lundi 30 août 2021

Premier sang, Amélie Nothomb (Albin Michel, 08/2021)

 


Premier sang, Amélie Nothomb (Albin Michel, 08/2021)

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 Le cru 2021 de la dame au chapeau serait- il celui qui me réconcilierait avec l’œuvre de celle- ci ? Durant des années, j’ai attendu avec avidité la sortie du Nothomb annuel, le précommandant parfois même… jusqu’en 2008 : « Le fait du prince » m’a déçue au point de tirer un trait sur les écrits de cette auteure. Un autre essai en 2019 avec « Soif » m’avait d’ailleurs confirmé que la plume d’Amélie Nothomb m’agaçait bien plus qu’elle ne m’avait jadis emportée. Et voilà que cette année, les critiques littéraires lues jusqu’à ce jour sont unanimes : « Premier sang », son trentième roman, fait partie des incontournables de la rentrée et l’écriture d’Amélie Nothomb a changé !

 

« Le présent a commencé il y a vingt- huit ans. Aux balbutiements de ma conscience, je vois ma joie insolite d'exister. » Ici l’auteure se met dans la peau de son propre père pour s’exprimer à la première personne et revenir sur des éléments marquants de la vie de celui- ci. Une biographie intime, un hommage à un père au parcours familial insolite et au sang- froid remarquable et remarqué pour lequel « Il ne faut pas sous- estimer la rage de survivre ».

 

« Je n'avais jamais encore rencontré la haine. Il m'était donné d'y assister en direct et j'aurais payé cher pour être ailleurs. Je ne savais pas qu'à l'âge de Jean, mépriser son père allait de soi. » Orphelin de père très jeune et fils unique, Patrick Nothomb va longtemps être en manque de famille. A l’âge de six ans, il ira passer ses vacances d’été chez son grand- père, Pierre Nothomb, un poète noble et désargenté, dans un château ardennais, au Pont- d’Oye, où les us et coutumes se sont arrêtés au Moyen- Age. Au contact d’une floppée d’enfants de tous les âges, Patrick va apprendre à lutter contre la faim, le froid, mais aussi à se confronter aux autres.

 

« L'enfance a cette vertu de ne pas essayer de répondre à la sotte question : "Est- ce que j’aime ?" Il y a beaucoup d’Amélie dans ce Patrick, et beaucoup de Patrick aussi en Amélie. Le père s’exprime par le biais de la plume talentueuse de sa fille. Et cette dernière fait preuve de facéties que l’on devine toutes paternelles. Pas de mystification, de conte de fée (même si Shéhérazade est mentionnée…) ou d’historiette abracadabrantesque ici, mais beaucoup de délicatesse et de tendresse. Et au final, un Nothomb lu et adoré !

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