Les possibles, Virginie Grimaldi (Le Livre de poche, 05/2022)
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Après avoir exploré
l’expérience maternelle dans Et ne durent que les moments doux, Virginie
Grimaldi se penche sur la paternité. Juliane, son héroïne, se retrouve perdue
lorsque son papa, Jean, trouve refuge chez elle après l’incendie de sa maison. Comment
accueillir ce père avec qui elle a perdu quelque peu le contact depuis quelques
années ? D’autant plus que ce dernier mène une vie plutôt fantasque !
« Papa.
C'est le premier mot que j'aie su prononcer.
Un mot tout bête, qui sert sans qu'on y pense, sans demander la permission. Un
mot comme un automatisme, comme une respiration. Un mot d'enfant, un mot
d'amour.
Un mot comme un membre fantôme, qui fait mal quand il n'est plus là. » En nous donnant cette information d’entrée, la
narratrice, Juliane, nous confie un attachement primal à son père. Il les a
tant amusée et rassurée, sa sœur et elle, avant de leur faire honte à
l’adolescence. Et puis leur mère a demandé le divorce, et ce papa est parti
faire sa vie ailleurs, tout en gardant un lien ténu avec ses deux filles.
« Arrêtée au
feu rouge, j'assiste à la scène en prenant conscience de la situation. Je
m'appelle Juliane, j'ai trente- neuf ans, et je suis l'heureuse maman de
Charlie, sept ans, et de Jean, soixante- sept ans. » En accueillant son père à la suite d’un
incident, Juliane se rend compte que la santé mentale de celui-ci est en net
déclin. La voilà partagée entre les difficultés scolaires de son fils et la
démence naissante de son père…
« On assiste à
un spectacle déchirant sur lequel nous n'avons aucune prise. Le premier homme
de notre vie disparaît peu à peu. On ignore combien de temps il nous reste avec
lui. C'est terrible de vivre dans un compte à rebours. » Juliane emmène son père, avec bien du mal,
consulter les spécialistes de la gériatrie et de la mémoire afin de l’aider au
mieux. Au vu du diagnostic, Adèle, sa sœur, et elle, vont faire en sorte de
réaliser ses rêves, avant qu’il ne soit trop tard.
Au final, un récit qui m’a une nouvelle fois troublée, émue, touchée. Ce papa Jean possède pas mal de points en communs avec le mien, y compris celui, inéluctable, de vieillir. La tendresse que met Virginie Grimaldi donne envie de prendre soin de nos aînés, pendant qu’il en est encore temps, et de réaliser les rêves de ceux qu’on aime au temps du présent.

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