mardi 8 septembre 2026

L’anxiété de performance, Ariane Hébert (Mortagne éditions, 09/2026)


 

L’anxiété de performance, Ariane Hébert (Mortagne éditions, 09/2026)

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L’anxiété touche de plus en plus les enfants d’aujourd’hui, et cela pour plusieurs raisons : un monde qui va trop vite et qui nous presse d’agir, des réseaux sociaux qui nous font croire que tout le monde est beau et talentueux, mais aussi un système scolaire un peu trop normé dans lequel il est compliqué de s’épanouir.

« Tu sais, parfois la peur nous fige. On a l'impression que tout se bloque à l'intérieur. Même si on veut bouger, ça nous est impossible. » Jade joue du piano depuis plusieurs années ; elle adore ça ! Mais alors qu’elle doit jouer devant toute sa classe, elle perd tous ses moyens… Et si elle n’y arrivait pas ? Et si elle se ridiculisait ?

« Ce qui compte, c'est d'oser, de se relever et de continuer. » Jade a la chance de rencontrer Laurence, une éducatrice spécialisée qui va la soutenir en lui citant plusieurs exemples de situations particulièrement stressantes et en les dédramatisant de manière efficace.

« Les erreurs nous aident à nous améliorer. C'est en essayant qu'on devient plus solide. » La petite fille va apprendre à utiliser des tactiques lui permettant de passer par- dessus ses mauvaises sensations physiques : la respiration ventrale, la visualisation d’un succès, ou encore la rédaction de gratitudes. Un ensemble de rituels permettant à la grande anxieuse de surmonter les passages angoissants qu’elle est susceptible de rencontrer.

Au final, comme chacun des guides réalisés par Ariane Hébert, nous avons là une mine d’explications et d’idées pour aider les enfants à dépasser cette anxiété de performance. Les termes utilisés ne sont jamais alarmistes, ils sont au contraire vraiment rassurants, et poussent intelligemment les parents à solliciter une aide extérieure en cas de complications dans l’état de l’enfant. Un guide à avoir dans toutes les bibliothèques scolaires. 

mercredi 2 septembre 2026

L’adolescence du perroquet, Amélie Nothomb (Albin Michel, 08/2026)

 


L’adolescence du perroquet, Amélie Nothomb (Albin Michel, 08/2026)

💔💔

Lire le dernier Nothomb a été une habitude, un désintéressement, puis un regain d’intérêt depuis quelques années pour moi. Les derniers crus m’ont plu, mais alors là, et pourtant, j’avais été avertie par des chroniqueuses que je suis depuis quelques années, quelle déception ! J’ai eu l’impression de lire un amalgame de plusieurs parties de textes disparates, placés autour du récit centré autour du narrateur et de Jo, son perroquet, un gris du Gabon, au caractère bien trempé.

« Comment mon père et ma mère avaient- ils été capables de créer une telle harmonie, à la fois naturelle et civilisée ? Quand je voyais la quasi- totalité de mes collègues en conflit constant avec leur tendre moitié et leurs rejetons, je me félicitais de ma solitude. » Le narrateur est un quadragénaire qui cultive sa solitude avec détermination. Les relations avec les femmes s’enchainent sans réel affect. Et puis voilà le Covid et le confinement.

« Amusé, sans réfléchir, je sonnai au sixième. Un vieil homme ouvrit et me demanda si je venais pour le perroquet.
- Pour quel autre motif ? répondis-je. »
Juste avant le confinement, un voisin a affiché en bas de l’immeuble une proposition qui va bouleverser la vie de notre narrateur : il donne un perroquet nouveau- né.

« L'oiseau âgé de quelques jours possédait déjà l'intuition qui le fondait. Il était là pour élucider les noms. » Désormais en télétravail, notre journaliste a toute latitude pour observer son nouvel animal de compagnie. Ce psittacidé, un Gris du Gabon, va développer des capacités langagières étonnantes !

Au final, un récit assez loufoque en ce qui concerne la personnalité du narrateur et son attachement à l’oiseau, mais certains paragraphes (comme celui qui parle de Gottschalk) qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’histoire semblent avoir été ajoutés pour « meubler » et étoffer le livre. Globalement décevant.

dimanche 30 août 2026

Volare, Serena Giuliano (Calmann Lévy, 03/2026)

 


Volare, Serena Giuliano (Calmann Lévy, 03/2026)

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Serena Giuliano fait partie des auteurs dont j’achète chaque roman. Cette année, c’est « Volare » qui est sorti, de nouveau un titre de chanson italienne qui n’a cessé de me trotter dans la tête durant ma lecture, et pourtant, le récit n’avait rien de léger, puisqu’il y est question de dépression…

« N'importe quoi pour retrouver le goût de vivre. Car en fait, c'est ça que j'avais perdu. Cette chose implacable à laquelle on ne pense pas quand on va bien. La saveur tout simplement d'exister. » Ambre est une jeune femme à l’entourage attentionné et exerçant le métier qu’elle a toujours rêvé de faire : conseillère principale d’éducation dans un collège. Mais voilà, un matin, elle n’arrive plus à aller travailler, ni même à se lever. Le médecin diagnostique une dépression.

« Dès que j'approche de lui la petite coupelle, il déroule sa trompe, comme le ferait un minuscule éléphant ailé, la plonge dans le liquide sucré et s'en sert comme d'une paille.
"Bienvenue, Sylvain ! Puisqu'il paraît que c'est comme ça que tu t'appelles..." »
Recluse chez elle, Ambre va consacrer ses journées à rétablir un papillon qu’elle a trouvé blessé sur le capot de sa voiture. Une activité qui prête à sourire sur le moment, mais qui révèle une détresse bien plus profonde…

« Sur la table, j'aperçois la carte laissée par Manu hier soir, que j'hésite à jeter. C'est celle de sa cousine Piera, qui organise des retraites plus ou moins spirituelles en Sicile. Voilà ce que c'est d'avoir raconté à Manu mon histoire de signes, et débattu avec elle de ma "connexion" avec l'Univers ! » Manu, la meilleure amie d’Ambre, est désespérée par l’état émotionnel de son amie. Cette Sicilienne haute en couleur va alors lui donner les coordonnées de sa cousine, Piera, qui mène des retraites spirituelles sur son île d’origine, et permet à de nombreuses personnes en perte de repères de se retrouver.

