vendredi 12 avril 2024

Sarà perché ti amo, Serena Giuliano ( Livre de poche, 03/2023)


 

Sarà perché ti amo, Serena Giuliano ( Livre de poche, 03/2023)

💛💛💛💛💛

Serena Giuliano vient tout juste de sortir son dernier roman, et je n’aurais pas pu me targuer d’avoir lu tous les précédents si je n’avais pas ajouté « Sarà perché ti amo » à ma pile de lecture de ce mois d’avril ! C’est maintenant chose faite et je peux me ruer sur le dernier – né l’esprit tranquille (et enjoué) !

« Mais, depuis, la liste des choses qui m'agacent chez Valentin s'allonge dangereusement chaque jour. Et je me dis qu'elle finira inévitablement par devenir plus longue que celle des raisons pour lesquelles je l'aime à la folie. Ce n'est plus qu'une question de semaines, de mois tout au plus. » Les vacances estivales arrivent, et il est temps, pour Alba, jeune mère souffrant de dépression post- partum, de souffler et de penser un peu plus à elle- même. Débordée depuis l’arrivée de sa petite Emma, elle en est venue à détester celle qu’elle est devenue ; son corps, son état d’esprit, sa relation maritale… Tout semble aller à vau l’eau.

« Je me concentre tout de même pour laisser mon front parfaitement lisse et mes sourcils sur leur ligne. Afin que personne ne puisse, tout au fond, remarquer ce quelque chose qui ressemble à la peur. » Gabrielle s’apprête à passer quelques jours en Italie avec les amis de son compagnon, Nino. Obsédée par l’image qu’elle renvoie d’elle- même, elle est terrifiée à l’idée que Valentin et Alba puisse ne pas l’apprécier.

« Je crois que j'aurais aimé voyager seule, apprendre à me satisfaire de mon unique compagnie, ne rendre de comptes à personne, ne pas me fixer d'horaires, d'étapes, de planning.
Juste m'écouter, et me laisser porter.
C'est trop tard pour les regrets.
Trop tard pour m'accorder une chance en tant que femme. »
Ce séjour en Italie va permettre à Gabrielle de faire le point sur sa vie, sur sa relation avec Nino… Alba, de son côté, va se rendre compte que son meilleur ami n’est pas aussi respectable qu’elle le pensait… Mais de son côté, l’est- elle davantage, titillée par l’envie de revoir Giovanni, son ex ?

Au final, un roman terriblement, merveilleusement féministe. Alba et Gabrielle sont le reflet de chacune d’entre nous, avec les doutes, les erreurs, les réussites aussi. Un tourbillon d’émotions et de réflexions.   

mercredi 10 avril 2024

Le goût des fraises, tome 1, Irono (Kurokawa, 02/2024)


 

Le goût des fraises, tome 1, Irono (Kurokawa, 02/2024)

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Quelle mignonnerie que ce manga – là ! Impossible de ne pas faire craquer la toute petite partie de midinette qui sommeille en vous avec cette histoire tendre et sucrée, comme une fraise !

« Elle est si jolie que j'en ai parfois le souffle coupé. » Minori Sugiura, producteur de fraises passionné par son métier, 33 ans, se retrouve à devoir former la petite- fille de son collègue, hospitalisé. Cet homme bourru à la stature de géant va tomber inopinément sous le charme de sa stagiaire, Sara, 20 ans, petit bout de femme encore étudiante. Déboussolé par la force de ses sentiments, Minori va se montrer très maladroit dans son attitude envers Sara.

« Je suis totalement sous le charme de cet homme à l'air maussade qui se met de la crème de partout en mangeant son dessert. » Sara, de son côté, craque complètement pour Minori, mais leurs différences, que ce soit de gabarit, d’âge, de caractère que par rapport à leur vie sociale, la freinent alors qu’elle meure d’envie de lui avouer son attirance. Elle va alors lancer quelques fils, mais Minori va-t-il savoir interpréter ses intentions ?

