dimanche 7 mai 2023

Les amants sacrifiés, tome 1, Masasumi Kakizaki (Ki- onn, 10/2022)

 



Les amants sacrifiés, tome 1, Masasumi Kakizaki (Ki- onn, 10/2022)

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C’est à l’occasion de l’organisation d’une lecture commune estampillée « dimanche graphique » par Manon du compte #vibrationlitteraire que je me suis procuré cette duologie historique. En effet, ce manga relate un épisode peu connu de l’histoire du Japon, corrélé à la Seconde guerre mondiale : les tests réalisés par les Japonais sur les Chinois pour développer une arme biologique ; à savoir la propagation du bacille de la peste noire.

 

« Je commençais à trouver que tu avais un cœur de pierre... mais en réalité j'avais tout faux.
Tu vois toujours beaucoup plus loin que moi, et je passe pour une idiote ! »
1940 au Japon, Satako est l’épouse d’un chef d’entreprise de négoce à l’international, Fukuhara, qui peine à soutenir son activité du fait du conflit mondial. Il décide d’aller en Mandchourie pour affaires avec son neveu ; mais ce qu’ils vont y découvrir va profondément les meurtrir…

 

« Je n'ai rien commis que la morale ne réprouve, je te le jure...
Seulement je ne veux pas te mentir !
Alors... je peux juste me taire... »
Sakato a remarqué un certain changement dans l’attitude de son époux, une fois celui- ci rentré au Japon. Mais il ne se confie pas ; que lui cache -t-il ?

 

Au final, un manga qui m’a captivée et réellement surprise. Je ne m’attendais clairement pas à cette évolution de l’intrigue. L’intégration de photos, d’indications historiques précises et de documents d’archives au cœur du récit a été un véritable choc. Je ne ressors pas de cette lecture indemne. Si l’Histoire vous intéresse, ne passez pas à côté !

jeudi 4 mai 2023

Ayati, tome 1 : La légende des cinq pétales, Fernandes & Violeau (Jungle, 04/2018)


 

Ayati, tome 1 : La légende des cinq pétales, Fernandes & Violeau (Jungle, 04/2018)

💙💙💙 

Suite de mes découvertes graphiques liées aux 48h de la BD, avec cette bande dessinée jeunesse teintée de fantasy. Ce premier tome d’une série de cinq aventures menées par l’héroïne permet de découvrir l’univers de cette dernière, entre traditions sociales indiennes et magie appartenant à la mythologie orientale.

 

« Et nous t'avons trouvé un époux au village voisin ! Il n'a que quinze ans de plus que toi. N'est- ce pas fabuleux ?
Bhairav va faire de toi sa seconde épouse. C'est tout. Et quand on est orpheline, on ne fait pas sa difficile. »
Bienvenue en Inde, où il ne fait vraiment pas bon naître fille. Ayati est une orpheline de quatorze ans. Elle a été recueillie par son oncle et sa tante, qui lui impose de nombreuses corvées, l’empêchant de ce fait de suivre une scolarité satisfaisante. Les coutumes indiennes font que les filles n’ont pas leur mot à dire concernant leur mariage : la famille choisit le futur époux et formalise l’événement sans demander le moindre accord à la jeune fille. Ayati aurait dû suivre cette voie sans rechigner, mais voilà qu’un matin, les pirates attaquent son village !

 

« Ces "pouvoirs" sont des liens avec des mondes élémentaires. Rares sont ceux qui éveillent plus d'un pétale dans leur celui de l'existence. Toi tu as fait fleurir celui de l'eau et celui de l'air. Si tu t'entraînes suffisamment, chaque pétale du lotus trouvera sa place dans ton âme. Tu es une des rares élues et ta destinée est tracée. » Alors que la doyenne du village est agressée par un pirate, Ayati découvre, en voulant la sauver, qu’elle détient des pouvoirs magiques puissants. D’où lui vient ce don surnaturel ? Et surtout, comment peut- elle apprendre à le maîtriser ?

 

Au final, une bande dessinée au scenario un peu convenu. Toutefois, il s’agit d’un premier tome de ce qui doit être une épopée sur fond de quête initiatique. Les dessins sont agréables à regarder, les couleurs sont harmonieuses et la lecture est fluide. Une bonne expérience.  

mercredi 3 mai 2023

Le Pont des tempêtes, Tome 1, Danielle L. Jensen (Bragelonne, 03/2023)


 

Le Pont des tempêtes, Tome 1, Danielle L. Jensen (Bragelonne, 03/2023)

💔💔

Les fans français(e)s du genre de la romantasy attendaient avec impatience la traduction de ce best- seller canadien. L’épopée de Lara, fille du roi vicieux de Maridrina, « vendue » contre un traité de paix au roi d’Ithicana, Aren, a époustouflé de nombreuses lectrices (et lecteurs ?). Retour sur un succès auquel je n’ai pas succombé…

 

« Leur père croyait que la beauté et l'intelligence étaient les qualités primordiales de la fille qu'il choisirait, qu'elle devrait se montrer fine stratège et farouche combattante, ainsi que talentueuse dans les arts de la chambre. Il pensait savoir quels attributs avaient le plus d'importance, mais il en avait oublié un. » Lara parvient à être la seule à sortir du lot des futures prétendantes au trône d’Ithicana. Véritable guerrière, guérisseuse douée et fine stratège, c’est elle que son père, Silas, va aller conduire à l’autel afin de la marier au roi d’Ithicana, peuple le plus puissant de ce monde ravagé par les tempêtes maritimes.