Au final, un roman lumineux et touchant qui traite de santé mentale avec délicatesse. L’Italie est un atout majeur et on s’imagine facilement aux côtés d’Ambre, entre plages, volcan et pâtisserie à la ricotta sucrée ! J’ai trouvé le récit moins rythmé qu’à l’accoutumée, mais j’ai tout de même passé un très bon moment de lecture. 

vendredi 28 août 2026

Une femme, Annie Ernaux (Gallimard, 1988)

 


Une femme, Annie Ernaux (Gallimard, 1988)

💖💖💖💖

Je continue à lire ou relire les romans d’Annie Ernaux ponctuellement, et de manière chronologique. J’aime sa plume incisive et son regard sociologique sur l’évolution de la position des femmes dans la société et le phénomène de transfuge de classe. Ici, nous suivons la mère de l’auteure, dans une biographie romancée.

« Ce que j'espère écrire de plus juste se situe sans doute à la jointure du familial et du social, du mythe et de l'histoire. Mon projet est de nature littéraire, puisqu'il s'agit de chercher une vérité sur ma mère qui ne peut être atteinte que par des mots. (C'est- à- dire que ni les photos, ni mes souvenirs, ni les témoignages de la famille ne peuvent me donner cette vérité.) » Annie Ernaud a toujours eu le soin de raconter son histoire, en parallèle de celle de la société au moment où elle s’y trouve, sans se laisser influencer par des émotions risquant d’être envahissantes et de pervertir sa vision volontairement factuelle. Alors quand sa mère décède, elle décide de garder sa manière de faire.

« Fière d'être ouvrière mais pas au point de le rester toujours, rêvant de la seule aventure à sa mesure : prendre un commerce d'alimentation. Il l'a suivie, elle était la volonté sociale du couple. » L’auteure, en évoquant le désir de sa mère de s’élever socialement, fait écho à sa propre évolution. Ce qui ressort dans ses romans autobiographiques, ce sont ces différences de niveau social qui mettent des barrières entre les gens. Sa mère, avant elle, a été la seule de sa fratrie à vouloir s’extraire de la condition ouvrière, et elle s’est donné énormément de mal pour y arriver, doutant sans cesse.

« J'étais certaine de son amour et de cette injustice : elle servait des pommes de terre et du lait du matin au soir pour que je sois assise dans un amphi à écouter parler de Platon. » Annie Ernaux, avec le recul induit par le décès de sa mère, se rend compte que l’amour de sa mère a été plus profond qu’elle ne le pensait…

Au final, un court récit qui aborde le deuil de manière plus sociétale qu’émotionnelle. On y retrouve la plume courte, directe et réflexive de notre auteure nobélisée, mais aussi l’expression intime de quelques sentiments pudiques.   

jeudi 27 août 2026

L’Amour, François Bégaudeau (Folio, 01/2026)

 


L’Amour, François Bégaudeau (Folio, 01/2026)

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Un récit étonnant par sa forme linéaire ; une narration – fleuve sans indications chronologiques alors que l’intrigue est basée sur l’histoire d’une relation amoureuse débutée au moment de la rencontre et terminée par le décès des deux protagonistes. Le format court, à peine cent pages, offre étonnamment une densité qui happe le lecteur et le frappe en plein cœur une fois la dernière page tournée. Epatant !

« Jacques tire une brune de son paquet, et de la première taffe le courage de dire qu'il comptait emmener le chien en forêt est- ce que ça lui dirait de les accompagner ?
ça lui dirait mais pas longtemps, sa mère l'attend à manger ce soir.
Jacques décroche le panier pour le fixer à l'avant. Le chien y prend ses aises et les voilà partis : Jeanne derrière, Jacques au milieu, Boule à la proue. »
Jacques et Jeanne se rencontrent fortuitement alors qu’il vient, avec son père, rénover une pièce dans l’hôtel où Jeanne est employée à l’accueil. La balade du chien Boule sera le point de départ d’une relation amoureuse au long cours.

« Fort des verres de pinot accumulés, Jacques y va sans peur et fait tout comme Jeanne lui a appris. Il arrive même à chanter en même temps sans désynchroniser ses pas. Il y a juste un moment où il dit les paroles de Sylvie et passe son tour sur celles de Johnny. Il se reprend sur le refrain où les deux sont en chœur.
- Si tu n'es pas vraiment l'amour tu lui ressembles. »
Dans les années 70, on se marie rapidement, d’autant plus lorsqu’on appartient à un milieu modeste. On suit le jeune couple dans les premiers pas de la vie conjugale, ses tâtonnements et ses élans.

« Si on mange le pain du jour le lendemain du jour, on mange toujours du pain d'hier. Ce à quoi Jacques objecte que ben voyons. » Le style de l’auteur sert habilement ses personnages, en permettant à son lecteur d’entrer dans leurs raisonnements car ce sont aussi les siens ! On a l’impression d’être à table avec Jacques, ou de préparer le clafoutis avec Jeanne !

Au final, un roman surprenant mais terriblement émouvant. S’il est question d’amour, nous ne sommes pas dans une romance, mais dans l’essence même de ce sentiment, lorsqu’il dure quarante, cinquante, soixante ans, toute une vie… 

mercredi 26 août 2026

Les possibles, Virginie Grimaldi (Le Livre de poche, 05/2022)

 


Les possibles, Virginie Grimaldi (Le Livre de poche, 05/2022)

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Après avoir exploré l’expérience maternelle dans Et ne durent que les moments doux, Virginie Grimaldi se penche sur la paternité. Juliane, son héroïne, se retrouve perdue lorsque son papa, Jean, trouve refuge chez elle après l’incendie de sa maison. Comment accueillir ce père avec qui elle a perdu quelque peu le contact depuis quelques années ? D’autant plus que ce dernier mène une vie plutôt fantasque !

« Papa.
C'est le premier mot que j'aie su prononcer.
Un mot tout bête, qui sert sans qu'on y pense, sans demander la permission. Un mot comme un automatisme, comme une respiration. Un mot d'enfant, un mot d'amour.
Un mot comme un membre fantôme, qui fait mal quand il n'est plus là. »
En nous donnant cette information d’entrée, la narratrice, Juliane, nous confie un attachement primal à son père. Il les a tant amusée et rassurée, sa sœur et elle, avant de leur faire honte à l’adolescence. Et puis leur mère a demandé le divorce, et ce papa est parti faire sa vie ailleurs, tout en gardant un lien ténu avec ses deux filles.

