières de sang, Jean - Marc Dhainaut

Les prières de sang, Jean - Marc Dhainaut (éditions Taurnada, 06/2018)

★★★★★

Ce que j’aime dans les romans de Jean- Marc Dhainaut, c’est la façon qu'a l'auteur d’aborder le paranormal, qui d’habitude me terrifie, avec une touche de sarcasme qui a le don de dédramatiser toute situation flippante de poltergeist ! En effet, le personnage central de ses récits, Alan Lambin, mène des enquêtes liées à des phénomènes paranormaux, et bien souvent, il fait preuve de dérision par rapport aux actes qu’il accomplit ou face aux scènes surnaturelles dont il est le témoin. Cette attitude permet de relâcher, d’un coup, toute la tension emmagasinée dans les pages où les détecteurs crépitent à cause des ondes magnétiques et dans lesquelles des cris horrifiques issus de bouches invisibles viennent de faire sursauter les protagonistes de l’affaire.

Ici, Alan Lambin est appelé à la rescousse d’une jeune femme de vingt- cinq ans, enceinte, qui, depuis qu’elle a acheté une vieille armoire lors d’une vente organisée par le frère Oscar dans le monastère voisin, ne peut plus dormir la nuit. Ses insomnies sont dues au fait qu’elle entend des cris de bébés et des hurlements de femmes, sans parler des pas agrémentés de cliquetis métalliques et de bruits d’épées qu’on retire de leur fourreau qui lui tournent tout autour !

Une fois sur place, les esprits errants ne vont pas laisser le temps à Alan de conter fleurettes à sa jolie collaboratrice Mina. Les dons médiumniques de celle- ci vont même être rudement sollicités. Aucun répit, aucune pitié. L’enquête va être semée d’embuches, de rencontres étranges et inattendues, d’autant plus que le passé et le présent vont par moment s’entrecroiser, et que le réel et l’irréel vont se mélanger, semant encore davantage de doute et de questions dans l’esprit de nos deux protagonistes.

Le lecteur, lui tourne les pages avec avidité, les actions et les révélations aussi inattendues les unes que les autres entretenant un suspens véritablement prenant. La résolution de l'enquête est explosive. On en veut encore!
Le rendez-vous est donc pris avec Alan Lambin pour le quatrième tome de ses aventures paranormales, « Les couloirs démoniaques », qui sortira ces prochains jours !

vendredi 26 juin 2020

Ténèbres, Sandrine Périgois

Ténèbres, Sandrine Périgois (éditions Elixyria, 12/2018)

★★★★★

Pfiouh ! Quelle histoire !
L’auteure nous plonge directement, dès la première page, dans l’enfer qui fait suite à un enlèvement : « Mon corps repose sur quelque chose d'un peu mou, certainement un matelas ; ça pue, j'ai froid, je crois que je suis nue, retenue en otage pour une raison que j'ignore. » Caroline, 32 ans, professeur de littérature en lycée est enlevée le dernier jour de classe avant les vacances d’été alors qu’elle sort d’un supermarché.
Nous la retrouvons dans une cave, nue sur un matelas, à la merci d’un homme mystérieux qui semble tout connaître d’elle et qui va lui faire subir mille supplices…

Les pages se tournent sur une otage qui cherche à comprendre, qui se perd dans les méandres d’un esprit qui s’égare à force de tourner en boucle. Et puis des habitudes, des rituels, rassurants, si l’on peut dire, vont prendre place. Sans oser aller jusqu’au syndrome de Stockholm, un lien va se créer entre le ravisseur et sa victime, le passé, traumatisant, va revenir apporter quelques clés troublantes, mais la violence, toujours, reprend le dessus.

Au final, un roman qui détonne ; j’en ai lu très peu de cette trempe ! Une plume écorchée vive qui endort par moments pour mieux vous prendre aux tripes au paragraphe suivant.
Hors norme.
Ames sensibles s’abstenir.

mercredi 24 juin 2020

Mamma Maria, Serena Guiliano

Mamma Maria, Serena Guiliano (Le Cherche Midi, mars 2020)

★★★☆☆

« Il faut des pâtes, pour vivre. Il faut des lasagnes, de la friture, du gras, de l'eau de mer et du soleil. Sinon, la vie ne vaut même pas la peine d'être vécue. » Telles sont les paroles de Maria, la propriétaire du café « Mamma Maria » situé sur la côte amalfitaine, au sud de Naples, face à la Méditerranée. C’est là que Sofia, après huit années passées en France où elle avait rencontré l’amour, est revenue se ressourcer. Maria était une amie de sa regrettée grand-mère et Sofia a hérité de la maison de celle-ci. Elle y loge donc en retrouvant les habitués du café qu’elle connait depuis l’enfance : Ugo, Franco et Luciano. Elle reprend rapidement l’habitude de jouer avec ce trio d’anciens à la « scopa », histoire de se changer les idées. Elle en a bien besoin étant donné qu’elle est incapable de se concentrer sur son métier de traductrice tant ses déboires amoureux avec Jérôme, le Français qui a conquis son cœur mais pas son âme, la contrarient. Ce malotru, en effet, ne veut absolument pas venir en Italie pour découvrir le berceau de sa petite- amie, ni rencontrer les personnes qui l’ont vue grandir… Elle réfléchit donc au moyen de lui faire changer d’avis…

Ce cœur brisé va emmener le lecteur à la rencontre de ces Italiens typiques, qui parlent haut, avec les mains, se nourrissent de pâtes et de pizzas, ne boivent que du café noir serré et font des cocktails au limoncello. Le but est clair : dépayser, et montrer que l’on peut encore croire dans l’être humain. Car les habitués du « Mamma Mia » vont être confrontés à un événement inédit dans le village, et si les premières réactions seront des plus hostiles, la grandeur d’âme de Sofia et de quelques autres va transformer la calamité en félicité.  

Vous l’aurez deviné, ce roman est là pour vous « faire du bien ». Les personnages y sont sympathiques ; j’ai beaucoup aimé les trois vieillards ! Et bien sûr, le cadre est idyllique. Après, personnellement, j’ai regretté qu’il y ait tant de clichés, et puis une certaine « mollesse » de la plume (chercher un côté « humain » à des tagliatelles, ne pouvait-on pas creuser un peu et trouver une image plus cohérente ?).

Bref, un roman tout de même agréable à lire mais essentiellement fait pour l’été, sur la plage, quand on pose son cerveau sur un coin de la serviette en pensant que tout le monde est beau et gentil.