samedi 23 août 2025

Tant mieux, Amélie Nothomb (Albin Michel, 08/2025)


 

Tant mieux, Amélie Nothomb (Albin Michel, 08/2025)

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Le Nothomb, cru 2025 vient de sortir. Et si je l’ai boudée dans les années 2010, j’ai renoué avec elle depuis quelques petites années pour le meilleur… et pour le pire. Mais heureusement, cette année, ça a été pour le meilleur ! Amélie Nothomb nous a livré ici un récit prenant, émouvant et de grande qualité stylistique !

« Il se produisit un glissement dans son esprit, l'univers perdit son assise sous elle et elle fut foudroyée par une découverte miraculeuse qui tenait en deux mots : tant mieux. » Adrienne est une enfant de quatre ans qui, si jeune, va devoir passer un été avec sa grand-mère maternelle à Gand. Une aïeule acariâtre, incapable d’aimer ses semblables, au point de les confronter à des situations ignobles, alors qu’elle voue une vénération sans borne à l’espèce féline. Comment trouver sa place dans un tel disfonctionnement émotionnel ?

« Elle n'avait jamais reçu ce dont un enfant a le plus besoin : de la considération. C'est encore plus important que l'amour. Être regardé pour ce que l'on est, c'est cela, être considéré. » Astrid, cette mère remarquable par sa beauté va faire de l’ombre à ses propres filles. Jacqueline et Adrienne se soutiennent en tant que sœurs, mais le manque d’amour, de considération fait naître des questionnements sur l’origine de ce rejet maternel. Faut- il être belle, intelligente, éduquée ? Le flou parental empêche les filles de devenir « femmes ».

« - Ma chérie, tu peux mentir, mais je t'interdis de devenir cinglée. » Le récit se resserre sur des dialogues intra- familiaux, puis sur les confessions de l’auteure, qui passe du « elle » narratif au « je » quand vient l’heure des confessions. Un moment prenant, très émouvant de vérité quant à l’amour d’Amélie pour ses parents.

Au final, un cru excellent. Outre la qualité narrative et lexicale, ce roman exprime des sentiments exacerbés de la part d’une enfant extraordinairement éclairée et mâture, capable d’analyser les rapports humains dans leur complexité, grâce au regard rétroactif de l’auteure adulte. Les bons et les mauvais côtés parentaux sont exprimés avec un jugement certes enfantin, mais tellement criant d’une vérité universelle que l’on ressent, tous, au plus profond de soi. Merci Amélie !

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