Au final, un manga très touchant mais aussi amusant ; on ne peut que rire des maladresses des deux protagonistes et des touches humoristiques de l’auteure. Le tome 2 sort demain et j’ai déjà hâte de le lire ! 

mardi 9 avril 2024

The Beauty of the Beast, F.V. Estyer (Auto - édition, 12/2023)


 

The Beauty of the Beast, F.V. Estyer (Auto - édition, 12/2023)

🌹🌹🌹

Je me souviens, gamine, avoir été terrorisée par la prestance de Jean Marais dans l’adaptation du conte « La Belle et la Bête » au cinéma par Jean Cocteau en 1946. Depuis, j’éprouve une espèce de fascination pour cette histoire et j’aime en lire les diverses adaptations en littérature.

« Maudit pour avoir ôté la vie.
Je ne pourrai être libéré qu'à une seule condition.
La rédemption.
Mais qui serait suffisamment fou pour tomber amoureux de cet homme qui ne sait plus vraiment qui il est ?
Qui serait assez stupide pour aimer une bête ? »
Damian est prisonnier de son manoir suite à une mystérieuse malédiction. Cet être assoiffé de sang semble se complaire dans son quotidien ponctué par la « livraison » régulière de « jouets » vivants lui permettant d’assouvir ses désirs déviants.

« Nous sommes faits du même bois, elle et moi.
Des ombres dans le monde des vivants.
Des monstres ayant forme humaine.
Et ça nous plaît. »
Cette satisfaction, Damian la doit à Véra, compagne dévouée. Pourquoi ? Comment ? Et pour quelles raisons celle- ci lui impose-t-elle la présence de Viktor, profiler pour le F.B.I. ?

« Bien que je déteste l'admettre, il y a quelque chose chez Damian qui m'intrigue et me fascine. Mais le vrai problème n'est pas là. En devenant profiler, j'ai développé une certaine curiosité pour les hommes tels que lui. Pour ces esprits pervers, malsains. J'ai étudié de nombreux criminels, et si tous m'ont profondément dégoûté, voire parfois choqué, je n'ai jamais éprouvé un quelconque attrait à leur égard. » Les deux hommes vont dans un premier temps s’affronter. Chacun possède des griefs contre l’autre. Et puis, de fil en aiguille, de révélation en découverte, les sentiments de Damian et de Viktor vont évoluer…

Au final, un roman très intéressant au niveau de la psychologie des personnages et de l’adaptation du célèbre conte. J’ai dévoré les 2/3 du roman puis j’ai trouvé des longueurs et des répétitions de scène qui m’ont un peu perdue. J’ai toutefois hâte de lire « Into the wood » qui lie cette histoire à la duologie « Deadly Funeral » d’Amélie C. Astier !  

dimanche 7 avril 2024

Les sœurs Lakotas, Benoît Séverac (Syros, 02/2023)


 

Les sœurs Lakotas, Benoît Séverac (Syros, 02/2023)

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Un roman jeunesse qui a une saveur particulière puisque j’ai pu bénéficier d’éclairages sur la conception de cette histoire ainsi que sur les conditions de vie de ceux que l’ont a longtemps appelés « Indiens d’Amérique », de la part de l’auteur, durant ma lecture. « Les sœurs Lakotas », c’est un récit initiatique, mais également une réflexion profonde sur le déterminisme social.

« En même temps, je sens qu'il n'y a pas que cela qui se joue ; je n'embarque pas mes sœurs dans cette aventure uniquement pour échapper au placement dans des familles d'accueil. Quelque chose d'autre me force à partir, quelque chose de plus... grand... Que j'ai du mal à expliquer. » Bearfoot, 16 ans, décide d’embarquer ses deux petites sœurs pour un road trip de 2 000 kilomètres. Finie la réserve de Pine Ridge ; direction la Californie ! En effet, leur mère vient d’entrer en prison après s’être fait arrêter une énième fois au volant en état d’ivresse. Leur père ayant disparu, elles se retrouvent à deux doigts d’être séparées et placées en famille d’accueil. Impensable pour l’aînée.  

« Mes sœurs et moi sommes les dernières représentantes d'une espèce menacée, que les Blancs parquent dans des réserves soi- disant pour la sauver, comme des félins dans des zoos. Les Blancs ne peuvent plus nous exterminer, ce serait politiquement incorrect, alors ils cherchent à nous assimiler. » Bearfoot est une jeune fille sensée, consciente de la discrimination dont les siens sont victimes dès qu’ils mettent un pied en dehors de la réserve dans laquelle le gouvernement américain les a parqués. Elle rêve de s’affranchir des stéréotypes appliqués aux « Native Americans » et de s’intégrer à la société en tant qu’Américaine.   

