lundi 17 août 2026

Fille de, Anne Pitteloud (Finitude, 08/2026)

 


Fille de, Anne Pitteloud (Finitude, 08/2026)

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C’est ma libraire qui m’a dirigée vers ce premier roman alors que je compulsais les premières publications de cette rentrée littéraire. La quatrième de couverture m’a immédiatement happée : une jeune femme découvre que les manuscrits de son père, écrivain à succès récemment décédé, sont vides, alors qu’elle- même rêve de voir ses propres romans publiés.

« Lentement, je les ai tirés à moi, je les ai ouverts, j'ai feuilleté leurs pages en faisant le moins de bruit possible, leurs feuilles immaculées comme les murs de la pièce, comme le silence d'un tombeau.
Dans chacun d'eux, le vide encore. »
Chloé Monnay pénètre pour la première fois dans le sacro- saint bureau où son père passait ses journées à écrire. Alors que ce dernier vient de décéder, son éditeur est sur les dents : il attend avec impatience les manuscrits que son auteur à succès lui a promis depuis des années. Mais voilà, Chloé ne trouve rien.

« J'ai repensé aux volumes alignés là- haut, inédits, prêts pour la postérité. Et si je les jetais directement dans l'étang, ces feuilles qui avaient pourri mon enfance ? » La jeune femme est dépitée. Son père a toujours été « absent » à cause du besoin d’isolement qu’imposait son écriture. Et elle lui en veut pour cette enfance solitaire.

« Je pensais aussi à d'autres manuscrits. Les miens. Deux romans que je n'osais faire lire à personne, dont je n'avais rien dit, pas même à Julien ou à mes parents. Je n'étais pas prête. Je ne les trouvais pas pires que bien des textes publiés et encensés par les médias, mais si on me disait que c'était mauvais, s'ils étaient refusés par les éditeurs, je ne saurais plus quoi faire de moi et de ma vie. » Et puis Chloé va proposer ses propres écrits, restés secrets, pour faire plaisir à sa mère, pour contenter l’éditeur et pour contrer les journalistes malveillants.

Un roman qui m’a happée du début à la fin. L’auteure, à coups de chapitres courts se terminant sur une chute haletante m’a poussée à ne pas quitter son histoire. Je me suis véritablement identifiée au personnage de Chloé, avec ses rêves, sa rancœur, son envie de vivre pour elle- même. J’ai eu du mal à quitter ce roman qui pose tant de questions sur le poids de l’imposture au sein de la famille et de la société avec brio. Une réussite.

dimanche 16 août 2026

L’Appel de la forêt, Jack London (Jungle, 2014)

 




L’Appel de la forêt, Jack London (Jungle, 2014)

🐶🐶🐶🐶

Après avoir lu l’adaptation en bande dessinée de Croc- Blanc, j’ai eu envie de lire celle de L’Appel de la forêt, que j’ai souvent fait lire et étudier à mes élèves de 6ème. L’intrigue de ce deuxième récit est totalement inversée par rapport à celle du premier étant donné que là, nous partons d’un chien domestique, appelé Buck, qui va retourner à la vie sauvage.

« Les jours passèrent. Buck perdit la mémoire de la douceur des jours écoulés et se résolut à souffrir l'inévitable. » Buck est un bon gros chien de famille tranquille, peinard, qui va malheureusement subir un enlèvement orchestré par un domestique. Nous sommes en pleine période de ruée vers l’or, et les chiens costauds sont recherchés pour la force qu’ils sont capables de déployer en tirant les traineaux chargés des colons. Pour lui, il en sera terminé des repas copieux et des caresses au coin du feu. A la place, il devra tirer des traineaux dans le froid, la violence et la faim… jusqu’à ce qu’un certain John lui sauve la mise.

Une bande dessinée fidèle au texte du roman, même si certains passages ont été occultés pour répondre au format de la bande dessinée. J’ai beaucoup aimé voir les animaux prendre parole dans les bulles qui leur sont dédiées !

Croc – Blanc, Jack London (Glénat, 08/2029)

 


Croc – Blanc, Jack London (Glénat, 08/2029)

🐺🐺🐺🐺

J’avais lu cette histoire sous la forme d’un roman lorsque j’étais adolescente et j’en gardais un souvenir douloureux. Je n’avais pas supporté de lire les scènes de maltraitance animale, j’avais énormément pleuré et gardé un souvenir vraiment éprouvant de certaines scènes. Pour ces raisons, je n’ai jamais proposé cette lecture à mes élèves de 6ème, préférant l’histoire de L’Appel de la forêt, même s’il y a aussi quelques scènes dures à lire lorsqu’on aime les animaux, mais elles sont plus courtes et moins détaillées.

