vendredi 27 février 2026

Les aérostats, Amélie Nothomb (Albin Michel, 08/2020)

 



Les aérostats, Amélie Nothomb (Albin Michel, 08/2020)

💙💙💙

Je continue ma lecture des romans d’Amélie Nothomb que j’ai loupés à leur sortie ; il ne m’en reste plus que deux avant sa sortie du mois d’août ! Direction Bruxelles pour cet opus, dans lequel nous cheminons aux côtés d’Ange, étudiante en philologie (l’histoire d’une langue par le biais de textes).

« Couchée sur le lit, j'imaginais que j'étais un tramway, moins pour me nommer désir que pour ignorer ma destination. J'aimais ne pas savoir où j'allais. » Ange est une jeune femme solitaire, vivant en colocation avec une Belge guère arrangeante, et qui souffre d’être mise à l’écart par ses camarades de classe. Comme la plupart des personnages que l’on croise chez Amélie Nothomb, elle possède des capacités intellectuelles hors normes qui la rendent asociale.

« Ces derniers temps, dans les médias, on signalait une épidémie de dyslexie. Il me sembla en détenir l'explication. Nous vivions une époque ridicule où imposer à un jeune de lire un roman tout entier était vu comme contraire aux droits de l'homme. » Alors qu’elle cherche un moyen de gagner de l’argent, Ange est embauchée pour donner des cours de français à Pie, un adolescent de seize ans. Le père est persuadé que son fils souffre de dyslexie… Mais le mal- être du garçon est bien plus profond.

« Ma mère n'est pas méchante, mais que pourrais- je dire à une femme à ce point stupide ? J'avais huit ans quand j'ai compris qu'elle était une imbécile. J'en avais douze quand j'ai su que mon père était un sale type. » Les liens familiaux, thème récurrent de l’auteure, vont vite se retrouver au centre de l’intrigue. Les sentiments exprimés par les relations entre les membres de la famille Roussaire sont particulièrement exacerbés. Pie n’est pas épargné.

Au final, un livre lu en une après- midi. J’aime toujours la fluidité de la plume d’Amélie Nothomb, son style souvent enlevé et son envie de partager son amour des grands textes littéraires, tels ceux d’Homère, de Radiguet ou encore Kafka. Mais il faut reconnaître que les éléments narratifs sont souvent vite expédiés et les dialogues semblent parfois sonner creux. Un peu plus de langueur et de chair aurait donné plus de consistance à l’histoire. 

La voisine sans histoire, Liz Nugent (Michel Lafon, 01/2026)


 

La voisine sans histoire, Liz Nugent (Michel Lafon, 01/2026)

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Quelle histoire incroyable ! Le personnage de Sally Diamond va me hanter pendant longtemps ! La plume de l’auteure, entre humour noir et suspens psychologique, est terriblement addictive. Freida n’a qu’à bien se tenir !!!

« "Sors- moi avec les poubelles", disait- il toujours. "Quand je mourrai, tu n'auras qu'à me sortir avec les poubelles. Je serai mort, ça ne me fera rien, alors que toi, tu seras en larmes." Et il riait, et je riais aussi, parce que nous savions tous les deux que je ne pleurerais pas. Je ne pleure jamais. » Sally Diamond devient une « voisine avec une histoire » le jour où elle tente de réduire en cendres le corps de son père, tout juste décédé, dans l’incinérateur de déchets ménagers installé au fond du jardin de la demeure familiale. Elle, elle ne voit pas où est le problème… Mais ce n’est pas le cas du voisinage, évidemment !

« Je savais que je ne fonctionnais pas comme les autres, mais si je pouvais garder mes distances, en quoi était- ce un problème ? Papa disait que j'étais unique. Cela ne me dérangeait pas. On me décrit de bien des façons, mais mon nom est Sally. En tout cas, c'est le nom que maman et papa m'ont donné. » Sally, quarante- quatre ans, a toujours vécu dans un cadre rassurant, entre deux parents médecins spécialisés en psychiatrie. Elle n’a suivi aucune scolarité et n’a jamais travaillé, du fait de son incapacité à vivre en collectivité. Mais une fois seule, il va bien falloir qu’elle se tourne vers l’extérieur et les autres.