« Déterminisme social. Cela veut dire que toi, tu es ce que tu es parce que tu viens d'un milieu favorisé qui t'a donné confiance en toi. Tu as des parents qui t'ont éduqué de manière que tu croies en ta légitimité, en tes projets, dans les opportunités qui se présenteront à toi. » Lors de leur périple, les trois sœurs vont faire des rencontres, parfois hostiles, mais souvent bienveillantes. Des personnes croisées au fil du hasard vont aider Bearfoot à grandir, à poser un regard neuf sur le monde et à croire en un avenir meilleur.

Au final, un road- trip touchant qui amène bon nombre de réflexions sur la société d’aujourd’hui, sur nos origines, et ce que l’on peut ou veut en faire en devenant adulte. Touchant et profond.  

lundi 1 avril 2024

Amy pour la vie, Sophian Fanen (Novice, 04/2024)

 



Amy pour la vie, Sophian Fanen (Novice, 04/2024)

🎤🎤🎤🎤

Je connaissais Amy Winehouse pour sa musique, ou plus exactement, pour quelques-unes de ses chansons. J’avais d’ailleurs acheté le CD « Back to Black » quelques temps après sa sortie en France, mais je ne m’étais pas plus intéressée que ça à l’artiste. Je savais qu’elle avait une vie déjantée, du fait des unes de la magazine people, et son décès à l’âge de 27 ans, dû à l’excès de drogue et d’alcool, est arrivé très vite après son succès. L’essai de Sophian Fanen m’a donc permis d’en apprendre plus sur ce petit bout de femme au grand talent.

« Amy est une petite fille juive du nord de Londres à la tignasse noire et à l'énergie inépuisable. Elle a abandonné l'idée de garder ses cheveux en ordre, alors elle les attache comme elle peut ou elle les laisse voler comme ils veulent. Sa mère ne la surnomme pas pour rien Hurricane Amy, "Amy la tornade". » Le journaliste est remonté aux origines de la chanteuse et a pu interroger ses parents. Se dresse très vite le portrait d’une petite fille frondeuse, possédant un caractère très fort, mais aussi une grande sensibilité en ce qui concerne les rapports familiaux.

« Mais avant tout, je rêve d'être très célèbre. De faire de la scène. C'est mon ambition depuis ma tendre enfance. Je veux que les gens entendent ma voix... » Le père d’Amy, même s’il ne vit pas avec elle, l’initie très vite au jazz et lui apprend à chanter le répertoire de Franck Sinatra. Sa grand- mère paternelle aussi avait un temps fréquenté les stars du jazz et du swing. La route musicale d’Amy était déjà toute tracée !

« Amy Winehouse et Blake Fielder- Civil, c'est une vraie histoire d'amour qui brûle d'engueulades violentes et de passion, mais c'est aussi une relation de dépendance mutuelle. Lui a trouvé quelqu'un pour financer sa toxicomanie, elle une figure de mauvais garçon qui la fascine et l'emporte vite avec lui dans les drogues dures. » Dès que Blake entre dans la vie d’Amy, c’est la descente aux enfers. A chaque tentative de l’entourage d’Amy de la pousser à se soigner, à se désintoxiquer de ses addictions à la drogue et à l’alcool, il sera là, tel une barrière sur son chemin, pour la faire plonger encore plus profondément dans ses vices… Jusqu’à sa mort, le corps de la jeune femme ayant cédé sous les excès.

Au final, un documentaire très bien renseigné et qui expose les faits sans faire de pathos, ni de voyeurisme. Il n’y a pas de parti pris contre untel qui aurait dû aider la star mais plutôt une prise de conscience autour du fait que la notoriété soudaine peut être mal vécue par une personne sensible, vulnérable et influençable. J’ai aimé le témoignage apporté par la chanteuse Rose pour étayer ce sujet. Un essai vraiment intéressant, qui m’a donné envie de réécouter l’artiste tout en m’ouvrant les yeux sur le monde de l’industrie musicale.