« Arrêtée au feu rouge, j'assiste à la scène en prenant conscience de la situation. Je m'appelle Juliane, j'ai trente- neuf ans, et je suis l'heureuse maman de Charlie, sept ans, et de Jean, soixante- sept ans. » En accueillant son père à la suite d’un incident, Juliane se rend compte que la santé mentale de celui-ci est en net déclin. La voilà partagée entre les difficultés scolaires de son fils et la démence naissante de son père…

« On assiste à un spectacle déchirant sur lequel nous n'avons aucune prise. Le premier homme de notre vie disparaît peu à peu. On ignore combien de temps il nous reste avec lui. C'est terrible de vivre dans un compte à rebours. » Juliane emmène son père, avec bien du mal, consulter les spécialistes de la gériatrie et de la mémoire afin de l’aider au mieux. Au vu du diagnostic, Adèle, sa sœur, et elle, vont faire en sorte de réaliser ses rêves, avant qu’il ne soit trop tard.

Au final, un récit qui m’a une nouvelle fois troublée, émue, touchée. Ce papa Jean possède pas mal de points en communs avec le mien, y compris celui, inéluctable, de vieillir. La tendresse que met Virginie Grimaldi donne envie de prendre soin de nos aînés, pendant qu’il en est encore temps, et de réaliser les rêves de ceux qu’on aime au temps du présent.  

vendredi 21 août 2026

Et que ne durent que les moments doux, Virginie Grimaldi (Le Livre de Poche, 06/2020)

 


Et que ne durent que les moments doux, Virginie Grimaldi (Le Livre de Poche, 06/2020)

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Ce roman de Virginie Grimaldi est une ode à la maternité ; que l’on soit une jeune maman désemparée ou une maman désœuvrée souffrant du syndrome du nid vide. En effet, l’arrivée d’un nouveau- né est souvent synonyme d’un grand trouble dans le cœur et la vie d’une femme (d’un homme aussi, cela va sans dire, mais ici je me positionne en tant que maman – lectrice d’une autrice !).

« Le temps ne s'écoule plus de la même manière depuis que je suis mère. » Elise est seule, pour la première fois depuis une vingtaine d’année. Sa fille Charline vit en couple depuis un moment à Londres, et Thomas, son fils cadet, vient de quitter l’appartement bordelais familial pour aller poursuivre ses études à Paris. Elise a toujours vécu en fonction des activités de ses enfants, mesurant son temps, et là, alors qu’elle est seule, fini les exigences temporelles : hormis le travail, elle possède désormais un espace de liberté… qu’elle ne sait pas comment gérer…

« Devenir mère a donné un sens à ma vie. Enfin, j'étais utile. Enfin, je comptais pour quelqu’un. C'est égoïste, j'en conviens. Je ne l'ai pas calculé : la maternité a réparé en moi ce que l'enfance avait abîmé. » Lili et Elise partage ce point commun : la maternité leur a donné une raison d’être là, dans la vie, pleinement. L’amour qu’elles possèdent en elles, qu’elles ont tant voulu donner depuis des années, a désormais une raison d’être.

« Voilà, c'est ça. Tu es ma cible, mon talon d'Achille. Désormais, j'aime quelqu'un plus que quiconque, plus que moi- même. Désormais, je suis vulnérable. » La fille de Lili est née prématurément, à un stade où on doute de sa capacité à vivre. Je me suis retrouvée dans sa position de mère coupable de n’avoir pas su garder son enfant durant les neuf mois règlementaires., et compagne d’un jeune papa sous l’emprise de parents envahissants.

Au final, j’ai été énormément émue par ce roman, d’autant plus que je me suis retrouvée dans les deux principales protagonistes de l’histoire. La fin du roman m’a bluffée, même si je l’avais un tout petit peu devinée. Et comme toujours avec Virginie Grimaldi, quelques éclats de rire qui font qu’on se sent bien à la fin du livre !

lundi 17 août 2026

Fille de, Anne Pitteloud (Finitude, 08/2026)

 


Fille de, Anne Pitteloud (Finitude, 08/2026)

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C’est ma libraire qui m’a dirigée vers ce premier roman alors que je compulsais les premières publications de cette rentrée littéraire. La quatrième de couverture m’a immédiatement happée : une jeune femme découvre que les manuscrits de son père, écrivain à succès récemment décédé, sont vides, alors qu’elle- même rêve de voir ses propres romans publiés.

« Lentement, je les ai tirés à moi, je les ai ouverts, j'ai feuilleté leurs pages en faisant le moins de bruit possible, leurs feuilles immaculées comme les murs de la pièce, comme le silence d'un tombeau.
Dans chacun d'eux, le vide encore. »
Chloé Monnay pénètre pour la première fois dans le sacro- saint bureau où son père passait ses journées à écrire. Alors que ce dernier vient de décéder, son éditeur est sur les dents : il attend avec impatience les manuscrits que son auteur à succès lui a promis depuis des années. Mais voilà, Chloé ne trouve rien.

« J'ai repensé aux volumes alignés là- haut, inédits, prêts pour la postérité. Et si je les jetais directement dans l'étang, ces feuilles qui avaient pourri mon enfance ? » La jeune femme est dépitée. Son père a toujours été « absent » à cause du besoin d’isolement qu’imposait son écriture. Et elle lui en veut pour cette enfance solitaire.

« Je pensais aussi à d'autres manuscrits. Les miens. Deux romans que je n'osais faire lire à personne, dont je n'avais rien dit, pas même à Julien ou à mes parents. Je n'étais pas prête. Je ne les trouvais pas pires que bien des textes publiés et encensés par les médias, mais si on me disait que c'était mauvais, s'ils étaient refusés par les éditeurs, je ne saurais plus quoi faire de moi et de ma vie. » Et puis Chloé va proposer ses propres écrits, restés secrets, pour faire plaisir à sa mère, pour contenter l’éditeur et pour contrer les journalistes malveillants.

Un roman qui m’a happée du début à la fin. L’auteure, à coups de chapitres courts se terminant sur une chute haletante m’a poussée à ne pas quitter son histoire. Je me suis véritablement identifiée au personnage de Chloé, avec ses rêves, sa rancœur, son envie de vivre pour elle- même. J’ai eu du mal à quitter ce roman qui pose tant de questions sur le poids de l’imposture au sein de la famille et de la société avec brio. Une réussite.

dimanche 16 août 2026

L’Appel de la forêt, Jack London (Jungle, 2014)

 




L’Appel de la forêt, Jack London (Jungle, 2014)

🐶🐶🐶🐶

Après avoir lu l’adaptation en bande dessinée de Croc- Blanc, j’ai eu envie de lire celle de L’Appel de la forêt, que j’ai souvent fait lire et étudier à mes élèves de 6ème. L’intrigue de ce deuxième récit est totalement inversée par rapport à celle du premier étant donné que là, nous partons d’un chien domestique, appelé Buck, qui va retourner à la vie sauvage.