Croc – Blanc est donc un chien- loup né à l’état sauvage, qui va se retrouver rapidement livré à lui- même et se confronter d’abord aux autres espèces animales, puis à la plus cruelle de toutes, celle des Humains.

« Croc - Blanc a appris la plus importante des lois... quand tu te soumets à l'homme, tu renonces pour toujours à ta liberté. » Croc- Blanc va d’abord apprendre à vivre avec les populations indiennes, puis devenir chien de traineau et de combat pour les chercheurs d’or du Klondike, avant d’être recueilli, soigné et enfin traité avec toute l’affection qu’il mérite par Weedon Scott, un homme bon et généreux.

Une lecture émouvante, car les scènes de violence me font toujours mal au cœur, mais le format de la bande dessinée a cet avantage de ne pas s’appesantir sur celles- ci et d’arriver plus rapidement vers la fin heureuse de cette histoire. 

samedi 15 août 2026

Astérix, tome 39 : Astérix et le Griffon, Goscinny & Uderzo (Albert René, 10/2021)


 

Astérix, tome 39 : Astérix et le Griffon, Goscinny & Uderzo (Albert René, 10/2021)

😂😂😂😂😂

J’ai beaucoup aimé cet album de la saga « Astérix et Obélix » relativement récent ! Il y a un véritable lien entre nos Gaulois des débuts et la société d’aujourd’hui, avec notamment des références hilarantes quant aux nouvelles technologies dans les prénoms : Kalachnikovna, Aplusdanlbus, Terrinconus, etc.

J’ai également apprécié de voir nos Gaulois confronter leurs valeurs patriarcales avec une tribu d’Amazones qui compose comme elle peut avec leurs maris au foyer !

Une très bonne lecture ponctuée de nombreux éclats de rire !

La Défaite des idoles, Benjamin Dierstein (Points, 02/2023)


 

La Défaite des idoles, Benjamin Dierstein (Points, 02/2023)

💓💓💓💓

J'ai enfin pris le temps de lire le tome 2 de la saga « Echos des années grises », écrite par Benjamin Dierstein. En effet, le temps est important quand on lit cet auteur. le temps, c'est l'Histoire, sans fard, avec ses mensonges, ses trahisons, et sa violence. C'est aussi celui qu'il faut prendre quand on se lance dans une lecture exigeante, qui nécessite des recherches au fil des chapitres pour situer les événements et les personnes historiques qui vont mettre à mal les personnages de fiction inventés de toutes pièces par l'auteur.

« On a besoin de tes réseaux dans la came et dans le cul. On a besoin de ton mètre quatre- vingt- dix tout en muscles. On a besoin de tes talents en filoche et en cambriolage. On a besoin de tes copains à la BRP et chez les Stups. » Christian Kertesz a été poussé vers la porte de sortie des Stups à la suite de l'affaire de la « Sirène ». Mais il ne se retrouve pas longtemps sur le pavé : les truands qu'il a jadis poursuivis lui proposent de s'allier à leurs affaires. Kertesz est un gars qu'on a envie d'avoir dans sa poche.

« Laurence Verhaeghen n'a jamais eu aucune sorte de pitié pour toutes ces victimes - elle n'a pas le temps pour ça... Pas l'espace de cerveau disponible... Ce sont des corps parmi d'autres corps, un point c'est tout... Ceux qui s'attachent aux perdants finiront perdants à son tour... C'est un cycle - le cycle de la défaite. » Laurence Verhaeghen prend la place de deuxième personnage principal dans ce tome. Cette femme en veut, à son passé malheureux, à son présent douloureux et à son futur incertain. Elle va en passer, des jours sans sommeil, des kilomètres de route pour confondre les truands qui mettent à mal sa vision sécuritaire de la France. Mais quelles seront ses limites ?

« On n'est pas du même monde les gars, on ne peut pas bosser avec ces mômes. On a l'art et la manière, bon Dieu. On a une envergure internationale, on a nos entrées dans les ministères, on est invités dans les soirées cocktail des politicards, on mange dans des hôtels quatre étoiles. Eux, ils passent leur vie dans leurs cités à la con, à bouffer des kebabs et à.... » Kertesz et ses nouveaux amis, entre anciens flics et nouveaux truands, va passer son temps à s'épuiser sur de nouvelles affaires censées lui permettre de vivre la belle vie tout en essayant de protéger les quelques personnes en qui il a placé sa confiance. Où mettre la limite ?

Au final, un tome plus exigeant que le précédent, en ce qui me concerne, car de longs passages sont consacrés à l'actualité politique des élections de 2012. J'ai beaucoup aimé suivre le parcours du combattant de Laurence Verhaegen, ponctué de réminiscences enfantines, et celui de Christian Kerstesz, en soldat de l'ultime – amoureux transis. Il faut que je lise le tome 3 – VIIIITE !!!