lundi 11 mai 2026

La locataire, Freida McFadden (City éditions, 02/2026)


 

La locataire, Freida McFadden (City éditions, 02/2026)

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Décidemment, je demeure une très bonne cliente des thrillers de Freida ! Encore une fois je me suis laissée emportée par cette lecture, dont le narrateur est, pour une fois, un homme ! Et ce pauvre Blake, je peux vous dire que je ne vais pas l’oublier de sitôt !!!

« Whitney nous tend une main que nous parvenons à serrer sans qu'elle ait de visions d'un bain de sang dans le salon : c'est de bon augure. Cela se passe déjà nettement mieux que tous les entretiens précédents. » Blake vient d’être licencié de manière brutale et injustifiée, alors qu’il vient d’obtenir le poste de ses rêves. Lui qui venait d’acheter une maison, à crédit, à New- York et demander sa fiancée en mariage, se voit contraint de revoir ses projets à la baisse. Pour Blake et Krista, une solution apparaît facilement pour pallier le manque de revenus : mettre en location l’une des chambres de leur maison. Blake et Krista vont recevoir toute une floppée de candidats ; parmi eux, Whitney va se détacher du lot.

« Pourquoi une petite voix dans ma tête insiste-t-elle pour que je me débarrasse de cette fille tout de suite, tant que je le peux encore ? » Whitney, une jeune femme travaillant dans un restaurant, et dont la réputation est impeccable, leur avait semblé être la meilleure candidate, mais très vite, les incidents vont se succéder dès qu’elle va s’installer dans la maison. Mais pour le couple, impossible de se séparer de leur locataire… Leur patience va alors être mise à rude épreuve.

« Quand je veux quelque chose, je ne laisse jamais rien ni personne se mettre en travers de mon chemin. » Au fur et à mesure que les pages se tournent, on découvre la face cachée de personnages tordus et déterminés à atteindre un seul but, nommé vengeance. Mais qui venge qui ?

Au final, un roman qui m’a happée du début à la fin ! Freida McFadden m’a encore une fois menée par le bout du nez et fait hésiter sur l’identité du « vrai méchant » de l’histoire. Et de nouveau, j’ai adoré découvrir la face cachée des divers protagonistes de ce thriller ! Un bon cru !

vendredi 8 mai 2026

Il nous restera ça, Virginie Grimaldi (Le Livre de poche, 2023)

 



Il nous restera ça, Virginie Grimaldi (Le Livre de poche, 2023)

💙💙💙💙💙

Quand trois âmes en peine esseulées se rencontrent, cela donne une histoire pleine de rebondissements riches en émotions. Jeanne, soixante- quatorze ans, Iris, trente- trois ans, et Théo, dix-huit ans vont confronter leurs blessures durant quelques mois, le temps pour chacun de se reconstruire et de repartir sur de bonnes bases.

« Je crois pas trop à l'amour, mais c'est comme pour Dieu, j'espère qu'un jour on me prouvera que j'ai tort. » Jeanne vient de perdre son mari, l’amour de sa vie ; comment lui survivre ? Iris, elle, fuit un compagnon malveillant, et Théo, tente de trouver goût à la vie alors qu’il vient de sortir du foyer d’accueil dans lequel il a passé une enfance meurtrie. Trois cœurs en détresse.

« J'ai pas beaucoup de rêves, ils en foutent partout quand ils se brisent. » Jeanne pensait son amour éternel ; Iris était persuadée que sa mère l’avait équipée pour toutes les épreuves de la vie, et Théo gardait ses révoltes collées au cœur, pour protéger cet organe déjà si malmené. Trois cœurs sans illusions.

« Même quand il n'y a personne pour le recevoir, on a de l'amour à donner. C'était pas vraiment une famille, mais parfois c'était bien imité. » Une annonce pour une chambre à louer va être le point de départ de la rencontre de nos trois protagonistes. Une colocation qui commencera sur de timides tâtonnements, puis qui évoluera au fur et à mesure que les barrières traumatiques s’écrouleront. Trois cœurs éplorés qui vont s’épauler.