« Les jours passèrent. Buck perdit la mémoire de la douceur des jours écoulés et se résolut à souffrir l'inévitable. » Buck est un bon gros chien de famille tranquille, peinard, qui va malheureusement subir un enlèvement orchestré par un domestique. Nous sommes en pleine période de ruée vers l’or, et les chiens costauds sont recherchés pour la force qu’ils sont capables de déployer en tirant les traineaux chargés des colons. Pour lui, il en sera terminé des repas copieux et des caresses au coin du feu. A la place, il devra tirer des traineaux dans le froid, la violence et la faim… jusqu’à ce qu’un certain John lui sauve la mise.

Une bande dessinée fidèle au texte du roman, même si certains passages ont été occultés pour répondre au format de la bande dessinée. J’ai beaucoup aimé voir les animaux prendre parole dans les bulles qui leur sont dédiées !

Croc – Blanc, Jack London (Glénat, 08/2029)

 


Croc – Blanc, Jack London (Glénat, 08/2029)

🐺🐺🐺🐺

J’avais lu cette histoire sous la forme d’un roman lorsque j’étais adolescente et j’en gardais un souvenir douloureux. Je n’avais pas supporté de lire les scènes de maltraitance animale, j’avais énormément pleuré et gardé un souvenir vraiment éprouvant de certaines scènes. Pour ces raisons, je n’ai jamais proposé cette lecture à mes élèves de 6ème, préférant l’histoire de L’Appel de la forêt, même s’il y a aussi quelques scènes dures à lire lorsqu’on aime les animaux, mais elles sont plus courtes et moins détaillées.

Croc – Blanc est donc un chien- loup né à l’état sauvage, qui va se retrouver rapidement livré à lui- même et se confronter d’abord aux autres espèces animales, puis à la plus cruelle de toutes, celle des Humains.

« Croc - Blanc a appris la plus importante des lois... quand tu te soumets à l'homme, tu renonces pour toujours à ta liberté. » Croc- Blanc va d’abord apprendre à vivre avec les populations indiennes, puis devenir chien de traineau et de combat pour les chercheurs d’or du Klondike, avant d’être recueilli, soigné et enfin traité avec toute l’affection qu’il mérite par Weedon Scott, un homme bon et généreux.

Une lecture émouvante, car les scènes de violence me font toujours mal au cœur, mais le format de la bande dessinée a cet avantage de ne pas s’appesantir sur celles- ci et d’arriver plus rapidement vers la fin heureuse de cette histoire. 

samedi 15 août 2026

Astérix, tome 39 : Astérix et le Griffon, Goscinny & Uderzo (Albert René, 10/2021)


 

Astérix, tome 39 : Astérix et le Griffon, Goscinny & Uderzo (Albert René, 10/2021)

😂😂😂😂😂

J’ai beaucoup aimé cet album de la saga « Astérix et Obélix » relativement récent ! Il y a un véritable lien entre nos Gaulois des débuts et la société d’aujourd’hui, avec notamment des références hilarantes quant aux nouvelles technologies dans les prénoms : Kalachnikovna, Aplusdanlbus, Terrinconus, etc.

J’ai également apprécié de voir nos Gaulois confronter leurs valeurs patriarcales avec une tribu d’Amazones qui compose comme elle peut avec leurs maris au foyer !

Une très bonne lecture ponctuée de nombreux éclats de rire !

La Défaite des idoles, Benjamin Dierstein (Points, 02/2023)


 

La Défaite des idoles, Benjamin Dierstein (Points, 02/2023)

💓💓💓💓

J'ai enfin pris le temps de lire le tome 2 de la saga « Echos des années grises », écrite par Benjamin Dierstein. En effet, le temps est important quand on lit cet auteur. le temps, c'est l'Histoire, sans fard, avec ses mensonges, ses trahisons, et sa violence. C'est aussi celui qu'il faut prendre quand on se lance dans une lecture exigeante, qui nécessite des recherches au fil des chapitres pour situer les événements et les personnes historiques qui vont mettre à mal les personnages de fiction inventés de toutes pièces par l'auteur.

« On a besoin de tes réseaux dans la came et dans le cul. On a besoin de ton mètre quatre- vingt- dix tout en muscles. On a besoin de tes talents en filoche et en cambriolage. On a besoin de tes copains à la BRP et chez les Stups. » Christian Kertesz a été poussé vers la porte de sortie des Stups à la suite de l'affaire de la « Sirène ». Mais il ne se retrouve pas longtemps sur le pavé : les truands qu'il a jadis poursuivis lui proposent de s'allier à leurs affaires. Kertesz est un gars qu'on a envie d'avoir dans sa poche.

« Laurence Verhaeghen n'a jamais eu aucune sorte de pitié pour toutes ces victimes - elle n'a pas le temps pour ça... Pas l'espace de cerveau disponible... Ce sont des corps parmi d'autres corps, un point c'est tout... Ceux qui s'attachent aux perdants finiront perdants à son tour... C'est un cycle - le cycle de la défaite. » Laurence Verhaeghen prend la place de deuxième personnage principal dans ce tome. Cette femme en veut, à son passé malheureux, à son présent douloureux et à son futur incertain. Elle va en passer, des jours sans sommeil, des kilomètres de route pour confondre les truands qui mettent à mal sa vision sécuritaire de la France. Mais quelles seront ses limites ?

« On n'est pas du même monde les gars, on ne peut pas bosser avec ces mômes. On a l'art et la manière, bon Dieu. On a une envergure internationale, on a nos entrées dans les ministères, on est invités dans les soirées cocktail des politicards, on mange dans des hôtels quatre étoiles. Eux, ils passent leur vie dans leurs cités à la con, à bouffer des kebabs et à.... » Kertesz et ses nouveaux amis, entre anciens flics et nouveaux truands, va passer son temps à s'épuiser sur de nouvelles affaires censées lui permettre de vivre la belle vie tout en essayant de protéger les quelques personnes en qui il a placé sa confiance. Où mettre la limite ?

Au final, un tome plus exigeant que le précédent, en ce qui me concerne, car de longs passages sont consacrés à l'actualité politique des élections de 2012. J'ai beaucoup aimé suivre le parcours du combattant de Laurence Verhaegen, ponctué de réminiscences enfantines, et celui de Christian Kerstesz, en soldat de l'ultime – amoureux transis. Il faut que je lise le tome 3 – VIIIITE !!!

mercredi 12 août 2026

Les Métamorphoses, Ovide (Edition de l'Education nationale, 04/2026)

 


Les Métamorphoses, Ovide (Edition de l'Education nationale, 04/2026)

🎒🎒🎒

J’ai reçu ce livre fin juin, en même temps que mes futurs élèves de 6e. Je me devais donc de le lire afin de pouvoir en discuter avec eux, et d’être en mesure d’étudier les extraits de l’œuvre en fonction de ceux choisis dans ce recueil, si jamais ils les avaient lus.

