vendredi 11 septembre 2026

Jeu de peaux, Anouk Shutterberg (Pocket, 2022)

 

Jeu de peaux, Anouk Shutterberg (Pocket, 2022)


❤❤❤❤

Ce thriller m’a intriguée par son sujet, la technique ancestrale de l’art du tatouage japonais, appelé « Iremuzi ». J’avais déjà lu plusieurs romans qui évoquaient cet art particulier, précis dans les traits, la symbolique, la ritualité et réputé pour être extrêmement douloureux ; bien plus que l’acte popularisé depuis quelques dizaines d’années dans notre société.

« Le problème, cher maître, c'est que ces tatouages sont venus sans leurs propriétaires. Et vu leur dimension, ils ont apparemment été réalisés sur la quasi- totalité du dos... » L’intrigue du roman débute sur une information stupéfiante : dix peaux humaines tatouées et parfaitement tannées sont déposées anonymement chez Sotheby’s pour une vente aux enchères hors normes. A qui ont appartenu ces peaux ? Les propriétaires sont- ils encore en vie ?

« Tout laissait présager que Juliano hériterait autant de la beauté et de l'intelligence de ses parents que de leur fortune. Sa prestance et son assurance ne pouvaient être ignorées. Grand et fort, d'un tempérament affirmé, sûr de lui, il fut, jusqu'à la fin de son adolescence, un petit merdeux prétentieux, conscient de son statut et des obligations qui lui incomberaient à l'âge adulte. » Il apparaît que les tatouages ont été réalisés par un artiste à la mode. Milliardaire déjà à la naissance, il n’a absolument pas besoin de revendre les pièces qu’il a tatouées sur le dos de ses amis- amours- amantes. Alors qui cherche à s’enrichir de manière immorale ?

« Son talent était à l'origine de la renaissance du tatouage et de sa popularité, dès les années quatre- vingt. Un artiste qui avait littéralement redoré, sur la scène mondiale, le blason d'un art encore controversé sur ses propres terres. Il attendait de lui l'initiation du plus pur des arts japonais : l'Irezumi - so. Un tatouage traditionnel, dont la technique violente, en contrepartie de la douleur, valorisait toute sa délicatesse dans la dimension picturale du dessin. » Juliano Rizzoni s’est lancé dans l’apprentissage du tatouage « Iremuzi », sans percevoir, au préalable, la dangerosité potentielle des œuvres qu’il réalisait. Le commandant Jourdain et la capitaine Bunevial vont s’arracher les cheveux – et non la peau- pour détacher le vrai du faux.

Au final, un thriller étonnant, entre jet- set, rites ancestraux et enquête tortueuse. Il y a des scènes terriblement glauques, mais qui servent l’intrigue « artistique ». La relation Jourdain – Bunevial donne aussi envie de lire la suite.  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.