lundi 28 février 2022

Bien choisir mon chat, Isabelle Collin (Prisma, 01 ⁄ 2022)


 

Bien choisir mon chat, Isabelle Collin (Prisma, 01 ⁄2022)

 

L’envie d’adopter un chat vous titille et vous hésitez à franchir le pas par manque d’informations ? Ce guide est fait pour vous. Isabelle Collin livre en effet ici les clés de l’adoption féline réussie : formalités d’adoption en refuge ou auprès d’un particulier, explications sur les visites obligatoires chez le vétérinaire et matériel indispensable pour l’accueil du chaton, qu’il soit de race ou de gouttière. Et à ce sujet, vous trouverez tout un descriptif détaillé des races de chats élevés en France.

 

Personnellement, j’ai toujours vécu avec des chats. La plupart d’entre eux venaient de refuges et avaient des caractères très différents les uns par rapport aux autres. Vivre sans chat me paraît impossible. Leur présence m’est indispensable tant j’apprécie les diverses facettes de leur personnalité au quotidien.

 

« Accueillir un chat hyper dynamique alors que vous êtes casanier et vivez dans un petit appartement, c'est courir à la cata (pour vous et votre mobilier). A l'opposé, jeter votre dévolu sur un pépère alors que vous êtes toujours par monts et par vaux ne satisfera ni vous ni votre matou. » On ne s’en rend sans doute pas compte, lorsqu’on n’a jamais vécu avec un chat à la maison, mais tout comme pour un chien, il est important de choisir un chat ayant le même rythme de vie que vous.

 

Le hasard a fait qu’il y a trois ans, j’ai adopté dans un refuge local un chaton tout blanc, à la fois très joueur et très câlin. En quelques semaines, ses poils ont pris une couleur crème avec ce que l’on appelle un motif « colourpoint » : « couleur uniforme sur le corps et points foncés sur le visage, les oreilles, les pieds et la queue. Finalement, il s’est avéré qu’il s’agissait bel et bien d’un siamois ! J’ai donc pu vérifier les informations données sur cette race et je peux affirmer qu’elles sont véridiques : un chat très dynamique, qui adore prendre place en hauteur et qui se trouve être particulièrement très sentimental : « Il est très attaché à son maître et ne supporte que très difficilement d’être livré à lui – même de longues heures d’affilée ».

 

Au final, un guide très intéressant à lire, très complet et à recommander aux futurs adoptants d’un chat. En ayant ces informations avant de passer à l’acte, on ne peut qu’espérer la baisse des abandons de chats parce qu’ils ne conviennent pas à la personnalité de l’adoptant ou parce que ce dernier ignorait qu’il y avait des frais vétérinaires à prévoir…. Par contre, il est dommage que les diverses races évoquées ne soient pas accompagnées d’une illustration… 

samedi 26 février 2022

Firestone, Chrys Galia (Elixyria, 07/2019)


 

Firestone, Chrys Galia (Elixyria, 07/2019)

💓💓💓💓

 

Vous êtes célibataire. Votre amour de jeunesse réapparaît, dix ans après vous avoir larguée. Comment réagisseriez- vous ? Cette expérience, elle est donnée à vivre à Plume. Soan, avec qui elle a vécu une histoire passionnée durant deux ans, réapparaît comme par magie dans sa vie avec dix ans de plus. Mais elle lui en veut toujours de l’avoir exclue brutalement de sa vie…

 

« Sur la dernière note, d'un coup, il me lâche, recule, se retourne, m'abandonne. La bulle a éclaté, mon cœur avec. » « Kygo » Firestone Feat Conrad Sewell : le morceau sur lequel Plume et Soan se sont rencontrés. Le morceau sur lequel ils se sont quittés. Son cœur, sur ces notes, s’est brisé. Vous voulez l’écouter ? Des QR codes sont disséminés le long du roman pour vous notifier l’ambiance musicale ; excellente idée !

 

« Nous étions liés, il y a si longtemps, je connaissais le jeune homme pas l'adulte confiant, si sûr de lui, si accompli. Il dégage une aura qui torture mes nerfs. Je ne sais plus si je l'admire, le déteste, le désire. Je veux le repousser et le serrer dans mes bras, qu'il reste à mes côtés, me console, continue de me demander pardon, mais j'ai aussi envie qu'il s'éloigne, me laisse tranquille, me laisse refaire ma vie. Je suis comme une boussole qui perd son Nord, l'aiguille s'affole, dans un mouvement désordonné, ne parvient plus à se positionner. » Plume ne pensait pas avoir à envisager le retour de Soan dans son existence. Et pourtant, dès qu’il se manifeste, sa présence apparaît comme une évidence. Comment ne pas être déboussolée ?

