dimanche 11 octobre 2020

Carne, Julia Richard (Les éditions de l'Homme Sans Nom, 06/2020)

 Carne, Julia Richard (Les éditions de l'Homme Sans Nom, 06/2020)

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J’ai frôlé le coup de cœur pour cette fable d’anticipation originale aux accents très actuels ! En effet, il y est question d’une pandémie mondiale dont on ne comprend pas l’origine. On ne parvient pas à maitriser la propagation du virus, et on ne trouve pas de traitement médical pour soigner les contaminés. Tiens, tiens…  La particularité de ce virus, ici, est de transformer l’humain qui en est atteint en « zombie » ; mais attention, nous sommes loin de la série « The walking dead » et autres films de morts – vivants ! Ici les contaminés gardent – plus ou moins – toute leur tête. Ils peuvent continuer à vivre en famille, à aller au travail, faire les courses, etc, plus ou moins normalement. Mais attention aux pulsions qui les animent !!!

 

Simon, le personnage principal de ce roman, découvre avec stupeur, et dans une scène qui désolera les amoureux des animaux, qu’il est atteint de cet étrange virus. Le voilà prêt à tuer pour manger animaux et humains tout crus. Une découverte déconcertante :

« C'est moi qui l'ai tué ? Comment ai-je pu avoir la force de faire ça ? Je suis un monstre. »

 

Par contre, l’esprit se trouble et il est parfois difficile de passer de l’état « humain » à l’état de « monstre » : « Je sais que j'ai déjà vécu ce moment ; il n'est pas à sa place dans la chronologie. Le présent n'en est pas. Le présent est du passé depuis tant de temps ! » Et cette confusion, l’auteure en joue en mélangeant les chapitres ! On passe ainsi du chapitre – 2 au chapitre 19 en passant par un chapitre 404 (il y en a plusieurs). Ne cherchez pas à les lire dans l’ordre, cette chronologie particulière sert parfaitement la fantaisie du récit.

 

Au final, j’ai vraiment aimé ce roman qui sort clairement du lot, tant par son thème abordé avec originalité, que par son écriture rock’n roll qui dépote ! Les personnages de Simon et de Jessica, sa fille, sont finement élaborés  (ils en deviendraient nos potes !). Par contre, il est dommage que quelques coquilles soient passées inaperçues ici et là, et je n’ai pas compris l’intérêt de mettre deux fois le chapitre 30, même avec une différence minime *. Néanmoins, c’est un roman qui mérite vraiment d’être découvert, et si vous aimez les histoires qui sortent de la norme, foncez !

* L'auteure m'a expliqué le pourquoi du comment de ce double chapitre 30, mais je ne le dévoilerai pas, je préciserai simplement que cette répétition sert la trame narrative et n'est pas une anomalie!

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