mercredi 29 juillet 2026

Libérez votre cerveau de l’anxiété : comprendre et apaiser ses peurs grâce aux neurosciences, Ferran Cases & Dr Sara Teller (Solar éditions, 03/2026)

 



Libérez votre cerveau de l’anxiété : comprendre et apaiser ses peurs grâce aux neurosciences, Ferran Cases & Dr Sara Teller (Solar éditions, 03/2026)

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Etant atteinte d’un trouble anxieux généralisé depuis des années, et m’intéressant aux neurosciences depuis quelques temps, cet essai m’a forcément attirée. Il promettait en effet une analyse de cette pathologie de manière scientifique vulgarisée, en s’appuyant sur le vécu et les tentatives de soin de l’un des deux auteurs, Ferran Cases.

« Le trouble anxieux généralisé peut se déclarer lors d'une situation spécifique ou à la suite d'un événement traumatisant qui déclenche une émotion si intense qu'elle reste gravée dans notre cerveau et ne nous quitte plus. » Une fois le trouble installé, il est très compliqué de s’en défaire. Ce guide nous apporte des solutions concrètes au niveau des habitudes de vie à mettre en place pour calmer l’angoisse et sortir de la boucle des pensées négatives qui empêche les anxieux de prendre des initiatives, et de se sentir mieux dans leur quotidien.

« Le cerveau (amygdale et hippocampe) des personnes souffrant d'anxiété est altéré : la vigilance permanente entraîne une surproduction de cortisol. La mémoire et les capacités d'apprentissage peuvent s'en trouver affectées. » Je me suis rendu compte que des enfants pouvaient souffrir de troubles anxieux et s’en retrouver affectés dans leurs apprentissages. En tant qu’enseignante, c’est une donnée que je trouve très importante et dont je vais tenir compte à l’avenir…

« "Est- ce que je pourrai à nouveau me sentir bien ? Est- ce que mon cerveau sera capable de refonctionner correctement ?" La grande peur qui assaille les personnes souffrant d'anxiété est celle de ne pas savoir si elles pourront un jour retrouver une vie calme et heureuse. » En tant que personne anxieuse, il est très difficile de vivre au présent tant l’on craint que le futur, même proche, soit un désastre ! Ferran, par ses expériences, m’a fait réaliser que je devais arrêter de me projeter inutilement, et profiter de l’instant présent !

 Au final, un guide qui m’a beaucoup plu car les explications données sont simples tout en étant instructives. Le fait que les auteurs soient espagnols m’a un peu gênée au niveau des références culturelles, et je ne me vois pas pratiquer le qi gong, ni remplacer mon café par un thé. Mais j’ai l’intention de suivre un cours de yoga à la rentrée, pour pouvoir permettre à mon cerveau anxieux d’apprendre à se déconnecter et à se concentrer sur l’instant présent. Un enseignement de cet ouvrage… pour un mieux -être ?

H, Bernard Minier (XO éditions, 03/2025)

 


H, Bernard Minier (XO éditions, 03/2025)

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Depuis le temps qu’une amie me conseillait de lire Bernard Minier ! Voici chose faite ! Cette enquête se déroulant autour de Toulouse et portant sur un tueur en série contenait tous les ingrédients pour me séduire.

« Et Hirtmann sait se fondre dans la foule. Il a toujours su se glisser dans la vie des autres à leur insu. Invisible mais proche, silencieux mais présent. Se nourrissant de leurs existences, s'en imprégnant, absorbant chaque détail, chaque habitude de ses proies, attendant le moment idéal pour frapper. Il se grise de sa toute- puissance comme de son anonymat. » Hirtmann est un tueur en série que l’enquêteur de police Martin Servaz poursuit depuis des années. Il a jadis réussi à l’arrêter, mais voilà que l’individu s’est de nouveau échappé de prison.

« Les Origines... Il faut remonter le fleuve du sang, il faut remonter aux origines ; tout a commencé en un lieu maudit, un lieu mauvais. Les lieux portent en eux leur passé, surtout quand y ont été commis des violences et des crimes... Le crime va au crime, le mal est comme l’eau : il coule toujours vers le bas. » De nouveaux crimes ont eu lieu dans la région toulousaine. Tous ont des signes en commun avec les méthodes de Hirtmann. Et si c’était lui, encore une fois ?

« Car, au fond, n'était- ce pas lui, Emmanuel Sachs, le vrai sujet de chacun de ses livres ? Emmanuel, né sous le signe des Gémeaux, être double, se regardant écrire autant qu'il observe les autres, offrant le spectacle de la gestation de chacune de ses œuvres en même temps que l'œuvre elle- même, exhibitionniste notoire de la plume. » Martin Servaz va trouver de l’aide pour mener son enquête auprès de personnes tout à fait inattendues : un écrivain et une bande de personnes pratiquant le « web sleuthing », autrement dit des passionnés de « true crime » ou de « cold cases » qui maîtrisent suffisamment les confins du web pour trouver des informations susceptibles de résoudre des affaires non élucidées.

