Continuer, Laurent Mauvignier (éditions de Minuit, 09/2016)
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Si
la lecture de « La maison vide » m’a laissée un peu dépourvue, je ne
me suis pas laissé abattre car j’ai eu envie de retrouver la plume de Laurent
Mauvignier, mais dans un roman – j’avoue – plus court. Et quelle
aventure ! Quel plaisir émotionnel ! Wouah !
« On lui avait bien dit que c'était une connerie de partir avec son
fils comme ça à l'aventure, seulement tous les deux. Mais elle avait tenu bon,
elle avait répondu, qu'est- ce que vous voulez que je fasse ? Vous voulez que
je ne fasse rien et que je laisse Samuel plonger et lâcher prise complètement ?
Non, ça, c'est hors de question, je ne le laisserai pas tomber. » Sibylle se retrouve
désarçonnée quand elle récupère son fils à la gendarmerie de Lacanau. Comment
son fils, adolescent, a-t-il pu lui échapper à ce point ? Est- ce son
divorce d’avec son père ? Leur déménagement de Paris à Bordeaux ? La
mélancolie qui l’étreint ?
« C'était comme si le temps qui séparait les deux images avait été
coupé en deux par un accident nucléaire, quelque chose comme un tremblement de
terre, un tsunami, une catastrophe qui rendrait les deux images à leur
différence et les laisserait l'une et l'autre inconciliable. Oui, il revoit ses
parents tous les deux, et lui au milieu. » Samuel a dix- sept
ans, une place difficile à trouver entre des parents divorcés, des copains à
l’allure punk et une fille qui lui plaît mais qu’il n’ose pas aborder. Jusqu’à
la bêtise de trop.
« Une sorte de journée dans la brume. Comme ces longs dimanches
d'hiver qui s'étendent sans fin jusqu'à la nuit, jusqu'au lundi, comme si le
temps s'était arrêté, englué dans l'épaisseur d'un silence qui anesthésie toute
chose. » La mère et le fils partent pour un tour du Kirghizistan, à cheval. S’ensuivront
des mises en danger incroyables, des cris, des rencontres et beaucoup de moments
émouvants durant lesquels les non- dits vont éclater.
Au final, un roman captivant, étonnant, touchant… et tant d’autres adjectif en « -ant ». J’ai vécu ce périple en terre kirghize avec Sybille et Samuel en apnée. Les allers- retours entre le passé et le présent éclairent le parcours de la mère et de son fils. Et l’auteur possède ce talent de nous faire ressentir la transcendance de l’amour maternel au point de m’avoir tiré des larmes lorsque j’ai tourné la dernière page. J’ai rarement été aussi émue par un livre.

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