« Je croyais que tes parents m'avaient quasiment tout dit sur ton histoire, mais il semblerait qu'ils aient caché beaucoup de choses à tout le monde. » En enterrant son père, cette fois dans la dignité, Sally va mettre à jour des liens familiaux auxquels elle ne s’attendait absolument pas. Et il va falloir qu’elle apprenne à composer avec cela, d’autant plus que les secrets cachés sous le tapis vont se révéler bien lourds à affronter.

Au final, un récit captivant, tant l’auteure a su se fondre dans ses deux personnages principaux, à la pathologie psychiatrique particulière. L’intrigue est originale et j’ai été surprise du début à la fin par les chemins sinueux que prennent les découvertes de Sally sur son passé. La tension narrative m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page ! Trop bien !!!

dimanche 22 février 2026

James, Percival Everett (Editions de l'Olivier, 08/2025)

 



James, Percival Everett (Editions de l'Olivier, 08/2025)

💙💙💙💙💙

Cap sur les rives du Mississippi, auprès de Tom Sawyer et Huckleberry Finn ! L’occasion de découvrir la plume de Percival Everett ; un auteur dont j’entends parler depuis plusieurs années.

« L'attente constitue une grande partie de la vie d'un esclave, qui attend et attend qu'on le fasse attendre encore. On attend des ordres. De la nourriture. La fin des jours. » Jim est l’esclave de Miss Watson. Il est plutôt bien traité et vit avec sa petite famille ; Sadie, son épouse, et Lizzie, leur petite fille. Mais voilà qu’il entend les « Blancs » parler de sa mise en vente à un autre maître. Pour éviter cela, Jim s’enfuit.

« Quel monde étrange, quelle existence étrange que celle dans laquelle un égal doit argumenter pour prouver son égalité, dans laquelle il doit avoir un statut lui permettant de formuler ces arguments en public et ne peut pas avancer ces arguments pour lui- même, les prémisses de ces arguments devant être vérifiés par ceux des égaux qui les réfutent. » Au cours de sa fuite, Jim est amené à rencontrer bon nombre de personnes ; des individus tous plus différents les uns que les autres. Entre les huluberlus prétendant descendre des rois de France et les esclaves ravis d’être soumis, il y a de quoi perdre foi en l’humanité…

« En cet instant, le pouvoir de la lecture m'apparut clairement, dans toute sa réalité. Si je voyais les mots, alors personne ne pouvait contrôler ces mots ni ce que j'en retirais. On ne pouvait même pas savoir si je les voyais seulement ou si je les lisais, si je me contentais de les déchiffrer ou si je les comprenais dans leur globalité. C'était une pratique absolument intime, absolument libre et, par conséquent, absolument subversive. » Jim n’est pas un esclave comme un autre ; il a appris à lire et à parler un double langage : celui attendu des « Blancs » et celui des « Noirs » qui ont pu être éduqués. Notre personnage, en fuite, a du mal à se situer face aux personnes qu’il rencontre. Heureusement, Voltaire lui apportera le soutien philosophique qui le portera jusqu’à la fin.

