dimanche 15 mars 2026

La colline, Mathilde Beaussault (Seuil, 03/2026)




La colline, Mathilde Beaussault (Seuil, 03/2026)

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J’avais beaucoup aimé « Les saules », le premier roman de Mathilde Beaussault, paru l'année dernière alors j’ai été ravie de lire son deuxième aussi rapidement. Et quelle claque !!! Ce roman noir choral est incroyable, tant il passe de situations paisibles emplies d’amour à la campagne, à une ambiance violente et glauque au sein d’une famille vivant en barre H.L.M. à Rennes.

« Dans son ventre tendu, l'enfant s'amusait à faire de la place en donnant des coups. Il était à la fête. Il ne savait pas qu'il ne devait pas se réjouir. Que, dans la vie de Monroe, les drames s'enfilaient comme des perles à gros trous. » Le roman s’ouvre sur une scène dérangeante ; une jeune fille de dix- sept ans, Monroe, accouche seule, dans sa chambre d’enfant, la porte fermée à clé de l’extérieur. La suite du récit va alterner entre les moments immédiats qui vont suivre l’accouchement, et les huit mois qui l’ont précédé, alors que Monroe est envoyé chez sa grand- mère, Madeleine, qui vit dans une maison isolée au milieu de la campagne bretonne.

« On ne connaît pas les hommes dans la famille. Ils passent, font des enfants et les laissent pousser tout seuls comme le liseron. » Dans la famille Brunet, les hommes ne restent pas. Le seul qui apparaîtra dans l’histoire est Sébastien, vingt ans, irascible, sournois et violent. L’auteure en brosse un portrait psychologique épatant, au point qu’en tant que lecteur, on ne peut que le haïr, voire même le craindre.

« Quand on y pense, c’est un peu à ça que ressemble la vie. Des larmes et des sourires, et chacun en garde ce qu’il peut. » Heureusement, le destin mettra Edouard et Jacques sur le chemin de Monroe. De vieux messieurs qui ont eu leur lot de drames, mais qui apporteront un peu de douceur dans l’univers noir et glauque qui a vu grandir Monroe.

Au final, un roman captivant. Les chapitres sont courts et alternent avec les dépositions des divers protagonistes du roman. Le contexte sociologique est tellement précis que l’on pourrait croire à une histoire vraie. Les personnages sont nombreux mais chacun d’entre eux joue un rôle primordial dans l’avancée de l’enquête et on ne peut que s’attacher à certains d’entre eux, Monroe restant, elle, en retrait de l’intrigue. Epatant, mais glaçant !

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