Au final, un roman terriblement émouvant. J’ai eu envie plus d’une fois d’étreindre l’un ou l’autre des personnages. Des thématiques fortes émaillent ce roman ; le deuil, l’emprise et l’abandon, pourtant la plume sensible, tout en étant humoristique, de Virginie Grimaldi, sait rendre ce récit, à la fois profond et léger, tellement agréable à lire. Touchant, émouvant, captivant.

mardi 28 avril 2026

Que la mort nous frôle, Michel Bussi (Presses de la Cité, 04/2026)

 


Que la mort nous frôle, Michel Bussi (Presses de la Cité, 04/2026)

⏳⏳⏳⏳

Cap sur la Suisse, près de Lausanne, aux côtés d’une jeune psychiatre, prénommée Jeanne, qui vient d’être nommée dans un établissement de soins, le manoir des Amarantes. Parmi ses patients, nous trouvons Charly et Té (diminutif de Thérèse), deux adolescents bien déterminés à connaître les véritables raisons de leur présence dans cet établissement, d’autant plus que des pensionnaires viennent de mourir de manière suspicieuse…

« - On ne meurt pas si jeune. Pas en temps de paix. Trois adolescents retrouvés morts, c'est trois de trop. » Le roman s’ouvre sur le décès de Claudine, une métisse de seize ans qui adorait chanter et danser. Charly aimerait comprendre ce qu’il lui est arrivé, d’autant plus que deux autres adolescents ont eux aussi perdu la vie quelques mois plus tôt.

« Le truc fou, ce serait évidemment d'associer les trois temps. Le dépenser sous le contrôle de Chronos, pouvoir l'arrêter sa guise grâce à Kairos, et le faire recommencer grâce à Aiôn. » Le manoir des Amarantes semble avoir sa propre temporalité. Ainsi, le directeur, le docteur Gruber, semble être un personnage qui ne vieillit pas. Comment expliquer qu’il ait l’air plus jeune que sur les tableaux qui le représentent ? Charly le soupçonne de mener des expériences mystérieuses…

« - Et si c'étaient les rêves qui nous interdisaient de vivre ? » Té, ainsi que Jude et Fausto, sont faussement résignés à leur sort. Jude demeure une révolutionnaire dans son cœur, Té, se rêve en acrobate de renom depuis son fauteuil roulant, et Fausto se projetterait bien dans la peau du « Campionnissimo », un champion de cyclisme italien, malgré ses poumons malades. Charly, lui, aimerait travailler dans le cinéma avec Charlie Chaplin. Des rêves si inaccessibles ?

Au final, un roman aux personnages attachants et aux retournements de situation qui offrent d’intéressants rebondissements à l’enquête menée par Charly. Même si j’avais élaboré le schéma final avant qu’il soit révélé ouvertement, j’ai beaucoup aimé la construction de ce récit et la question de société qu’il dévoile in fine

vendredi 24 avril 2026

Il faudrait leur dire, Carène Ponte (Fleuve, 04/2026)


 

Il faudrait leur dire, Carène Ponte (Fleuve, 04/2026)

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Amis quinquagénaires, si vous avez envie de lire un roman émouvant et nostalgique, foncez lire le dernier livre de Carène Ponte ! Vous y retrouverez une bande d’amis attachants, auxquels vous ne pourrez que vous attacher, en plus d’un univers qui, forcément, vous rappellera quelques pans de votre jeunesse !

« Est- ce qu'à un moment il était prévu de nous parler de ce bouleversement interne ? C'est bien beau de nous soûler avec le bac matin, midi et soir pendant trois ans mais il s'agirait aussi de nous expliquer ce qu'on va ressentir ensuite, non ? Comment peut-on se préparer à vivre quelque chose si on ne nous prévient de rien ? » 1995. Florence fait partie d’un groupe d’amis qui vient tout juste de passer le Bac. La période du lycée est souvent liée à une période où les amis tiennent une place primordiale, et on ne s’imagine pas un avenir sans eux. Que vont- ils devenir, une fois le diplôme en poche ? Vont- ils rester en contact ?  

