mercredi 27 octobre 2021

La fille de Kali, Céline Denjean (Pocket 2021, Marabout, 2016)



La fille de Kali, Céline Denjean (Pocket 2021, Marabout, 2016)

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 Cap sur Toulouse, avec quelques détours en Inde compris dans le voyage ! Voici la première enquête d’Eloïse Bouquet, jeune capitaine récemment promue à la Section de Recherche de la gendarmerie toulousaine. Sa première affaire est des plus glauques : deux corps d’hommes atrocement mutilés sont découverts, en même pas un mois, la tête manquante. A leurs côtés, des pétales de fleurs, quelques piécettes et un sawastika tracé au mur ; l’assassin obéirait- il à un certain rituel en l’honneur de la redoutable déesse hindoue Kali ?

 

« Est- ce qu'une mère peut haïr sa fille ? Toi, tu as peut- être un avis sur la question… Moi, je sais… Moi, je suis la réponse. D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais vu dans les yeux de ma mère que la désolation de m'avoir enfantée. Rejet viscéral. Dégoût. Parce que je suis l'incarnation même de son drame… » Calcutta. Plus tôt. La petite Nilin voudrait tellement que sa mère la regarde… l’aime. Elle tutoie le lecteur pour le rendre plus proche du drame de sa vie, incompréhensible, celui d’être rejetée par sa mère. Cette petite fille délaissée va être la clef de voûte de ce récit.

 

« - Il faut me croire ! Mon père était le dernier des salauds !
- ... Et alors ? questionna le détective, interloqué par cette réflexion.
- Les salauds ne se suicident pas. »
Toulouse, 2013. Danny Chang, détective privé, reçoit une jeune femme avide de récupérer un héritage, lequel dépend des conditions de décès de son père. Elle est persuadée que les gendarmes se sont fourvoyés. Amanda Kraft, elle, est une journaliste avide de gloire, à l’affut du scoop qui enfin la mettra en lumière aux yeux de la France entière. Et pendant ce temps- là, Eloïse lance ses hommes aux trousses d’une potentielle tueuse en série…

 

Céline Denjean utilise avec talent l’alternance de trois enquêtes aux finalités différentes pour offrir à ses lecteurs un récit à la forme spiralaire qui permet d’aborder différents aspects d’une affaire qui se révèlera aussi complexe que morbide. Les différents personnages sont psychologiquement finement ciselés au point qu’on ne peut que ressentir de la sympathie envers certains ou de la défiance pour d’autres. Personnellement, j’ai clairement un petit faible pour Jean- Marc, ce flic adepte des locutions latines ou citations littéraires de haut vol… Au final, un roman noir qui se dévore, qui évolue d’une façon qui fait que le lecteur sent le cercle des soupçons se resserrer afin de donner un point final à toute l’histoire, et avec brio ! Si vous ne connaissez pas encore Céline Denjean, foncez, et enchainez avec les deux enquêtes d’Eloïse Bouquet qui suivent : « Le Cheptel » et « Double amnésie », tout aussi excellents.

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