jeudi 19 novembre 2020

Le Mystère Sammy Went, Christian White (Denoël, 08/2019)


 

Le Mystère Sammy Went, Christian White (Denoël, 08/2019)

💙💙💙💙

« Il est illusoire de croire qu'on est maître de son destin », se répète Kim, une Australienne de trente ans. Et ce qui va lui arriver atteste bien de la véracité de son mantra. En effet, alors qu’elle déjeune à la cafétéria de l’établissement scolaire dans lequel elle enseigne, un homme vient l’aborder. Il prétend qu’elle s’appelle en réalité Sammy Went, et qu’elle a été enlevée aux Etats – Unis vingt- huit ans auparavant. L’inconnu ne serait autre que Stuart, son frère, seul membre de la famille Went à ne jamais avoir abandonné les recherches.

Ce roman est donc construit sur la question suivante : « qu’est – ce qui se passerait si on découvrait qu’on a été enlevé dans son enfance, et que les gens que l’on a toujours considérés comme ses parents ne sont pas les personnes qu’ils prétendent être ? » (Dixit l’auteur dans « les remerciements »). Kim va donc évoluer au fur et à mesure de ses questionnements, de ses découvertes, remontant le fil de secrets de famille enfouis par des années de silence. Qui était réellement sa mère ? Comment est – elle arrivée à l’âge de deux ans en Australie ? La confrontation entre les deux familles va, de plus, complexifier la donne : « c'est pas parce que tu veux faire de ta mère une héroïne que tu dois faire de la nôtre un monstre. »

La temporalité du récit se joue sur deux niveaux ; « Autrefois » avec un point de vue externe et « Maintenant », raconté par Kim à la première personne du singulier. Cela permet au lecteur de se forger sa propre opinion sur l’histoire mais aussi les personnages annexes, ainsi que de remonter le fil du temps en simultané avec les découvertes de la jeune femme. Cette double avancée dans l’intrigue permet au récit de vêtir les habits noirs du suspens et de conserver le lecteur en état de tension.


Au final, un très bon moment de lecture, même si parfois, j’ai trouvé certains passages un peu longs ou répétitifs. Mais pour un premier roman, c’est vraiment une belle réussite !   

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