mardi 10 novembre 2020

1,2,3, nous irons au bois, Philip Le Roy (Rageot, 06/2020)


 

1,2,3, nous irons au bois, Philip Le Roy (Rageot, 06/2020)

💚💚💚💚💚

Une jolie surprise avec ce thriller horrifique classifié « Young adult » puisqu’il m’a embarquée dans une lecture quasi non – stop !

« Fin de la vidéo.

Un lien invitait à cliquer pour en savoir plus.

Fanny cliqua.

Elle tomba sur une annonce pour participer à une sorte d'escape game qui allait se dérouler dans le sud de la France. La règle était simple. Dix jeunes de dix - huit ans sélectionnés par la production devraient concourir dans un jeu grandeur nature. L'objectif serait de rester le plus longtemps possible dans une forêt réputée hantée jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un seul participant. » Fanny est une frondeuse. Elle a toujours un mot pour rire et rêve d’une petite notoriété sur les réseaux sociaux, comme beaucoup de ses amies lycéennes. Quand elle apprend sa sélection pour le jeu « Ne reviens pas ! », Fanny est fière d’elle : ses copines n’ont pas été retenues, et au- delà des dix mille euros en jeu, une chose compte : elle va devenir célèbre !

 

Mais une fois larguée en pleine forêt, notre Fanny va vite déchanter : agressée par un concurrent, la voilà effrayée par des bruits, des silhouettes qui se faufilent autour d’elle et ses difficultés à appréhender un terrain naturel. Peu à peu, ce qui était annoncé comme un jeu va prendre une tournure étrange, et inattendue. Moi- même, en tant que lectrice, je n’avais pas vu le second degré de cette histoire captivante arriver…

« - Quelle culture ! Tu sais que t’es déroutant comme mec ?

- Déroutant ou cultivé ?

- A notre âge, être cultivé est déroutant. »

L’auteur porte un regard criant de vérité sur nos grands adolescents qui sont nés avec un portable dans la main et qui mesurent leur popularité au lycée en fonction du nombre de « likes » de leurs publications sur les réseaux sociaux. Ils valent tellement mieux que ça…

 

Au final, un thriller très bien écrit, qui sait vous embarquer vers une aventure à la sauce Koh – Lanta pour prendre ensuite des directions inattendues. J’ai complètement adhéré aux profils des personnages, partageant avec eux des sentiments d’effroi, de découragement, mais aussi de soulagement. Une belle lecture qui va me pousser à lire les autres romans de l’auteur.

lundi 9 novembre 2020

La Malédiction des Atuas, Laure Allard - D'Adesky et Morgane Scheinmeer (Plumes du web, 09/2020)



La Malédiction des Atuas, Laure Allard - D'Adesky et Morgane Scheinmeer (Plumes du web, 09/2020)

Je referme ce livre avec un sourire aux lèvres. C’est une bien jolie histoire qu’ont écrite ensemble Laure Allard – d’Adesky et Morgane Scheinmeer. Leur imagination s’est plongée dans les contes légendaires de la culture maorie, pour nous livrer un récit oscillant entre le réel et le surnaturel.

 

« Je cherche une explication rationnelle : peut- être s'est-il brûlé par mégarde avec la bougie allumée entre nous sur le comptoir, peut-être n'ai-je ressenti qu'une projection psychologique de sa souffrance à lui… Est- ce aussi simple que cela ? » Quand Clarisse, jeune Française en vacances à Sydney, croise le bras de Maxime, expatrié en Australie depuis quelques années déjà, ils ressentent en même temps une brûlure intense au niveau du bras. Etrangement, ils portent sur le bras en question un tatouage maori, réalisé vraisemblablement le même jour.

Cette rencontre va les mener à enquêter jusqu’en Nouvelle – Zélande sur les traces des dieux maoris pour contrer ce qui n’est autre qu’une malédiction. Car, bien évidemment, de fil en aiguille, le beau gosse et la jolie frenchie vont tomber amoureux l’un de l’autre ; mais comment vivre cet amour quand on ne peut pas se toucher ?