 

« Je sens bien que la flamme est là, quelque part, au fond de nos yeux, elle se ravive petit à petit, à mon corps défendant. Jamais elle ne s'est réellement éteinte. Elle s'est étiolée, des années, espérant l'oxygène qui enfin la révèlerait à nouveau. La braise qui la couvait continuait de rougir, Soan et moi l'avons entretenue sans le savoir, nous ne sommes plus qu'à un souffle de la transformer en incendie. » Plume résiste : elle ne veut plus souffrir, une fois lui a suffi. Mais comment nier l’évidence ? Mais Soan saura- t- il se montrer à la hauteur de ses exigences en matière de confiance ?

 

Au final, un roman très agréable à lire tant la plume de Chrys Galia est addictive. Les personnages sont très bien élaborés du point de vue psychologiques et ils sont très vite attachants. Les épreuves qu’ils rencontrent leur donnent un aspect réel qui nous font croire que malgré leur attirance, leur union est loin d’être évidente. Les illustrations réalisées au fusain qui émaillent l’objet - livre sont un régal ! Une lecture très agréable!

mercredi 23 février 2022

La Faussaire, Patricia Delahaie (Belfond, 02/2022)

 



La Faussaire, Patricia Delahaie (Belfond, 02/2022)

 💓💓💓💓

Ah, la crise de la cinquantaine !! Elle en a fait couler de l’encre ! Des couples qui ont plus de vingt ans de vie commune, des enfants qui quittent le foyer, et la crainte de ne plus être désirable, avec ces rides, ces cheveux en moins et ces poignées d’amour…. Elle prend de court Paul Ménard, un médecin de village dévoué et respecté lorsqu’ un jour apparaît sous ses yeux le sosie de Marilyn Monroe, à côté de laquelle Hélène, sa femme parait soudainement bien fade…

 

« Et voilà que ce corps allongé dans un sac change l'ivresse en gueule de bois. » L’intrigue commence le lendemain de la victoire des Bleus en 1998. Les voisins de la famille Ellis sont éberlués de voir un corps être évacué de la maison. Mais qui a bien pu succomber en cette nuit de liesse nationale ?

 

« La chaleur du feu de cheminée, la lumière orangée diffusée par la bougie, le sapin illuminé de boules et de guirlandes, la photo de Marilyn si bien choisie et cette femme sublime qui le gâte... Il voudrait qu'une météorite tombe sur la Terre et arrête le temps sur ce bonheur ultime. » Retour en arrière. Notre bon docteur Ménard tombe pour une femme ; sa nouvelle patiente, Camille, femme de militaire, cette blonde diaphane et mélancolique à la manière de Marilyn, qui déjà, lui faisait penser à sa défunte mère.

 

« Quand un homme est volage, c'est dans sa nature, dit-on. S'agissant d'une femme, c'est un scandale. Nous sommes très habituées à cette injustice morale. » Paul Ménard ne pense pas faire de mal. Il est juste tombé amoureux ; un amour fou, partagé, qui le poussera à toutes les erreurs, même l’ultime, pour répondre au mieux à ce rôle de chevalier blanc qui sauve sa belle de toutes ses souffrances ; mais à quel prix ?

 

Au final, un thriller qui se dévore. La quatrième de couverture, et c’est dommage, nous annonce la fin de l’intrigue. Malgré cela, j’ai adoré voir comment une femme pouvait extrapoler pour mettre un homme dans sa poche et arriver à ses fins. J’ai adoré la retranscription (fictive, même si le récit est inspiré d’une histoire vraie) du procès qui met en lumière la complexité psychique du personnage de Camille, entre mythomanie et bêtise crasse. N’est pas le plus intelligent celui qui croit l’être. Une plume fluide et addictive à suivre !

lundi 21 février 2022

Our love story, Mady Flynn (Elixyria, 03/2021)



 Our love story, Mady Flynn (Elixyria, 03/2021)

💗💗

J’ignore totalement s’il existe une catégorie « romance psychologique – tout comme elle existe pour certains thrillers – mais elle correspondrait tout à fait à ce livre, tant le récit et les personnages qui le font vivre, sont complètement tordus !!! En même temps, l’histoire débute dans une chambre d’hôpital, dans laquelle le Dr Levy, psychiatre, rencontre sa nouvelle patiente, une jeune femme aimant se mettre en danger.

