La Défaite des idoles, Benjamin Dierstein (Points, 02/2023)
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J'ai enfin pris le temps de lire le tome 2 de la saga « Echos des années grises », écrite par Benjamin Dierstein. En effet, le temps est important quand on lit cet auteur. le temps, c'est l'Histoire, sans fard, avec ses mensonges, ses trahisons, et sa violence. C'est aussi celui qu'il faut prendre quand on se lance dans une lecture exigeante, qui nécessite des recherches au fil des chapitres pour situer les événements et les personnes historiques qui vont mettre à mal les personnages de fiction inventés de toutes pièces par l'auteur.
« On a besoin de tes réseaux dans la came et dans le cul. On a besoin de ton mètre quatre- vingt- dix tout en muscles. On a besoin de tes talents en filoche et en cambriolage. On a besoin de tes copains à la BRP et chez les Stups. » Christian Kertesz a été poussé vers la porte de sortie des Stups à la suite de l'affaire de la « Sirène ». Mais il ne se retrouve pas longtemps sur le pavé : les truands qu'il a jadis poursuivis lui proposent de s'allier à leurs affaires. Kertesz est un gars qu'on a envie d'avoir dans sa poche.
« Laurence Verhaeghen n'a jamais eu aucune sorte de pitié pour toutes ces victimes - elle n'a pas le temps pour ça... Pas l'espace de cerveau disponible... Ce sont des corps parmi d'autres corps, un point c'est tout... Ceux qui s'attachent aux perdants finiront perdants à son tour... C'est un cycle - le cycle de la défaite. » Laurence Verhaeghen prend la place de deuxième personnage principal dans ce tome. Cette femme en veut, à son passé malheureux, à son présent douloureux et à son futur incertain. Elle va en passer, des jours sans sommeil, des kilomètres de route pour confondre les truands qui mettent à mal sa vision sécuritaire de la France. Mais quelles seront ses limites ?
« On n'est pas du même monde les gars, on ne peut pas bosser avec ces mômes. On a l'art et la manière, bon Dieu. On a une envergure internationale, on a nos entrées dans les ministères, on est invités dans les soirées cocktail des politicards, on mange dans des hôtels quatre étoiles. Eux, ils passent leur vie dans leurs cités à la con, à bouffer des kebabs et à.... » Kertesz et ses nouveaux amis, entre anciens flics et nouveaux truands, va passer son temps à s'épuiser sur de nouvelles affaires censées lui permettre de vivre la belle vie tout en essayant de protéger les quelques personnes en qui il a placé sa confiance. Où mettre la limite ?
Au final, un tome plus exigeant que le précédent, en ce qui me concerne, car de longs passages sont consacrés à l'actualité politique des élections de 2012. J'ai beaucoup aimé suivre le parcours du combattant de Laurence Verhaegen, ponctué de réminiscences enfantines, et celui de Christian Kerstesz, en soldat de l'ultime – amoureux transis. Il faut que je lise le tome 3 – VIIIITE !!!