Au final, une enquête aux ficelles intéressantes mais qui ne m’a pas passionnée tant que ça. Je pense que j’aurais davantage apprécié ma lecture si j’avais lu les enquêtes précédentes de Servaz, car il y a un fil conducteur et historique liant ce policier et Hirtmann que je ne maîtrisais absolument pas. Malgré cela, et quelques longueurs, j’ai apprécié les remous de l’intrigue et je pense que je relirai cet auteur ; plus probablement en reprenant chronologiquement les enquêtes de son autre personnage – phare, Lucia Guerrero. 

vendredi 24 juillet 2026

Les brebis égarées, Madeline Cash (Denoël, 08/2026)



Les brebis égarées, Madeline Cash (Denoël, 08/2026)

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J’ai eu la chance de lire ce roman de la rentrée littéraire, en avant- première, grâce à mon adhésion au Club Lecture Lire Magazine. Il faut dire que les récits abordant les familles dysfonctionnelles ou aux lourds secrets profondément cachés sont mes cibles de prédilection en matière de lecture. Et avec la famille Flynn, je n’ai pas été déçue !

« Mais l'amour qu'ils avaient autrefois partagé semblait à présent lointain, inaccessible. Bud avait intériorisé le ressentiment de sa femme, s'était retiré profondément en lui- même, puis dans le minivan pour y fumer de l'herbe et y écouter de la musique, seul. Ils se croisaient dans la cuisine tels deux étrangers dans un centre commercial. » Bud et Catherine Flynn abordent la quarantaine avec une crise conjugale profonde. Parents de trois filles adolescentes, ils sentent que leur couple n’est plus ce qu’il était. Pour y remédier, Catherine a une idée : mettre en place ce qu’elle appelle un « arrangement », autrement dit, devenir un couple libre. Il faut dire qu’elle a déjà des vues sur l’un de leurs voisins… Mais Bud, lui, n’envisage pas la vie de couple sous l’égide du partage. Comment s’entendre dans ces conditions ?

« - Savez- vous quelle phrase apparaît plus de trois cents fois dans la Bible ?
- "Tu ne coucheras point avec ton frère" ?
- "Soyez sans crainte." Pourquoi êtes- vous ici, Bud ? »
Le père de famille, acculé par son patron, propriétaire de l’industrie qui fait vivre toute leur ville, se voit obligé de suivre une « thérapie » au sein de l’église, dans un groupe de parole si bien nommé « les Brebis égarées ». Il y rencontrera des personnes essentielles, qui lui permettront d’envisager la vie sous un nouvel angle tourné vers ses valeurs les plus profondes.

« - Nous faisons tous des erreurs, mon père, avait dit l'homme. Les saints comme les pêcheurs. Ce qui compte, c'est ce que nous faisons de ces erreurs, à quel point nous parvenons à les cacher, et jusqu'où nous sommes capables d'aller pour les garder secrètes. » Le père Andrew, qui gère l’église, sa communauté, comme tout bon pasteur américain, est loin d’être le personnage pieux que l’on est en droit d’imaginer. L’occasion pour l’auteure de dresser une satire politiquement « in »- correcte de la main – mise de l’Eglise sur la population américaine, en apparence si puritaine mais en réalité profondément pervertie. Un régal !

Au final, un roman qui m’a d’abord désarçonnée, tant par le fond - on entre directement dans la vie très intime d’une famille, que sur la forme – avec cette insistance syntaxique sur le mot « mite » jusqu’à ce que ces nuisibles soient exterminés dans le récit. Et puis je me suis laissé entraîner par la polyphonie du roman, avec les chapitres dédiés à chacun des principaux protagonistes de l’histoire et leur vision de la situation globale, parfaitement réaliste en fonction de l’âge et de la personnalité de ceux- ci. L’auteure excelle à nous faire passer d’une histoire de famille à un thriller, d’un roman sociétal à une romance. Un bonheur de lecture ! 

mercredi 22 juillet 2026

Maman, réveille- toi, Josette Wouters (Decoster éditions, 04/2024)

 


Maman, réveille- toi, Josette Wouters (Decoster éditions, 04/2024)

💟💟💟💟

A l’occasion d’un séjour dans le Nord de la France (les Hauts de France, pardon !), j’ai eu envie de lire un auteur local et mon choix est tombé sur Josette Wouters, dont j’avais déjà lu « Gravelines blues ». La quatrième de couverture m’a en effet très attirée car il y était question d’une relation entre un professeur et son élève et de situations familiales perturbées !

