mardi 13 août 2019

Ce qui est monstrueux est normal, Céline Lapertot

Ce qui est monstrueux est normal, Céline Lapertot

★★★★☆


« Être professeur, c’est se dire qu’on laisse une trace dans de jeunes âmes, et, on l’espère, la meilleure possible. » Je suis l’œuvre littéraire de cette jeune auteure française car nous exerçons le même métier mais aussi parce qu’elle écrit remarquablement bien. 

J’avoue que je ne savais pourtant pas dans quoi je m’embarquais en lisant ce récit autobiographique où cette jeune femme révèle avoir été victime d’inceste. C’est dur, forcément. Mais ce n’est en aucun cas voyeur, ni cru « façon Christine Angot ». Céline Lapertot a voulu ici apporter son témoignage : « Voilà, ça se passe en France comme partout ailleurs » : un père envolé, une mère sans qualifications ni revenus qui préfère fermer les yeux plutôt que de se retrouver à la rue, et un beau-père qui s’assomme avec l’alcool et qui va abuser de la petite fille qui se trouve sous son toit. C’est tellement facile… Tout le monde ferme les yeux et tient un double langage terrifiant.


L’auteure, elle, prend ses distances en utilisant la troisième personne du singulier ; déterminée par « l’enfant » tout d’abord, pour les premières années, puis « l’écrivain » pour l’adulte qu’elle est devenue avec une détermination exemplaire. Car il en faut de la volonté pour s’extraire de cet univers « à la Zola » comme le lui diront ses amis, pour parvenir à un niveau d’études tel celui exigé pour être professeur dans le secondaire. Mais aussi pour exercer ce métier avec le risque de rencontrer des victimes subissant le même calvaire que le sien…

Au final, c’est un récit qui m’a bien évidemment bouleversée, qu’il faudrait lire, relire et faire lire, mais qui aurait mérité d’être rédigé de manière plus abordable pour permettre à des lecteurs ou lectrices moins « lettré(e)s » d’y accéder.

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