samedi 15 février 2020

Un samedi soir entre amis, Anthony Bussonnais

Un samedi soir entre amis, Anthony Bussonnais (Préludes, 02/20)

★★★☆☆

J’ai trouvé ce roman bien particulier dans le paysage actuel du thriller français.
Par son thème, la chasse à l’homme ; personnellement je ne me souviens pas avoir déjà lu de récit dans lequel un groupe de « notables » organisaient une expédition punitive. Et par son style, un peu lourd parfois du fait de longues descriptions que l’on pense d’abord inutiles, et puis qui finalement, servent à introduire une scène narrée de manière plus brève ; mais une scène qui claque bien aux yeux du lecteur !!! J’avoue avoir été choquée, malaisée par moment par ce que Bussonnais me racontait ! C’est glauque, c’est cru, c’est vulgaire… et pourtant, ça doit tellement coller à la réalité (il n’y a qu’à regarder le JT pour s’en rendre compte) !

Nous sommes dans une petite ville de campagne, là où le vétérinaire, le médecin ou le juge qui y habitent forment le cercle de notables respectables qu’on ne doit surtout pas égratigner. Leur fonction intime « naturellement » le respect des autres habitants. Quand François, le vétérinaire, décide d’organiser une chasse nocturne, personne ne remet en question le principe. Les pervers de la haute société se frottent les mains devant l’inédit de la soirée, tandis que les « petites têtes » sont invitées là pour qu’elles ne puissent pas témoigner contre les premiers si cela se passait mal.

Nous avons également Claire, la fille de François, qui se retrouve bien embêtée ce vendredi soir car son petit- ami, Mehdi, n’est pas venu la chercher comme prévu. En six mois de relation, il n’a jamais fait faux bond. Son embarras est accentué par le fait qu’elle n’a pas encore parlé à ses parents de sa relation avec Mehdi ; ils sont extrêmement racistes…

Tous ces éléments, vous l’aurez compris, vont s’entremêler.

Le schéma narratif est vraiment très bien ficelé, les personnages sont très bien construits au niveau psychologie. Les choix de l’auteur peuvent s’apparenter à des clichés, c’est vrai. Les propos tenus par les personnages sont eux aussi d’une vulgarité qui aurait pu être évitée dans un roman. Malgré tout cela, malgré des moments malaisants, je l’avoue : j’ai été captivée par ma lecture.

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