« Le mot "métamorphose" signifie "changement de forme". L'œuvre d'Ovide s'intitule "Les métamorphoses" parce que le poète y raconte une histoire merveilleuse du monde, où des humains et des dieux sont transformés en objets, en animaux, en arbres, etc. » Cette définition en début du recueil atteste bien du souci des enseignants de faire distinguer la métamorphose de la transformation aux élèves. Pour ces derniers, le concept est flou, pour les littéraires, il est précis : la métamorphose ne concerne que le corps, quand la transformation modifie le corps ET l’esprit !

« Elle se cache dans les forêts, demeure invisible dans les montagnes. Mais tous ceux qui l'appellent l'entendent ! Elle n'est plus que le son qui vit en elle. » Le destin d’Echo m’a toujours touchée… Cette nymphe condamnée à ne jamais s’exprimer mais à toujours répéter ce que n’importe quel quidam lui dit ; déjà un musèlement de la parole des femmes ? Il y a de quoi se poser des questions…

"Les chemins de la terre et de la mer me sont fermés, se dit Dédale. Soit ! Mais le ciel, en tout cas, m'est ouvert. Nous passerons par-là, mon fils et moi. Le roi Minos a beau tout posséder, il ne possède pas les airs." Le récit sur la mésaventure de Dédale et Icare représente une sacrée leçon quant à l’innocence, voire l’impertinence des jeunes adultes. Mais j’ai regretté que le profil d’Icare ne soit pas plus approfondi.

Au final, un recueil que j’ai trouvé agréable à feuilleter grâce aux illustrations d’Alice Chemama et aux activités ludiques et « pédagogiques » proposées à la fin de chaque récit. Par contre, j’avoue que la traduction, qui a visiblement voulu garder l’aspect poétique de l’œuvre originale tout en simplifiant le récit, m’a laissée sceptique à plusieurs reprises. Pourquoi ne pas avoir laissé quelques passages en vers, afin de permettre aux futurs collégiens de se confronter a minima à cette forme de l’écrit ?  

samedi 8 août 2026

L’Homme qui plantait des arbres, Jean Giono (1953)

 



L’Homme qui plantait des arbres, Jean Giono (1953)

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Voilà plusieurs années que j’avais envie de lire ce cours texte de Jean Giono, dont j’avais tant aimé « Le Hussard sur le toit », lorsque j’étais adolescente ! Et puis je passais outre, sans savoir pourquoi…Aujourd’hui, alors que la cinquième vague de canicule va s’abattre sur notre pays, je découvre un texte d’une terrible actualité…

« Il avait jugé que ce pays mourait par manque d'arbres. Il ajouta que, n'ayant pas d'occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de choses. » Elzéard Bouffier est un berger solitaire qui vit dans une lande déserte de Provence. Le narrateur le rencontre tout à fait par hasard, alors qu’il randonne dans les environs et se retrouve à la recherche d’eau.  

« Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l'âme de cet homme, sans moyens techniques, on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d'autres domaines que la destruction. » Chaque soir, Elzéard trie les glands de chêne qu’il a ramassés durant la journée. Il les trie méticuleusement pour n’en garder que cent, qu’il plantera les jours suivants.

« Mais en redescendant par le village, je vis couler de l'eau dans des ruisseaux qui, de mémoire d'homme, avaient toujours été à sec. C'était la plus formidable opération de réaction qu'il m'ait été donné de voir. Ces ruisseaux secs avaient jadis porté de l'eau, dans des temps très anciens. » Les arbres qu’a plantés Elzéard n’ont pas seulement formé une forêt ; ils ont rétabli tout un écosystème qui permet à la nature de retrouver son équilibre originel.

Au final, un récit qui m’a énormément touchée, alors que j’ai vu tous les arbres autour de chez moi être abattus pour permettre la construction de lotissements bétonnés, ces dernières années. Il fait de plus en plus chaud, il n’y a plus d’arbres, il n’y a plus d’eau… Les hommes politiques devraient lire Giono. 

Les jours mauves, Kalindi Ramphul (Le Livre de poche, 04/2025)

 

Les jours mauves, Kalindi Ramphul (Le Livre de poche, 04/2025)



J’ai découvert Kalindi Ramphul dans l’un des podcasts proposés par Virginie Grimaldi sous le titre « Cahier de brouillon ». J’ai été séduite par cette artiste polyvalente et j’ai eu envie de découvrir ses romans, ayant particulièrement apprécié son humour mordant.

« J'avais beau sonder le peu de neurones actifs qu'il me restait après ces derniers mois : nada, pas le début d'une inflexion mélancolique, pas le moindre vague à l'âme. » Le père d’Indira vient de mourir d’un cancer, et elle culpabilise de ne pas ressentir la moindre tristesse, de ne pas verser la moindre petite larme. Au point de ne pas enlever ses chaussures comme le veut la tradition hindouiste de son père, lors de la cérémonie dédiée aux obsèques.

« Désastre, c'est un joli synonyme de Xanax. De vin. De bière. Et de champagne. Tout ce que mes camarades et moi avons englouti après la cérémonie mortuaire. » Lorsqu’Indira découvre la dernière volonté de son père, elle tombe des nues : ce dernier souhaite que ses cendres soient dispersées sur Mars !!!! Mais, heureusement pour elle, les amis de son père vont rapidement lui apprendre que « Mars » est le nom du PMU, en haut d’une côte près de Superbagnères, où il avait l’habitude d’aller boire de la bière très fraîche avec ses amis cyclistes ! Indira décide de lui rendre un dernier hommage en emmenant familles et amis dans un périple en bus qui va s’avérer folklorique !

« Aujourd'hui, il y a un peu de ce sentiment d'autrefois, la sensation d'accepter toutes les émotions qui coexistent. Je vais bien et je vais mal. Je hais mon père et je m'aime plus que je ne l'ai jamais aimé. » Le voyage va être l’occasion pour Indira de découvrir la vraie personnalité de son père, au travers des témoignages des amis de celui- ci. Elle va découvrir un homme bien différent de l’image qu’elle s’était fait de lui.

