dimanche 20 septembre 2020

La commode aux tiroirs de couleurs, Olivia Ruiz (J. - C. Lattès, 05/2020)

 


La commode aux tiroirs de couleurs, Olivia Ruiz (J. - C. Lattès, 05/2020)

💙💙💙💙

J’ai longtemps hésité devant ce roman ; Olivia Ruiz est- elle « encore une star du showbiz » qui cherche à se recycler ? Et puis… et puis…

Olivia Ruiz nous livre sous le genre du roman un récit que l’on devine fortement autobiographique pour qui a lu les interviews ponctuant sa carrière de chanteuse. Elle choisit de remonter le temps suite au décès de sa grand- mère, son « abuela », qui lui a laissé en héritage une commode qui comporte dix tiroirs, dix boîtes aux trésors longtemps interdits aux enfants de la famille. La narratrice va donc les ouvrir un à un le temps de remonter le fil de son passé, et en parallèle remonter le cours de l’Histoire des exilés espagnols.

Les tiroirs vont se révéler pleins de surprises pour la narratrice.

« En vieillissant, tu apprends que les secrets de famille peuvent devenir des gangrènes, vicieuses et parfois indécelables. »

Ses ancêtres font partie de la résistance espagnole qui s’insurge contre le règne tyrannique de Franco. Leur exil, quand ils ont senti que leur vie était en danger, s’est transformé en étapes de souffrance et de drames qu’il va falloir étouffer pour envisager un nouvel avenir et se faire accepter des Français. Mais la rancœur, la nécessité de venger l’âme de ceux qui ont été torturés va perdurer : « Les miens peuvent sacrifier des innocents sur l'autel de la vengeance. »

La narratrice avance donc dans la chronologie familiale débutée avec la tragédie vécue par ses arrières- grands- parents, laquelle permettra néanmoins à leur descendance de survivre et de trouver une paix relative au fur et à mesure des générations qui suivront.« Non abuela, nous ne sommes pas du même bois. Tu as dû lutter et moi je n'ai eu qu'à recevoir. »


Au final, un roman un peu confus au début, dans lequel j’ai eu du mal à prendre mes marques (qui raconte ? Qui est « je » / « tu » ? Quand ? Pourquoi ? Comment ?). Il aura fallu que j’atteigne la soixantaine de pages pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette histoire familiale et comprendre aussi où voulait me conduire l’auteure. Les actions sont devenues alors plus claires et j’ai enfin pu compatir aux drames vécus par cette famille profondément marquée par l’exil et qui, plutôt que d’en faire une malédiction, en a fait fructifier les forces et les richesses. 

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