vendredi 23 octobre 2026

Rugby sous pression, Rodrigo Capo Ortega (& Gilles Navarro) (Privat, 2026)

 


Rugby sous pression, Rodrigo Capo Ortega (& Gilles Navarro) (Privat, 2026)

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Avant de venir vivre à Castres, je ne connaissais vraiment pas grand-chose au rugby. Sur place, j’ai très vite pu observer que ce sport était ici quasiment considéré comme une religion, grâce à son club emblématique, le Castres olympique. Je suis donc allée assister à un match, et j’avoue avoir été impressionnée par la force que les joueurs dégageaient sur le terrain tant ils sont puissants physiquement. J’ai notamment vu jouer Rodrigo Capo Ortega et j’ai été surprise d’apprendre, à la sortie de ce livre, que ce colosse ait pu souffrir de dépression à la fin de sa carrière.

« [...] les miens me font croire que je suis un Dieu... de l'Ovalie. Et je les crois ! C'est tellement flatteur. Je suis dans une époque de ma vie où je sens qu'il ne peut rien m'arriver. Je suis devenu Super Capo ! L'image du super- héros s'invite dans mon esprit. » Rodrigo est né en Uruguay et a joué très tôt au rugby. Sa puissance de jeu est très vite remarquée et il intègre le Carrasco Polo Club Montevideo alors qu’il a à peine vingt ans. Les championnats se succèdent et l’emmènent à voyager dans le monde entier, jusqu’à rejoindre le Castres Olympique à l’âge de 22 ans, et devenir l’un des joueurs emblématiques du club, durant dix- huit ans.

« J'avais peur du regard des autres, de ne plus être celui que j'étais lorsque j'étais un rugbyman. Quand tu glisses dans cette spirale négative, le mensonge s'impose. Le déni cache tout ce que tu ressens au fond de toi. Le mensonge est une vérité fausse à laquelle tu crois. Ma vérité n'est pas celle des autres... Tout s'est arrêté du jour au lendemain et je n'étais pas prêt à affronter le lendemain. » En 2019, le Covid s’étend sur la France, l’Europe entière et toutes les rencontres sportives sont annulées. Capo Ortega ne pourra pas terminer la saison sportive. C’est le début de sa dégringolade morale.

« Sachez aussi que les conduites addictives et la dépression ne viennent pas forcément chercher les plus faibles : elles frappent surtout à la porte de ceux qui ont appris à cacher leurs blessures sous un sourire... » A travers son témoignage (rédigé avec Gilles Navarro), Capo Ortega souhaite faire bouger les choses autour de la santé mentale dans le milieu du sport professionnel. En effet, le souci de la préparation mentale des sportifs de haut niveau est relativement récent, or il est fondamental quand on comprend que le mental gère 80% de nos actes !

Au final, un récit que j’ai lu avec avidité. Le fait que je puisse croiser Capo Ortega de manière régulière dans les rues de Castres a rendu son témoignage encore plus sensible et j’ai été particulièrement émue par la sincérité de ses propos. Un témoignage puissant, utile et très plaisant à lire.


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