lundi 6 juillet 2026

Le premier jour du reste de ma vie, Virginie Grimaldi (Le Livre de poche, 11/2022)

 


Le premier jour du reste de ma vie, Virginie Grimaldi (Le Livre de poche, 11/2022)

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Se plonger dans la lecture d’un roman de Virginie Grimaldi, c’est l’assurance de passer par tout un panel d’émotions, qui vont de l’éclat de rire à l’apparition de la larmichette. Cap sur une croisière autour du monde aux côtés de trois femmes éprouvées par la vie, Marie, Anne et Camille.

« C'était quand même lui qui s'intéressait plus à l'écran de télé qu'à sa femme. Lui qui avait insisté pour qu'elle lâche ses études et soit mère au foyer. Lui qui n'avait jamais de temps pour une sortie, encore moins pour des vacances. » Marie a tout prévu pour fêter les 40 ans de son époux. Mais surtout, elle lui promet une sacrée surprise : le soir- même, elle le quittera. Pour toujours. Après vingt années durant lesquelles elle a été rabaissée, moquée, trompée, elle a pris son courage à deux mains et fait sa valise. Destination Marseille pour embarquer dans un paquebot qui lui permettra de faire le tour de monde, et surtout, de se retrouver, elle.

« "C'est dommage" est sans doute la formule qu'elle a le plus souvent entendue depuis sa naissance. Sa grand- mère trouvait dommage que son beau visage soit neutralisé par son gros corps. Son père trouvait dommage qu'elle ne fasse pas plus d'efforts pour maigrir. » Camille, elle, est une jeune femme dont on s’est souvent moquée à cause de ses rondeurs. Alors qu’elle a perdu du poids, elle ne parvient pas à entamer une relation amoureuse avec sérénité. Alors elle s’est lancé un défi : se taper un mec dans chaque pays !

« Nous allons tous au même endroit ; autant rendre le chemin plus heureux. » Marie et Camille vont rapidement former un trio féminin avec Anne, une sexagénaire déprimée par sa relation conjugale avec un homme qui la délaisse de plus en plus. S’éloigner de son confort douillé et ritualisé est une épreuve qu’elle s’apprête à relever avec quelques craintes. Mais ses nouvelles amies seront là pour lui permettre de profiter d’expériences inoubliables.

Au final, une lecture réconfortante, avec des passages émouvants lorsqu’il est question des parcours de vie de ces trois femmes bien plus courageuses qu’elles ne le pensent. Certaines répliques m’ont aussi fait éclater de rire ! Bref, j’ai passé encore une fois un très bon moment avec les personnages attachants que sait créer Virginie Grimaldi et la fluidité de sa plume !

samedi 4 juillet 2026

Le cratère, Arièle Butaux (Le Livre de poche, 03/2026)

 



Le cratère, Arièle Butaux (Le Livre de poche, 03/2026)

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Si vous aimez les histoires de fratries, de secrets familiaux autour de la « différence » d’un enfant, ce récit sensible et joliment écrit saura vous toucher en plein cœur.

« Quand ont- ils compris ?
Quand a-t- elle commencé à le regarder autrement ?
Quand ont-ils cessé de le photographier ? »
Le prologue ouvre le roman sur une photographie d’enfants retrouvée parmi les souvenirs d’une famille, au fond d’un carton, à la vente d’une maison. Le point de départ d’une histoire, celle d’Aurore, petite sœur d’un frère handicapé décédé alors qu’il était adolescent, et dont la famille avait tenté de cacher l’existence.

« Aurore n'a pas les mêmes souvenirs que son petit frère, elle l'envie parfois pour cela. Valentin est né après le départ de Lucas, ils n'ont jamais vécu ensemble comme des frères, ils n'ont pas été élevés par les mêmes personnes, leurs histoires ne se mêlent qu'incidemment. Ils ont la même sœur, mais savent à peine qu'ils sont frères. » Pour la petite Aurore, Lucas est un frère comme un autre. Ses yeux d’enfant et son innocence ne lui permettent pas de le considérer comme un enfant handicapé et elle l’inclut dans tous ses jeux. Ce seront les regards et les commentaires acerbes des personnes extérieures à leur foyer qui lui feront comprendre que Lucas est un enfant « particulier ».

« Bien que son âge le lui autorise, faire une crise d'adolescence serait tout à fait malvenu. » Et puis Lucas décède, sans qu’on en explique les raisons à Aurore, sans qu’on lui permette de le voir une dernière fois. Mais surtout, l’adolescent devient un sujet dont on ne doit plus parler. Un traumatisme, une souffrance pour l’adolescente…

Au final, un récit terriblement touchant, tant par la rédaction des moments passés entre Aurore et Lucas, qui s’aiment d’un amour fraternel profond et pur, que par la douleur des mois et des années qui vont suivre le décès du garçon, à cause des nombreux non- dits qui auront ponctué sa brève existence. Un roman bref criant de vérité et bouleversant.  

Cadavres en famille, Jeneva Rose (Pocket, 05/2026)

 




Cadavres en famille, Jeneva Rose (Pocket, 05/2026)

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Un thriller domestique à la mode, vu sur tous les réseaux sociaux et comparé à ceux qu’écrit Freida MacFadden : évidemment, je craque. Le synopsis était alléchant : trois frère et sœurs qui se retrouvent après sept années de séparation à l’occasion du décès de leur mère, et qui vont découvrir, sur une vieille cassette VHS, une scène dramatique dans laquelle leur père apparaît couvert de sang. Qu’ont caché les parents à leurs enfants ?

« Elle est morte.
Je laisse échapper un sanglot douloureux en même temps que ses dernières paroles s'agrègent dans mon esprit.
"Ton père... n'est pas parti... méfie- toi." »
Beth est aux côtés de sa mère alors qu’elle pousse son dernier souffle, et expire ses derniers mots. Un message qu’elle peine à comprendre. Son père, en effet, a disparu sept années auparavant sans laisser d’indice sur ce qu’il comptait faire ni où il voulait aller. Un départ, une disparition qui a laissé un goût amer aux trois enfants.

« Des larmes brillent dans les yeux affolés de papa. Il a l'air perdu. Puis l'écran devient noir.
Le 15 juin 1999 se perd à nouveau dans le passé.
Mais il n'y restera pas. Je le sais. »
Alors que les enfants tombent sur un carton de cassettes VHS sur lesquelles ils retrouvent des moments vécus dans leur enfance, ils tombent sur une fin de vidéo déconcertante : leur mère filme leur père paniqué et couvert de sang, entrain de dissimuler un corps. Que s’est- il passé ? Aucun des enfants n’a de souvenirs d’un tel drame.  

« Je tourne et retourne la clé dans ma main. Elle est brillante, apparemment toute neuve. Le coffre est- il neuf lui aussi ? Qu'est- ce que maman a pu y déposer ? Elle n'a jamais possédé grand- chose, ce doit donc être des bricoles qui avaient pour elle une grande valeur sentimentale. » Au fur et à mesure du rangement de la maison familiale, des secrets vont être dévoilés ; un journal intime, des lettres, et d’autres éléments bien troublants….

Au final, un récit polyphonique établi sur plusieurs temporalités dans un objectif de ménager le suspense pour le lecteur, mais certains passages m’ont ennuyée. L’intrigue est tout de même bien ficelée et s’accélère vers la fin, même si une phrase énoncée par un personnage secondaire m’a trop rapidement révélé l’identité du coupable. Un « thriller – transat » facile à lire mais sans véritable enjeu littéraire.