 

J’ai aimé suivre Maxime et Clarisse, deux héros attachants, dans leur enquête, osciller avec eux dans le surnaturel, même si le surfeur a eu un petit côté MacGyver qui m’a un peu agacée par moments. J’ai aussi beaucoup aimé l’humour distillée par les deux plumes dans les dialogues entre nos deux amoureux, prêts à tout pour charmer l’autre « de loin » :

« - Il paraît que l'amour sans patience est un amour qui ne peut être éternel.
- Tu parles comme un livre, répond Clarisse en me tirant la langue.
- Si tu savais tout ce que je fais de mieux qu'un livre. »

 

Au final, un roman très agréable, bien écrit, qui vous emportera dans un moment d’évasion plein de bons sentiments et de magie. Au fond, n’est- ce pas ce dont nous avons besoin en ce moment ?

dimanche 8 novembre 2020

Le village perdu, Camilla Sten (Seuil, 10/2020)


 

Le village perdu, Camilla Sten (Seuil, 10/2020)

💜💜💜💜💜

Vous avez aimé « Le projet Blair Witch » ? Foncez lire ce thriller dans lequel les ricanements, les rires et les cris sortant de nulle part vont vous faire frissonner !

 

Alice Lindstedt est une jeune réalisatrice suédoise qui a décidé de tourner un documentaire sur une histoire liée à sa propre famille. Sa grand- mère, Margaretha, vient en effet d’un village nommé Silvertjärn, dont toute la population a mystérieusement disparu un jour de 1959.

« Près de neuf cents personnes, disparues sans laisser de trace... personne ne sait s'ils sont vivants ou morts. Personne ne sait s'ils se sont suicidés, s'ils sont tombés malades ou s'ils sont partis volontairement. Personne ne sait pourquoi cette pauvre Birgitta Lidman a été lapidée. Et personne ne sait à qui était le nourrisson dans l'école, ni pourquoi il a été abandonné. »

 

Elle emmène avec elle son amie Tone, Max, qui produit le film, et le couple composé de Robert et Emmy, spécialistes de la réalisation de films documentaires. Le village de Silvertjärn est éloigné de tout, et l’ancienne mine de minerai qui s’y trouve toujours de manière désaffectée, empêche toute communication via les téléphones portables. Nos cinq personnages se retrouvent donc isolés du monde dans un village en ruine et sans âme qui vive.

 

Mais voilà qu’au fur et à mesure des heures qui passent, de troublants événements interviennent, des bruits incongrus se font entendre et un déchainement d’actes violents vont mettre nos personnages sur les nerfs, d’autant plus que certains règlements de compte liés à des histoires du passé vont eux aussi pointer leur nez…

 

L’ambiance est glauque, pesante, de plus en plus étouffante au fur et à mesure que les pages se tournent et que les événements du passé tendent au lecteur des perches pour comprendre ceux qui se déroulent au présent. La narration temporelle alternée entre récit de 1959 et récit du présent permet de créer une tension grandissante. Personnellement, j’ai imaginé plusieurs scenarii, mais jamais je n’ai deviné la fin proposée par Camilla Sten (d’autant plus qu’elle ouvre vers d’autres interrogations, je trouve).

 

Bref, un excellent thriller, qui frôle avec le surnaturel, à l’écriture très cinématographique, qui vous plongera dans une histoire bien originale !

jeudi 5 novembre 2020

Némésis, Xavier MASSE (Taurnada, 11/2020)

 


Némésis, Xavier MASSE (Taurnada, 11/2020)

💓💓💓💓💓 COUP DE CŒUR !

Je referme ce roman, et pfiouh ! quelle tension !!! Voilà un thriller mené tambour battant, dans lequel – et j’adore ça – on flirte allègrement avec le surnaturel entre deux découvertes macabres et autant de révélations fracassantes !