 

« Ce n'est pas la thérapie que j'accepte, seulement la carte de Monopoly "Vous êtes libéré de prison".
Je la joue maintenant. »
Aidan a beau rejeter ce suivi psychologique, elle n’en a pas le choix. Ses actions délétères lui ont ouvert un chemin direct vers la prison. Si elle veut reprendre sa vie en tant que citoyenne libre, elle doit accepter d’être épaulée, et surveillée par Franck Levy.

 

« Je grimpais si haut dans les arbres dès que j'ai appris à marcher. J'allais si vite à vélo, une fois qu'on m'eut enlevé les petites roues. J'ai commencé les rodéos quelques semaines après avoir obtenu mon permis.
Personne ne peut changer ça. L'adrénaline, c'est mon moyen de survivre. »
Difficile pour le psychiatre de dompter la jeune rebelle, qui a toujours eu besoin de sensations fortes pour se sentir vivante.

 

« Il a pris cette part de moi, ma haine du monde, et se l'est appropriée. Maintenant, quand je le vois, c'est comme s'il voulait me punir, me faire du mal, me le faire regretter. » Les mois passent et une attirance réciproque naît. Mais comment s’appréhender lorsqu’on est deux personnes aux styles de vie complètement opposés ? Et surtout, quand on a eu à la base de la relation, un lien docteur- patiente…

 

Au final, une romance qui a attiré ma curiosité lors des premiers chapitres. Les allers - retours entre 2017, année de la prise en charge psychiatrique de Aidan par Franck et 2019, année où leur relation prend un autre tournant, m’ont tenue en haleine. Malheureusement, je suis restée très vite sur ma faim. J’aurais vraiment aimé savoir ce qu’avait fait Aidan pour se retrouver sous tutelle psychiatrique, j’aurais souhaité aussi connaître les éléments de son enfance qui ont fait de cette jeune femme une sociopathe. Et puis j’ai vraiment eu du mal à croire à cette idylle. C’est dommage car j’ai beaucoup aimé la plume de Mady Flynn.  

mardi 15 février 2022

Le guerrier de porcelaine, Mathias Malzieu (Albin Michel, 01/2022)

 


Le guerrier de porcelaine, Mathias Malzieu (Albin Michel, 01/2022)

 💙💙💙

Lire un roman de Mathias Malzieu est toujours un exercice de nage entre deux eaux pour moi. En effet, j’adore sa prose poétique et ses jeux de mots, mais je reproche toujours à ses histoires de manquer de profondeur. C’est encore le cas ici : j’ai apprécié nombre de phrases, mais j’ai regretté la légèreté des faits racontés …

 

« Faut- il s'entraîner à se souvenir ou s'entraîner à oublier ? Je ne me souviens pas toujours très bien, je n'oublie pas très bien non plus. » Le jeune Mainou vient de perdre sa maman et la petite sœur qui venait de naître. Nous sommes en juin 44 et le papa est un membre actif de la Résistance. Il est nécessaire d’envoyer le petit chez sa grand- mère afin que le père puisse continuer ses activités. Mais voilà, la mamie vit en zone occupée. Le petit Germain va donc devoir traverser la ligne de démarcation caché dans une charrette à foin.

 

« Désobéir tout le temps, c'est à peu près aussi stupide que d'obéir tout le temps, mais ça a le mérite d'être un tout petit peu plus divertissant. Regarde ces abrutis de nazis, on en est là parce qu'ils sont tous partis du principe qu'il fallait obéir sans réfléchir. » Une fois arrivé sain et sauf à la Frohmüle de sa mamie Elise, Germain va devoir continuer à se cacher. Toute sortie de la maison ou apparition en cas de visite lui sont formellement interdites. Difficile pour un petit garçon bien curieux !

 

« La grande santé, c'est l'âme ! Et une âme qui ne se nourrit ni de poésie ni d'imagination, une âme qui ne réfléchit pas, ça pourrit ! » Mainou trouve de quoi mettre des étincelles de poésie dans sa vie, grâce à son oncle Emile, notamment, ainsi qu’à Sylvia, qui écrit des poèmes d’amour. Et sans compter la nature environnante et le bébé cigogne, qu’il emmène partout, qu’il baptisé Marlène Dietrich !

 

Ce récit qui a la forme d’une longue lettre rédigée à sa maman, porte bien les accents de l’innocence de l’enfance. En plein milieu des bombardements, Mainou aimerait bien avoir d’autres préoccupations que celle d’aller se réfugier dans une cave. Il ne comprend pas pourquoi il se retrouve sans mère ni père en si peu de temps, et sa solitude est palpable dans l’expression « un pourlinstant » qu’il utilise à foison. Une histoire mélancolique et rêveuse, à l’image de l’artiste !