Que la mort nous frôle, Michel Bussi (Presses de la Cité, 04/2026)
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Cap sur la Suisse, près de Lausanne, aux côtés d’une
jeune psychiatre, prénommée Jeanne, qui vient d’être nommée dans un
établissement de soins, le manoir des Amarantes. Parmi ses patients, nous
trouvons Charly et Té (diminutif de Thérèse), deux adolescents bien déterminés
à connaître les véritables raisons de leur présence dans cet établissement, d’autant
plus que des pensionnaires viennent de mourir de manière suspicieuse…
« - On ne meurt pas si jeune. Pas en
temps de paix. Trois adolescents retrouvés morts, c'est trois de trop. » Le roman s’ouvre sur le décès de Claudine, une métisse de seize ans qui
adorait chanter et danser. Charly aimerait comprendre ce qu’il lui est arrivé,
d’autant plus que deux autres adolescents ont eux aussi perdu la vie quelques
mois plus tôt.
« Le truc fou, ce serait évidemment
d'associer les trois temps. Le dépenser sous le contrôle de Chronos, pouvoir
l'arrêter sa guise grâce à Kairos, et le faire recommencer grâce à Aiôn. »
Le manoir des Amarantes semble avoir sa propre temporalité. Ainsi, le
directeur, le docteur Gruber, semble être un personnage qui ne vieillit pas.
Comment expliquer qu’il ait l’air plus jeune que sur les tableaux qui le
représentent ? Charly le soupçonne de mener des expériences mystérieuses…
« - Et si c'étaient les rêves qui nous
interdisaient de vivre ? » Té, ainsi que Jude et
Fausto, sont faussement résignés à leur sort. Jude demeure une révolutionnaire
dans son cœur, Té, se rêve en acrobate de renom depuis son fauteuil roulant, et
Fausto se projetterait bien dans la peau du « Campionnissimo », un
champion de cyclisme italien, malgré ses poumons malades. Charly, lui, aimerait
travailler dans le cinéma avec Charlie Chaplin. Des rêves si inaccessibles ?
Au final, un roman aux personnages attachants et aux retournements de situation qui offrent d’intéressants rebondissements à l’enquête menée par Charly. Même si j’avais élaboré le schéma final avant qu’il soit révélé ouvertement, j’ai beaucoup aimé la construction de ce récit et la question de société qu’il dévoile in fine.