« Jamais je n'aurais imaginé que la cruauté de l'homme puisse atteindre ce niveau- là. Même dans le monde animal, ils ne s'infligent pas ça. C'est luciférien ! » Quand David est appelé par son ami de toujours, Vince, sur les lieux de leur enfance, Assieu, il ne s’attend pas à être confronté à autant d’horreurs…. Les deux garçons, devenus policiers mais dans des services différents, espèrent que leurs compétences respectives, en s’associant vont permettre la résolution d’une enquête horrible : le cadavre d’un bébé atrocement mutilé vient d’être découvert dans l’église du village. C’est d’abord la panique, puis l’effroi : qui a pu s’en prendre à cette innocente fille de quatre mois ? Pourquoi tant de cruauté ?  

Le scénario est extrêmement complexe et intelligent. Xavier Massé, que je n’avais jamais lu jusque-là, m’a menée par le bout du nez. Dès les premières pages, j’ai été captée par son histoire. Le récit des sévices perpétrés sur des nourrissons, le point de départ de l’enquête, m’a profondément émue. Et puis les personnages principaux, Vince, et surtout David, m’ont énormément plu. J’ai aimé leur profil, leur sensibilité et suivre leur évolution au milieu de ces paysans, sorte de mafia locale, pour enfin, découvrir leurs secrets cachés. Je suis tombée de haut à plusieurs reprises. Et je ne vais pas oublier cette histoire de sitôt !


Bref, vous l’aurez compris, un thriller captivant, intelligent, inattendu, efficace,… et à lire sans faute !

mardi 3 novembre 2020

Là où les esprits ne dorment jamais, Jonathan Werber (Plon, 09/2020)



 Là où les esprits ne dorment jamais, Jonathan Werber (Plon, 09/2020)

💙💙💙

Croyez- vous au spiritisme ? Etes- vous de ceux qui demeurent persuadés que l’on peut communiquer avec l’Au- delà ? Si c’est le cas, ce roman est susceptible de vous intéresser, même si, bien évidemment nous sommes dans la fiction et que vous n’aurez aucune réponse à vos questions.

« Telle une bouteille à la mer, il était bousculé par le flot incessant des spectateurs quittant la salle et fuyant aussitôt l'averse, le crépuscule et l'Au- delà. » Jenny Marton, elle, est plutôt à contre- courant de ce que l’on attend des femmes en 1888. Vivant à New- York, cette prestidigitatrice de rue, âgée de 26 ans, est toujours célibataire et refuse de se marier, rêvant d’être une femme indépendante. Elle habite donc toujours chez sa mère et gagne quelques pièces en réalisant des tours de passe- passe le mercredi matin à l’occasion du marché. Quand la célèbre agence de détectives Pinkerton vient lui proposer de l’engager pour qu’elle s’infiltre dans l’univers des sœurs Fox, elle pense son avenir de femme libre assuré. Les trois médiums sont en effet à l’origine d’un mouvement spirite devenu très populaire en mettant en scène des spectacles dans lesquelles elles entrent en communication avec des personnes décédées.

« - Laissez- moi vous apprendre quelque chose que j'aurais aimé connaître avant de m'engager dans cette agence. Une leçon que j'aurais aimé lire dans le "Guide Pinkerton" mais que j'ai malheureusement dû apprendre à mes dépens : toute parole n'engage que la personne qui la croit. » Jenny va en effet aller de découvertes en déconvenues. Et elle constatera que ni le « Guide Pinkerton », ni le manuel qui ne quitte jamais son sac, « Les Chemins de l’Illusion », rédigé par son propre père, Gustave Marton, ne lui apporteront la clé lui permettant de découvrir la vérité.


Au final, un roman original, même si basé sur une histoire vraie, mais qui a vite trainé en longueur, notamment à cause des extraits des deux livres mentionnés plus haut. Ces passages, certes, apportent des informations intéressantes au début du récit, mais malheureusement, au fil des pages, ils ont tendance à alourdir l’histoire de manière inutile. C’est dommage.