lundi 29 juillet 2024

Au milieu du brouillard tu trouveras un arc-en-ciel, Noéllie Saullerin (Auto- édition, 05/2021)


 

Au milieu du brouillard tu trouveras un arc-en-ciel, Noéllie Saullerin (Auto- édition, 05/2021)

💙💙💙💙

Envie d’une lecture optimiste ? N’hésitez pas à découvrir ce premier roman de Noéllie Saullerin, une jeune autrice tarnaise. Ce récit au titre poétique nous permet de passer trois années auprès d’un groupe d’étudiants ; Anna, Guillaume, Nicolas Valentin et Charlotte. Comment vont- ils évoluer de la rentrée en première année de fac jusqu’à l’obtention de la Licence ?

« Elle ne voulait pas non plus leur dire qu'elle faisait des études uniquement pour rester occupée, et qu'elle se remplissait la tête à coups de mots de vocabulaire parce que c'était la seule chose qu'elle avait trouvée pour arrêter momentanément de penser... » Anna, 19 ans, s’apprête à vivre sa première rentrée à la fac de langues d’Albi. Elle reste immédiatement en retrait de la foule, bouleversée par sa récente rupture amoureuse. Mais malgré sa distance et sa froideur, Guillaume va oser l’aborder, puis la pousser à se lier d’amitié avec d’autres étudiants de sa connaissance.

« - Tu sais, s'il y a bien quelque chose que j'ai appris récemment, c'est que ce n'est pas bon de garder des secrets dans une famille... ça peut faire beaucoup de dégâts... » Notre bande d’amis va connaître bien des remous émotionnels, en découvrant chacun des éléments appartenant à leur passé respectif, lesquels avaient jusque- là été tenus secrets. Ces découvertes vont leur permettre de mieux comprendre leurs erreurs et les faire évoluer vers l’âge adulte avec davantage de recul et de sérénité.

« Parfois il suffit juste de laisser la vie faire les choses... Elle nous emmène souvent exactement là où l'on a besoin d'aller... » Au bout de ces trois années d’amitié, nos étudiants vont avoir des choix à effectuer, que ce soit dans la poursuite de leur cursus, leurs relations amoureuses et la façon dont ils envisagent de faire vivre leur si belle amitié. Bienvenue dans l’âge adulte !

Au final, un premier roman rondement mené. Les personnages sont attachants et l’évolution de chacun d’entre eux durant ces trois années est vraiment intéressante. J’ai aimé la manière qu’a eue l’auteure de lier les vécus de ceux- ci et les actes de leurs parents, aussi dramatiques soient- ils. J’ajouterais une mention spéciale au personnage d’Anna, à son portrait psychologique touchant et aux idées romanesques qui le font évoluer. Bravo !

dimanche 28 juillet 2024

A vif, René Manzor (Calman Lévy, 03/2021)



A vif, René Manzor (Calman Lévy, 03/2021)

💛💛💛💛

René Manzor est un auteur que j’avais envie de découvrir depuis un petit moment. C’est chose faite avec « A vif », un thriller mêlant une nouvelle enquête et un cold- case sur une même lignée de crimes atroces ; l’immolation de jeunes adolescentes selon une mise en scène sataniste.

« - Quand une porte est verrouillée, Fraysse, elle protège de quoi, d'après vous ? De ce qui est à l'intérieur et qui pourrait sortir ou de ce qui rôde à l'extérieur et qui pourrait entrer ? » Julie Fraysse, alors qu’elle vient de charger sa voiture pour partir en vacances avec ses fils, se fait rappeler manu militari par son commandant : une adolescente vient d’être retrouvée brûlée sur un bûcher dans son village d’origine. La voilà donc obligée de rester en Occitanie le temps d’enquêter sur cet assassinat qui rappelle un précédent, une série de quatre immolations de gamines par un serial killer surnommé « L’Immoleur », jamais arrêté, quatre ans plus tôt. Cerise sur le gâteau, on lui demande de travailler avec Novak Marrek, le policier enquêteur sur cette enquête, interné en hôpital psychiatrique.

Au final, un thriller rondement mené. Les chapitres sont courts et défilent à une vitesse folle. J’ai adoré le personnage de Novak Marrek ! Nul doute que je lirai d’autres romans de René Manzor !








mercredi 24 juillet 2024

Tomber plus haut, Mélodie Chavin (Addictives, 02/2024)


 

Tomber plus haut, Mélodie Chavin (Addictives, 02/2024)

💜💜💜💜

C’est la couverture qui m’a attirée en premier lieu vers cette lecture, puis le trope « work place romance ». Ugo et Adalyn travaillent en effet dans l’entreprise qui appartient au père de cette dernière, et ils se partagent le même poste de direction, le temps que la jeune femme termine ses études de marketing. Une posture qui s’évère délicate pour le jeune trentenaire.

« Si j'étais l'héroïne d'un roman à l'eau de rose, les lectrices voudraient sûrement me coller des baffes, et je le comprendrais très bien... Non, mais il n'y a qu'à me voir ! J'ai la vie devant moi, et voilà que je me la gâche avec tout ça ! » Ironique et pourtant c’est si vrai ! Comme j’ai eu envie de la secouer cette Adalyn qui est jeune, jolie, intelligente, et probablement riche, étant donné que son père possède une entreprise de marketing pour des maisons de luxe. Et pourtant elle reste coincée dans son petit monde avec sa meilleure amie, Wendy, et les tristes souvenirs vécus avec son ex, Cody. Heureusement qu’un petit matin, un nouveau voisin, sexy en diable, débarque, et que celui- ci, ô merveilleux destin, se retrouve être son nouveau collègue !

