dimanche 18 avril 2021

L’Ancestral, Greg Hocfell (Elixyria, 03/2021)

 


L’Ancestral, Greg Hocfell (Elixyria, 03/2021)

💓💓💓💓 

La couverture de « L’Ancestral » vous immerge immédiatement dans une ambiance horrifique : deux mains aux ongles pourpres et acérés, une tête de mort aux yeux flamboyants, un rat trapu sur un plancher. Vous retournez le livre et là, apparaît une étoile à cinq branches tracée dans un cercle, le tout de couleur rouge sang. Vous l’aurez deviné, Greg Hocfell va vous entraîner sur des terres démoniaques…

 

« Claude entendit le poste de radio de sa fille saturer sur Slipknot. Tout à l'heure, ce serait au tour de Muse. A son âge, son père avait écouté du Metallica, du Sepultura, oh il en écoutait encore - ces "bands" n'étaient pas six pieds sous terre, ils avaient leur mot à dire et à hurler, mais voilà, les temps changeaient, et les sons aussi. Et les mœurs, ouch... » L’ambiance horrifique s’installe, entre chants lugubres de métalleux et odeurs de souffre. Claude, notre personnage principal, vit avec sa fille de vingt ans, Daphné, suite au décès de son épouse. Son métier de chef de projet lui permet de vivre confortablement dans une jolie petite maison située dans un quartier résidentiel. Sa vie intime semble inexistante, et centrée uniquement vers sa fille adorée, encore étudiante.

« Daphné avait glissé une barrette- araignée cinabre dans ses mèches pour les plaquer sur le faîte de sa chevelure, elle était prête à faire des ravages dans les cœurs, elle ne le savait que trop bien. Elle nouait ses bottes à semelles compensées sur le tapis de l'entrée. Rien ne pourrait plus l'empêcher de sortir. » Est-elle influencée par les goûts musicaux de son papa ? Daphné détonne ; elle possède tout l’apanage de la fille « gothique » dans lequel le noir se mêle au rouge sang dans ses tenues et sa vie contient une bonne dose de « sex, drug and rock’n’roll » !

 

C’est dans ce microcosme baigné de solitude et de noirceur que des événements glauques vont apparaître : traces sur les murs, cauchemars violents et sanglants, interférences paranormales… Claude bascule. « Sa fille devait penser qu'il avait replongé, lui en était à peu près sûr, et pas dans un simple cocktail, mais dans une piscine, pleine à ras bord d'un liquide hautement inflammable, autour de laquelle Monsieur et Madame Déprime, ainsi que tous leurs enfants, venaient de gratter une allumette... » Daphné va basculer avec lui.

 

Au final, un roman court qui se lit d’une traite, sous tension. On hésite à trouver une explication entre phénomènes hallucinatoires et interventions diaboliques. L’auteur instaure un suspens qui se maintient jusqu’à l’épilogue. Sa plume envolée et poétique nous permet de frôler les errances des personnages, leurs interrogations. J’ai beaucoup aimé même si j’avoue que j’aurais aimé en savoir plus, que ce soit sur le passé de Claude ou l’origine des troubles qui vont perturber sa vie. Une suite ! Une suite ! Une suite !

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