Au final, j’ai beaucoup aimé me plonger dans l’univers de « Tom Sawyer » par le biais d’un personnage annexe. L’aspect historique est vraiment très intéressant, avec les prémisses de la guerre de Sécession et la dénonciation de l’esclavage. L’auteur prend son lecteur aux tripes avec son personnage de Jim / James, cet homme né esclave qui veut, malgré son état de servitude, devenir maître de sa destinée grâce à la culture littéraire développée grâce à sa curiosité et son intelligence. Un roman qui a largement mérité les prix qu’on lui a décerné. 

jeudi 19 février 2026

Nuit close, Rochelle Gabe (Juno Publishing, 10/2025)

 


Nuit close, Rochelle Gabe (Juno Publishing, 10/2025)

🌹🌹🌹

Pour la Saint- Valentin, j’ai opté pour ce « romantic suspens », écrit par Rochelle Gabe, l’auteure du Secret de Lord Blackstone, paru en 2024, que j’avais beaucoup aimé. Ici, il est question d’un ancien agent du FBI, Braylen Fox, vivant chez lui, reclus et brisé, à la suite d’une sombre affaire sur laquelle il avait enquêté huit ans plus tôt. Or le tueur en série mêlé à cette ancienne histoire semble avoir repris du service, et l’agent spécial Wade Shepard va devoir venir bousculer Fox afin d’obtenir l’aide dont il a besoin pour arrêter « Le Monstre des Bacchanales » une bonne fois pour toutes.

« La peur.
Cinglante, folle et intense.
La peur, ce gouffre sombre qui dévore les entrailles, abêtit, tourmente à vous tirer de longs sanglots de désespoir. »
Braylen a subi un violent choc traumatique lorsqu’il s’est retrouvé face au tueur en série qu’il poursuivait quelques années plus tôt, au fin fond d’une cave, dans une maison délabrée. La peur qu’il a ressentie alors lui a fait perdre la raison, et il lui aura fallu passer quelques temps en établissement psychiatrique pour apprendre à contrôler ses profondes crises d’angoisse.

« Il ressentit une sensation de vide comme si la pression de son corps sur le sien avait exhumé huit années de désert affectif. Il en fut choqué. Le contact saturé d'agressivité de Shepard avait agi sur lui comme un détonateur et ravivé le plaisir d'être étreint avec rudesse en un rien de temps. » Braylen a subi un autre choc dans son passé puisque le tueur en série qu’il traquait avait également éliminé son amant. Cet homme doublement brisé ne peut plus faire confiance à qui que ce soit, et la solitude qu’il a choisie va lui devenir soudainement pesante, alors que se nouent des liens avec Wade Shepard.

« La prétention n'a jamais rendu quelqu'un plus intelligent, Wade. C'est même le contraire, elle rend bête et dangereux. » Nos deux hommes vont peu à peu se tourner autour, réunis pour mener une enquête, mais aussi attirés l’un par l’autre de manière magnétique.

Au final, une romance très bien menée grâce la plume de Rochelle (mais la correctrice devrait revoir les règles d’accord du participe passé… ). J’ai aimé la psychologie du personnage de Braylen, mais j’ai moins été convaincue par celle de Wade (peut- on vraiment être agent du F.B.I. en étant si pleutre ?). L’enquête est longue à se mettre en place même si certains éléments sont vraiment originaux, et elle manque d’actions, de dynamisme. Je pense que c’est un récit à lire davantage pour la romance que pour l’enquête policière. 

dimanche 15 février 2026

Ouvre- moi, Claire McGowan (Hauteville, 06/2024)

 


Ouvre- moi, Claire McGowan (Hauteville, 06/2024)

💙💙💙💙

Cap sur les Cornouailles, où Helen et George ont décidé de donner un nouveau départ à leur couple, après des années de vie londonienne épuisantes. C’est l’époux qui s’est chargé de l’achat de la maison et du déménagement et à l’arrivée, les désenchantements vont s’enchaîner bien plus vite que prévu.

« Mon chez- moi. Me sentirais- je un jour chez moi dans cette bâtisse étrangère ? Je n'y étais même jamais entrée (si ? Pourquoi m’était-elle si familière dans le cas contraire ?), et ça me paraissait complètement fou de penser que j'allais désormais y vivre. » Arrivée sur place, Helen a un étrange pressentiment ; cette maison, elle la connaît. Pire ; elle la craint. Pourquoi ?