Au final, un roman dont j’ai beaucoup aimé le côté sarcastique des premières pages, mais j’avoue avoir été un peu déçue par certains événements, un peu trop « attendus » à mon avis : l’incident, la séance de yoga… Probablement des erreurs imputables à un premier roman. Et comme j’ai aimé la plume de Kalindi Ramphul, je lirai ses autres romans. 

mercredi 5 août 2026

Un chemin qui vous appartient, Angélique Vogt (Editions Bussière, 06/2026)

 


Un chemin qui vous appartient, Angélique Vogt (Editions Bussière, 06/2026)

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Depuis quelques mois, je m’intéresse davantage aux guides de développement personnel. Crise de la cinquantaine ? Prise de conscience de l’aspect éphémère de la vie ; laquelle semble passer de plus en plus vite ? Il y a tellement de choses que j’aimerais faire mais pour lesquelles je me suis toujours freinée ; et si j’osais ?

« Nos pensées et nos émotions seraient des forces créatrices capables d'influencer notre santé, notre environnement, et plus largement, le monde autour de nous. » On le sait de plus en plus, notre état émotionnel influe sur notre santé globale. En apprenant à exprimer nos émotions à travers une pratique culturelle, voire même sportive, nous pourrions en tirer des bénéfices au quotidien. Ce guide propose une méthode de « visualisation créatrice » guidée, avec des outils photocopiables pour planifier nos objectifs à court, moyen et long terme ; ainsi qu’un parcours personnel pour pratiquer l’autohypnose.

« Je prends pleinement conscience des croyances limitantes et des pensées négatives qui freinent ou bloquent la réalisation de mon objectif. Puis, je consigne soigneusement tous ces éléments par écrit, ce qui me permet de les identifier clairement et de préparer leur transformation vers des pensées et croyance constructives. » La méthode de « visualisation créatrice » permet de positiver davantage, de croire en soi. Personnellement, je me suis retrouvée dans la pratique de la méthode appelée « Loi de l’Attraction » et j’ai commencé à mettre en pratique les « Trois gratitudes » du soir, dans le but de passer des nuits plus apaisées, et afin de profiter de journées plus sereines. A voir dans la durée…

« Oscar Wilde résumait cette idée avec justesse : "Visez toujours la lune. Même si vous la manquez, vous atterrirez parmi les étoiles." Cette citation nous rappelle combien il est essentiel de viser haut et d'oser sortir de nos repères habituels pour évoluer pleinement. » J’ai toujours trouvé cette citation vraiment rassurante. Il est vrai que l’on se retient souvent de se lancer dans un nouveau projet par peur de l’échec. Ce guide nous explique comment « Sortir de notre zone de confort ».

Au final, un guide vraiment éclairant, avec des exercices pratiques et cinq parcours qui permettent à chacun de trouver celui qui lui convient le mieux. L’objet livre – cahier est joliment illustré ; ce qui renforce l’envie de l’utiliser !  

mardi 4 août 2026

La mort dans l’âme, Mathieu Lecerf (Pocket, 06/2024)

 



La mort dans l’âme, Mathieu Lecerf (Pocket, 06/2024)

💙💙💙💙💙 

C’est en lisant le dernier roman de Mathieu Lecerf, publié au printemps, que je me suis rendu compte que je n’avais pas lu le troisième tome de sa « trilogie du démon » ! J’avais pourtant adoré les deux premiers ! J’ai donc remédié à cet oubli !


« Urizen s'était manifesté pour la première fois presque trente ans auparavant, au cœur de l'été 1991. Une jeune Parisienne avait été découverte à son domicile, morte étranglée et à moitié nue. On lui avait arraché les paupières et découpé les tétons. Un meurtre sauvage qui ne trouvait aucune explication rationnelle selon les enquêteurs. » Manuel de Almeida, capitaine de Police judiciaire se voit de nouveau lancé sur les traces d’un homme qui étrangle et mutile atrocement ses victimes par vagues successives puisque nous sommes ici en 2019. Son frère, Cristian, journaliste de formation, va une nouvelle fois lui prêter main forte. 


« L'œil.

La fenêtre de l'âme.

Connaît- on vraiment l'œil ?

En conséquence, connaît-on vraiment l'âme ? » L’âme de nos enquêteurs va être mise à mal tant les atrocités vont se multiplier. En effet, la recherche de ce monstre surnommé Urizen va être étoffée par un combat mené par Cris en parallèle : la dénonciation de celui qui a abusé de lui durant sa plus tendre enfance. Connait – on vraiment l’âme des gens ; en qui peut- on avoir réellement confiance ?


« Elle appelait ça "Les Anges déchus". Je ne sais pas à combien de ces soirées Cici s'étaient déjà rendues, mais elle semblait connaître tout le monde là- bas. Il y avait tellement de drogue, tellement de sexe, partout. » Manny et son équipe vont se retrouver à enquêter dans des lieux malsains et dangereux où certains vont laisser des plumes. Mais Urizen fait- il partie de ces pervers ? Et si son sadisme se satisfaisait d’autres travers ?


Au final, un troisième tome aussi qualitatif que les précédents. J’ai repris le fils de l’histoire de l’équipe de Manny comme si je l’avais quittée hier. C’est bien écrit, c’est rythmé, touchant et intelligent. J’en redemande !!! 

samedi 1 août 2026

Nous qui avons connu Solange, Marie Vareille (Flammarion, 03/2026)

 


Nous qui avons connu Solange, Marie Vareille (Flammarion, 03/2026)

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Voici le quatrième roman de Marie Vareille que je lis et je trouve que celui- ci est le plus complexe et le plus dense de tous, tant dans la construction des personnages que dans le message féministe qu’il veut transmettre à notre génération : mesurer l’évolution des droits accordés aux femmes alors que ces derniers sont étonnamment, de nouveau en péril.

« Je m'interroge parfois sur le nombre de menteurs doublés d'assassins qui, comme moi, ont vécu impunis une vie paisible sans jamais être soupçonnés. » Le roman prend la forme d’une longue lettre de la part de Célestine, l’héroïne, à l’adresse de l’une des filles de sa descendance, surnommée « Biquette ». Nous ne connaitrons la véritable identité de cette fille et sa place dans la famille Dubreuil que dans les dernières pages. L’origine de cette lettre ? Expliquer le parcours rétrospectif de Célestine, qui, à 107 ans, est au crépuscule de sa vie, et veut lever le voile sur les secrets de sa famille.

