mardi 30 novembre 2021

Les yeux d’Iris, Magali Collet (Taurnada, 11/2021)

 



Les yeux d’Iris, Magali Collet (Taurnada, 11/2021)

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Prenez une bonne goulée d’air avant d’ouvrir ce roman noir ! Pourquoi ? C’est qu’une fois entré dans le récit, vous ne pourrez plus relever la tête du livre, happé par l’ambiance terriblement oppressante qu’a réussi à y instaurer l’auteure. Celle- ci, Magali Collet, avait déjà frappé fort avec son précédent, « La cave aux poupées », huis clos dérangeant et âpre. Ici, de nouveau, la femme va être la proie de l’homme, déguisé en prédateur, mais dans un cadre, et un scenario, tout autre.

 

« J'observe un type accoudé au comptoir, les yeux rivés sur le poste de télévision accroché en hauteur. Comme les autres, il réagit à la moindre action des joueurs et ne fait pas attention à ce qui l'entoure. Il ne me connait pas et pourtant je sais tout de lui. » Un meurtre et un suicide. Trois hommes. Trois femmes. Et des réminiscences amères, couplées à un pacte de vengeance, terreau sur lequel se dresse cette question : l’amitié a-t-elle un prix ? Morgane revient d’Irlande au pied levé, à la demande de Julie, son amie restée en France. Frédéric, son frère l’accueille à bras ouverts, ravi de pouvoir combler sa solitude. En effet, ils se considèrent comme orphelins depuis que leur sœur aînée, Iris, s’est mystérieusement suicidée, et depuis que leurs parents sont décédés dans un accident de voiture troublant.

 

« Je suis restée parce que je suis déjà morte. Je suis morte le 24 janvier 2012 peu après minuit dans le souterrain d'une gare. C'est pour ça que j'ai rompu. Tu es vivante, contrairement à moi. Ce que mon corps subit ne m'atteint plus. Une morte ne souffre pas, une morte ne ressent rien. » Une femme = une victime. Des amis = la possibilité d’une vengeance. Mais jusqu’à quel point faut-il être tordu pour élaborer un stratagème punitif en se basant sur des souvenirs incertains ? Est-il possible de ronger son frein pendant des années et s’en sortir indemne ?

 

Magali Collet prend ici la cause des femmes à cœur. Celle de toutes ces victimes, qui étaient au mauvais endroit, au mauvais moment, qui avaient un décolleté trop plongeant ou une jupe trop courte, qui disaient « non » mais pensaient « oui » ; par coquetterie ??? C’est bien connu, les femmes ne savent pas ce qu’elles veulent… Ici, le crime est atroce et la vengeance est diabolique par les méandres qu’elle emploie.

 

Au final, un roman lu en apnée. Des scènes glauques, qui tordent l’âme et les boyaux. Une intrigue complexe, dans laquelle il m’est arrivée de me perdre. Mais une histoire forte, servie par une plume percutante, qui va me hanter longtemps. Nous connaissons tous des Morgane, des Julie, et des jeunes femmes aux yeux d’Iris…

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