« Pendant ce temps, nous étions coincés dans une maison qui nécessitait des milliers de livres de travaux et se révélait, je le savais désormais, d'une proximité troublante avec toutes les facettes de mon enfance que je m'étais efforcée de fuir. » Helen et George entament rapidement des travaux dans leur nouvelle maison, laquelle a été inhabitée depuis des années. Mais les pépins s’accumulent, que ce soit du côté des ouvriers du bâtiment ou des relations avec les habitants du village. Quelque chose semble couver depuis leur arrivée, comme si on leur reprochait d’habiter la maison ayant abrité une famille de sorcières. Comme si on les surveillait.   

« Des brèches peuvent s'ouvrir, et pas seulement dans les maisons. Dans les murs de votre mariage, de votre amour. » Confrontés à de nouveaux problèmes, le couple d’Helen et George commence à se déchirer. Chacun des époux va partir à la recherche d’explications, et étrangement, celles- ci vont les ramener à leur passé respectif. Les masques vont tomber, et là, ça passe… ou ça casse.

Au final, un thriller habillement construit, avec un point de départ bien pensé et un déroulement qui surprend le lecteur à coups de révélations inattendues. Les points de vue alternés entre Helen, George et la précédente habitante de la maison permettent au récit de prendre de l’ampleur. Le lecteur est pris dans les complexités d’une histoire familiale grâce à une plume habile à nous captiver. Une auteure que j’ai envie de retrouver.  

jeudi 12 février 2026

Je suis Romane Monnier, Delphine de Vigan (Gallimard, 01/2026)

 



Je suis Romane Monnier, Delphine de Vigan (Gallimard, 01/2026)

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Je suis véritablement admirative du travail qu’a entrepris Delphine de Vigan dans ce nouveau roman qui lie habilement fiction et constat sociétal. En effet, la rencontre fortuite entre Romane et Thomas va être ici l’occasion de questionner notre comportement avec le smartphone qui ne nous quitte plus depuis une vingtaine d’années maintenant, mais aussi analyser ce qu’il reste de nous dans ce monde où tout réside dans notre fameuse empreinte numérique, quelque part au milieu des océans.

« Depuis quand ce geste est- il devenu le premier de la journée ? Depuis quand dépose- t- il l'objet chaque soir si près de son visage, pour le garder ainsi, à toute heure de la nuit, à portée du regard et de la main ? » Thomas se fait cette réflexion alors qu’il se réveille, un lendemain de soirée alcoolisée. Son premier geste au réveil, en effet, est de saisir son portable sur la table de chevet.

« Pour une raison incompréhensible, une jeune femme qu'il ne connaît pas, qu'il n'avait jamais vue, lui a confié son empreinte numérique dans le vaste monde. C'est un océan, ou un labyrinthe, une énigme aux multiples inconnues, qu'il lui appartient de résoudre. Peut- être simplement l'énigme d'une vie. » Le quadragénaire, en cherchant son smartphone, va découvrir qu’un échange de téléphone a eu lieu à son insu, la veille. Mais voilà, alors que la jeune femme lui rend son bien, celle – ci refuse de récupérer le sien. Qu’en faire ?

« Cet objet de sept centimètres sur quinze, qui pèse moins de trois cents grammes, contient une vie. Il recèle le plus poétique et le plus prosaïque. Le plus exposé et le plus intime. Il abrite des confidences, des souvenirs, des déclarations. Des espoirs et des déceptions. » Va commencer pour Thomas l’exploration des données de Romane, une totale inconnue pour lui. Et en fouillant dans les applications de la jeune femme, il va remonter le fil de sa propre vie, de ses propres souvenirs, en parallèle.

