samedi 4 septembre 2021

Poussière d’homme, David Lelait (Pocket, 04/2006)

 



Poussière d’homme, David Lelait (Pocket, 04/2006)

💙💙💙

 Jamais je n’aurais lu ce roman si je n’avais pas entendu (et vu) un libraire (un certain Lionel) en parler avec passion lors d’un live organisé par une booktubeuse. Alors, oui, de la passion, il en est question ici. Il n’y a même que cela dans ce récit qui n’est autre qu’un cri d’amour destiné à l’être aimé qui vient de décéder.

 

« Au presque commencement de ma vie, je t'ai perdu, toi avec qui je voulais la finir. » Ce roman autobiographique raconte la trop brève histoire d’amour entre l’auteur et cet homme qui ne sera pas nommé mais dont on sait que le prénom n’est constitué que de trois lettres. Pourquoi tant de discrétion ? Parce que cette relation homosexuelle n’a jamais été vécue au grand jour, jamais assumée face aux trop nombreux préjugés de notre société.

 

« Je ne suis ni frère ni mari, je ne suis rien qui se nomme ou s'inscrive dans la pierre. Je ne suis que l'autre bout d'un lien de cœur aujourd'hui invisible à la face du monde. » Aux douleurs du deuil s’ajoute l’impossibilité de faire reconnaître son statut de compagnon de l’être aimé, de l’inscrire sur la pierre tombale qui représentera sa dernière demeure.

 

« J'aurais tant fait que ce conditionnel aurait été un futur simple. » Cet amour inconditionnel aurait tellement mérité de s’épanouir dans le futur. Mais le cancer en a malheureusement décidé autrement…

 

Au final, un roman vraiment émouvant, des phrases comme des cris du cœur qui ne peuvent que toucher le lecteur. J’ai été émue mais en ce qui me concerne, j’ai du mal à lire des récits essentiellement introspectifs, donc je n’ai pas réussi à m’attacher au couple de personnages, trop évanescents. Malgré cela, je reconnais que les phrases font mouche, atteignant le cœur d’une flèche douloureuse et directe. Mais à lire uniquement en cas de moral au beau fixe !

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