« Je veux craquer. J'ai envie de craquer pour cette fille encore si immature en raison de son âge, mais si femme par la force qu'elle parvient à puiser en elle. » Si Ugo est l’image parfaite du tombeur de jupons, il va étrangement voir Adalyn sous un autre angle. D’abord comme une jeune fille à « déniaiser », qui va le changer de ses conquêtes expertes d’un soir, puis comme une énigme à résoudre. Au fil de leurs contacts, son point de vue et ses sentiments vont bien évoluer.

Au final, une romance dont on connaît certes la fin, mais j’avoue avoir été touchée par les deux principaux protagonistes, les obstacles qu’ils ont à surmonter, du drame à la maladie, et ce qu’ils ont pu mettre en œuvre pour passer outre et se reconstruire. Une romance aux accents de feel- good.

lundi 22 juillet 2024

La femme invisible, Maïtena Biraben (Grasset, 05/2024)




 

La femme invisible, Maïtena Biraben (Grasset, 05/2024)

💝💝💝💝

J’ai l’impression de connaître Maïtena Biraben depuis toujours. J’ai été une jeune maman suivant les précieux conseils donnés dans l’émission « Les Maternelles » au début des années 2000. Puis je l’ai suivie en tant que journaliste de société sur Canal +. Et enfin, je suis sa chaîne média « Mesdames » sur Instagram depuis quelques mois. J’ai même acheté le livre de recettes sur les légumes qu’elle a publié il y a quelques années !

« J'ai ressenti la cinquantaine comme une crise d'adolescence équipée d'un cerveau. Une libération, une jubilation ! Un moment déterminant où les aiguilles de la montre ne décomptent plus le temps qui passe mais celui qui reste. » L’animatrice, 56 ans, nous raconte brièvement les grandes étapes de sa vie, et s’attarde sur ce passage délicat qu’est celui de la cinquantaine. Pour une femme, il est souvent synonyme de ménopause, mais aussi, de mise à l’écart, que ce soit dans les médias ou dans la société. Pourquoi ?

« Incrédule et éberluée parce que j'ai très vite compris qu'on attendait de moi une attitude, un regard sur la vie, une attention aux autres qui n'avaient aucun rapport avec QUI j'étais mais avec CE QUE j'étais : une fille. Mes frères, eux, avaient tout loisir d'être eux- mêmes.
Moi. Pas.
Voilà deux mots qui auront été un mantra silencieux dans ma vie jusqu’ici : Moi. Pas. »
Cette réflexion menée sur le statut de la femme française pourrait s’appliquer à la majorité d’entre nous. Depuis la plus petite enfance, nous sommes « façonnées » comme les hommes aimeraient que l’on soit. Est- ce différent pour les nouvelles générations ? J’en doute.

« Autant je n'ai jamais voulu être un garçon, autant il reste tout à fait incompréhensible que le fait que j'aie des seins et pas de testicules me dirige au service du confort d’autrui : le fait que je puisse porter la vie ne justifie pas que je doive passer la mienne au service des autres. » Maïtena Biraben, avec cet essai personnel et percutant, veut ruer dans les brancards de la « bien – pensance » de notre société patriarcale. Les femmes sont libres d’être qui elles veulent ; à elles de le brandir en étendard !

Au final, un essai court qui se lit vite et avec plaisir, qui pose de bonnes questions et qui est tout à fait en adéquation avec la Maïtena Biraben que je suis aujourd’hui sur « Mesdames » ; une révolutionnaire au nom de la liberté des femmes quinquagénaires !!!! 

dimanche 21 juillet 2024

Le Pacte des Ombres, Clément Sérac (Elixyria, 05/2024)


 

Le Pacte des Ombres, Clément Sérac (Elixyria, 05/2024)

😈😈

Je ne savais pas dans quoi je me lançais en abordant ce roman, classé par la maison d’édition en catégories « thriller » et « suspense ». La quatrième de couverture mentionnait l’année 2020, donc époque « covid » et Douai, dans le Nord de la France, des étudiants de classe prépa et un livre étrange. Le mystère était donc total !

« Il leur fallait une vie rythmée, car c'est ce qu'ils aimaient. Et l'année qui s'ouvrait n'allait justement pas manquer de rythme. » Clément, personnage principal du roman, est clairement un double de l’auteur, lui- même étudiant en haute école. La vie des « préparationnistes » est bien remplie entre révisions intenses, cours exigeants et préparation des concours d’entrée. Clément partage ces diverses activités avec ses camarades Thomas et Pierre- Alexis. L’auteur multiplie les codes estudiantins alors qu’une intrigue policière voit le jour : une troisième disparition inquiétante secoue les habitants de Douai.

« 1604. Anne Dubois fonde le couvent des Brigittines, destiné à accueillir une vingtaine de jeunes femmes dévolues à sainte Brigitte. Toutefois, dès l'an de grâce 1608, les nonnes font face à d'inquiétants phénomènes. Des bruits sourds, des voix plaintives, puis des clameurs étranges au milieu de la nuit. » Clément, en traînant ses guêtres de la cave au grenier de son établissement scolaire, trouve un livre narrant l’histoire de celui- ci. Il va y découvrir d’étranges liens avec l’œuvre de Dante, L’Enfer.

Au final, je ressors de cette lecture un peu mitigée. L’écriture est jeune et manque souvent de nuances. On passe d’une époque à une autre, d’un personnage à un autre dans une tentative un peu maladroite de faire naître une certaine tension, mais personnellement, je me suis plutôt sentie perdue dans les éléments donnés et ma curiosité n’a pas été titillée. Ceci dit, il y a de bonnes idées et la plume a du potentiel, mais peut- être dans un autre registre que le thriller.