« Quand il s'est tu enfin et qu'il a regagné son perchoir, j'ai baissé la tête sur ma copie, estampillée en haut, à droite, d'un 2 cerclé de rouge. Dans la marge, j'ai lu : "Un début presque acceptable mais est-il de vous ? La médiocrité ridicule du reste laisse supposer que non..." » Sonia Leburg est une lycéenne brillante, mais voilà que son professeur de français, Charles Duquesnoy, la prend en grippe et la soupçonne même de tricher. Alors qu’elle lui demande des explications, il l’envoie promener ; ce qui va déclencher un élan de curiosité chez la jeune fille…

« Je dois savoir.
Sur le chemin du lycée, cette pensée m'obsède au point d'occulter tout le reste : qui est mon vrai père ?
Impossible d'interroger ma mère. Elle va délirer, se trouver mal et il faudra appeler le SAMU. »
Sonia vit sous la tutelle de sa grand- mère, depuis que sa mère a perdu la tête. Avec son petit frère, Benjamin, ils composent une famille modeste, aux humeurs qui varient en fonction de l’état cérébral de leur mère. Un jour, elle apprend de la bouche de la nouvelle compagne de son père que celui- ci l’a en fait adoptée. Dès lors, découvrir l’identité de son vrai père va devenir la priorité absolue de Sonia. Son ami de toujours, Jean, va lui apporter une aide précieuse.

« Il faudrait analyser le pourquoi il est si difficile de ne pas vouloir se venger ?
De qui voudrais- je me venger au juste ? Et de quoi exactement ? »
En enquêtant sur ses origines, Sonia va révéler au grand jour des histoires d’amour, mais aussi de trahison, qui ont émaillé la jeunesse de sa mère et de ses amis. Qui est celui, ou celle, qui détient la vérité ?

Au final, un roman qui mêle une histoire de famille, une romance, et une enquête aux accents policiers. L’auteure a su me surprendre par la complexité des relations des personnages entre eux, que ce soit dans le présent ou le passé. L’intrigue est finement ciselée et on se prend vraiment au jeu. Une lecture bien plaisante.

dimanche 19 juillet 2026

Sept jours avant la tombe, Holly Jackson (Harper Collins, 03/2026)


 

Sept jours avant la tombe, Holly Jackson (Harper Collins, 03/2026)

💙💙💙💙

Holly Jackson propose là un roman à la proposition de départ étonnante, puisque nous savons d’entrée que son héroïne va mourir à la fin de l’histoire. En effet, Jet est violemment agressée par derrière le soir d’Halloween ; et cette attaque va entraîner une lésion cérébrale irréversible, qui ne lui laissera qu’une semaine de répit. Elle va donc se mettre en quête pour trouver quel est l’individu qui s’est permis de lui ôter la vie.  

« Une autre explosion, plus forte. La sensation du sang, des tas de choses qui se brisent dans sa tête.
Quelqu'un est en train de la tuer.
Jet peut encore formuler cette pensée, mais elle cligne des yeux, et la lumière ne revient pas et... »
Jet a vingt- sept ans et profite de sa jeunesse dorée pour tout remettre à plus tard ; les études, le travail, les relations amoureuses. Alors que la fête d’Halloween bat son plein dans la ville de Woodstock, dans le Vermont, elle décide de rentrer chez elle après une dispute avec son ex-petit ami. Mais à peine la porte d’entrée franchie, on lui assène trois grands coups de marteau à l’arrière du crâne. Elle se réveillera à quelques heures plus tard à l’hôpital.

« Que voulait- elle ? Elle voulait retrouver sa vie. Elle voulait revenir deux jours en arrière et retrouver sa tête intacte, s'assurer que tout ça ne se produirait jamais. Elle voulait ce qu'elle avait toujours voulu. Faire quelque chose, réaliser quelque chose de grand, d'indéniablement grand, prouver qu'elle en était capable. Pour que la vie puisse enfin commencer. » Le verdict du médecin est immuable : Jet n’a plus que sept jours à vivre. Et alors qu’elle a toujours tout remis « à plus tard », elle va faire en sorte d’accélérer l’enquête de la police en menant des investigations de son côté, accompagnée de son fidèle ami, Billy, quitte à prendre des risques.

Au final, un roman parfait pour l’été grâce aux côtés attachants des personnages de Jet et de Billy mais aussi grâce au côté rocambolesque de leur quête, qui va les mettre dans des situations parfois touchantes et souvent improbables ! J’ai suivi l’enquête avec intérêt et douté de l’identité du coupable jusqu’à la révélation finale. Et moi qui adore les secrets de famille, j’ai été servie !