Les garçons de l’été, Rebecca Lighieri (Folio, 04/2018)
🏄🏄🏄
Une couverture estivale, représentant un jeune homme
face à l’océan, une planche de surf sous le bras. Mais le contenu de ce roman
n’a rien à voir avec une histoire d’été, légère et colorée. Cap sur La Réunion,
puis sur Biarritz, aux côtés de Thadée et Zachée, deux frères magnifiques et
doués mais pour qui le destin va prendre une tournure dramatique.
« Mes fils sont ce qui me sauve de
l'ordinaire. Ils sont ce qui fait de moi l'exception plutôt que la souris
lambda que j'ai été jusqu'à la naissance de Thadée voici vingt ans. » Mylène s’est réalisée en devenant maman de deux garçons. Cette femme
diplômée en pharmacie n’a jamais exercé son métier, pour se consacrer à
l’éducation de ses enfants, ses fils surtout, et accessoirement, sa fille, Ysé,
une gamine en décalage avec le monde qui l’entoure.
« J'ai toujours pensé que les tueurs
psychopathes dont on nous rebat les oreilles étaient les bienfaiteurs d'une
humanité dont ils abrègent les souffrances et la vie absurde. » Derrière le drame qui va se dérouler au sein de la famille Chastaing, on
découvre une image d’Épinal qui va rapidement se fragiliser, puis se fracturer
au fur et à mesure que les masques tomberont, révélant des profils inquiétants…
« J'aurais tellement aimé un monde
d'enfants sauvages, un monde dans lequel aurait régné la férocité naturelle au
lieu de cet univers policé, étriqué, oppressant, et finalement invivable. »
Les personnages de ce récit vont tous, à un moment ou à un autre, adopter
un comportement bestial, devenir des prédateurs, perdre toute l’humanité qui
les constitue. La belle famille bourgeoise va se fissurer, revenir aux réflexes
primaux de survie.
Au final, un roman qui m’a happée dans son premier tiers, puis qui m’a ennuyée du fait de longueurs récurrentes, notamment dans les passages dédiés au surf. J’ai beaucoup aimé le récit se déroulant à La Réunion, avec cette atmosphère sauvage, presque animale, et envoûtante qui plaçait la mère et ses fils dans un univers où leurs places étaient presque inversées. Mais le retour au pays basque m’a quelque peu désenchantée. Un roman dérangeant, par son langage parfois cru, et paradoxalement souvent élaboré, et son ambiance particulière.

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