Au final, une réflexion profonde sur les modifications de notre vie depuis l’intervention des smartphones dans notre vie. C’est intelligent, percutant, tellement évident. J’ai dévoré le roman en une journée, m’assimilant totalement aux deux personnages et me posant la question suivante : où réside la vérité entre nos souvenirs et les « preuves » que nous permettent de conserver les nouvelles technologies ?

mardi 10 février 2026

Forbidden soldier, Erin Graham (Addictives poche, 04/2024)

 



Forbidden soldier, Erin Graham (Addictives poche, 04/2024)

💓💓💓💓

La Saint Valentin approche ; et si on lisait une romance ? Cap sur le Paris de 1942 ; dans lequel Eugénie survit grâce à ses talents de chanteuse de cabaret. Voilà qu’un soir, un regard se pose sur elle, des yeux porteurs d’un souvenir enfoui profondément dans son cœur : celui de son premier baiser, il y a douze ans, sous un pommier…

« Mais aujourd'hui la guerre est terminée, les ressentiments ne comptent plus. Nos pères n'étaient que deux soldats, ou peut- être même des officiers, qui se battaient pour leur pays. Finalement très semblables. » Le roman s’ouvre sur l’été 1930. Nous sommes en Normandie où l’on tente de se remettre d’une Première Guerre mondiale ayant engendré bien des pertes et des malheurs. Eugénie est une adolescente orpheline, placée en compagnie de Paul et Denis, qu’elle considère comme ses frères. Le travail à la ferme est rude, mais il va lui permettre de rencontrer Ludwig, orphelin d’un père allemand, qui vit chez sa mère, qui est, elle, française.

« Parce que, en plus de tout le reste, elle me plaît toujours autant. Jeune et décharnée, adulte et lumineuse, mendiante ou adulée... si différente et pourtant toujours la même... Mon cœur entre en guerre et mon avion ne sait plus décoller. Foutu pays que je ne déteste que davantage. » Les adolescents se sont tournés autour, avant de s’embrasser, mais juste avant que Ludwig ne soit renvoyé en Allemagne par un oncle autoritaire. Quand il revient en France douze ans plus tard, les émotions ressenties naguère refluent.

« Mais nous parlons de Ludwig, celui qui m'a offert mon premier baiser pour disparaître moins de vingt- quatre heures après. Sans explication. Sans dernier regard vers moi. Tout ça pour, je le comprends ce soir, entrer dans le gang des salauds. » Si Ludwig est rapidement chamboulé par sa nouvelle rencontre avec Eugénie, cette dernière nourrit toujours pour lui une rancœur sans borne. Il va falloir savoir l’amadouer…

Au final, une romance vraiment très bien écrite, qui utilise l’Histoire avec intelligence pour construire une histoire « ennemies to lovers » rondement menée et finement documentée. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire d’amour franco- allemande.  

Stranger Things, Tome 1 : De l’autre côté, Houser, Martino, Champagne, Affe & Piekos (Mana Books, 07/2019)


 


Stranger Things, Tome 1 : De l’autre côté, Houser, Martino, Champagne, Affe & Piekos (Mana Books, 07/2019)

👾👾👾👾

J’ai passé un très bon moment à lire cette bande dessinée dénichée chez mon amie bouquiniste. Elle m’a permis de retrouver les premiers moments de la série télévisuelle éponyme diffusée sur Netflix, alors que je suis en train de visionner la dernière saison. Quel plaisir de retrouver les prémices du basculement de la ville d’Hawkins dans le « Monde à l’envers  » !

« Ce n'est pas que sa maison a été infectée par quelque chose... Mais plutôt qu'il n'est jamais rentré à la maison.» Will Byers se retrouve subitement dans un monde glauque et oppressant, dans lequel il est suivi par un monstre à la silhouette gigantesque et à la tête façon plante carnivore. L’incompréhension est d’autant plus forte que les décors dans lesquels il évolue sont les mêmes que dans la vie réelle, mais en mode apocalyptique.

« En fuyant la mort, Will s'était retrouvé PARMI les morts. » L’adolescent va tenter d’entrer en communication avec sa mère, la seule vivante avec qui il parvient à nouer contact, en utilisant les lumières de son domicile. Mais il va lui être difficile de tenter de retourner dans son monde d’origine tout en devant se cacher pour fuir le Démogorgon….