« Ce pour quoi j'existe sur Terre :
Ecrire.
Puisque hurler, paraît-il, relève de l'indécence.
Et qu'est- ce qu'écrire, si ce n'est hurler en silence ? »
Solange, dont le prénom compose le titre, n’est pas le personnage principal du roman, mais elle endosse le rôle de l’élément perturbateur qui va donner une trajectoire inopinée à la vie de Célestine. Cette dernière, en effet, avait été repérée pour ses capacités intellectuelles et s’apprêtait à intégrer une Ecole Normale afin de devenir institutrice. Mais en 1930, le destin des filles ne dépend que du bon vouloir des hommes. Les lettres de Solange, poétiques à souhait, ponctuent le récit de Célestine.

« Ce n'est pas la liberté que tu m'offres, c'est le fait de dépendre entièrement et jusqu'à la fin de ma vie de toi, de tes désirs fluctuants et de ton bon vouloir. Comme toutes les femmes mariées qui n'ont de liberté que celle que leur mari accepte de leur donner. J'ai lu trop de livres, justement, pour pouvoir me permettre d'être romantique. » Célestine, à l’image de toutes les femmes de sa génération, subit un destin tout tracé : aider à la ferme, se marier, enfanter et faire tourner la maison selon les humeurs de son époux. Sa curiosité littéraire l’a amenée à réaliser l’injustice qui réside dans le statut du sexe féminin.

Au final, un récit captivant qui se dévore tant on s’attend aux retournements de situation qui ne peuvent qu’intervenir dans la vie d’une femme intelligente mais soumise à sa condition. J’ai frémi avec Célestine, je me suis mise en colère à ses côtés, j’ai tellement eu envie de lui venir en aide. Bref, une histoire dramatique et éclairante à la fois, et un personnage qui va longtemps me hanter…

mercredi 29 juillet 2026

Libérez votre cerveau de l’anxiété : comprendre et apaiser ses peurs grâce aux neurosciences, Ferran Cases & Dr Sara Teller (Solar éditions, 03/2026)

 



Libérez votre cerveau de l’anxiété : comprendre et apaiser ses peurs grâce aux neurosciences, Ferran Cases & Dr Sara Teller (Solar éditions, 03/2026)

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Etant atteinte d’un trouble anxieux généralisé depuis des années, et m’intéressant aux neurosciences depuis quelques temps, cet essai m’a forcément attirée. Il promettait en effet une analyse de cette pathologie de manière scientifique vulgarisée, en s’appuyant sur le vécu et les tentatives de soin de l’un des deux auteurs, Ferran Cases.

« Le trouble anxieux généralisé peut se déclarer lors d'une situation spécifique ou à la suite d'un événement traumatisant qui déclenche une émotion si intense qu'elle reste gravée dans notre cerveau et ne nous quitte plus. » Une fois le trouble installé, il est très compliqué de s’en défaire. Ce guide nous apporte des solutions concrètes au niveau des habitudes de vie à mettre en place pour calmer l’angoisse et sortir de la boucle des pensées négatives qui empêche les anxieux de prendre des initiatives, et de se sentir mieux dans leur quotidien.

« Le cerveau (amygdale et hippocampe) des personnes souffrant d'anxiété est altéré : la vigilance permanente entraîne une surproduction de cortisol. La mémoire et les capacités d'apprentissage peuvent s'en trouver affectées. » Je me suis rendu compte que des enfants pouvaient souffrir de troubles anxieux et s’en retrouver affectés dans leurs apprentissages. En tant qu’enseignante, c’est une donnée que je trouve très importante et dont je vais tenir compte à l’avenir…

« "Est- ce que je pourrai à nouveau me sentir bien ? Est- ce que mon cerveau sera capable de refonctionner correctement ?" La grande peur qui assaille les personnes souffrant d'anxiété est celle de ne pas savoir si elles pourront un jour retrouver une vie calme et heureuse. » En tant que personne anxieuse, il est très difficile de vivre au présent tant l’on craint que le futur, même proche, soit un désastre ! Ferran, par ses expériences, m’a fait réaliser que je devais arrêter de me projeter inutilement, et profiter de l’instant présent !

 Au final, un guide qui m’a beaucoup plu car les explications données sont simples tout en étant instructives. Le fait que les auteurs soient espagnols m’a un peu gênée au niveau des références culturelles, et je ne me vois pas pratiquer le qi gong, ni remplacer mon café par un thé. Mais j’ai l’intention de suivre un cours de yoga à la rentrée, pour pouvoir permettre à mon cerveau anxieux d’apprendre à se déconnecter et à se concentrer sur l’instant présent. Un enseignement de cet ouvrage… pour un mieux -être ?

H, Bernard Minier (XO éditions, 03/2025)

 


H, Bernard Minier (XO éditions, 03/2025)

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Depuis le temps qu’une amie me conseillait de lire Bernard Minier ! Voici chose faite ! Cette enquête se déroulant autour de Toulouse et portant sur un tueur en série contenait tous les ingrédients pour me séduire.

« Et Hirtmann sait se fondre dans la foule. Il a toujours su se glisser dans la vie des autres à leur insu. Invisible mais proche, silencieux mais présent. Se nourrissant de leurs existences, s'en imprégnant, absorbant chaque détail, chaque habitude de ses proies, attendant le moment idéal pour frapper. Il se grise de sa toute- puissance comme de son anonymat. » Hirtmann est un tueur en série que l’enquêteur de police Martin Servaz poursuit depuis des années. Il a jadis réussi à l’arrêter, mais voilà que l’individu s’est de nouveau échappé de prison.

« Les Origines... Il faut remonter le fleuve du sang, il faut remonter aux origines ; tout a commencé en un lieu maudit, un lieu mauvais. Les lieux portent en eux leur passé, surtout quand y ont été commis des violences et des crimes... Le crime va au crime, le mal est comme l’eau : il coule toujours vers le bas. » De nouveaux crimes ont eu lieu dans la région toulousaine. Tous ont des signes en commun avec les méthodes de Hirtmann. Et si c’était lui, encore une fois ?

« Car, au fond, n'était- ce pas lui, Emmanuel Sachs, le vrai sujet de chacun de ses livres ? Emmanuel, né sous le signe des Gémeaux, être double, se regardant écrire autant qu'il observe les autres, offrant le spectacle de la gestation de chacune de ses œuvres en même temps que l'œuvre elle- même, exhibitionniste notoire de la plume. » Martin Servaz va trouver de l’aide pour mener son enquête auprès de personnes tout à fait inattendues : un écrivain et une bande de personnes pratiquant le « web sleuthing », autrement dit des passionnés de « true crime » ou de « cold cases » qui maîtrisent suffisamment les confins du web pour trouver des informations susceptibles de résoudre des affaires non élucidées.

