Violette, Régine Trigo (Hugo Stern, 01/2025)
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Vous cherchez un roman « doudou », (ou
« bonbon », comme j’ai pu l’entendre récemment) ? Arrêtez- vous
sur « Violette » de Régine Trigo. Un livre encore confidentiel, que
j’ai moi- même découvert lors d’une soirée littéraire chez ma bouquiniste
préférée. L’une des participantes en avait parlé avec chaleur et j’ai été ravie
de le retrouver quelques temps plus tard dans les rayonnages de la boutique.
« Je suis sale, je ne donne ni envie ni
de près ni de loin, il suffirait d'un peu d'imagination pour me transformer en
un petit nid douillet. Je l'ai été, en 1659, alors l'histoire, je la connais,
même si j'ai la mémoire qui flanche. Je me souviens très bien de ma
construction. » Le roman s’ouvre avec le point de vue de
Violette, nom donné à une <maison jadis emplie d’amour, d’épisodes
historiques et familiaux, heureux ou malheureux, désormais abandonnée en plein
milieu de la campagne, quelque part dans le sud- ouest.
« Je me sens sale, j'ai froid. Sous la
douche, je chiale comme un gamin. On ne m'a pas appris ça, la douleur. Jamais
connu cette souffrance. Je me tape la tête sur le carrelage : c'est un mauvais
film. Quel est l'abruti qui a écrit le scénario ? » Paul Pradal est un jeune scénariste prometteur qui a réussi à intégrer la
jet- set du milieu du cinéma français. Mais voilà qu’un drame passionnel va le
mettre plus bas que terre. Revenu chez ses parents, il va sombrer dans une
dépression profonde. Comment se sortir de cet état ?
« Nous ne nous sommes pas parlé, mais
nous nous sommes compris.
Il est là pour moi et je suis là pour lui. » La famille de Paul va lui proposer d’aller investir la demeure familiale
désertée depuis des années ; la Violette. Deux âmes cabossées, l’une
sensible et l’autre personnifiée, mais deux esprits sensibles qui vont
s’épauler pour se reconstruire mutuellement.
Au final, une histoire qui m’a énormément touchée.
Je suis persuadée que les lieux ont une âme et ce roman l’atteste avec talent.
Les mots de Régine Trigo sont justes et les émotions qu’ils transmettent sauront
toucher tous les lecteurs qui s’aventureront sur ce récit de double
renaissance. Un seul regret : que ce livre soit si court !




