vendredi 16 janvier 2026

Les prénoms épicènes, Amélie Nothomb (Albin Michel, 08/2018)

 


Les prénoms épicènes, Amélie Nothomb (Albin Michel, 08/2018)

💛💛

Je continue à compulser les anciens romans écrits par Amélie Nothomb que j’avais loupés à leur sortie. Dans cet opus, l’auteure se concentre à nouveau sur un schéma de famille dysfonctionnelle tournant autour d’une enfant au haut potentiel intellectuel. Mais quand la vengeance sous- tend les relations, les rapports familiaux ne peuvent être sereins.

« A vingt- cinq ans, Dominique ne connaissait que l'eau de Cologne, qu'elle n'appréciait guère. En lui offrant Chanel N°5, en choisissant pour elle ce parfum somptueux, Claude lui déclarait sa flamme avec éclat. » Dominique est une jeune femme simple, de condition populaire. Lorsque Claude s’intéresse à elle, du jour au lendemain, en lui promettant une vie de luxe, calme et volupté, elle accepte aussi sec de l’épouser. Elle se retrouve tout aussi rapidement à mener une vie bourgeoise dans les beaux quartiers de Paris, aux côtés d’un homme qui ne lui demande qu’une chose : lui assurer une descendance.  

« Bien qu'Epicène n'éprouvât aucune honte, elle sut qu'il faudrait garder pour soi ce papapa, comme un dogme que le monde n'était pas prêt à recevoir. Pourquoi avoir des remords de ne pas aimer qui ne l'aimait pas ? » La petite Epicène naît au bout de plusieurs années de mariage. C’est une enfant calme et intelligente (comme beaucoup des enfants dans l’œuvre d’Amélie Nothomb) mais son père se révèle incapable de l’aimer…

« Décolérer est ce verbe qui ne tolère que la négation. Vous ne lirez jamais que quelqu'un décolère. Pourquoi ? Parce que la colère est précieuse, qui protège du désespoir. » Ces mots du début du roman trouveront leur écho dans les dernières pages du roman. La colère, les remords, la vengeance sont- ils des sentiments susceptibles de vous aider à tenir debout ?

Au final, un roman assez inégal, avec beaucoup de dialogues dans lesquels on frôle parfois l’incohérence (« je vais chercher un emploi » - « tu ne voudrais pas plutôt te coucher ? ») et des passages de digression sur le repentir qui tournent en rond. Intéressant à lire mais pas digne de figurer parmi les meilleurs de l’auteure. 

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