Au final, une enquête aux ficelles intéressantes mais qui ne m’a pas passionnée tant que ça. Je pense que j’aurais davantage apprécié ma lecture si j’avais lu les enquêtes précédentes de Servaz, car il y a un fil conducteur et historique liant ce policier et Hirtmann que je ne maîtrisais absolument pas. Malgré cela, et quelques longueurs, j’ai apprécié les remous de l’intrigue et je pense que je relirai cet auteur ; plus probablement en reprenant chronologiquement les enquêtes de son autre personnage – phare, Lucia Guerrero. 

vendredi 24 juillet 2026

Les brebis égarées, Madeline Cash (Denoël, 08/2026)



Les brebis égarées, Madeline Cash (Denoël, 08/2026)

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J’ai eu la chance de lire ce roman de la rentrée littéraire, en avant- première, grâce à mon adhésion au Club Lecture Lire Magazine. Il faut dire que les récits abordant les familles dysfonctionnelles ou aux lourds secrets profondément cachés sont mes cibles de prédilection en matière de lecture. Et avec la famille Flynn, je n’ai pas été déçue !

« Mais l'amour qu'ils avaient autrefois partagé semblait à présent lointain, inaccessible. Bud avait intériorisé le ressentiment de sa femme, s'était retiré profondément en lui- même, puis dans le minivan pour y fumer de l'herbe et y écouter de la musique, seul. Ils se croisaient dans la cuisine tels deux étrangers dans un centre commercial. » Bud et Catherine Flynn abordent la quarantaine avec une crise conjugale profonde. Parents de trois filles adolescentes, ils sentent que leur couple n’est plus ce qu’il était. Pour y remédier, Catherine a une idée : mettre en place ce qu’elle appelle un « arrangement », autrement dit, devenir un couple libre. Il faut dire qu’elle a déjà des vues sur l’un de leurs voisins… Mais Bud, lui, n’envisage pas la vie de couple sous l’égide du partage. Comment s’entendre dans ces conditions ?

« - Savez- vous quelle phrase apparaît plus de trois cents fois dans la Bible ?
- "Tu ne coucheras point avec ton frère" ?
- "Soyez sans crainte." Pourquoi êtes- vous ici, Bud ? »
Le père de famille, acculé par son patron, propriétaire de l’industrie qui fait vivre toute leur ville, se voit obligé de suivre une « thérapie » au sein de l’église, dans un groupe de parole si bien nommé « les Brebis égarées ». Il y rencontrera des personnes essentielles, qui lui permettront d’envisager la vie sous un nouvel angle tourné vers ses valeurs les plus profondes.

« - Nous faisons tous des erreurs, mon père, avait dit l'homme. Les saints comme les pêcheurs. Ce qui compte, c'est ce que nous faisons de ces erreurs, à quel point nous parvenons à les cacher, et jusqu'où nous sommes capables d'aller pour les garder secrètes. » Le père Andrew, qui gère l’église, sa communauté, comme tout bon pasteur américain, est loin d’être le personnage pieux que l’on est en droit d’imaginer. L’occasion pour l’auteure de dresser une satire politiquement « in »- correcte de la main – mise de l’Eglise sur la population américaine, en apparence si puritaine mais en réalité profondément pervertie. Un régal !

Au final, un roman qui m’a d’abord désarçonnée, tant par le fond - on entre directement dans la vie très intime d’une famille, que sur la forme – avec cette insistance syntaxique sur le mot « mite » jusqu’à ce que ces nuisibles soient exterminés dans le récit. Et puis je me suis laissé entraîner par la polyphonie du roman, avec les chapitres dédiés à chacun des principaux protagonistes de l’histoire et leur vision de la situation globale, parfaitement réaliste en fonction de l’âge et de la personnalité de ceux- ci. L’auteure excelle à nous faire passer d’une histoire de famille à un thriller, d’un roman sociétal à une romance. Un bonheur de lecture ! 

mercredi 22 juillet 2026

Maman, réveille- toi, Josette Wouters (Decoster éditions, 04/2024)

 


Maman, réveille- toi, Josette Wouters (Decoster éditions, 04/2024)

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A l’occasion d’un séjour dans le Nord de la France (les Hauts de France, pardon !), j’ai eu envie de lire un auteur local et mon choix est tombé sur Josette Wouters, dont j’avais déjà lu « Gravelines blues ». La quatrième de couverture m’a en effet très attirée car il y était question d’une relation entre un professeur et son élève et de situations familiales perturbées !

« Quand il s'est tu enfin et qu'il a regagné son perchoir, j'ai baissé la tête sur ma copie, estampillée en haut, à droite, d'un 2 cerclé de rouge. Dans la marge, j'ai lu : "Un début presque acceptable mais est-il de vous ? La médiocrité ridicule du reste laisse supposer que non..." » Sonia Leburg est une lycéenne brillante, mais voilà que son professeur de français, Charles Duquesnoy, la prend en grippe et la soupçonne même de tricher. Alors qu’elle lui demande des explications, il l’envoie promener ; ce qui va déclencher un élan de curiosité chez la jeune fille…

« Je dois savoir.
Sur le chemin du lycée, cette pensée m'obsède au point d'occulter tout le reste : qui est mon vrai père ?
Impossible d'interroger ma mère. Elle va délirer, se trouver mal et il faudra appeler le SAMU. »
Sonia vit sous la tutelle de sa grand- mère, depuis que sa mère a perdu la tête. Avec son petit frère, Benjamin, ils composent une famille modeste, aux humeurs qui varient en fonction de l’état cérébral de leur mère. Un jour, elle apprend de la bouche de la nouvelle compagne de son père que celui- ci l’a en fait adoptée. Dès lors, découvrir l’identité de son vrai père va devenir la priorité absolue de Sonia. Son ami de toujours, Jean, va lui apporter une aide précieuse.

« Il faudrait analyser le pourquoi il est si difficile de ne pas vouloir se venger ?
De qui voudrais- je me venger au juste ? Et de quoi exactement ? »
En enquêtant sur ses origines, Sonia va révéler au grand jour des histoires d’amour, mais aussi de trahison, qui ont émaillé la jeunesse de sa mère et de ses amis. Qui est celui, ou celle, qui détient la vérité ?

Au final, un roman qui mêle une histoire de famille, une romance, et une enquête aux accents policiers. L’auteure a su me surprendre par la complexité des relations des personnages entre eux, que ce soit dans le présent ou le passé. L’intrigue est finement ciselée et on se prend vraiment au jeu. Une lecture bien plaisante.