dimanche 28 juin 2026

L’enfant du vent des Féroé, Aurélien Gautherie (Noir sur Blanc / Notabilia, 01/2026)


 

L’enfant du vent des Féroé, Aurélien Gautherie (Noir sur Blanc / Notabilia, 01/2026)

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J’ai lu ce livre à la suite nombreuses recommandations sur les réseaux sociaux, ainsi que celle de Mathilde Beaussault, dans l’émission « La Grande librairie ». Je savais donc ce à quoi je m’attendais ; le deuil d’un enfant parti trop tôt et des élans poétiques liés à la nature. Cap sur un récit polyphonique surprenant.

« Folie pour certains, rituel malsain voire pervers pour d'autres, mais c'est ainsi : irrésistiblement, dès que je visite un lieu nouveau et que l'occasion se présente, j'arpente les allées des cimetières. » Le narrateur, qu’on devine aisément double de l’auteur, s’est pris d’affection pour ces terres du Nord, sauvages, inhospitalières mais animées de légendes séculaires. La rudesse du climat des îles Féroé a empli les cimetières de corps, ou de cénotaphes, de tout âge.  

« Elle le devinait au fond d'elle. Quelque chose n'allait pas. Quelque chose n'irait pas. L'intuition d’une mère, seule. » Place à Olga, Jonas, en 1902, qui donnent naissance à Anna. Une petite fille chétive, trop fragile. Dont on sait très vite qu’elle ne vivra pas longtemps.

« De toute éternité je bourrasque
à en peigner les herbes hautes
à en crucifier sur les barbelés des enclos
les virevoltants de laine
égarés par les moutons »
Le vent raconte son histoire, sa vision des choses, à coup de vers libres. Un regard externe plein d’empathie, et paradoxalement, d’exigence envers l’Homme.

« Personne ne se rend compte que les objets aussi peuvent pleurer leurs disparus. Le lien qui nous unit aux hommes est aussi insondable que la tristesse d'en être séparés. » Dans ce récit, les objets ont une âme et prennent la parole ; les planches du seuil, le bonnet tricoté par Elin, porté par Anna et trouvé par « l’Etranger ». Une croyance qui donne toute sa force au récit.

Au final, un récit très sensible, poétique, emmené par une tristesse indicible, celle de la perte d’un enfant et de la responsabilité de cette espèce de malédiction maternelle que même Freya, la sorcière de Gjogv ne saura proscrire. Si j’ai été émue par la lecture des premières pages, la suite m’a vraiment ennuyée ; trop onirique pour moi. 

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