Sales gosses, Mathieu Lecerf (Harper Collins, 04/2026)
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J’avais beaucoup aimé les deux premiers tomes de
« La Trilogie du démon » (je me demande pourquoi je n’ai pas lu le
troisième d’ailleurs) et je me suis jetée sur cette nouvelle parution de
Mathieu Lecerf, intriguée par le titre, l’intrigue mais aussi par la couverture
qui me faisait penser immédiatement à la série « Stranger Things »
que j’avais beaucoup aimée.
« J'ai entendu les copains débarquer
derrière, ils rigolaient toujours comme des sales gosses. Ils ne l'avaient pas
remarqué. Ils étaient plongés dans ce qu'il leur restait encore d'innocence et
d'insouciance, mais tout allait bientôt voler en éclats sans retour possible. »
James (Jimmy) le narrateur raconte son enfance plutôt heureuse auprès de
son père et d’une bande de copains avec qui il va faire les quatre cents
coups ! Jusqu’à ce qu’un meurtre abominable ait lieu dans leur petit
patelin pourtant réputé tranquille.
« Mon père était un homme beau, bon,
intelligent, qui avait tout pour lui, pourquoi se serait - il livré à une
atrocité pareille ? C'était insensé ! Il n'y avait aucune explication
rationnelle à ça, je n'y croyais pas.
Mais j'étais bien le seul. » C’est finalement le père
de Jimmy qui va être accusé du meurtre. Une accusation incompréhensible pour
l’adolescent qui subira par la suite son statut d’orphelin. Comment se
construire sur ces incompréhensions et à la suite d’un tel drame ?
« Je ne pensais plus à Henri depuis des
années, mais ces derniers jours je ressentais de nouveau sa présence, son ombre
néfaste, tapie dans la pénombre de mon âme.
Que me voulait- il aujourd'hui ? » Devenu écrivain à succès,
Jimmy essaie désespérément de trouver un équilibre dans sa vie personnelle,
alors qu’il s’est installé à Paris. Mais un jour, il va recevoir une lettre de
son père qui lui confesse, alors qu’il va mourir, son innocence, trente- quatre
ans après les faits. Jimmy ne voit d’autre possibilité que de retourner à La
Saussaye, là où il a vécu ses meilleures et ses pires années. Il a besoin de
mener ses propres investigations.
Au final, un roman à la pression grandissante. Le personnage du narrateur est rendu terriblement attachant grâce aux émotions qu’il exprime, que ce soit dans la partie « Enfant » ou dans celle qui est intitulée « L’adulte ». J’ai frémi avec lui, j’ai été surprises par les retournements de situation et j’ai été émue par la résolution de l’intrigue, que je n’avais absolument pas devinée. Une très bonne lecture !

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