dimanche 9 mai 2021

Résine, Ane Riel (Seuil, 03/2021)



Résine, Ane Riel (Seuil, 03/2021)

💛💛

 La quatrième de couverture de ce roman me semblait pleine de promesses : « Du fond de la benne où il l’a confinée, Liv, observe son père sombrer dans la folie – mais l’amour aveugle qu’elle lui porte va faire d’elle la complice de ses actes de plus en plus barbares… » Mais finalement, j’ai lu, j’ai lu… et la promesse de passer un bon moment de lecture s’est évanouie au fil des pages…

 

« Petit à petit, Jens fut pris d’une angoisse : par mégarde, il pourrait jeter quelque chose d’irremplaçable. Un objet qu’il n’aurait pas vu, un objet enfoui parmi tous les autres. » Chez ce père de famille, accumuler des choses est devenu pathologique. On appelle ce trouble mental la syllogomanie. Jens Haarder passe son temps à aller récupérer des objets cassés, usés chez les gens ou dans les décharges, et les entasse chez lui, aussi bien dans la maison que dans son atelier de menuisier, ainsi qu’à l’extérieur. Sa femme, Maria, vit à l’étage, dans une chambre tout aussi encombrée de détritus divers. Elle est devenue obèse au point de ne plus être capable de se lever de son lit. C’est leur fille, Liv, qui lui apporte de quoi se nourrir, ou plus souvent, se goinfrer… Comment ce couple en est-il arrivé là ? Je me suis bien évidemment fait mes propres hypothèses, mais l’auteure laisse le flou total à ce sujet, comme si elle était restée à la surface de ses propres personnages.

« C’est difficile de parler avec les gens quand on ne peut rien dire. Surtout quand les autres – votre mère, votre père ou votre frère jumeau invisible – ne disent pas grand-chose non plus ». La petite Liv, forcément, n’est pas très équilibrée non plus. Son père lui a appris à se débrouiller dans la forêt ou face à des animaux, et il lui a également appris à se faufiler sans bruit chez les habitants de l’île, la nuit, afin de se livrer à de menus larcins. Elle a appris à lire et à écrire auprès de sa mère, mais pour Jens, il est hors de question que sa fille aille à l’école. Et pour être sûr qu’on ne vienne pas la chercher, il va lui demander de vivre dans une benne qui jouxte la maison…


Au final, un roman glauque par des situations évoquées, mais jamais approfondies. J’ai eu l’impression de survoler l’histoire de la famille Haarder. Il y a des descriptions sans fin des objets entassés dans les différentes pièces de la maison, et une certaine répétition dans les scènes où Jens se passionne pour la résine des arbres. Le point de vue extérieur choisi par l’auteure n’aide pas à comprendre la psychologie des personnages, et j’ai trouvé impossible de m’attacher à eux, ne serait- ce à la petite Liv. C’est dommage… 

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