samedi 25 septembre 2021

Bélhazar, Jérôme Chantreau (Phébus, 08/2021)



Bélhazar, Jérôme Chantreau (Phébus, 08/2021)

💙💙

« Bélhazar » ; qu’est- ce donc que ce mot ? Il s’agit du deuxième prénom d’un jeune homme, Antoine Bélhazar Jaouen, qui meurt à l’âge de dix-huit ans lors d’une interpellation de police. Un deuxième prénom choisi par une mère aux goûts originaux, Armelle, amie de Jérôme Chantreau ; lequel a accepté d’écrire ce livre en hommage aux enfants disparus.

 

« Si tu ne peux rien contre le scandale de notre mort, au moins dis- nous ce qu'il était. » L’auteur connaissait très bien le jeune homme. Professeur de français, il avait pu avoir Bélhazar (qui insistait pour qu’on l’appelle ainsi et non Antoine, trop banal pour lui) en cours. Le côté fantasque de son élève, ainsi que son haut potentiel, en faisaient depuis l’enfance un être à part. « Dans les faits, Bélhazar posait cette équation insoluble de faire entrer l'imaginaire d'un enfant dans les critères de l'Education nationale. C'est impossible. » Le garçon vivote au lycée tout en nourrissant chez lui une passion dévorante pour les armes à feu, pour le recueil de diverses antiquités et pour la peinture. « Pendant des années j'ai cherché là où il n'y avait rien. C'était avant que tu m'apprennes à regarder. » Belhazar va évoluer en adolescent mi- savant mi- illuminé… jusqu’à sa fin tragique et incompréhensible pour son entourage.

 

« Je dois ressusciter un fait- divers, le ramener à la lumière, trouver sa vérité. Le combat contre la thèse du suicide a toujours été la cause commune entre les parents et moi. Ce livre doit détruire cette ignominie, cette double peine : Bélhazar n'a pas pu se donner la mort. Pas lui, pas le preux chevalier, pas le Regardeur de soleils. C'est une question de style. » L’auteur remonte la piste de l’enquête, épaulé un moment par le célèbre avocat Olivier Metzner qui va se suicider quelques temps après avoir repris l’affaire, puis par Valentin Ribet, qui décèdera, lui, au Bataclan en 2015. La mort semble roder autour de cette étrange histoire que la Police ne veut pas voir resurgir. Où donc se cache la vérité ?

 

Au final, j’ai lu le début du roman avec intérêt, intriguée par la résolution de cette étrange disparition d’un jeune homme fantasque, fauché d’une manière trouble au seuil de sa vie d’adulte. Puis l’auteur a voulu donner une tournure plus onirique à son récit. L’enquête se transforme en espèce de conte éthéré. Et moi, je suis restée sur la terre ferme, déçue de ne pas avoir les clés de ce roman devenu trop « mollasson » au fil des pages. Dommage.

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