Au final, une bande dessinée qui peut servir d’introduction à la série puisque les illustrations s’inspirent de la physionomie des acteurs. Une bonne distraction sinon.

vendredi 6 février 2026

La Petite Bonne, Bérénice Pichat (Le livre de poche, 02/2026)

 



La Petite Bonne, Bérénice Pichat (Le livre de poche, 02/2026)

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Quel talent !!! J’ai refermé ce roman une première fois, époustouflée par l’histoire mais contrariée : je ne comprenais pas à quoi correspondaient les passages en vers libres situés sur la droite de certaines pages. Et puis, je les ai tous relus depuis le début, et alors là, j’ai tout compris : quel talent (je sais, je me répète) !!!!

« Elle déteste le travail mal fait
bâclé
Elle déteste les reproches
Son juge le plus impitoyable
c'est elle »
Notre petite bonne, dont on ne connaît pas l’identité, mène sa vie de labeur avec une conscience professionnelle chevillée au corps. Les mêmes gestes, chaque jour, la même fatigue, le même respect pour ses « maîtres », telle une petite fourmi dans la société exigeante des « Grands » aux yeux desquels elle est invisible – ou presque.

« Pour ces femmes, qu'était- il d'autre que ce soldat jeune - blessé - emmailloté - de - bandages - à nourrir - à - la - paille - à - retourner - régulièrement - à - manipuler - avec - précaution - à - maintenir- en - vie ? » Blaise Daniel est rentré des tranchées de Verdun extrêmement diminué : amputé des quatre membres et gueule cassée, cet ancien pianiste survit caché dans l’ombre de son salon, observant en douce sa « petite bonne » s’occuper de son foyer.

« Sa nuque ploie sous le poids de la charge qui l'attend. Pourtant elle lutte. Elle ne fait que cela. Mais la montagne qu'elle gravit chaque jour depuis près de vingt ans lui paraît plus haute que d'habitude. Alexandrine est épuisée. Elle se dérobe. Elle flanche. L'admettre la tue, mais elle ne sait plus où puiser l'énergie qui l'a maintenue debout tout ce temps. » Alexandrine est la jeune épouse de Blaise. Après des années à jouer les aide – malades auprès de son époux, elle accepte de s’octroyer un week-end en célibataire chez des amis. Va-t-elle pouvoir s’amuser ou l’éloignement de son époux lui pèsera-t- il beaucoup trop ?

Au final, une plume sublime qui alterne vers libre et paragraphes en prose, selon les personnages. Les émotions sont très fortement exprimées en quelques mots, et un malaise sous- jacent, doublé d’un mauvais présage, rend ce récit absolument captivant. A lire absolument !!!

mercredi 4 février 2026

Love, Mom, Iliana Xander (Fleuve noir, 01/2026)

 



Love, Mom, Iliana Xander (Fleuve noir, 01/2026)

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Nouveau phénomène littéraire monopolisant l’espace bookstagram grâce à l’adoubement de notre nouvelle « Queen », Freida McFadden ; comment ne pas craquer ? Je vous le demande. Quand, de plus, la principale protagoniste est la fille d’une auteure de thriller à succès qui disparaît mystérieusement dans un accident étrange, on ne peut qu’avoir envie d’en savoir plus ! Cap sur le Nebraska, où se déroule l’intrigue !

« Le châtiment est blanc. La vengeance rouge. La mienne était d'un noir d'encre. » E.V. Renge est une autrice de thriller à succès. Elle disparaît lors d’un accident subit, laissant derrière elle un mari alcoolique, Ben, et une fille de vingt- et- un ans, Mackenzie. Cette dernière ne s’est jamais sentie aimée par ses parents, et le succès de sa mère lui est tout à fait étranger. Mais lorsque celle- ci disparaît, des éléments étonnants vont se mettre en branle et les lettres mystérieuses qui vont lui parvenir ne vont pas aider la jeune fille à faire son deuil.