« Certains jours, j'aime le reflet que me renvoie le miroir, et je me dis que j'ai plutôt de la chance. Mais la plupart du temps, j'aimerais ne pas me ressembler. Peut- être qu'alors on arrêterait de penser que je suis bête. J'ai mis un moment à le comprendre mais dans l'esprit des gens, beauté ne rime pas avec intelligence. C'est l'un ou l'autre. » Le personnage de Julie m’a particulièrement touchée, ainsi que celui d’Anthony, son amoureux du lycée. Le regard que les autres portent sur soi lorsqu’on sort de l’adolescence pour entrer dans l’âge adulte nous constituent tant….

« Nos vies n'ont plus rien à voir avec ce qu'elles étaient, pourtant les vieilles habitudes sont vite de retour. Chacun a retrouvé sa place et la soirée a filé à la vitesse de l'éclair. » Inspirés par la chanson de Patrick Bruel, nos amis vont de donner rendez- vous tous les cinq ans. L’occasion, à chaque fois, de faire le bilan de sa vie pour chacun, mais aussi le point sur les relations intrinsèques à la bande, qui vont forcément, elles aussi, évoluer.

Au final, une histoire tendre, qui m’a fait sourire mais qui m’a aussi beaucoup émue. J’ai pu m’identifier tour à tour à chacun des personnages, et donc vécu aussi bien leurs tourments que leurs moments de joie. Carène Ponte signe là son 19ème roman ; j’ai déjà hâte de lire le prochain !

mercredi 22 avril 2026

Violette, Régine Trigo (Hugo Stern, 01/2025)

 


Violette, Régine Trigo (Hugo Stern, 01/2025)

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Vous cherchez un roman « doudou », (ou « bonbon », comme j’ai pu l’entendre récemment) ? Arrêtez- vous sur « Violette » de Régine Trigo. Un livre encore confidentiel, que j’ai moi- même découvert lors d’une soirée littéraire chez ma bouquiniste préférée. L’une des participantes en avait parlé avec chaleur et j’ai été ravie de le retrouver quelques temps plus tard dans les rayonnages de la boutique.

« Je suis sale, je ne donne ni envie ni de près ni de loin, il suffirait d'un peu d'imagination pour me transformer en un petit nid douillet. Je l'ai été, en 1659, alors l'histoire, je la connais, même si j'ai la mémoire qui flanche. Je me souviens très bien de ma construction. » Le roman s’ouvre avec le point de vue de Violette, nom donné à une <maison jadis emplie d’amour, d’épisodes historiques et familiaux, heureux ou malheureux, désormais abandonnée en plein milieu de la campagne, quelque part dans le sud- ouest.

« Je me sens sale, j'ai froid. Sous la douche, je chiale comme un gamin. On ne m'a pas appris ça, la douleur. Jamais connu cette souffrance. Je me tape la tête sur le carrelage : c'est un mauvais film. Quel est l'abruti qui a écrit le scénario ? » Paul Pradal est un jeune scénariste prometteur qui a réussi à intégrer la jet- set du milieu du cinéma français. Mais voilà qu’un drame passionnel va le mettre plus bas que terre. Revenu chez ses parents, il va sombrer dans une dépression profonde. Comment se sortir de cet état ?  

« Nous ne nous sommes pas parlé, mais nous nous sommes compris.
Il est là pour moi et je suis là pour lui. »
La famille de Paul va lui proposer d’aller investir la demeure familiale désertée depuis des années ; la Violette. Deux âmes cabossées, l’une sensible et l’autre personnifiée, mais deux esprits sensibles qui vont s’épauler pour se reconstruire mutuellement.

Au final, une histoire qui m’a énormément touchée. Je suis persuadée que les lieux ont une âme et ce roman l’atteste avec talent. Les mots de Régine Trigo sont justes et les émotions qu’ils transmettent sauront toucher tous les lecteurs qui s’aventureront sur ce récit de double renaissance. Un seul regret : que ce livre soit si court !