Rugby sous pression, Rodrigo Capo Ortega (& Gilles Navarro) (Privat, 2026)
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Avant de venir
vivre à Castres, je ne connaissais vraiment pas grand-chose au rugby. Sur
place, j’ai très vite pu observer que ce sport était ici quasiment considéré
comme une religion, grâce à son club emblématique, le Castres olympique. Je
suis donc allée assister à un match, et j’avoue avoir été impressionnée par la
force que les joueurs dégageaient sur le terrain tant ils sont puissants
physiquement. J’ai notamment vu jouer Rodrigo Capo Ortega et j’ai été surprise
d’apprendre, à la sortie de ce livre, que ce colosse ait pu souffrir de
dépression à la fin de sa carrière.
« [...] les
miens me font croire que je suis un Dieu... de l'Ovalie. Et je les crois !
C'est tellement flatteur. Je suis dans une époque de ma vie où je sens qu'il ne
peut rien m'arriver. Je suis devenu Super Capo ! L'image du super- héros
s'invite dans mon esprit. » Rodrigo est né en Uruguay et a joué très tôt au rugby. Sa puissance de
jeu est très vite remarquée et il intègre le Carrasco Polo Club Montevideo
alors qu’il a à peine vingt ans. Les championnats se succèdent et l’emmènent à
voyager dans le monde entier, jusqu’à rejoindre le Castres Olympique à l’âge de
22 ans, et devenir l’un des joueurs emblématiques du club, durant dix- huit ans.
« J'avais peur
du regard des autres, de ne plus être celui que j'étais lorsque j'étais un
rugbyman. Quand tu glisses dans cette spirale négative, le mensonge s'impose.
Le déni cache tout ce que tu ressens au fond de toi. Le mensonge est une vérité
fausse à laquelle tu crois. Ma vérité n'est pas celle des autres... Tout s'est
arrêté du jour au lendemain et je n'étais pas prêt à affronter le lendemain. »
En 2019, le Covid s’étend
sur la France, l’Europe entière et toutes les rencontres sportives sont
annulées. Capo Ortega ne pourra pas terminer la saison sportive. C’est le début
de sa dégringolade morale.
« Sachez aussi
que les conduites addictives et la dépression ne viennent pas forcément
chercher les plus faibles : elles frappent surtout à la porte de ceux qui ont
appris à cacher leurs blessures sous un sourire... » A travers son témoignage (rédigé avec Gilles
Navarro), Capo Ortega souhaite faire bouger les choses autour de la santé
mentale dans le milieu du sport professionnel. En effet, le souci de la
préparation mentale des sportifs de haut niveau est relativement récent, or il
est fondamental quand on comprend que le mental gère 80% de nos actes !
Au final, un récit
que j’ai lu avec avidité. Le fait que je puisse croiser Capo Ortega de manière
régulière dans les rues de Castres a rendu son témoignage encore plus sensible
et j’ai été particulièrement émue par la sincérité de ses propos. Un témoignage
puissant, utile et très plaisant à lire.