 

« Le pont était un miracle d'architecture qui dépassait l'entendement et la logique.
Et c'était précisément pour cela que tout le monde le convoitait. »
Le pont qui surplombe la mer des tempêtes et les îles qui la peuplent est source de convoitises. C’est là que s’échangent toutes les marchandises ; des denrées les plus élémentaires aux armes les plus prestigieuses. La main- mise du peuple d’Ithicana sur ce monument architectural a autant fait sa richesse que déclenché toutes les convoitises des peuples environnants. L’arrivée de Lara ne va- t- elle pas changer la donne ?

 

Au final, un roman qui m’a relativement plu dans la première moitié. La sélection de la prétendante, l’organisation déguisée du mariage m’ont semblé pourtant avoir été racontées déjà mille fois, mais soit… Puis est arrivé ce fameux pont, dont je n’ai jamais réussi à me créer une image mentale ; une carte aurait peut- être soulagé ma charge mentale de lectrice un peu trop terrienne. Enfin, hormis la grand- mère Nana, les personnages m’ont semblé trop inconsistants. Le roi est dit cruel durant le premier tiers du récit, et on découvre un roi candide à souhait… Et Lara, cette jeune fille qui arrive comme une fleur et qui parvient à déjouer tous les pièges des meilleurs espions du mode ; tss, tss, tss…Bref, grande déception. 

lundi 1 mai 2023

Mon mari dort dans le congélateur, Tome 2, Misaki Yazuki & Hyaku Takara (Akata, 10/2023)



 Mon mari dort dans le congélateur, Tome 2, Misaki Yazuki & Hyaku Takara (Akata, 10/2023)

💋💋💋💋 

Le tome 1 m’avait laissée pantoise, perplexe avec tellement de questions et une fin qui – forcément – n’en était pas une. Qu’allait devenir Nana, cette femme violentée et assassine ? Lire le deuxième tome était devenu une évidence !

 

« Qui est ce Ryô avec lequel je vis ?
Est- ce une chimère incarnant à la fois mes désirs et mes remords ?
Ou bien ai- je simplement perdu la raison ? »
Nana a tué Ryô, son mari violent et en a caché le corps dans le congélateur. Et pourtant, le lendemain, il était rentré à la maison comme si de rien n’était. Quel trouble pour la jeune femme qui se retrouve (et le lecteur aussi) sans explication plausible !

 

« On pense connaître son partenaire mieux que quiconque, alors que c'est tout l'inverse.
Plus on est persuadé de savoir à qui on a affaire, plus on a du mal à discerner la vérité. »
Nana va tenter de trouver du réconfort et des explications auprès de Kamata, collègue de Ryô, qui avait déjà eu des vues sur elle auparavant. Etonnamment, au fil de rencontres inédites, Nana va se rendre compte qu’elle est loin d’être celle qui connaissait le plus celui qui fût son époux ; mais aussi celui qui l’a remplacé.

 

Au final, un deuxième tome dévoré en même pas une heure. Il apporte une piste de résolution que j’ai trouvée un peu tirée par les cheveux (peut- on connaître si mal la personne dont on partage la vie ?), mais pourquoi pas ? J’ai aimé retrouver l’ambiance ambiguë du premier tome. Pour une néophyte du genre, la duologie est très bien passée ! 

Un coup de soleil, Serena Giuliano (Robert Laffont, 03/3023)


 

Un coup de soleil, Serena Giuliano (Robert Laffont, 03/3023)

💞💞💞💞💞

Serena Giuliano a le don de m’émouvoir à chacune de ses histoires. Son dernier roman ne déroge pas à la règle ; lu en une après- midi, je suis passée plusieurs fois du rire aux larmes,  bouleversée par le personnage d’Eléonore, femme de ménage au grand cœur et au regard juste sur le monde qui l’entoure.

 

« Je n'ose pas trop m'approcher. C'est délicat, la position de femme de ménage. On entre dans l'intimité des gens sans pour autant être un membre de la famille ou une amie. » Eléonore est femme de ménage chez des particuliers ; un métier qui exige de la discrétion et une certaine adaptabilité au regard des diverses personnes chez qui elle intervient. Maman divorcée de deux adolescents, il lui est difficile de profiter de la douceur de vivre qui règne à Salerno, situé sur la côte amalfitaine.

 

« Ce matin, mes épaules me brûlaient : j'ai pris un coup de soleil.
Et je me disais que tomber amoureux, c'est un peu ça, finalement.
Se laisser aller à une douce sensation, baisser les armes en oubliant de se protéger, et avoir mal... Très, très mal après. »
Les heures de ménage s’enchainent, au son de Céline Dion et de Francis Cabrel, mais elles ne permettent malheureusement pas à Eléonore d’oublier Marco, un bel homme marié avec qui elle a eu une aventure. Comment tourner la page quand on a quarante ans et l’impression que le plus beau est déjà derrière soi ?

 

« C'est la seule émotion qui arrive toujours à tout chambouler. Peu importe le corps, les rides. Peu importe l'enveloppe, il n'y a que le cœur qui compte.
Et tant qu'il bat, il peut aussi vibrer.
 » Heureusement, Eléonore nourrit un rêve secret depuis des années. Un objectif qui lui fait battre le cœur encore bien plus qu’on homme ne le ferait. Et si l’un entraînait l’autre ?

 

Au final, un roman plein d’émotions et de douceur, agrémenté de piques d’humour bienvenues… et une play- list qui ravira les quadragénaires !! Un chouette moment de lecture !