Miss Islande, Audur Ava Olafsdottir (Zulma, 10/2022)
💙💙
Cap sur l’Islande, pays où je rêve d’aller,
pour suivre un pan de la vie d’Hekla, jeune femme de vingt et un ans, qui
quitte la demeure familiale pour mener sa vie de romancière en herbe. Mais nous
sommes en 1963, et les femmes qui s’écartent d’un quotidien d’épouse et mère
ont bien du mal à trouver leur place, encore plus auprès des poètes locaux…
« Toi, tu étais transformée. Tu avais
fait un voyage. Tu t'exprimais différemment. Tu parlais la langue des
éruptions, tu employais des mots comme sublime, prodigieux et titanesque. Tu
avais découvert le monde, tu regardais le ciel. Tu as pris l'habitude de
disparaître. Nous te retrouvions allongée dans les champs, à observer les
nuages, ou en hiver, sur une congère, à contempler les étoiles. » Hekla porte le nom d’un volcan ; son père étant passionné par les
éruptions volcaniques qui sont légion en Islande. Et de fait, la petite fille se
montre très tôt en osmose avec la nature ; une attitude contemplative qui va
la mener à l’écriture de poèmes… qu’elle parviendra à publier, mais sous un
pseudonyme masculin.
« La plupart des hommes qui aiment les
garçons sont pères de famille, ils ne sont homosexuels que le week-end. Ils se
marient pour cacher ce penchant contre- nature. Leurs femmes sont au courant. »
Le meilleur ami d’Hekla, Jon John, ne trouve
pas sa place dans la société islandaise, du fait de son homosexualité. Ses
missions de marin le confrontent, de plus, à une homophobie exacerbée de la
part de rustres islandais. Ce garçon hypersensible ne trouve du réconfort et de
la tendresse qu’auprès d’Hekla.
« Les hommes naissent poètes. Ils ont à
peine fait leur communion qu'ils endossent le rôle qui leur est inéluctablement
assigné : être des génies. Peu importe qu'ils écrivent ou non. Tandis que les
femmes se contentent de devenir pubères et d'avoir des enfants, ce qui les
empêche d'écrire. » La meilleure amie d’Hekla,
Isey, aime aussi s’épancher sur le papier, mais elle est mariée et mère de
bientôt deux enfants. Impossible d’envisager l’écriture d’un roman dans ces
conditions….
Au final, un roman que j’ai trouvé original par le constat qu’il fait de la condition de la femme, et plus particulièrement de la femme romancière au XXème siècle. Mais je me suis ennuyée… Et le style « minimaliste » des phrases (sujet - verbe – complément) ne m’a pas plu. C’est dommage parce que le personnage d’Hekla méritait d’être plus élaboré.
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