La nostalgie heureuse, Amélie Nothomb (Albin Michel, 08/2013)
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Je
poursuis ma lecture des livres d’Amélie Nothomb déjà publiés pas encore lus et
avec celui- ci, la boucle est bouclée !!!! Il faudra que j’attende le mois
d’août pour lire de nouveau cette auteure belge talentueuse et
prolifique !
« Tout ce que l'on aime devient une fiction. La première des miennes
fut le Japon. A l'âge de cinq ans, quand on m'en arracha, je commençai à me le
raconter. Très vite, les lacunes de mon récit me génèrent. Que pouvais- je dire
du pays que j'avais cru connaître et qui, au fil des années, s'éloignait de mon
corps et de ma tête ? » Les romans d’Amélie Nothomb évoquent toujours, même
de loin, le Japon, ce pays de l’enfance qui l’a tant rassurée, puis
enchantée ; au point d’espérer y faire sa vie, une fois arrivée à l’âge
adulte. Cet épisode, relaté dans Stupeur et tremblements explique cet
échec et l’amertume qui en a suivi.
« Jusqu'à présent, mon idylle avec le Japon a été parfaite. Elle
comporte les ingrédients indispensables aux amours mythiques ; rencontre
éblouie lors de la petite enfance, arrachement, deuil, nostalgie, nouvelle
rencontre à l'âge de vingt ans, intrigue, liaison passionnée, découvertes,
péripéties, ambiguïtés, alliance, fuite, pardon, séquelles. » Ce récit
autobiographique suit le déroulé du film documentaire, « Une vie entre
deux eaux », qui lui a été consacré en 2012 et qui avait pour objectif d’emmener
l’auteure sur les lieux les plus emblématiques pour elle au Japon. Un regard
sur elle- même et sur son parcours qui nourrit ce livre de beaucoup d’émotions
palpables.
« Si le temps mesure quelque chose chez un être humain, ce sont les
blessures. » Amélie va se rendre compte que ses souvenirs sont quelque peu biaisés ;
et rentrer en Belgique avec le cœur retourné.
Au final, un récit touchant, qui exprime bien plus de sentiments et d’émotions intimes que ce que j’ai pu lire dans ses autres romans. L’auteure se révèle fragile, extrêmement touchante dans ses tâtonnements pour retrouver le Japon d’antan. Je ressors de cette lecture avec l’envie d’aller me promener sur les pas d’Amélie, d’autant plus que les cerisiers vont bientôt fleurir !




