Le Nénuphar, Alexandrine Descotes (Le bruit du monde, 08/2026)
💛💛💛💛
Ce roman biographique me tentait terriblement depuis
sa sortie à l’occasion de la rentrée littéraire, et je suis ravie de l’avoir
enfin lu. J’affectionne particulièrement les récits relatant des histoires de
familles alourdies par des secrets parfois enfouis profondément et depuis
longtemps. Ici, Alexandrine Descotes relate la vie de son père à l’aune de la
révélation d’un scandale sanitaire.
« J'ai allumé mon ordinateur sur mes
genoux, ma grand- mère a ouvert un album photo sur les siens. Patiemment,
méthodiquement, j'ai recueilli leurs souvenirs. J'ai tenté de redonner vie à
leur passé, de restituer leurs joies, leurs peines, leurs rêves et leurs
doutes. » Alors qu’elle fête ses dix- huit ans, l’auteure
se demande pour quelles raisons ses parents ont eu besoin de passer par une
F.I.V. pour pouvoir enfanter. Sa grand- mère, Colette, va alors lui relater sa propre
expérience de la maternité, et lui révéler un secret bien gardé.
« Elle le cajole, respire son odeur ;
caresse son front bombé, l'arrondi de ses joues. Elle attend ce moment depuis
que son fils est né. Huit jours à réclamer qu'on le lui rende, à n'avoir le
droit de le voir qu'à travers une vitre. Il a fallu huit jours pour que les
médecins de l'hôpital se rendent à l'évidence : ils ne peuvent rien pour lui. »
Colette ressent tellement d’amour pour ce petit bout qui vient de
naître ; un garçon né après une petite fille, pour le plus grand bonheur du
papa. Mais tout ne s’est pas passé de manière aussi sereine que lors de la
précédente naissance…
« Je ne sais pas ce que mon père a
ressenti lorsque ses parents lui ont annoncé qu'ils tenaient enfin la réponse à
la question qu'ils se posaient depuis toujours : que c'était à cause du
Distilbène qu'il était né malformé. » L’auteure a mené
des recherches sur le Distilbène en parallèle de l’écriture de ce roman
familial autobiographique, motivée par l’envie de trouver des réponses aux
questions qu’elle se pose sur ses origines. Et si tout venait d’une molécule ?
Au final, un récit autobiographique rédigé à la manière d’un roman vraiment intéressant. L’auteure ne nous submerge pas avec des données médicales mais parvient à jouer avec la corde des sentiments du lecteur pour le faire adhérer à ses questionnements existentialistes. J’en ressors avec beaucoup d’émotions !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.