« Je mettrai tout ça par écrit plus tard, notre première fois, la deuxième, puis la troisième, les jours heureux et les nuits sans sommeil, les sourires enjoués et les larmes amères, les rendez- vous pleins de gaité et les trahisons sournoises. » Les lettres que reçoit Mackenzie sont signées d’un mystérieux « De la part de Fan n°1 », mais semblent avoir été arrachées d’un carnet. Son histoire se réécrit à coup de mots venus d’un passé dont on a conservé précieusement les secrets. A elle de les dénicher, et de comprendre leur provenance.

« Ma mère était 1) "Une connasse", dixit la famille de Papa; 2) "Compliquée", selon mon père; 3) "Un génie absolu", à en croire la presse littéraire; 4) "Une reine", d'après ses fans. » Mackenzie ne saura plus, très vite, sur quel pied danser. Qui était sa mère ? Une orpheline asociale passionnée par l’écriture, ou une jeune femme avide de célébrité ? Mystère…

Au final, un thriller domestique dans la lignée de « La femme de ménage » (évidemment) avec des révélations sur le passé des protagonistes qui succèdent aux secrets honteux bien cachés. Les chapitres sont courts et se terminent sur des révélations qui donnent envie de tourner les pages ! A lire pour être dans la « hype » !   

dimanche 1 février 2026

L’Âme du mal, Maxime Chattam (Pocket, 2002)

 


L’Âme du mal, Maxime Chattam (Pocket, 2002)

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J’ai reçu le formidable volume relié regroupant les trois tomes de la trilogie la plus célèbre de Maxime Chattam - comme pas mal de lecteurs de thriller, j’imagine ! Mais l’objet- livre est tellement beau, mais aussi encombrant, que j’ai préféré lire le premier tome en format poche. Quelle régalade ! Ce policier – thriller d’une vingtaine d’années n’a pas pris une ride !

« Le quotidien d'un agent consistait en l'analyse des pires crimes commis dans le pays à grand renfort de clichés photographiques, voire de films et de rapports de légiste ou de police. En fait, chaque journée était une plongée dans les tréfonds les plus noirs de l'âme humaine. » Dans ce premier tome, nous rencontrons Joshua Brolin, un jeune inspecteur spécialisé dans le mentalisme et formé à Quantico. Envoyé sur le terrain, il parvient à maîtriser celui que l’on surnomme « Le bourreau de Portland » de manière rapide et efficace.

« Le mode opératoire est différent mais la signature est similaire. Le besoin de faire souffrir, la nécessité de monter dans l'horreur, de faire toujours plus. » Quelque temps après, voilà qu’un meurtre est perpétré dans les mêmes conditions que celles qu’utilisaient le « Bourreau de Portland ». Qui est ce copy cat ? Comment est-il au courant d’actes uniquement connus de la Police ?

« Il ne lui a sûrement pas parlé, la considérant d'emblée comme un objet de satisfaction, il l'a immédiatement dépersonnalisée, ce qui en fait un être très dangereux, il ne voit pas le côté humain de sa victime, elle n'est qu'un instrument de plaisir, et compte tenu de la rage qu'il a démontrée sur le corps, je peux vous assurer qu'il va recommencer encore et encore jusqu'à ce qu'on lui mette la main dessus. » L’appréhension d’un tueur en série porteur d’un trouble psychotique nécessite à la fois de capacités d’analyse de l’esprit humain mais aussi de compétences empathiques. Heureusement, Joshua est un expert dans ces domaines.

Au final, un premier tome qui se dévore. J’ai adoré le personnage de Joshua Brolin ; touchant et vraiment intelligent. Nous ne sommes pas encore dans la mode actuelle des chapitres qui se terminent sur une révélation abracadabrante, mais on en n’est pas loin !