C’était ça ou mourir, Thélyson Orélien (Grasset, 08/2026)
😑😑😑
Voilà, j’ai lu le livre qui fait scandale
actuellement ! Pas pour lui apporter quelques grammes de gloire ou
d’opprobre, mais pour me faire mon propre avis. Est- il écrit grâce à
l’I.A. ? Honnêtement, je ne suis pas suffisamment au point en informatique
pour pouvoir le décréter. Est-il un chef d’œuvre ? Mes critères personnels
ne le classeraient pas ainsi. Qu’en est- il donc ?
« J'aimais mon métier. J'aimais raconter
aux élèves comment Haïti avait été le premier pays noir à obtenir
l'indépendance, même si chaque jour la réalité me faisait douter qu'on ait
jamais été libérés. » Jonas Dorléon est professeur d’histoire –
géographie à Port- au- Prince. Les gangs cherchent à prendre le dessus sur la
ville et un jour, sa maison est incendiée. Que faire d’autres que prendre
quelques affaires et s’enfuir ?
« Un migrant qui passe une frontière,
c'est comme un serpent qui se glisse sous un tapis. ça rampe, ça tremble, ça
prie, ça ment, et à la fin, soit il ressort vivant, soit il reste écrasé sous
la semelle du monde. » S’enfuir… mais où ? Quand
on part d’Haïti, les solutions sont quelque peu limitées. Alors Jonas va suivre
la marche de ses semblables : la République Dominicaine, le Mexique, les
Etats- Unis, pour enfin trouver un lieu où potentiellement se poser et
redémarrer une vie nouvelle. J’ai beaucoup aimé suivre le parcours, semé de
dangers, emprunté par le narrateur.
« La République dominicaine vend du
bonheur au kilo. Et nous, nous le fabriquons sans jamais y goûter. Parfois, je
me dis que ce pays est une métaphore du monde. Il y a les plages pour les uns,
les frontières pour les autres. Les cocktails pour les uns, les machettes pour
les autres. Les chants pour les autres, les silences pour les autres. » Le passage de Jonas en République dominicaine m’a particulièrement marquée.
En effet, je vois toujours des reportages vantant le côté paradisiaque de ce
pays, mais je n’avais jamais remarqué la souffrance sous- jacente des habitants
du pays voisins, ici asservis.
Au final, étant incapable de mesurer le côté « tricheur » de l’auteur, j’ai évalué le roman comme je le fais pour les autres. J’ai aimé le récit retraçant l’exil d’un Haïtien. J’ai moins aimé le côté répétitif des comparaisons (« comme » doit être le mot le plus répété du livre) et des autres figures de style répétées à foison. Bref, à chacun de se faire son propre avis.
